L’immigration : L’assassinat du rêve souverainiste

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Pour ceux qui n’ont pas suivi le dossier, Grégoire Bergeron, un pseudonyme, publiait une étude démographique en août dernier dont les projections démographiques prédisaient la mise en minorité de l’ethnie canadienne-française dans la province de Québec.

Dernièrement, il a publié une courte analyse annexe à son étude. Celle-ci prédit que l’immigration mettra un terme au rêve souverainiste. 

L’auteur a juxtaposé l’évolution du poids démographique des Canadiens français par rapport à la moyenne annuelle de l’appui à la souveraineté pour la période allant de 1990 à 2016. Ainsi, il a montré que la chute du OUI suivait comme par hasard la baisse du poids démographique des Québécois de souche. 

L’auteur note : « On remarque que le déclin de l’appui à la souveraineté est corrélé avec le passage du temps avec un coefficient de détermination de 0.65. Ceci démontre une tendance lourde qui dépasse les cycles politiques; les changements de gouvernement sur 26 ans n’ont eu que très peu d’effet sur cette tendance. La tendance montre que l’option souverainiste diminue de 0.58% par an; c’est ainsi 15% d’appuis perdus sur 26 ans. »

Puis il explique : « La corrélation avec le temps qui passe démontre que parmi les causes du déclin de l’appui à la souveraineté, il y en a au moins une qui est constante et dont l’effet est important. C’est quand on observe le déclin du poids des Canadiens français que l’on comprend que celui-ci pourrait très bien être une des causes principales du déclin du vote souverainiste. En effet, l’ethnie canadienne-française décline de 0.45% par an, alors que le vote souverainiste décline de 0.58%. Quand on fait une régression linéaire entre les deux phénomènes, on calcule un coefficient de détermination de 0.62, ce qui est très bon considérant la volatilité des opinions politiques. »

Finalement l’auteur conclue en disant : « Les 26 dernières années ont vu l’option souverainiste baisser de 0.58% par an pour un total de 15%. Si la chute des Canadiens français n’explique probablement que la moitié de la baisse de l’appui à la souveraineté, cette baisse est cependant irréversible à moins que l’on augmente la fécondité canadienne-française, tout en réduisant l’immigration. De plus, en supposant que les souverainistes réussissent à éliminer les autres causes du déclin de leur option, le temps joue contre eux puisque les 20 prochaines années permettront d’observer un déclin des Canadiens français du même ordre que celui des 26 dernières années, la tendance étant en s’accélérant. Ainsi, il est attendu à ce que l’option souverainiste baisse de façon permanente. »

L’analyse de FQS

Cette courte analyse de Grégoire Bergeron montre hors de tout doute que l’immigration est la plus grande menace qu’aura vécue l’option souverainiste. Le poids démographique des minorités ethnoculturelles augmente chaque année et leur opposition à la souveraineté fait en sorte que le OUI ne peut que reculer avec le temps. On peut résumer la chose ainsi : l’immigration, c’est l’assassinat du rêve souverainiste. 

Les ténors du mouvement souverainiste, les péquistes, nous ont longtemps fait croire qu’ils seraient en mesure de convaincre les différentes minorités ethniques de rejoindre les rangs souverainistes. De 1995 à aujourd’hui, on applique la politique de la main tendue et des concessions en espérant faire des gains. L’approche aurait été acceptable si elle avait donné des résultats, mais il faut admettre qu’elle a été un échec sur toute la ligne. Non seulement le plan a échoué, mais il a aussi été mis en œuvre au prix d’un certain sacrifice, car pour rejoindre les minorités, il a fallu évidemment diluer le contenu nationaliste du projet souverainiste. Nonobstant le réel, le Parti québécois persiste dans cette mauvaise direction.

« Monsieur Lisée soutient que l’implication des communautés culturelles dans les débats et les projets du parti constitue la voix assurée vers le succès pour ce parti qui prépare activement la prochaine échéance électorale. » (Radio-Canada International, 9 janvier 2017)

Nous sommes loin de dire qu’il faut rejeter ceux qui ne sont pas de souche du camp souverainiste – nous-mêmes, comme nationalistes, nous serions probablement tentés de supporter les patriotes d’une autre nation si nous avions le malheur de nous retrouver hors de notre patrie – alors nous comprenons que l’inverse peut être possible sans faire de concession. Cependant, vider le nationalisme de sa substance dans le but d’attirer les communautés ethniques à l’option souverainiste mènera à terme à la perte de sens du mouvement souverainiste. Pour qui exactement voulons-nous un pays si nous laissons disparaître un à un les éléments de notre identité? Dans les années 60, nous avons laissé tomber le caractère ethnique, puis graduellement le caractère catholique, ensuite dans les années 2000 nous avons fait concession de nos valeurs via le biais d’accommodements déraisonnables, et dernièrement nous aimerions laisser tomber le caractère linguistique à Montréal pour être plus cosmopolites. À terme, nous ne défendrons plus rien et notre indépendance n’aura plus de sens. 

Nous devrions revenir à l’essentiel. Un nationalisme sain, c’est prendre la défense de notre groupe ethnique. Or, s’il ne devait exister qu’un seul intérêt que les nationalistes devraient défendre, c’est bien celui de notre survie. Et cet intérêt, c’est particulièrement celui que les péquistes ne veulent plus défendre. Vous ne verrez jamais les péquistes s’attaquer à l’immigration de masse; pourtant, c’est ce phénomène qui menace notre position dominante dans la vallée du St-Laurent et tout espoir de devenir un jour indépendants. Les vipères de la rectitude politique diront que s’opposer à l’immigration est une forme de racisme. Cependant, ce raisonnement tient du sophisme puisqu’il n’y a rien d’antinomique à respecter les immigrants et à s’opposer à l’immigration : l’un est un individu, l’autre est un phénomène numérique. 

Le combat contre la mise en minorité des Canadiens français sur le territoire du Québec sera le combat des nationalistes québécois du 21e siècle. De 1760 à 1960, nous nous sommes battus pour la survie de notre peuple, nous avons cru pendant 60 ans que nous serions en mesure de gagner notre indépendance, ce qui nous a fait perdre de vue que l’objectif premier devrait être le suivant : Assurer la survie de notre groupe en cette Amérique. 

Pour la reconquête de notre peuple


Références

Bergeron, Grégoire (2017) « Immigration de masse au Québec : effet sur le poids démographique des Canadiens français ». https://vigile.quebec/IMG/pdf/immigrati … ancais.pdf
Bergeron, Grégoire (2017) « Analyse supplémentaire : Poids démographique des Canadiens français et appuis à la souveraineté ».https://canadiens-francais-vs-immigrati … poids.html
Radio-Canada International (9 janvier 2017), « Le Parti québécois réussira-t-il à séduire les communautés culturelles? », http://www.rcinet.ca/fr/2017/01/09/le-p … lturelles/

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