L’infiltration gauchiste au Canada français – Robert Rumilly

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rrumillyÀ la FQS, nous tâchons de freiner la dépossession de notre peuple en y opposant une résistance organisée. Ainsi, nous espérons un jour renverser cette tendance désolante.

Comprendre le pourquoi, les raisons profondes, et connaître les origines de cette maladie ne peuvent qu'aider à soigner notre société. Nous avons vu que 1963 était une date charnière dans l'ouverture de nos frontières. Puis, tout alla très rapidement au cours de cette décennie, pour aboutir à l'effondrement des valeurs nationales et à notre désarroi présent.Robert Rumilly, un auteur peu aimé par l'intelligentsia au pouvoir dans les médias présentement, fournit une source des plus utiles à l'étude des courants dénationalisants de l'époque. Son ouvrage, publié par lui-même en 1956, L'Infiltration gauchiste au Canada-français, abordait de front le problème au Québec, à une époque où notre peuple était encore en parfaite santé. Une maladie de civilisation le guettait cependant et il n'offrit aucune résistance.L'historien de la province de Québec identifie de multiples influences: les catholiques de gauche en France, le journal Le Devoir, mais surtout le "Réseau gauchiste", oeuvrant par le biais de rassemblements et exerçant son influence particulièrement au sein de Radio-Canada. Tous ces ascendants réussirent un noyautage de la pensée au Québec par la gauche.Il y avait, au cours du 20ème siècle, un catholicisme de gauche en France pratiquant la complaisance envers le communisme, nous raconte l'auteur. Les revues Esprit, Témoignage chrétien et La Vie intellectuelle (publiée par des dominicains) sont lues au Québec. Dans la dernière, par exemple, Rumilly y dénote un anticléricalisme et une sympathie maçonnique évidente. On y conspue la droite traditionnaliste, l’accusant de fascisme. On s'allie au socialisme et même au communisme. On y fait des comptes-rendus très tempérés de voyages en URSS.Le résultat est une crise du patriotisme en France. La jeunesse catholique devient ouverte au communisme, mais les communistes, eux, ne se convertissent pas au catholicisme!

Les liens intellectuels entre ces médias français et une certaine élite intellectuelle au Québec sont démontrés, comme avec Le Devoir. Une importance démesurée est accordée à la revue Esprit dans les pages du quotidien anciennement défenseur du Canada français.

Justement, ce journal, que l'auteur considère avoir déjà été valable, est alors sous la gouverne d'une équipe de gauche anti-Duplessis depuis la mort de George Pelletier. Gérard Filion en est le directeur. C'est une véritable phobie du régime politique en place dont il est maintenant atteint. Les titres sont manipulés, la couverture, malhonnête et biaisée. L'expatrié français évoque le mensonge de l'Ungava et du minerai de fer abandonné à .01$ la tonne par Duplessis. Il s'agit d'une fausseté que même René Lévesque reconnaîtra comme telle dans ses mémoires.

Duplessis a réalisé des choses dans le domaine des relations de travail, mais Filion maintient le ton hostile contre son régime, l'accusant de vouer une haine aux syndicats. Les grèves sont toujours jugées bonnes; si la police intervient contre des grévistes en situation illégale, ces derniers deviennent des martyrs.

Le traitement n'est pas le même lorsque le gouvernement fédéral pose des gestes similaires, comme lors de la grève du rail où St-Laurent fut autoritaire. Le Devoir ne mène pas campagne, et lorsqu'il y eut une grève, Filion engagea des scabs, mis à la porte massivement ses employés et fit intervenir la police, raconte Rumilly, non sans une satisfaction malicieuse.

L'auteur décrit ce qui est devenu un climat où le peuple est sympathique aux voleurs contre la police, une situation de lutte de classe comme en France. C'est un esprit que nous connaissons bien en effet, qui s'est installé et a perduré.

Ces grands sages de la pensée progressiste que sont les Jacques Hébert, Pierre Eliot Trudeau et Gérard Filion ont multiplié les voyages à l'Est et en Chine rouge. Leurs comptes-rendus, qui se veulent émaillés d'un sens critique souvent à pleurer, n'en reflètent pas moins la propagande soviétique et communiste, juge l'historien.

C’est le Réseau gauchiste qui a le plus d'impact. Grâce à lui, la propagande se multiplie et se diffuse, particulièrement par le noyautage de Radio-Canada, le plus puissant des instruments de propagande.

Il y eut d'abord Cité Libre, créé sur le modèle de la revue Esprit, anti-cléricale et de langage marxiste. Jacques Hébert publiera un tabloïd intitulé Vrai, imprimé sur les mêmes presses que le Devoir. Il y attaque tout ce qui est adversaire de la gauche.

Un organisme d'éducation est créé: "l'Institut canadien des affaires publiques". Une réunion en septembre 1956 est tenue à Ste-Adèle et à ce propos, Paul-Émile Gingras en fait ce compte-rendu: "Une agressivité injurieuse imprégnait bon nombre d'interventions. Le sentiment plus que l'idée a souvent présidé à la turbulence[…] Plus grave cependant, dans ce climat général, une certaine unité des esprits dans l'attaque de l'ordre établi, des valeurs traditionnelles, une unité "contra", contre le nationalisme, puisque, en démocratie moderne, l'homme est citoyen du monde. Contre le clergé, ses représentants incompétents en éducation: évêques du Comité de l'Instruction publique, Frères et Soeurs aux idées claires qu'encore ils imposent aux enfants, prêtres déformés par une théologie dogmatique! Contre les parents inaptes à juger des aptitudes de leurs enfants ou incapable de choisir pour eux les institutions qui leur conviennent, contre l'autorité politique incompétente, inerte, corrompue…"

Pierre Dansereau, André Laurendeau, Jacques Hébert, Gérard Pelletier, Pierre Élliott Trudeau et cie seront membres d'une organisation similaire à l'Institut appelée Rassemblement. Tous ces médias ont un allié puissant: Radio-Canada.

Sa direction appartiendra à Honoré Beaugrand, Godefroy Langlois, Jean-Charles Harvey, Edmond Turcotte et Jean-Louis Gagnon, que Robert Rumilly décrit comme l'aile avancée des radicaux de gauche.

À Radio-Canada, les gauchistes sont les bienvenus; le Rassemblement voit ses activités commentées par Radio-Canada, est même financé par la maison d'État. Jacques Hébert fera une conférence de presse en faveur de la Pologne communiste (ce qui provoquera des protestations de familles réfugiées de ce pays). Lorsqu'un homme de droite est invité, il sera toujours flanqué de deux gauchistes et l'animateur de gauche fera pencher la balance.

Le fédéral n'est pas supposé se mêler d'éducation, mais la télévision d'État est une véritable université populaire.

La revue l'Action nationale connaîtra le sort du Devoir. Son lectorat est de tradition nationaliste, mais André Laurendeau y défendra les mêmes courants favorables à la gauche et au communisme.

La gauche prend aussi d'assaut les institutions d'enseignement. Georges-Henri Lévesque crée la Faculté des sciences sociales à l'Université Laval.
Le recteur de l'Université de Montréal censura les professeurs d'histoire, les seuls à exprimer des idées nationalistes. Pourtant, ce recteur réclame la liberté d'expression – liberté pour la gauche, bien sûr.

Marx et Engels sont à l'étude, l'autorité religieuse est définie comme étant faite pour rendre le peuple plus docile.

L'aide fédérale en éducation est toujours bien accueillie, mais si le régime Duplessis offre de l'argent, il est accusé de vouloir acheter les universités. Le Réseau gauchiste, qui comprend, nous le savons, des fédéralistes fanatiques, a travaillé les esprits contre Québec.

Le syndicalisme sera noyauté à son tour. Gérard Pelletier dirige un organe de communication de la Confédération des travailleurs catholiques. La publication, nommée Travail, utilise un langage marxiste.

Cette organisation syndicale favorise la lutte des classes et prône la grève générale en 1953 à Louiseville. Les dirigeants n'appartiennent même pas aux métiers des gens qu'ils représentent, décident des orientations et les font adopter par l'agitation dans les assemblées. Ils recherchent le conflit plutôt que l'amélioration matérielle concrète du sort des travailleurs.

Le Devoir décrit son orientation sous le vocable de "nationalisme de gauche". N'y a-t-il pas une contradiction dans les termes, se demande Rumilly. Il y a une dimension spirituelle et morale dans le nationalisme traditionnel, un attachement à la famille élargie, alors que le socialisme met la lutte des classes au-delà même de la nation. Il aime la centralisation, car ainsi on peut mieux établir la suprématie des idées.

Francine Laurendeau, fille d'André Laurendeau, devient vice-présidente des Jeunesses socialistes, le mouvement des jeunes de la CCF (Co-operative Commonwealth Federation (Farmer-Labour-Socialist). On veut donc amener les Canadiens-français au socialisme par le biais du Devoir et de l'Action Nationale si possible. En décembre 1952, une série d'articles du Devoir s'intitule "Front populaire du Québec", signé par le père Joseph Ledit.

Le gauchisme est pistonné. Le père Lévesque siégea à la commission Massey et attend la vice-présidence du Conseil Canadien des Arts. Jean-Louis Gagnon peut gagner sa vie dans les médias. Cité Libre parle de la peur qui règne au Québec d'exprimer des idées non-conformistes. La peur est dans l'autre camp, croit l'auteur, qui lui-même a de la difficulté à être invité comme conférencier.

La gauche s'installe au Québec avec 25 ans de retard sur la France et ne rencontre pas de résistance organisée. Cela mène à la création d'une génération désaxée, anarchiste et dénationalisée alors qu'un "homme ne peut vraiment exceller que dans le sens de sa race. Un peuple ne peut vraiment s'épanouir que dans le sens de ses traditions." p. 147

Le crédo de la tolérance, ce focus sur les affaires internationales qui doivent nous concerner, ce discours social ou le sort d'autrui prend le pas sur le nôtre, cette sympathie pour les idées de gauche considérées révolutionnaires, le féminisme élevé en religion d'État, des générations de professeurs et d'étudiants intoxiqués par le marxisme léninisme; voilà bien les maux qui ont affigés notre nation depuis 50 ans! Si seulement nous avions eu la force d'y résister, mais le monopole télévisuel sur nos opinions et attitudes, dont celui de Radio-Canada, a été trop fort.

Sans prétendre être le fin mot de l'histoire, l'Infiltration gauchiste au Canada français représente un point de départ indispensable pour comprendre le courant destructeur qui s'empara de notre société. Écrit par un témoin engagé de l'époque, il est un témoignage véridique.

Tout l'Occident succomba à cette frénésie auto-destructrice. C'est l'oeuvre de ces "éclairés-citoyens-du-monde", si bien nommés par Mathieu Bock-Côté.

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