Les Filles du Roi prouvent l’importance d’une politique nataliste

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Rémi Tremblay pour EuroLibertés

Un des problèmes intrinsèques de la démocratie occidentale est que les dirigeants, soumis au jeu électoral, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et planifient, calculent et prévoient en termes de mandats de quatre ou cinq ans, indépendamment du pays qu’ils gouvernent. Étant soumis à une échéance électorale, les politiciens pensent réélection plutôt que pérennité et développement et alignent les projets dont les conséquences à court terme seront bénéfiques, du moins en apparence, peu importent les conséquences négatives à plus long terme dont hériteront leurs successeurs et par le fait même leurs descendants.


«Le monde qu’ils laisseront aux générations futures importe peu, les élections dans quatre ans dictent leur agenda.»

Le cas de l’immigration est symptomatique : on augmente les quotas le plus possible, peu importe le désastre social, économique et démographique qui en résultera à moyen terme, car l’immigration à court terme permet d’importer des consommateurs qui gonfleront la demande et feront rouler l’économie. Les coûts sociaux, sont quant à eux plus longs à se faire sentir.

Miser sur une politique nataliste donne peu de gains à court terme, mais les effets sont incroyables à long terme comme le démontre une récente étude sur les Filles du Roi présentée par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) cette semaine.

Pour rappeler qui sont ces Filles du Roi et leur importance, une parenthèse s’impose. Dans les premières décennies de la colonie de la Nouvelle-France, la couronne ne visait pas tant la colonisation de peuplement, mais gérait l’Amérique française comme une colonie comptoir. De ce fait, les colons et habitants étaient généralement des anciens militaires, des coureurs des bois, des commerçants ou autres, et, de facto, la population était quasi exclusivement composée d’hommes. Le ministre Colbert qui souhaitait développer la colonie à plus long terme établit un plan pour favoriser le peuplement : les Filles du Roi, des orphelines à la charge de la couronne se verraient offrir une dot ainsi qu’une prime si elles s’établissaient en Nouvelle-France. Plusieurs centaines furent recrutées et traversèrent l’océan pour se trouver un mari et s’établir sur cette terre inhospitalière qui deviendrait la leur.

Ce que nous apprend l’étude de l’ACFAS, c’est que cette politique nataliste audacieuse eut un impact majeur sur le développement de la colonie. Ça nous le savions, mais c’est désormais chiffré. Ainsi, les Filles du Roi représentent 9,35 % du pool génétique des Québécois, ce qui est loin d’être négligeable. Selon Sophie Desportes, étudiante à la maîtrise à l’Université du Québec à Chicoutimi, Anne Lemaître, de Rouen aurait un million de descendants !

«L’avenir d’une nation ne se calcule pas en mandats, mais en décennie, et les dirigeants doivent faire preuve de clairvoyance, particulièrement dans les domaines comme la démographie.»

Ces découvertes nous ramènent donc à l’importance d’une vision à long terme qui fait défaut aux politiciens myopes qui nous gouvernent. L’avenir d’une nation ne se calcule pas en mandats, mais en décennies, et les dirigeants doivent faire preuve de clairvoyance, particulièrement dans les domaines comme la démographie. Les impacts des politiques actuelles sont permanents. L’immigration de masse qu’on impose au peuple pour gonfler artificiellement et temporairement la demande engendre le Grand Remplacement, de plus en plus indéniable. Si nos politiciens n’avaient pas un horizon se limitant au bout de leur nez, ils s’en rendraient compte et réagiraient avant qu’il ne soit trop tard.

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