L’escroquerie du terme « civilisation judéo-chrétienne »

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Jesus temple

Table des matières

 


 

Introduction

Depuis quelques années – surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, le terme « judéo-chrétien » est apparu pour décrire la civilisation occidentale au détriment du terme utilisé antérieurement, soit la « civilisation gréco-latine ». Or, selon nous, le terme « judéo-chrétien » est une escroquerie étymologique qui détourne les fondements de notre société et son utilisation doit être dénoncée mais surtout expliquée.

Pour faciliter la compréhension du texte, le terme de « civilisation occidentale » sera utilisé pour faire référence à la « civilisation gréco-latine ». Bien que le terme « gréco-latin » définisse mieux notre civilisation, l’occident est un concept plus utilisé et mieux cerné de nos jours.

Les changements que nous vivons dans notre société actuellement nous sont souvent justifiés en basant leur légitimité sur des termes comme celui de la civilisation « judéo-chrétienne ». Notre histoire est plus que réécrite, elle est parfois même inventée. Le terme « judéo-chrétien » est ce qu’on peut qualifier d’oxymoron : il est absurde et inconcevable.

L’origine du terme judéo-chrétien

Le terme judéo-chrétien désignait à l’origine les premiers Chrétiens convertis du judaïsme de l’époque apostolique qui continuaient à observer des prescriptions de la loi mosaïque (des fêtes juives comme la Pessah, la circoncision, des règles alimentaires et le sabbat). Cette période historique fut relativement courte, considérant la conversion majoritaire de païens, puis l’abandon des traditions et rites juifs. Au Moyen-Âge, le synonyme du terme judéo-chrétien était « judaïsant », principalement pour désigner les Chrétiens fortement influencés par le judaïsme, tout comme certaines sectes protestantes d’aujourd’hui. Par contre, l’utilisation du terme judéo-chrétien n’est pas apparue avant le 19e siècle.

Aujourd’hui, le terme de civilisation judéo-chrétienne est principalement employé par les adeptes du « choc des civilisations » entre l’Occident et le monde musulman, qui considèrent Israël comme un allié, ainsi que par les Chrétiens sionistes. Ceci afin d’inclure Israël au monde occidental, laissant croire à une alliance naturelle et historique entre les deux. Le terme a donc perdu sa véritable définition pour être utilisé comme un mot lourdement chargé de positionnement politique et idéologique.

Le terme a également fait apparition lors du concile Vatican II, au moment de la réorientation des politiques de l’Église vis-à-vis du judaïsme.

Pourtant le terme de civilisation surpasse les périodes politiques et traverse le temps et les alliances. Par exemple, deux nations de la même civilisation peuvent se guerroyer sans pour autant qu’une des deux quitte par magie la civilisation dont elle fait partie. On ne peut donc baser la définition d’une civilisation sur des politiques ou des tendances d’une ou de quelques décennies.

Les éléments unificateurs d’une civilisation

Une civilisation peut se définir comme un bloc de plusieurs nations chacune unique mais ayant des caractéristiques communes entre elles, ce qui les rend similaires. Une civilisation se définit donc par une série d’éléments ou racines qui sont communes à chacun des pays qui la compose. Nous allons débuter avec les éléments plus superficiels pour se diriger vers les éléments primordiaux.

Les « racines » communes sont principalement :

  • les langues
  • l’écriture 
  • les traditions 
  • l’ethnie 
  • l’histoire
  • la philosophie/religion

Nous allons donc comparer chacune de ces racines de la civilisation occidentale avec les racines culturelles, historiques et ethniques juives pour voir si ces dernières peuvent être considérées comme une partie intégrante de l’Occident.


La racine des langues

image_resizedL’hébreu est une langue sémitique, tout comme l’arabe.

Le yiddish, pour sa part, est un mélange d’allemand et de slave avec la langue d'origine des Juifs, l’hébreu. Il s’est développé uniquement par les Juifs établis sur le territoire européen et ne tire pas son origine d’Israël. La première inscription en yiddish date seulement de 1272 et se transforme profondément au contact des différentes cultures qu’il fréquente. Le yiddish s’écrit également en hébreu plutôt qu’en écriture latine. Il est en quelque sorte une tentative de se démarquer linguistiquement des populations locales.

En contraste, les langues européennes et occidentales sont de racines indo-européennes. Ils forment une famille de langues ayant des origines communes. L’hébreu ne fait pas partie des langues indo-européennes. Les groupes principaux sont :

  • langues anatoliennes (éteintes)
  • langues celtiques
  • langues italiques
  • langues romanes
  • langues germaniques
  • langues balto-slaves
  • langues thraco-illyriennes (éteintes; regroupement hypothétique)
  • langues helléniques
  • l’arménien
  • langues indo-iraniennes
  • langues tokhariennes (éteintes)
  • diverses langues éteintes non-classées

Source:  Bernard Sergent, Les Indo-Européens : Histoire, langues, mythes, Paris, Payot, 1995.


Une écriture ayant des racines en Orient

image_resized (3)Selon le campus numérique juif akadem, l'alphabet paléohébraïque est une ramification de l'alphabet phénicien (un peuple sémite tout comme les arabes) qui comporte 22 consonnes.

Cette écriture cursive (Ktav ‘ivri), aurait été utilisée pendant toute la période biblique (XIIIème – IIIème siècle avant l’ère chrétienne). L’une des plus anciennes inscriptions est le calendrier de Gezez datant de la fin du Xème siècle avant l’ère commune.

L’alphabet samaritain, toujours utilisé, est une variante du paléohébraïque.

L’écriture hébraïque se lit de droite à gauche, tout comme l’Arabe, le contraire de ce qui est répandu en Occident. Elle tire également des influences de l’araméen, qui est l’ancêtre de l’arabe moderne.  L'araméen est introduit via Babylone et la Perse et son usage en Juda est attesté vers -600.

En comparaison, selon A.Grenier dans « L’alphabet de Marsiliana et les origines de l’écriture à Rome »,  l’écriture occidentale ou latine est d’origine européenne et, plus spécifiquement, romaine pour les lettres majuscules et germanique pour les lettres minuscules. C’est sous le règne de Charlemagne que cette forme d’écriture fut popularisée. L’écriture latine était originalement utilisée pour écrire le latin, la langue de Rome et du Latium. Elle est également dérivée de l’alphabet étrusque, lui-même issu de l’écriture grec.

L’écriture grecque, comme l’écriture hébraïque, s’influence de l’écriture phénicienne qui, elle, est issue des hiéroglyphes égyptiens, pour des raisons de proximité géographique dans le bassin méditerranéen. Il est pourtant clair que l’Occident a puisé ses influences postérieures vers le Nord, alors que les Juifs ont plutôt été chercher les leurs en Orient vers Babylone*.

L'écriture Cyrillique (russe & slave) tire sont origine de Saint Cyrille lors de l'évangélisation de l'est européen qui utilisa un mélange de l'alphabet grec et de l'écriture glagolitique.

*Babylone était une ville située au centre-est de l’Irak, environ 100 km au sud de l’actuel Bagdad. À partir du deuxième millénaire avant Jésus-Christ, cette cité devient graduellement la capitale d’un vaste empire qui domina tout le Moyen-Orient.


Des traditions loin d’être similaires

Rites funéraires

En Israël, plusieurs Juifs orthodoxes sont enterrés vêtus seulement de leur takhrikhim et talit (châle de prière) et ce sans cercueil, qui prévaut plutôt dans la tradition chrétienne. L’embaumement est également interdit par la Torah chez les Juifs puisqu’il nécessite l’exsanguination, une pratique qu’ils interdisent.

La nourriture

La cuisine juive est scindée en deux grandes parties, selon la provenance et l’origine des peuples israélites : les Juifs ashkénazes, qui viennent principalement d’Europe centrale et orientale, ainsi que de Russie, et les Juifs séfarades venant d’Espagne, du Portugal, du Moyen-Orient et d’Afrique du nord. Les premiers ont une influence européenne alors que les seconds ont une influence plutôt maghrébine. Tous deux ont développé des cultures et une alimentation propres dans des zones géographiques séparées en les adaptant à la Cacherout, cette règle alimentaire issue du Proche-Orient. Plusieurs aliments des peuples occidentaux ne sont pas conformes à la règle alimentaire des Juifs ce qui marque, une fois de plus, une différence entre les deux traditions. Une telle ségrégation des aliments est absente entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est par exemple, malgré certaines différences culturelles.

La musique

La tradition musicale des Juifs d’Europe (ashkénazes) se nomme la klezmer et puise de fortes influences au Moyen-Orient, en Turquie, ainsi que chez un autre peuple nomade, les Tziganes, démontrant les racines culturelles orientales des Juifs.

Le ghetto volontaire

Le mot ghetto désignait historiquement les quartiers juifs, mais peu de gens savent que souvent ces ghettos n’étaient pas la conséquence d’une ségrégation imposée mais plutôt d'une ségrégation volontaire vis-à-vis des populations locales n’ayant pas les mêmes coutumes, religion, traditions et éducation. Une telle ségrégation permettait de préserver l’identité juive et facilitait le respect du Talmud, entre autres. Pour certains, le mot ghetto retrace même ses origines au mot hébraïque « guet », qui signifie « séparation » et « divorce ».

À titre d’exemple, il y a le ghetto de Spire dans les années 1080 et au XIIIe siècle, Paris compte pas moins de quatre quartiers juifs sans contraintes. Selon le Rabbin Shlomo Jakobovits, une fête du Pourim était même annoncée en l’honneur de la création du ghetto de Vérone depuis 1607. Les Juifs célébraient cet établissement suite à leur propre demande en 1599. Cette fête fut commémorée jusqu’à l’abolition du ghetto par Napoléon en 1797. Encore aujourd’hui, plus près de chez nous, certains quartiers montréalais ont une forte concentration juive volontaire, telle que la ville de Hampstead, qui a plus de 85% de Juifs comme citoyens. Ceci étant dit, les Juifs ont également été renvoyés de force vers des ghettos à travers l’histoire. Nous aborderons ce sujet plus loin.

Cela nous démontre encore une fois une volonté de vivre séparés plutôt qu’en symbiose avec la population locale.


Ethnicité des Juifs

Cette partie observera s’il y a une origine ethnique commune entre les peuples européens d’Occident et le peuple juif. Nous allons également explorer l’origine ethnique de Jésus et de Marie pour voir s’il s’agit d’un argument suffisant pour prétendre à une civilisation commune entre Juifs et Chrétiens. 

Un judaïsme prosélyte ?

L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction à postériori sans fondement historique. Cette théorie est supportée récemment par une recherche scientifique d’ADN, Genome Biology and Evolution, publiée dans le British Journal en janvier 2013, The Missing Link of Jewish European Ancestry: Contrasting the Rhineland and the Khazarian Hypotheses qui confirme les origines khazars des Juifs ashkénazes.

Voici des extraits d’un entretien avec ce professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv. :

« Parmi la profusion de héros nationaux que le peuple d’Israël a produit au fil des générations, le sort n’aura pas été favorable à Dahia Al-Kahina, qui dirigea les Berbères de l’Aurès, en Afrique du Nord. Bien qu’elle fût une fière Juive, peu d’Israéliens ont entendu le nom de cette reine guerrière qui, au septième siècle de l’ère chrétienne, a unifié plusieurs tribus berbères et a même repoussé l’armée musulmane qui envahissait le nord de l’Afrique. La raison en est peut-être que Dahia Al-Kahina était née d’une tribu berbère convertie semble-t-il plusieurs générations avant sa naissance, vers le 6e siècle. »

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D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? (aux éditions Resling – en hébreu), la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties – et non à partir d’exilés de Jérusalem – n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv.

Dans ce livre, Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du Premier et du Second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines. Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites (vestiges du royaume himyarite, dans la péninsule arabique, qui s’était converti au judaïsme au quatrième siècle) et les Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est (des réfugiés du royaume khazar converti au huitième siècle).

« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs. On peut supposer que beaucoup de Juifs apparus autour de la mer Méditerranée sont devenus chrétiens. Mais alors, le judaïsme commence à diffuser vers d’autres régions païennes – par exemple le Yémen et le nord de l’Afrique. Si le judaïsme n’avait pas filé de l’avant à ce moment-là et continué à convertir dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, si même nous avions survécu. »

Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que les Juifs d’Afrique du Nord descendent de Berbères convertis ?

« Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. J’ai alors vu que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme. »

Aux dires de Sand, l’apport démographique le plus décisif à la population juive dans le monde s’est produit à la suite de la conversion du royaume khazar – vaste empire établi au Moyen-Âge dans les steppes bordant la Volga et qui, au plus fort de son pouvoir, dominait depuis la Géorgie actuelle jusqu’à Kiev. Au 8e siècle, les rois khazars ont adopté la religion juive et ont fait de l’hébreu la langue écrite dans le royaume. À partir du 10e siècle, le royaume s’est affaibli et au 13e siècle, il a été totalement vaincu par des envahisseurs mongols et le sort de ses habitants juifs se perd alors dans les brumes.

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Shlomo Sand revisite l’hypothèse, déjà avancée par des historiens du 19e et du 20e siècles, selon laquelle les Khazars convertis au judaïsme seraient l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est. « Au début du 20e siècle, il y a une forte concentration de Juifs en Europe de l’Est : trois millions de Juifs, rien qu’en Pologne », dit-il. « L’historiographie sioniste prétend qu’ils tirent leur origine de la communauté juive, plus ancienne, d’Allemagne, mais cette historiographie ne parvient pas à expliquer comment le peu de Juifs venus d’Europe occidentale – de Mayence et de Worms – a pu fonder le peuple yiddish d’Europe de l’Est. Les Juifs d’Europe de l’Est sont un mélange de Khazars et de Slaves repoussés vers l’Ouest. »

Si les Juifs d’Europe de l’Est ne sont pas venus d’Allemagne, pourquoi parlaient-ils le yiddish, qui est une langue germanique ?

« Les Juifs formaient, à l’Est, une couche sociale dépendante de la bourgeoisie allemande et c’est comme ça qu’ils ont adopté des mots allemands. Je m’appuie ici sur les recherches du linguiste Paul Wechsler, de l’Université de Tel Aviv, qui a démontré qu’il n’y avait pas de lien étymologique entre la langue juive allemande du Moyen-Âge et le yiddish. Le Ribal (Rabbi Yitzhak Bar Levinson) disait déjà en 1828 que l’ancienne langue des Juifs n’était pas le yiddish. Même Ben Tzion Dinour, père de l’historiographie israélienne, ne craignait pas encore de décrire les Khazars comme l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et peignait la Khazarie comme la « mère des communautés de l’Exil » en Europe de l’Est. Mais depuis environ 1967, celui qui parle des Khazars comme des pères des Juifs d’Europe de l’Est est considéré comme bizarre et comme un doux rêveur. »

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’Université de Tel-Aviv. Il a notamment publié en français L’illusion du politique : Georges Sorel et le débat intellectuel 1900  (La Découverte, 1984), Georges Sorel en son temps, avec J. Julliard (Seuil, 1985), Le XXe siècle à l’écran (Seuil, 2004), Les mots et la terre : les intellectuels en Israël (Fayard, 2006)

Source : Ofri Ilani, Haaretz, 21 mars 2008, traduit de l’hébreu par Michel Ghys

Des conversions plus près de chez nous…

L’émission Enjeux du 07 janvier 2003 et la journaliste Kathleen Royer nous apprend que, dans les années 1940 à 1950, il existe un important marché noir de trafic d’enfants canadiens-français. Ce commerce illégal d’êtres humains s’organise entre Montréal et New-York, où de riches familles juives se déplacent dans notre métropole pour acheter nos bébés à fort prix. C’est seulement en 1954 que l’on met fin à ce trafic après une arrestation spectaculaire. Pendant 14 ans, des familles juives américaines ont adopté illégalement des enfants canadiens-français. Parions donc qu’une partie de la communauté juive américaine est donc de descendance canadienne-française sans même le savoir.

Il y a eu aussi des conversions de personnes connues ici au Québec, comme Richard Marceau du Bloc Québécois qui n’a rien d’un hébreu, et la chroniqueuse Lise Ravary sur qui l’on peut en dire autant. Si aujourd’hui la majorité des Juifs sont issus de conversions, cela démontre donc qu’il y a de sérieux doutes sur l’existence d’une ethnie et un peuple juif et qu’il s’agit plutôt d’une communauté religieuse.

Nous pouvons donc conclure que soit les récits des tribus d’Israël sont vraies et que ce peuple est d’origine sémite du Proche-Orient, ou alors qu’il est dans la majorité des cas issu de conversions venant également de peuples fort éloignés des origines européennes de l’Occident, soit les Berbères et les Khazars. Il y a pourtant certaines conversions minoritaires locales, mais dans la majorité des cas le judaïsme se transmet par le sang, ce qui rend d’une manière ou d’une autre le peuple juif plus citoyen du monde qu’enraciné dans une civilisation donnée.

Jésus et Marie : de race juive ?

Certains avancent l’origine juive de Jésus et de Marie pour justifier l’utilisation du terme judéo-chrétien.

Quand on pousse à fond l’exploration du dogme catholique, il faut admettre que c’est venir en conflit avec celui-ci que d’affirmer que Jésus et Marie étaient juifs.

Marie, dès le moment de sa conception, fut exemptée du péché originel, d’après le dogme catholique. Elle était donc l’Ève nouvelle, Ève plus grande que la première puisqu’elle ne devait pas pécher, parce qu’elle devait être sanctifiée.

Comme Ève, Marie ne fut d’aucune race/ethnie, car son exemption du péché originel la plaçait au-dessus de tout atavisme de race, de tout apport de particularisme de sang. Elle a tiré son sang chez les Juifs mais dès sa conception, par la faveur divine, ce sang fut exempté et purifié de toute particularité de race, de nationalité; elle fut conçue perfection humaine. Et comme elle n’avait pas le péché originel, elle ne pouvait pas mourir de mort; c’est pourquoi son corps fut transporté au ciel par les anges.

Donc imputer des spécificités humaines telles que la race ou la nationalité juive à Marie, serait nier sa sainteté et serait donc non-conforme au dogme catholique.

Jésus, quant à lui, fut le fils de cette femme qui, à cause de son exemption, ne fut et n’est d’aucune race. Son père fut l’Esprit Saint, qui n’est d’aucune race et d’aucune nationalité. Jésus n’est donc pas plus Juif qu’il n’est Français, Allemand ou Anglais. Attribuer des caractéristiques humaines à Jésus revient à contredire sa divinité et s’avère contraire au dogme catholique.

Étaler les « origines juives » de Marie et de Jésus pour justifier l’utilisation du terme civilisation judéo-chrétienne est donc faire preuve d’une faible connaissance du catholicisme. C’est tenter de faire croire que Jésus a été influencé par des hommes alors qu’il est Dieu. C’est d’un point de vue catholique une hérésie, mais conforme au judaisme qui nie la sainteté de Marie et de Jésus.


Chronologie d’une histoire conflictuelle

Le concept de civilisation judéo-chrétienne sous-entend une histoire commune et une coopération entre le judaïsme et le christianisme. Cette conception est erronée et les Juifs furent toujours traités en étrangers par tous les pays occidentaux et leur rôle dans l’Occident fut pratiquement toujours conflictuel. Voici une liste non-exhaustive des événements-clés qui nous permettent de démontrer les frictions entre le « judéo » et le « chrétien », ou l’Occident tout court, fut-il païen ou chrétien.

Prétendre des racines et un destin communs aux deux antagonistes que sont la civilisation chrétienne et les peuplades juives devrait être perçu comme une insulte laissant entendre une histoire commune harmonieuse et tendant à nier la spécificité évidente du peuple juif vis-à-vis du nôtre.

Loin de nous l’idée de valoriser ces événements mais plutôt d’en constater l’existence et l’évidence même.

  • En 45, les Juifs sont expulsés de Rome par l'empereur Claude.
  • « En général les Juifs choisissent de soutenir la Perse accueillante contre la Rome destructrice ». En 116, les Juifs participent à des insurrections contre Rome en Égypte, en Cyrénaïque et à Chypre. Dans les quatre coins de l’empire on les accuse d’ailleurs de financer les soulèvements contre Rome. (Jacques Attali, Les Juifs, le monde, et l’argent : histoire économique du peuple juif, page 136)
  •  Révolte des Juifs contre l’empereur Hadrien dirigée par Siméon Bar-Kochba (132-135 après J-C), suivi d’un départ de plusieurs Juifs vers Babylone.
  •  En 429 après J-C, Théodose II retirera au patriarche juif le droit de prélever des impôts et peu avant la fin du siècle, au décès du Patriarche Gamaliel qui n’eut pas d’héritier, le Patriarcat fut supprimé.
  • Selon Jacques Attali dans Les Juifs, le monde, et l’argent : histoire économique du peuple juif (page 133), au Ve siècle, alors que les barbares se font Chrétiens et qu’on ne sait plus qui des Romains, des Vandales, des Francs, des Burgondes ou des Wisigoths assimile l’autre, les seuls à rester des « étrangers » sont les Juifs.
  • Expulsion des Juifs de France du diocèse de Clément, en 554.
  • Expulsion des Juifs d’Espagne en 612 par le roi Sisebuth.
  • Le roi des Francs, Dagobert Ier, expulsa les Juifs en 629. Il propose de bannir de ses domaines tous les Juifs qui n'accepteraient pas le christianisme.
  • Sous le règne d’Héraclius (610-641) jusqu’à celui de Romanos (919-944), tous les Empereurs qui se succédèrent ont condamné le judaïsme.
  • L'historien Norman Roth nous apprend qu'en 711, lors de l’invasion musulmane (Maure) de l’Espagne, les sources musulmanes et chrétiennes nous disent que les Juifs ont fourni une aide précieuse aux envahisseurs en assurant la garde de leurs conquêtes. Une fois conquise, la défense de Cordoue a été laissée aux mains des Juifs, tandis que Grenade, Malaga, Séville et Tolède étaient confiées à une armée mixte de Juifs et de Maures.
  • L’historien Shlomo Sand affirme même que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ses soldats berbères convertis au judaïsme.
  •  À Grenade, en 1066, la population en fureur massacrera plusieurs milliers de Juifs. Au douzième siècle, les califes almohades les expulsent de toute l’Espagne maure.
  • L’appel à la croisade d’Urbain II, en 1095, déclenche des persécutions de la part des paysans envers les communautés juives de France et d’Allemagne, malgré les oppositions et interdictions de l’Église.
  • La rouelle est une étoffe de couleur jaune ou rouge, imposée aux Juifs comme signe distinctif par les autorités civiles à la suite du concile de Latran en 1215, découpée en disque, symbolisant les 30 deniers de Judas selon l'interprétation traditionnelle.
  • Le 10 mars 1182, un édit du souverain de Philipe Auguste dépouille les Juifs de tous leurs biens et les contraint à quitter le royaume. Les synagogues sont transformées en églises, les biens des Juifs redistribués à des nobles ou à des corporations.
  •  En 1290, l’Angleterre décrète l’expulsion des Juifs et cette mesure fut reprise par plusieurs autres pays européens.
  • 1360, expulsion des Juifs de Hongrie par Louis Ier.
  • En 1394, le roi de France Charles VI décide d’expulser de son royaume les Juifs qui y demeurent encore.
  • En 1453, le Juif humaniste chrétien George Scholarios, à la veille de l’assaut des Turcs, se rebella contre l’empereur Constantin XI et livra la capitale aux agresseurs. Pour cet acte de trahison, le sultan lui octroya le titre de premier patriarche de Constantinople. Une fois en poste, sous la domination turque, il s’empressa de dénoncer le traité par lequel l’unité de l’Église aurait été restaurée. Il a d'ailleurs été choisi pour cette raison, étant un farouche opposant à l'unité de l'Église d'Orient avec Rome au concile de Florence en 1439. Les Turques en le nommant Patriarche évitait donc une influence occidentale chez les Grecs de Constantinople après la chute de la cité.
  • En 1453, au moment de la prise de Constantinople par les Ottomans, les Juifs se réjouissaient de la défaite des Chrétiens. Dans son livre Rendez-vous avec l’islam (Grasset, 2005), Alexandre Adler confirme bien que les Juifs ont soutenu à cette époque l’invasion turque, de même qu’ils avaient soutenu l’invasion arabe en Espagne quelques siècles plus tôt. « Partout dans leur avance, écrit-il, les Juifs… accueillent les Turcs en libérateurs. » (page 168)
  • Expulsion des Juifs d’Espagne en 1492 durant l’Inquisition.
  • On sait que de nombreux Juifs avaient trouvé refuge dans l’empire ottoman après leur expulsion massive d’Espagne et des nombreuses possessions espagnoles en 1492. Parmi eux, il y avait le fameux Joseph Nassi. Il entendait bien se venger des Chrétiens, par Turcs interposés. En 1569, Nassi, fait duc de Naxos par le sultan quelques années plus tôt, « conseille à Soliman d’attaquer Venise pour prendre Chypre dont il veut faire un refuge pour les Juifs, écrit Jacques Attali (Les Juifs, le monde, et l’argent : histoire économique du peuple juif, Fayard, 2002, pp. 265).
  • En 1496, l’aristocratie brésilienne expulse les Juifs non-convertis du Brésil.
  • L'un des massacres les plus tristement célèbres est celui qui fut perpétré par les Cosaques de Chmielnicki (Khmelnytsky), en 1648 et 1649, contre les Juifs d'Ukraine.
  • En 1654, les Juifs hollandais furent officiellement expulsés du Brésil.
  • Les Juifs quittent les Antilles françaises quand ils en sont expulsés en 1683.
  • En 1698, l'empereur Léopold Ier du Saint-Empire bannit les Juifs de Vienne.
  • Jusqu’en 1760, les Juifs sont interdits en Nouvelle-France, réservée exclusivement aux Catholiques. L'interdiction pesait sur les Juifs (et les Huguenots) et les empêchaient de s'établir dans la jeune colonie. L'attitude de la France à l'égard des Juifs s'est maintenue jusqu'à la Révolution de 1789, et rendit à peu près impossible l'établissement des Juifs dans l'Amérique française.
  • Napoléon Ier promulguait trois décrets importants en 1808 concernant la législation des Juifs dans l’Empire français et le Royaume d’Italie.
  • En 1862, tentative d’expulsion des Juifs des États-Unis par le général Grant.
  • La première vague de massacres désignés comme pogroms en Russie eut lieu entre 1881 et 1884.
  • Après la Révolution russe d'octobre 1917, les Juifs de Russie ont continué à être persécutés par les tsaristes et on compte des milliers de victimes de pogroms pendant la guerre civile de 1918 à 1921, en particulier des Juifs d'Ukraine et de Pologne orientale, certains les accusant d'être à l'origine du bolchévisme.
  • 1915 et 1916 : le génocide arménien. Gershom Scholem, qui est l’un des grands penseurs juifs du XXe siècle écrit : « Les Donmehs ont fourni de nombreux membres à l’intelligentsia des Jeunes Turcs (…) Ils ont joué un rôle important dans les débuts du Comité Union et Progrès, organisation du mouvement Jeune Turc qui eut son origine à Salonique (…) On a la preuve que David Bey, un des trois ministres du premier gouvernement Jeune Turc et chef important du parti Jeune Turc, était un Donmeh. » (Le messianisme juif (1971), trad. B. Dupuy, Paris, Calmann-Lévy, 1974, p. 235).

Le très influent directeur de presse Alexandre Adler confirme les origines juives et maçonniques de la Turquie kémaliste : « L’un des fondateurs au moins du mouvement Jeune Turc, le 14 juillet 1889, jour centenaire de la prise de la Bastille, est un Donmeh avoué, Sükrü Dey. »

Dans une conférence du 14 mars 2005 à la maison Itshak Rabin, Alexandre Adler s’exprimait un peu plus librement, devant un public juif : « Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que j’ai de nombreux amis Donmeh, c’est-à-dire disciples de Sabbataï Zevi, et je les trouve assez extraordinaires… S’il n’y avait pas autant de Donmeh dans les élites turques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, il n’y aurait pas eu de kémalisme. » Or nous savons que les Jeunes Turcs sont directement responsables du génocide des Chrétiens arméniens et que les Donmehs sont en fait des Juifs convertis de force à l’islam.

  • Dès 1928, la région du Birobidjan en URSS est réservée par décret à l'établissement des Juifs.
  • En 1933 à 1939, en Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale, les mesures ségrégationnistes et antisémites forcèrent les Juifs au départ. Suivi des événements que nous connaissons tous.

Il y a plusieurs centaines d’autres événements historiques du genre tout au long de l’histoire occidentale qui entrent en conflit direct avec le judaïsme et les populations juives.

Les royaumes chrétiens :

La ligne ferme à l’endroit des Juifs par Saint-Louis de France, Saint-Édouard d’Angleterre, Saint-Ferdinand de Hongrie n’a aucunement été un obstacle à leur sainteté et n’ont jamais empêché Isabelle et Ferdinand de Castille d'être qualifiés de « rois catholiques » par le pape Alexandre VI, en 1494.

Saint-Cyrille-d’Alexandrie contre les Juifs :

« Hierax, un maître d'école soupçonné sans raison par les juifs d'être un agent provocateur de l'évêque, fut à l'origine d'une émeute. Menacés par l'évêque, les Juifs attaquèrent les chrétiens pendant la nuit. Le jour venu, stimulés par Cyrille, les chrétiens répliquèrent ils envahirent les synagogues, tuèrent les Juifs qu'ils rencontraient, pillèrent leurs maisons. Ce fut la fin de la colonie juive d'Alexandrie. » (2003 Les Pères dans la Foi 244)


La religion et la philosophie chrétienne face au judaïsme

La dernière et principale raison qui démontre l’incompatibilité d’un terme comme la civilisation « judéo-chrétienne » est bien sûr la religion et la philosophie chrétienne elle-même. Comment associer deux termes qui s’opposent à tous les points de vue et spécialement d’un point de vue religieux et philosophique ? La section qui suit va tenter de démontrer l’opposition ferme entre les deux.

Il est alors étonnant que certains osent, possiblement par ignorance, faire la promotion du terme de civilisation « judéo-chrétienne ». Notre objectif ici n’est pas de justifier ou faire la promotion des passages suivants – le lecteur décidera s’ils sont condamnables ou non, mais plutôt de démontrer une vérité historique et théologique pour exposer l’oxymoron qu’est le terme judéo-chrétien, que plusieurs se prétendant intellectuels semblent eux-mêmes ignorer volontairement ou non. L’Église elle-même les ignore volontairement depuis le concile Vatican II, mais force est de constater qu’ils ne l’ont pas été depuis plus de 1 965 ans d’existence de la chrétienté. Une civilisation ne peut donc pas se fonder uniquement sur  les cinquante dernières années pour plaire à la rectitude politique du temps.

Nous remarquons également que les autres branches de la chrétienté, comme l’Église orthodoxe et les luthériens, ne sont pas exemptes d’un rejet du judaïsme. Nous allons ici nous concentrer sur l’Église catholique, puisqu’il s’agit de celle qui eut la plus grande influence au Québec et en Occident.

AVIS : Tous les extraits qui suivent proviennent de textes religieux de l’Église catholique romaine accessibles au public et en vente libre au Canada. Prétendre que les passages suivants sont diffusés dans un but autre qu’éducationnel et informatif est un mensonge motivé par la mauvaise foi et une volonté de censure. Nous remarquons également que les textes sacrés judaïques et islamiques présentent aussi un rejet des autres croyances et sont parfaitement légaux.

L’Ancien Testament :

Selon le dogme catholique, l’Ancien Testament est seulement utilisé comme témoin de l’Ancienne Alliance et fut remplacé par le Nouveau Testament, la Nouvelle Alliance. Le premier s’adressa uniquement au peuple juif pour le guider, faire connaître le monothéisme et préparer l’arrivée du Christ. Une fois le Christ sur Terre, l’Ancienne Alliance prit fin. Les dix commandements sont quand même maintenus comme lois universelles. La mort du Christ aura lieu grâce au peuple déicide qui fut jadis le peuple élu. Le Christ est venu sur Terre pour sauver tous les hommes, alors que le peuple juif attendait un messie uniquement pour eux. Ils refuseront alors de reconnaître Jésus Christ comme étant le fils de Dieu et leur messie.

Citations de Jésus:

  • « Serpents, engeance de vipères! Comment pourrez-vous échapper à la condamnation de l’Enfer ?» (Jésus aux Juifs, Évangile de Matthieu, 23, 33 -35)
  • « Mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas » (Jésus dans l’Évangile de Matthieu, 33, 2-3)
  • « C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte »(Jésus aux Juifs, Évangile de Marc 10, 5)
  •  « Race incrédule et perverse, jusqu’à quand serai-je avec vous, et vous supporterai-je? » (Jésus aux Juifs, Évangile de Luc 9, 41)
  • « Satan est votre père et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir » (Jésus aux Juifs, Évangile de Jean, 8, 44)
  • « Qui est de Dieu entend la prophétie de Dieu. C’est pourquoi vous (les Juifs) ne l’entendez pas. Vous n’êtes pas de Dieu! » (Jésus aux Juifs, Évangile de Jean, 8, 47)
  • « Et le blasphème de ceux qui se disent juifs, et ne le sont pas, mais synagogue de Satan » (Saint Jean, Apocalypse, 2, 9 -10)
  • « Serpents, engeance de vipères! Comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne? C'est pourquoi, voici que j'envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes: vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang de l'innocent Abel jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l'autel! En vérité, je vous le dis, tout cela va retomber sur cette génération! » (Matthieu (BJ) 23)
  • Aussi le Seigneur dit-il : « Ce peuple (juif) m'honore du bout des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. » (Mt 15,8) (Ambroise virginité 5123)
  • « Qu'il y ait aussi dans ce grain un lis, les oracles divins en témoignent ; car il est écrit : "Je suis la fleur des champs et le lis des vallées, tel un lis au milieu des épines. "» (Ct 2 1-2) Le Christ était au milieu des épines lorsqu'il était au milieu des Juifs. (Ambroise virginité 6092)
  • « Nous ne disons pas seulement Père, mais notre Père: c'est-à-dire père de ceux qui croient, de ceux qui, sanctifiés et régénérés par la grâce divine, sont devenus les fils de Dieu. Cette parole condamne ouvertement les Juifs. Aveuglés par l'esprit de révolte, non-seulement ils ont repoussé le Christ annoncé par leurs prophètes, le Christ qui commençait par eux sa mission divine, mais ils lui ont fait subir la mort la plus cruelle. Ils ne peuvent appeler Dieu leur père, car Jésus est là pour les confondre: Vous êtes les fils du démon, leur dit-il, et vous marchez sur les traces impures de votre père. « (Cyprien – 3. Paraphrase)
  • « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu; vous (les juifs) n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jésus aux Juifs, Évangile de Jean, 8, 47)

Condamnation du sabbat :

  • « Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens: "Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non?"  Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. Puis il leur dit: "Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat?" Et ils ne purent rien répondre à cela. (Luc (BJ) 14)
  • « Le Seigneur dit enfin aux Juifs: " Je ne supporte pas vos néoménies ni vos sabbats " » (Is 1, 13). (Lettre de Barnabé 15)

Lutte des Juifs contre les premiers Chrétiens :

  • « Lorsqu'il fit jour, les Juifs tinrent un conciliabule, où ils s'engagèrent par anathème à ne pas manger ni boire avant d'avoir tué Paul. Ils étaient plus de 40 à avoir fait cette conjuration. Ils allèrent trouver les grands prêtres et les anciens, et leur dirent: "Nous nous sommes engagés par anathème à ne rien prendre avant d'avoir tué Paul. Vous donc maintenant, d'accord avec le Sanhédrin, expliquez au tribun qu'il doit vous l'amener, sous prétexte d'examiner plus à fond son affaire. De notre côté, nous sommes prêts à le tuer avant qu'il n'arrive." (Actes (BJ) 23)
  • Lapidation d’Étienne par les Juifs : « À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Etienne. Tout rempli de l'Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. "Ah! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu." Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul. Et tandis qu'on le lapidait, Etienne faisait cette invocation: "Seigneur Jésus, reçois mon esprit." Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri: "Seigneur, ne leur impute pas ce péché." Et en disant cela, il s'endormit. (Actes (BJ) 7)
  • « Voulant plaire aux Juifs, Félix laissa Paul en prison. » (24,27) (Bible chrétienne Actes 400)
  • « Ce seront aussi des "Juifs d'Asie" qui provoqueront l'arrestation de Paul, comme Jézabel était phénicienne. » (// R 19) (Bible chrétienne Actes 18)
  • « Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui. Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait. Alors les principaux prêtres et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent: Que ferons-nous? Car cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain prêtre cette année-là, leur dit: Vous n'y entendez rien; vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. Et ce n'était pas pour la nation seulement; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir. C'est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm; et là il demeurait avec ses disciples. » (Jean (LSG) 11)

Rejet de Jésus par les Juifs :

  • « Eux vociférèrent: "À mort! À mort! Crucifie-le!" Pilate leur dit: "Crucifierai-je votre roi?" Les grands prêtres répondirent: "Nous n'avons de roi que César!" Alors il le leur livra pour être crucifié. » (Jean (BJ) 19)
  • « Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit: "Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs." Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c'était écrit en hébreu, en latin et en grec. Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate: "N'écris pas: Le roi des Juifs, mais: Cet homme a dit: Je suis le roi des Juifs." Pilate répondit: "Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit." » (Jean (BJ) 19)
  •  « Lequel des Prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté? Et ils ont tué ceux qui avaient annoncé la venue du Juste (le Messie ou Christ) dont maintenant vous êtes devenus les traîtres et meurtriers, qui avez accepté la loi sur ordre des anges, et ne l’avez pas conservée » (Saint Etienne, sermon rapporté dans les " Actes des Apôtres, 7, 52-53)

Rejet des Juifs par Dieu selon les pères de la foi de l’Église catholique:

  • Moïse lui-même, dans le Deutéronome, déclare que les païens seront les premiers et que le peuple incrédule sera le dernier. Il dit encore: « Vous avez excité ma jalousie par ce qui n'est pas Dieu, et vous m'avez mis en colère par vos idoles; et moi j'exciterai votre jalousie par ce qui n'est pas un peuple, et je vous mettrai en colère par une nation insensée ». (Dt 32,21) Les Juifs, en effet, ont abandonné Dieu, celui qui est, pour rendre un culte à des divinités qui ne sont que néant. Ils ont tué les prophètes et prophétisé par Baal, qui était une idole cananéenne. Insultant « celui-qui- est », le Fils de Dieu, ils l'ont rejeté et lui ont préféré Barabbas, un voleur convaincu d'homicide. Ils ont renié le roi éternel pour acclamer comme roi un César temporel. Ce pourquoi Dieu a daigné transmettre son héritage aux païens, qui n'appartenaient pas à la cité de Dieu et ignoraient même qui était Dieu. (2003, Les Pères dans la Foi 553)

Dans l’Apocalypse :

  •  « Je connais ta tribulation et ta pauvreté (malgré que tu sois riche) et les calomnies de la part de ceux qui se disent juifs, et ne le sont pas, mais synagogue de Satan. » (Saint Jean. Apocalypse, 2, 9 -10).

Saint-Justin :

  •  « En fait d'outrages contre le Christ et contre nous qui sommes sortis de lui, aucune nation ne s'est rendue ami coupable que la vôtre ; vous êtes les auteurs des préventions et des calomnies qui nous poursuivent partout » (Saint-Justin, dans le Dialogue avec le Juif Tryphon, 17, 1)

Le choc des valeurs

Les plus grandes héroïnes et saintes de l’Ancien Testament sont Esther et Judith. La première a sauvé son peuple en livrant les attraits de son corps, préparé et parfumé dans ce seul dessein, à l’appétit sexuel d’Aussuérus. Elle accomplit un grand exploit moral, parce que le but de l’Ancien Testament n’était que d’assurer la conservation du peuple juif jusqu’à la venue de Jésus Christ. Car, si ce peuple avait été anéanti, comme il en était menacé de tous cotés, comment aurait-il pu accomplir la Promesse?

Sainte-Agnès et des milliers de vierges chrétiennes sont devenues des saintes pour avoir fait tout le contraire d’Esther. Jeanne D’Arc n’aurait jamais été canonisée si elle avait sauvé la France en faisant comme Esther. La morale de la Nouvelle Alliance proclame : plutôt la mort que la souillure, le péché. La morale de l’Ancienne Alliance proclame tout plutôt que la mort du peuple juif. C’est pourquoi on voit Judith passer une nuit sous la tente avec Holopherne, qu’elle décapite après qu’il eut tombé sous le poids de l’ivresse et de la fatigue; c’est pourquoi on voit Abraham et Jacob mentir à l’étranger, livrer leurs femmes au péril de l’adultère en disant qu’elles ne sont que leurs sœurs, afin de conserver la vie du corps qui renferme la Promesse, exploits qui auraient empêché quiconque d’être canonisé sous la loi de la Nouvelle Alliance.

Une autre différence marquante du point de vue des valeurs est la perception de l’argent.

L’argent stérile versus l’argent fertile

Dans l’une et l’autre des doctrines économiques l’on croit aux vertus de la charité, de la justice et de l’offrande, mais pour les Juifs, il est souhaitable d’être riche alors que pour les Chrétiens, la richesse abondante éloigne plus souvent qu’autrement l’homme de Dieu, comme le témoigne les propos de Mathieu : « Je vous le dis encore une fois : il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille, qu’il ne l’est qu’un riche entre dans le royaume des cieux » (19,24).

Pour les Juifs, tirer du profit et des intérêts de l’argent n’est pas immoral, mais par souci de solidarité, ils n’ont pas le droit de tirer de l’intérêt de l’argent envers d’autres Juifs. Cela doit seulement se faire envers les non-Juifs. Pour les Chrétiens comme pour les Grecs et Aristote, l’argent est stérile et faire commerce de l’argent est un péché mortel.

Jacques Attali, Les Juifs, le monde, et l’argent : histoire économique du peuple juif, page 120.


Le christianisme selon le Talmud

AVIS: Notre texte de référence est le Talmud babylonien, sélectionné, traduit et édité par Norman Salomon pour la maison d’édition Penguin Classics en 2009. La traduction de l’hébreu vers l’anglais a été effectuée par la Jewish Publication Society de Philadelphie en 1999. Norman Salomon est un Senior Associate du Oxford Centre for Hebrew and Jewish Studies et un membre du Wolfson College à Oxford. 

Jésus selon le Talmud:

Le passage suivant nous fait remarquer que, selon le Talmud, Jésus était un sorcier coupable d’idolâtrie, en plus d’égarer le peuple d’Israël, et qu’il devait être lapidé à mort pour ce crime. Personne n’a pris sa défense, alors il a été pendu. On apprend également qu’il aurait dû, selon la Torah, être puni plus sévèrement, mais qu’il ne le fut pas à cause de ses relations avec le gouvernement.

The fourth tractate Sanhedrin (the court), page 505. Chapter Six, GEMARA:

«Does not a baraita state: Jesus of Nazareth was hanged on Passover Eve. A Herald went out for forty days (prior to the execution, proclaiming) Jesus of Nazareth is to be executed by stoning for witchcraft and for leading Israel astray (to idolatry). Will anyone who knows anything in his favour come forward and plead for him! They found nothing in his favour, so he was hanged on Passover Eve.

Ulla said, What sort of question is that? Was Jesus of Nazareth a person for whom favourable arguments would be sought? He led people astray, and (of such a person) the Torah says, YOU SHALL NOT HAVE PITY NOR COVER UP FOR HIM (Deuteronomy 13:9). (Answer;) Jesus was (treated) differently since he was close to government.»

Une justice pour les Juifs et une autre pour les autres

Le passage suivant nous indique une préférence devant la loi pour les siens et une discrimination systématique pour les autres chez les Juifs pour certains rabbins. Même que des moyens fourbes et sournois peuvent être utilisés si la loi ne permet pas de donner raison au Juif de manière honnête.

Nous remarquons par contre que cette vision des choses ne fait pas l’unanimité chez les rabbins. Par exemple, notre version du Talmud remarque l’opposition du Rabbin Aquiva, alors que le Rabbin Ismaël est tout à fait d’accord. Ce passage est tout de même utile pour démontrer un certain désir de séparation entre les Juifs et les non-Juifs. Nous soulignions aussi que le terme « Canaanites » ou Cananéens en français est synonyme de non-Juif.

The first tractate Bava Qama (The first gate), page 453. Chapter Ten, GEMARA:

«If a Jew and an oppressive Canaanite come to law, if you can award the case to the Jew according to the laws of Israel, do so and tell the Canaanite, “this is our law”; if you can award the case to the Jew according to Canaanite law, do so and tell the Canaanite, “this is your law”; and if not, use devious means. This is the view of Rabbi Ishmael.»

Par contre, un autre passage qui ne semble pas etre contester, nous indique le même type d’attitude concernant les compensations suite à un dommage fait à un non-Juif. Ici, on nous dit qu’un Juif n’a pas à payer de compensations à un non-Juif. Nous rappelons ici que Jésus et les Chrétiens sont considérés comme des idolâtres, « idolators » dans la citation. Nous référons également les lecteurs à un texte en anglais du site My jewish learnings, par Jeffery Spitzer, The Non-jew in Jewish Law qui explique le traitement discriminatoire des non-Juifs dans la loi juive, qui est voulu pour une question de ségrégation.
The first tractate Bava Qama (the first gate), page 432, Chapter Four, MISHNA :

« If an Israelite’s ox gored and idolater’s ox, he is exempt (from payment in damages); if an idolater’s ox gored an Israelite’s ox, he must pay full damages, whether or not the ox has been cautioned.

GEMARA: If an Israelite’s ox gored an idolater’s ox, he is exempt. One way or the other!»


Conclusion

Comme nous l’avons démontré, pratiquement aucun des points communs aux membres de notre civilisation rapproche le peuple juif de l’Occident.

Il réside alors à ceux qui utilisent le terme « civilisation judéo-chrétienne » de nous expliquer en quoi exactement est-ce que notre civilisation est « judéo ». Ils en semblent pourtant incapables et le constat est davantage triste lorsque cela vient de fins tribuns d'une certaine droite, défenseurs de l’Occident, tels que Mathieu Bock-Coté, Jacques Brassard ou Joseph Facal.

De notre côté, nous reconnaissons toute la spécificité qui revient au peuple juif, qui forme bel et bien un peuple à part du nôtre. Il y a depuis longtemps plus de musulmans en Occident qu’il y a de Juifs et pourtant, personne n’ose nommer notre civilisation « islamo-chrétienne ». Cela frôle également la théorie de conspiration d’attribuer une influence aussi grande à l’infime minorité que représente les Juifs en Occident, au point d’y allouer la moitié du nom de notre civilisation. Cessons alors de diminuer la chrétienté et le judaïsme, en tentant d’une manière mensongère d’attacher l’un à l’autre, alors qu’il s’agit symboliquement de l’eau et de l’huile.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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