Maisonneuve, fondateur de Montréal

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En 1641, Paul de Chomedey de Maisonneuve s’embarque pour le Canada en même temps que Jeanne Mance, les deux étant mandatés par la Société Notre-Dame pour fonder Ville-Marie sur l’île de Montréal.

La traversée vers le Canada fut longue, soit plus de trois mois. Sur le bateau de Paul de Chomedey, Jeanne Mance voyageant sur un autre navire, quatre ou cinq personnes périrent, ce qui nous rappelle qu’à l’époque, la traversée de l’Atlantique restait une aventure en soi.

Paul de Chomedey, officier militaire d’expérience ayant combattu en Hollande et fervent catholique, avait été choisi pour l’implantation d’une colonie à Montréal par la Société Notre-Dame. Arrivé à Québec, il constata le manque de volonté de repousser les frontières de la colonie. Les habitants de Québec tentèrent même de le convaincre de s’installer à l’île d’Orléans, expliquant qu’il y serait mieux protégé des incursions iroquoises. Etant un homme d’honneur et s’étant engagé, Maisonneuve refusa catégoriquement toute concession.

C’est le 18 mai 1642 que Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fonda la colonie de Ville-Marie avec une cinquantaine de colons, dont Jeanne Mance qui est considérée comme la co-fondatrice de la métropole. Comme Québec à ses balbutiements, on peut difficilement parler d’une ville, un fortin serait beaucoup plus proche de la réalité et c’est à Pointe-à-Callière que ce fort fut construit. Signe que cette colonie serait catholique, c’est par une messe que fut célébrée la fondation de la ville.

Lors du premier Noël de Ville-Marie, la rivière Saint-Pierre sortit de son lit et menaça le fortin. Les colons affolés croyaient que la rivière emporterait le fort et les pousseraient donc à fuir la colonie nouvellement établie. Maisonneuve, un homme de foi, alla dresser une croix devant la rivière qui débordait et menaçait les portes du fort. Il promit que si l’inondation se résorbait, il dresserait une croix sur le Mont-Royal. L’inondation continua et la rivière en vint en frôler la palissade du fort, mais se résorba avant d’entrer dans le fort.

Voyant ce miracle arriver et remerciant le ciel, Maisonneuve partit avec d’autres colons vers le sommet enneigé du Mont-Royal qui, à l’époque, était une forêt. C’est Maisonneuve lui-même qui monta la croix, alors que les autres montèrent le nécessaire, dont un autel pour bénir la croix avec une messe. Par la suite, la croix fut abattue par les Iroquois et c’est Marguerite Bourgeois qui en fit ériger une seconde.

Ville-Marie était alors le point le plus à l’ouest de la colonie française, donc le plus à même de se faire attaquer. Les Iroquois attaquèrent fréquemment le fort à partir de 1643, faisant plusieurs victimes, et Maisonneuve qui, au début, refusait de répliquer, finit par se lancer à la poursuite des Iroquois. Il parvint à tuer lui-même le chef ennemi à Place-des-Armes le 30 mars 1644 après que lui et son groupe d’une trentaine de colons soient tombés dans une embuscade de 200 Iroquois. Malgré cet acte héroïque, les attaques amérindiennes durèrent un quart de siècle, devenant si intenses que Maisonneuve dut aller chercher de l’aide en France pour trouver des défenseurs capables d’assurer la sécurité de la colonie. En 1653, il revint d’un voyage de France avec 100 soldats provenant des quatre coins de la France avec comme mission de mettre fin à la menace qui planait au-dessus de Ville-Marie. Dix ans plus tard, les attaques n’avaient pas cessé et Maisonneuve dut mettre sur pied une milice populaire, la Milice de la Sainte-Famille, pour lutter contre les Iroquois. Deux ans plus tard, le roi de France envoya de véritables régiments en Nouvelle-France avec l’objectif de sécuriser le territoire une fois pour toutes.

Le but de Ville-Marie était dès l’origine la propagation de la foi, la conversion des Amérindiens. Au début, c’est autour du fort que la vie s’articule, mais Jeanne Mance fondera l’Hôtel-Dieu à l’extérieur et d’autres colons viendront s’installer sur l’île pour y pratiquer l’agriculture. Le fort deviendra alors un comptoir commercial, mais des difficultés monétaires vinrent causer de nombreux ennuis et l’île dut être cédée au Séminaire de Saint-Sulpice.

Dans des circonstances encore obscures, Maisonneuve regagna la France en 1663. Il y vécut une vie calme et paisible à Paris dans un logement modeste. A part quelques amis du Canada, il fut relativement isolé et oublié, malgré ses prouesses et son importance historique. Il mourût dans l’indifférence générale le 9 septembre 1676, signe que les grands hommes sont rarement reconnus de leur vivant.

Si aujourd’hui il existe des statues et images de Maisonneuve, aucune n’est authentique, pas même celle réalisée par le sculpteur Louis-Philippe Hébert, mais sont des idéalisations. Aucune image authentique de lui n’existe, ce qui démontre qu’à l’époque, on n’avait pas encore conscience de l’importance que prendrait la création de la ville de Montréal.

Il est aussi bon de mentionner que malgré ses 24 années comme gouverneur de Montréal, il n’a jamais rien possédé en terme de terres et a légué sa richesse à l’œuvre de Jeanne Mance, ce qui tranche avec les politiciens corrompus qui considèrent une carrière municipale comme un bon moyen d’enrichissement personnel.


Sources :
Groulx, Lionel. (1924) Notre maître le passé. Bibliothèque de l’Action Française, p. 21 à 47.
Marie-Claire Daveluy, Paul Chomedey de Maisonneuve, Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

http://www.biographi.ca/en/bio.php?id_nbr=129

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Un commentaire

  1. « Il est aussi bon de mentionner que malgré ses 24 années comme gouverneur de Montréal, il n’a jamais rien possédé en terme de terres et a légué sa richesse à l’œuvre de Jeanne Mance, ce qui tranche avec les politiciens corrompus qui considèrent une carrière municipale comme un bon moyen d’enrichissement personnel. »

    Coderre, Appelbaum et Tremblay devraient s’en inspirer!

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