Les détails du patrimoine génétique «métissé» des Québécois

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Extraits de l'article «Les détails du patrimoine génétique métissé des Québécois», paru dans le journal Le Soleil du 30 juin 2013 par Jean-François Cliche.

Les Québécois d'origine européenne doivent entre 1 et 2 % de leur patrimoine génétique aux Amérindiens, révèle une étude récente qui a quantifié pour la toute première fois le «mélange» historique qui est survenu entre les Canadiens français et les premiers habitants du pays. (…)

Publiée ce mois-ci dans la revue savante PLoS-ONE, l'étude est basée sur le génome de 205 personnes de différentes régions du Québec. Les auteurs, menés par la bio-informaticienne de l'hôpital Sainte-Justine Claudia Moreau et par le chercheur de l'Université de Montréal Damian Labuda, ont utilisé trois méthodes différentes pour comparer les séquences recueillies avec celles de deux banques de données génétiques – l'une pour l'Europe, et l'autre conservant le génome de 52 autochtones d'Amérique du Nord.

Résultats: selon le mode de comparaison retenue, les Amérindiens compteraient en moyenne pour 0,8 à 2,1 % du génome des Québécois d'ascendance européenne, mais le portrait change un brin d'une région à l'autre.
Ainsi, la région de Québec serait une des moins métissées (0,5 à 1,8 %), loin derrière des régions connues pour leur métissage, comme la Gaspésie (1,7 à 2,8 % chez les francophones là-bas) et la Côte-Nord (1,4 à 2,4 %), notamment. Soulignons cependant la faible taille des sous-échantillons régionaux, composés d'une vingtaine de personnes chacun.

Par comparaison, des travaux récents auxquels M. Labuda et Mme Moreau ont participé, fondés sur des archives généalogiques et de l'ADN mitochondrial (transmis de mère en fille), ont conclu qu'environ les deux tiers des Québécois avaient des gènes amérindiens, mais que ceux-ci ne comptaient en moyenne que pour moins de 1 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean et à Montréal, et «à peine plus de 1 % sur la Côte-Nord et en Gaspésie». (…)

Le gros du métissage entre les Amérindiens et les Canadiens français (ou du moins, leurs ancêtres), précise-t-il, ne s'est pas produit dans la vallée du Saint-Laurent mais bien dans la région des Grands Lacs.

À l'époque de la traite des fourrures, se rendre là-bas ne leur permettait pas seulement de gagner leur croûte, mais aussi de trouver une épouse – un bel avantage dans une Nouvelle-France où le ratio hommes-femmes était très débalancé.

Voir ausi: Le faux «sang indien» des Québécois par Gérard Bouchard

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