No. 5 Vol. 3 – Dossier Eurasisme

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EurasismePour les nationalistes et identitaires occidentaux, la montée en puissance de ce pays, mené par le charismatique Vladimir Poutine, est un phénomène encourageant. La fin d’un monde unipolaire géré par l’Oncle Sam ouvre de nouvelles possibilités qui sont d’ailleurs décuplées par un discours officiel russe brisant l’hégémonie des droits de l’homme. Si le monopole américain est remis en question, il en va de même pour le discours occidental dominant (démocratie, sécularisme, droits de l’homme, etc), car les Russes justifient leurs actions avec un discours traditionaliste beaucoup plus près de nos valeurs.

Ce serait pourtant faire preuve de manichéisme que de voir la Russie comme le sauveur du monde moderne simplement parce qu’elle met fin à l’unipolarité américaine. Le monde ne peut se résumer en « bons » et en « méchants ». Si les États-Unis sont clairement les ennemis des identitaires et nationalistes, la montée d’une Russie expansionniste ne signifie pas que Moscou est avec nous ou qu’elle défend les mêmes intérêts que nous. Chacun veille avant tout à défendre ses intérêts nationaux et si ceux-ci ne coïncident pas avec les nôtres, nous serons balayés impitoyablement.

Tout ne peut pas se juger selon les principes de géopolitique. Pour illustrer ce propos, le morcellement du bloc nord-américain ou du moins sa perte d’unité serait bien vue par Moscou, qui verrait ainsi son principal adversaire affaibli en son coeur même. En suivant cette logique, les indépendantistes québécois pourraient être accusés de faire le jeu de Moscou alors que leurs motivations n’ont strictement rien de géopolitiques, mais sont purement nationales.

Les nationalistes ukrainiens se sont retrouvés dans cette fâcheuse situation : se dressant en porte-à-faux contre les intérêts de la Russie, potentielle alliée des nationalistes occidentaux, bien que l’exemple ukrainien démontre bien les limites de ce raisonnement, nombre de dissidents européens et nord-américains ont dénoncé ces nationalistes qui hier encore étaient leurs alliés. Les dissidents ukrainiens défendant leur cause se firent accuser par leurs homologues de l’Ouest de faire le jeu de Washington et de Bruxelles.

Les jeux géopolitiques modernes sont plus médiatisés que jamais et les organisations nationalistes doivent éviter de jouer aux gérants d’estrade en prenant des décisions éditoriales sur des sujets qui sont hypothétiques, mais qui divisent réellement les militants. Les objectifs premiers sont et ont toujours été la prise de pouvoir dans le but d’instaurer des politiques intérieures pour que notre peuple puisse se développer et prospérer selon son âme collective et ses traditions. Alexandre Dougine, penseur russe dirigeant le mouvement eurasiste, prévoit que les années à venir seront celles de la lutte entre les eurasistes et les atlantistes. C’est là un faux dilemme. Ma question est peut-être naïve, mais pourquoi les nations indépendantes et souveraines devraient-elles nécessairement se ranger derrière la Maison Blanche ou le Kremlin ? Pourquoi ne pourraient-elles pas, comme Markus Willinger le suggère dans Une Europe des nations, se positionner indépendamment dans le but de défendre leurs propres intérêts ?

C’est pour chercher une réponse à ses questions et dans le but de mieux comprendre l’eurasisme que nous vous présentons un dossier complet sur l’Eurasisme et l’Ukraine.

Édito P.3
Nantel, Staline et Charlie P.4
Le coup d’état libéral P.5
Hamad à la défense des travailleurs étrangers P.5
Austérité P.7
Égalité la perte de sens P.8
Un patriot act Made in Canada P.9
Eurasisme en trois points P.10
Mission eurasienne P.11
Entrevue avec Alexandre Douguine P.13
Poutine versus Poutine P.15
Entretien avec Matthew Raphael Johnson P.17
Voyage en Ukraine P.21
Ici le régiment Azov P.22
Le cas Legendre P.25
Venner, un soldat politique P.26
Le Baron Ungern P.27

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