Les quotas dans l’armée n’ont pas leur place

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Par Matt Gurney

Ce texte fut originellement publié ici. Il s’agit d’une traduction libre.

discrimination-positiveLes forces armées canadiennes sont fières de défendre les Canadiens de nos ennemis à l'étranger depuis le début de son histoire. Pourtant, dans les dernières années, elles ont eu affaire à une menace domestique que nos avions et nos blindés ne sont pas en mesure de confronter : la Commission canadienne des droits de la personne.

Étant un département de juridiction fédérale, les forces armées sont assujetties aux mêmes lois qui imposent la diversité sur les lieux de travail à travers les différents départements du gouvernement fédéral. Les forces armées ont tout de même eu droit à des exceptions considérant son rôle particulier, mais n'en ont jamais totalement été épargnées. Cette réalité fait en sorte que les forces sont tenues de remplir des quotas d'embauche qui représentent 25.1% de femmes, 11.7% de minorités visibles et 3.3% d'Amérindiens. Malgré des années d'efforts, les forces armées n'y sont jamais parvenues (les chiffres les plus récents indiquent respectivement 15%, 4.2% et 1.9%). L'armée est donc en processus de demander une exemption des objectifs du gouvernement, car elle craint que la CCDP « pourrait potentiellement imposer des conditions arbitraires pour atteindre des objectifs et cela aurait pour conséquence un stress considérable sur l'organisation ».

Enlevez la novlangue bureaucratique et vous serez mis devant le fait suivant : il est possible que la composition de nos forces armées ne soit plus dictée par les besoins opérationnels de notre pays, ni par la réalité fiscale du gouvernement mais plutôt par la pression du « politiquement correct ». Nous aurons alors une armée considérée « socialement responsable » et non plus une force militaire qui peut défendre nos intérêts sur un champ de bataille.

La situation est absurde : nous sommes une nation du G7 qui cherche à se défendre, non pas un département de sociologie d'université qui cherche à plaire à ses théoriciens critiques de la composition raciale du pays !

Les forces armées ont besoin d'attirer environ 4000 nouvelles recrues chaque année seulement pour maintenir son nombre actuel d'environ 68 000. Il n'est un secret pour personne que la vaste majorité des recrues sont des jeunes hommes des petites villes et des milieux ruraux qui s'adonnent à être plus blancs que la population moyenne du pays. L'idée que nos bataillons d'infanterie ressembleront aux usagés typiques du métro de Toronto est irréaliste, du moins pour un avenir rapproché.

Il faut avouer que le système de recrutement des forces a été dysfonctionnel bien avant l'implication de la CCDP (Christie Blatchford du National Post a documenté comment il peut être difficile, même pour des candidats motivés, de retrouver son chemin à travers la bureaucratie du département de la Défense). Il est également vrai que l'armée a été forcée de réduire les efforts de recrutement en raison de compressions budgétaires par le gouvernement. Ironiquement, certaines de ces coupures visaient justement des efforts de recrutement parmi les Autochtones, la minorité avec qui l'armée a fait des gains considérables d'un point de vue du recrutement.

Mais en considérant que le système fonctionne un tant soit peu, celui-ci devrait faire son mieux pour faire appel à tous les Canadiens, de manière égale, qui veulent servir et qui sont en assez bon état physique pour le faire, sans considérer d'autres facteurs. Être volontaire pour la rigueur et le danger du service militaire est en soi un grand honneur pour notre pays. Nous devrions être fiers que des milliers de nos concitoyens aient choisi de servir en notre nom à chaque année. Cela banalise leur sacrifice de s'en faire avec le nombre de carrés qu'ils peuvent cocher sur le tableau de la diversité de la CCDP. Chaque candidat devrait avoir droit à une considération juste et respectueuse. Mais rien de plus.

Une armée plus diversifiée est un but acceptable, mais il doit toujours être secondaire au but principal des forces armées : d’être avant tout une force compétente. Alors que le Canada devient de plus en plus ethniquement diversifié, les forces armées vont pouvoir recruter parmi des bassins plus grands de la population. Mais pour l'instant, plusieurs recrues se joignent pour fuir les réalités économiques difficiles de certains endroits du pays qui sont moins multiculturels que les grandes villes ou encore pour honorer de longues traditions familiales. Nous leur devons tous une juste chance et bien sûr nos remerciements.

Mais nous devons à ce pays une force de combat bien équipée et bien entraînée, peu importe ce à quoi elle ressemble. Si quelqu'un est prêt à mettre l'uniforme et à défendre le Canada et nos valeurs à l'étranger, et qu'il satisfait les critères de pertinence et physiques, c'est tout ce qui importe. Nos soldats défendent notre pays, pas seulement ceux qui leur ressemblent.

– Matt Gurney

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