Marcel Chaput

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marcelchaput_1961-e1415147487827Marcel Chaput est né, a grandi et a étudié dans une époque pas si lointaine où les Canadiens-français étaient traités en citoyens de seconde zone et ce, particulièrement dans son Outaouais natal, région bordant l’Ontario.

C’est la question de la langue qui révolta tout d’abord le jeune Chaput. Les études, les cadets, sa carrière et son service militaire durant la Seconde Guerre mondiale devaient se faire en anglais, même au Québec francophone.

Au lendemain de la guerre, durant laquelle il avait travaillé comme militaire pour un laboratoire fédéral, Chaput étudiera à McGill, où il obtint un doctorat, avant de se lancer dans une carrière militaire scientifique.

Dans l’armée canadienne, celui-ci produira un rapport sur les Canadiens-français qui contribuera à la francisation de l’armée (ou du moins sa bilinguisation) et à la création d’unités francophones malgré les réticences du ministre de la Défense nationale de l’époque, Brooke Clayton. En parallèle, il se joindra à l’Ordre de Jacques-Cartier et écrira des lettres ouvertes aux journaux en faveur de l’indépendance.

Chaput est un indépendantiste pur et dur et sera exclu de l’Ordre de Jacques-Cartier. Avec André D’Allemagne, il fondera alors une organisation dédiée à la promotion de la souveraineté, le RIN, dont il devint vice-président. Le fait que ce haut fonctionnaire fédéral donne des discours souverainistes fit réagir le NPD qui le dénonça au Parlement. Il subit de nombreuses pressions à son travail, ce qui le poussa à le quitter pour se consacrer à la cause nationaliste à temps plein. Père de famille avec une carrière prometteuse, ce sacrifice démontre le dévouement total de cet homme pour son peuple et sa nation.

L’aventure du RIN se termina mal pour Chaput qui quitta en mauvais terme. Convaincu de l’importance du combat électoral, celui-ci fonda le Parti républicain du Québec, parti qui absorba l’Alliance laurentienne de Raymond Barbeau à laquelle le célèbre pianiste André Mathieu appartint.

Le PRQ s’endetta et Marcel Chaput décida de se lancer dans une grève de la faim, un geste inédit au Québec, dans le but de renflouer les coffres du parti et de donner de la visibilité à sa cause. Son premier jeûne (de 33 jours) lui permit de recueillir 100 000$, alors que le second (de 63 jours) ne récolta que 20 000$, signe que l’audace et la nouveauté rapportent beaucoup en politique.

Peu de temps après, d’anciens membres du RIN et du PRQ décidèrent de changer de stratégie et lancèrent des campagnes terroristes qui culminèrent en la crise d’Octobre. Cette crise, favorisée par la GRC et le gouvernement Trudeau, devait discréditer une fois pour toute l’idée d’indépendance. Chaput, sans condamner la violence du FLQ, dénonça le virage que prit celui-ci à partir de 1965, d’une organisation nationaliste à une organisation résolument gauchiste.

En même temps, le PRQ mourut et Chaput eu pour sa part beaucoup de mal à se trouver un emploi pour subvenir à ses besoins et ce, malgré ses qualifications, compte tenu des pressions politiques exercées sur les possibles employeurs. Aujourd’hui encore, il est très difficile pour les porte-paroles nationalistes de dénicher du travail pour subsister. Toujours est-il que Chaput se lancera dans la vente d’huile avec un associé qui n’avait pas peur des pressions possibles. Il reviendra également au RIN, qui l’accueille chaleureusement et devint chroniqueur pour le Journal de Montréal.

En 1968, le Parti Québécois fut créé et, dans le but d’unir les forces souverainistes, le RIN décida de se saborder et de se dissoudre. Chaput se joindra à ce nouveau parti, tout en ayant de nombreuses réserves concernant Lévesque et les réelles ambitions du PQ.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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