Libérez-nous des syndicats! – Éric Duhaime

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ACH003318464.1360990619.580x580À première vue, le combat mené par Éric Duhaime et le mouvement libertarien au Québec semble se situer à mille années-lumières des idées desquelles la FQS fait la promotion. Autant la droite économique que la gauche progressiste ignorent le fait national et identitaire. Pourtant, nous avons vraisemblablement au moins un point en commun : le même mur se dresse devant nous.

Le monopole gauchiste se manifeste chaque fois qu’un changement défavorable aux intérêts néo-marxistes est suggéré au peuple québécois. Que ce soit lorsque la Fédération des Québécois de souche réclame un débat sur les politiques d’immigration ou lorsque le Réseau Liberté Québec propose aux Québécois de revoir leur modèle économique, le même genre de réactions et d’agitations enflammées est observé. Ce monopole, tantôt représenté par les médias, tantôt par nos politiciens, est également défendu par les groupuscules d'extrême-gauche ayant noyauté les mouvements étudiants. Il va sans dire que si les associations étudiantes en sont affectées, les syndicats eux, en sont rongés jusqu'à la moelle.

Dans « Libérez-nous des syndicats! », Éric Duhaime entreprend la tâche risquée de démasquer la supercherie des superpuissances syndicalistes québécoises.

En préface de son livre, Duhaime rend hommage au courage et à la volonté du « travailleur inconnu ». S’ensuit un avertissement que vos leaders syndicaux qualifieraient de sarcasme ou de fausseté : « Toute promotion ou diffusion de cet essai pourrait provoquer votre expulsion du syndicat, tout en vous obligeant à continuer de payer vos cotisations. » Avec les menaces que les militants nationalistes subissent régulièrement et les risques de répression au quotidien avec lesquels nous vivons, nous sommes portés à croire que cela pourrait être une triste vérité.

Le tout commence par un portrait historique des syndicats québécois. L’auteur nous fait remarquer que si, au commencement, l’existence des syndicats était légitime pour servir de contrebalancement aux pouvoirs dominants, ces derniers détiennent maintenant les rênes du pouvoir.

Duhaime nous dresse ensuite un portrait estimé du budget syndical. Le problème, c’est que les syndicats refusent fermement l’accès à leurs états financiers. Il base donc ses calculs sur les statistiques que divulgue le ministère des Finances sur les crédits d’impôt et sur le montant des cotisations moyennes multiplié par le nombre de syndiqués québécois. Il en arrive à une estimation du revenu des cotisations qui se situe entre 800 millions et 1 milliard de dollars. Chiffre assez révélateur sur le pouvoir et l’influence des syndicats quand on nous apprend plus loin que le budget du ministère du Travail en 2011 était 30 fois inférieur, soit de 32 millions de dollars.

Il nous démontre aussi comment les syndicats agissent de manière malhonnête, depuis l’application de la formule Rand en 1946, pour aller chercher des membres dans tous les milieux de travail et pour prendre des décisions. Mensonges et harcèlement des employés pour forcer les signatures de cartes de membres nécessaires à l’accréditation et tenue de votes à main levée dans une ambiance d’intimidation; une situation qui s’expliquerait par la faible règlementation du syndicalisme au Québec, comparativement aux autres États de l’Amérique du Nord.

Puis la suite du livre explique de manière révélatrice l’emprise des syndicats sur la multitude d’organismes gauchistes, d’institutions publiques et d’industries québécoises (la construction, entre autres). On nous explique aussi comment les syndicats font de la propagande idéologique et politique en puisant à même les cotisations, sans consulter les syndiqués. Duhaime raconte aussi comment la crise étudiante a été planifiée un an d'avance dans une rencontre entre associations étudiantes et syndicats. Rien d'étonnant de la part d'associations qui agissent comme des syndicats avec les cotisations des étudiants en finançant, comme bon leur semble, des groupes, entreprises ou organismes qui n'ont absolument rien à voir avec le milieu étudiant.

En conclusion, Éric Duhaime propose neuf solutions, soit entre autres celle d’exiger une divulgation financière des syndicats ou même d’abolir tout simplement la formule Rand. Il donne finalement des conseils assez réalistes à quiconque désire faire avancer les choses et obtenir des changements sur l’influence des syndicats.

Duhaime lance une véritable rafale d’arguments au visage des syndicalistes et la mobilisation gauchiste lors des lancements du livre dans plusieurs régions démontre clairement qu’il frappe là où ça fait mal. C’est un véritable coup de bélier dans le tabou du monopole syndical.

Un livre qui ne laissera aucun lecteur indifférent, d'un coté comme de l'autre.

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