Les nôtres avant les autres

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Ça va mal au Québec et au Canada en entier. Ce n’est pas nous qui le disons, mais bien nos dirigeants qui nous expliquent que si nous payons plus pour en obtenir moins, c’est bien parce que ça va mal. Certes ils blâment leurs prédécesseurs, Couillard blâme les 18 mois de gouvernance de Pauline Marois, Trudeau la décennie conservatrice, mais ce ne sont que des échappatoires visant à se dédouaner. Le but n’est pas de prouver ou même de trouver d’où vient le marasme économique, nous sommes dans le rouge et trouver le coupable ne nous aidera pas si le système et le gouvernement ne sont pas changés.

La situation économique est telle que nous hypothéquons l’avenir des générations futures en coupant dans l’éducation et nous délaissons le bien-être de nos aînés en coupant dans la santé. Et ceux qui travaillent ? Et bien eux, on augmente… leurs cotisations ! On serre la bourse jusqu’à ce qu’elle soit vide, complètement vide. La reprise de l’économie, ce ne sera pas demain. Avec plus un sous en poche, peu probable que le bon vieux travailleur québécois se lance dans des dépenses.

Et pourtant, ça ne doit pas aller si mal si nous nous lançons à la rescousse du Proche-Orient en entier. En secourisme, on apprend qu’il faut avoir la tête hors de l’eau avant de tenter de sauver son prochain, sinon tout le monde coule. C’est la mise en pratique de « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Trudeau n’a visiblement pas fait ses classes – et Couillard non plus semblerait-il.

Dans une situation aussi dramatique que la nôtre, dixit nos dirigeants, comment se fait-il que rubis sur l’ongle nous puissions offrir 100 millions pour le Haut Commissariat aux réfugiés tout en nous lançant dans un plan d’accueil pour lequel le gouvernement libéral prévoit pas moins de 876,7 millions? Car ça sonne gros, mais ce n’est que le minimum. Et à ça, nous devons ajouter le 150 000$ offert par le Conseil des Arts pour des spectacles gratuits. Cette somme, si faramineuse soit-elle, ne concerne que les 25 000 réfugiés qu’Ottawa veut accueillir dans les prochains mois. Pour les 25 000 autres que Trudeau souhaite maintenant accueillir en 2016, on peut s’attendre à la même somme, au minimum. Très conservateur, le Parti libéral croit qu’en six ans, ça ne lui coûtera que 1,2 milliards. Avec près d’un milliard dépensé à court terme, on peut imaginer la facture quintupler en cinq ans.

Ça, c’est si tout va bien, car dans le présent, l’incertitude règne. Avec une improvisation digne de la LNI, le premier ministre change d’idée, fait des déclarations, des tweets, tout ça avant de dire qu’on ne sait pas encore ce qui va se passer. L’exemple du logement est frappant : on ne sait toujours pas où ces migrants seront hébergés. Tout ce qu’on sait, c’est que c’est nous qui payerons. HLM, bases militaires, hôtels… personne ne sait encore.

Accueillir un réfugié coûte cher en 2015, le banc de quêteux n’étant visiblement plus une option digne. D’abord, il y a le logement et la nourriture, mais ensuite, chaque demandeur d’asile reçoit entre 1 000$ et 2 000$ cash pour les nécessités. L’organisme qui l’aidera recevra quant à lui 1 400$, signe que le communautaire ne se nourrit pas seulement de bonnes intentions et que l’accueil de migrants pour lequel les organismes déchirent leur chemise est une business assez fructueuse. Il ne faut pas oublier d’ajouter à la liste les coûts pour aller les chercher. Car on ne peut pas attendre que les réfugiés viennent à nous comme dans le passé, il faut aller les chercher à la source et l’avion. c’est nous qui le défrayons.

McCallum, notre ministre fédéral de l’Immigration qui se défend de trop choyer nos amis les migrants, ne souhaite pas révéler le détail des sommes allouées à l’accueil, mais à entendre le ministre québécois de l’Éducation François Blais, on comprend que les frais autres comme l’éducation et les soins de santé seront pris en charge par les gouvernement provinciaux. Les municipalités devront également allonger. En éducation, Blais a déjà annoncé l’arrivée de 1 000 élèves syriens, ce qui est un comble puisque personne, pas même Trudeau, ne sait qui viendra exactement. Si on l’écoute et qu’on se rappelle qu’un élève moyen coûte au gouvernement québécois 8 636$ par an et qu’en plus il faut ajouter la francisation, dont le budget était de 67,5 millions par an, on peut s’imaginer qu’au provincial, on assiste à une explosion des coûts. Le ministère de l’Éducation, qui est en mode compression et où on largue les élèves en difficulté faute de moyens, écopera le premier. Le ministère de la Santé ensuite et finalement l’aide sociale, puisque malgré toute l’aide apportée, dont le logement et les liquidités, les requérants au statut de réfugié peuvent recevoir l’aide sociale (avec un boni s’ils suivent les cours de francisation), mais aussi les allocations pour les enfants et même la pension de vieillesse ! Tout ça gratuitement. Gratuitement ? Non, vous payez.

A l’heure où nous devons faire des choix et décider lesquels des nôtres nous aiderons, il est clair que ces dépenses ne sont pas anodines, surtout qu’elles ne sont pas rationnelles, mais bien guidées par les émotions. Il y a en ce moment même des dizaines de conflits armés, notamment au cœur de l’Europe, en Ukraine. Pourquoi les Syriens sont-ils plus importants que les autres si ce n’est parce qu’ils sont médiatisés ? Qu’est-ce que le Canadien moyen en a à faire des Haïtiens qu’il souhaitait tant faire venir après le tremblement de terre ? Aussitôt que la caméra a changé d’angle, ils sont tombés dans l’oubli. Il est grand temps que la caméra change de point d’appui et regarde la misère bien réelle qui fait rage sur notre propre terre.

Rémi Tremblay
Fédération des Québécois de souche

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Un commentaire

  1. C’est logique dans l’état actuel des choses… les familles sont divisés, le taux de divorce élevé, les familles reconstitués et une solidarité de plus en plus basse dans les pays de l’hémisphère nord où c’est le règne de l’individualisme… les gens se foutent l’un de l’autre ici et se tournent alors vers l’étranger avec qui on n’a pas de liens ni de comptes à rendre. C’est une forme d’hypocrisie pour se donner bonne conscience, tout comme les étudiants qui vont en Amérique du Sud pour faire de l’aide humanitaire et reviennent dans leur richesse ensuite en se foutant bien des itinérants. La pauvreté et la détresse de l’un est justifiable et compréhensible (tiers-monde) alors que celle de l’autre (itinérant) ne l’est pas. L’un est supposément maître de son malheur alors que l’autre est «victime» de l’Occident.

    Fascinant tout de même…

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