Le Québec bleu Marine

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Dans une société où tous les politiciens disent la même chose, où les débats publics sont en fait une mascarade permettant à tout le monde de dire à quel point ils sont d’accord, et où le discours public est encadré et limité, la visite d’un politicien ayant des idées différentes ne pouvait que susciter la controverse. C’est donc sans surprise que les élites politiques et médiatiques, maîtres de la pensée unique et de la rectitude politique, s’enflammèrent lorsqu’on apprit que Marine Le Pen, chef de la formation française la plus populaire, venait passer quelques jours au Québec. De quel droit venait-elle ? Certes, ses opposants sont contre les frontières et pour la libre-circulation des gens, mais pas de tous les gens. Ils souhaitent filtrer et Marine Le Pen ne passe pas le test; on devrait lui interdire l’accès au pays. Ayant prévu le coup, celle-ci n’avait pas fait grand bruit de son arrivée au Québec et ses détracteurs furent mis devant le fait établi.

La présence de Marine permit aux politiciens québécois de se rappeler à quel point ils sont unis sur les grands enjeux et qu’ils ne chantent que d’une seule voix. Tous, à l’exception notable d’Amir Khadir, dénoncèrent la venue et refusèrent de discuter avec celle qui pourrait fort bien être la présidente de France demain, tous tinrent à s’en distancer. Surtout, il ne fallait pas la voir, ne pas la rencontrer, ne pas la toucher, elle aurait pu transmettre ses idées qui, après tout, sont une véritable maladie, contagieuse même si l’on se fie à ses succès indéniables. Si ce n’est par la magie ou la contagion, comment pourrions-nous expliquer l’inexplicable, soit que le programme du Front National soit le plus populaire, notamment chez les jeunes ?

Une telle unité d’esprit entre les différents politiciens, on ne retrouve ça que dans les nations comme la Corée du Nord, Cuba, le Québec et évidemment, le monde des « Bisounours », une similitude frappante que n’a pas manqué de relever notre hôte d’outre-mer. 

Les médias et les politiciens, galvanisés par une poignée d’extrémistes de gauche ressassant des slogans sortis des groupes marginaux des années 80, furent trop occupés à s’écouter protester pour entendre le message de Mme Le Pen. Après tout, pourquoi lui prêter attention, elle ne fait que semer la haine et l’intolérance. Les politiciens et la télévision d’état n’ont pas tardé à utiliser la poignée d’opposants anarchistes et d’extrême-gauche pour faire croire de manière artificielle à un rejet massif de la politicienne française. Le deuxième agissant en chien de garde pour les premiers. Les médias français ont également fait de même. Pourtant nous ne sommes pas dupe, la forte majorité des entrevues radiophoniques et des commentaires des citoyens sur les articles de journaux publiés sur Internet et sur les réseaux sociaux furent favorables ou dans l’incapacité de s’opposer et démontre l’ampleur du clivage qui existe entre les élites d’idéologie libérale et le peuple. La quantité de journalistes ou d’animateurs radio qui ont tentés de s’opposer tant bien que mal au discours de Marine Le Pen furent balayés facilement tellement ceux-ci ne sont pas habitués d’entendre un discours et des arguments hors du sentier battu habituel dicté par le politiquement correct.

Car les propos tenus lors de sa conférence de presse à Québec sont d’une importance capitale et concernent davantage la géopolitique que la politique intérieure et migratoire. D’ailleurs, sa seule référence à l’immigration dans sa conférence fut pour dire à quel point elle est nocive pour les pays du Sud : 

« Le Sud francophone est ainsi confronté à un problème fondamental : celui de la fuite de ses élites. Accentuant le cercle vicieux du mal développement, de jeunes cadres, formés dans le Nord avec l’argent d’États du Sud, restent dans leur pays d’accueil. C’est une véritable catastrophe pour les pays du Sud francophone qui perdent ainsi l’argent des bourses qu’ils ont avancé ou même donné, en plus du potentiel humain et des compétences qui aurait pu et dû être mis à contribution chez eux. »

Sa conférence fut d’ailleurs, comme elle l’avait dit, axée sur la francophonie. Marine Le Pen souhaite un rebrassage des cartes géopolitiques en formant un bloc francophone capable de faire contrepoids au bloc atlantiste, mais aussi à la Russie émergente. C’est là un discours complètement nouveau de la part de la France : un discours souverainiste qui vise à émanciper la France de Washington, mais aussi de Bruxelles et ce, sans pour autant se coller à Moscou. Les Québécois sont centraux dans cette redéfinition du monde. S’agit-il du Québec au sein du Canada ou d’un Québec souverain ? Elle ne le dit pas clairement, mais ses déclarations en faveur du Parti Québécois dans le quotidien La Presse peuvent laisser croire à la seconde option. 

Elle souhaite, dans le but de s’opposer au mondialisme, une solidarité des peuples francophones permettant la création d’une résistance solide. Pour concrétiser cette alliance, il faut d’abord établir « une politique d’aide au développement cohérente et raisonnable, et qui soit justement fondée sur l’appartenance commune à la francophonie ». Par la suite, il faudra faire « la promotion d’un commerce équitable, plus juste et plus rémunérateur des acteurs de l’économie réelle, c’est-à-dire des producteurs. Je pense ici tout particulièrement aux agriculteurs qui nous nourrissent et qui, au Sud comme au Nord d’ailleurs, sont aujourd’hui bien trop dépendants d’intermédiaires et de véritables cartels qui les assujettissent à des cours mondiaux qui condamnent les modèles de production paysans auxquels nous tenons tous et auxquels il faut aspirer. Le commerce équitable, dans ce contexte, ne doit pas être vu comme un outil de bonne conscience, mais bien comme un outil de croissance des marchés intérieurs. »

FQS
Pour la reconquête de notre peuple

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2 commentaires

  1. Jacques Le Parizouille le

    Bonjour. Radio-Canada a fait disparaître cette vidéo (inteview de MLP par AMD) de youtube. Je l’ai quelque part au complet en mp4, si ça vous intéresse…. +

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