Ontario: La police de Windsor s’excuse d’avoir offensé les musulmans

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Le chef de police de Windsor a présenté des excuses publiques à la communauté musulmane locale pour l'«embarras " causé par ses agents de l'escouade tactique lors d'une opération d'arrestation. Mais le président du syndicat des policiers de la ville n'est pas d'accord avec le chef.

«Je ne crois pas que ce soit une question culturelle ", a déclaré le constable Ed Parent, président de l'Association des policiers de Windsor. " Ces policiers avaient un mandat pour arrêter quelqu'un. Ils sont entrés et ils ont arrêté cette personne».

La controverse découle d'arrestations effectuées par l'unité tactique de la police de Windsor (Emergency Services Unit) le mois dernier. Le 31 octobre, sur demande de la GRC et du FBI, l'unité a procédé à l'arrestation de résidents de Windsor, soit Mohammad Al-Sahli, 33 ans, et Yassir Ali Khan, 30 ans, en relation avec un groupe islamique radical basé à Detroit.

Selon Patrick Ducharme, avocat des deux accusés, les agents ont " palpé " une femme musulmane – l'épouse de Khan – qui n'était pas visée par le mandat d'arrestation.

«Les officiers de police de Windsor n'ont jamais eu l'intention d'offenser ou d'embarrasser les familles de notre communauté islamique ", écrit Gary Smith, chef de la police de Windsor, dans un communiqué publié jeudi. " Les gestes posés ont causé de l'embarras et heurté leurs croyances religieuses. Je présente mes sincères excuses aux familles et à la communauté islamique». Un examen de l'incident a mis en lumière la nécessité d'accroître la " formation sur la sensibilité culturelle ", dit le communiqué.

Mais le constable Parent, qui a été membre de l'escouade tactique pendant 10 ans, affirme qu'il ne sait pas ce qu'il aurait fallu que les agents fassent différemment. «Habituellement, lorsque vous présentez des excuses, cela signifie qu'il y a eu faute. À mon avis, il n'y a pas eu de faute dans le présent cas. Je crois que les officiers ont fait tout ce qu'ils sont habilités à faire en vertu de la loi. Je crois qu'ils l'ont fait professionnellement. Je ne vois pas quel est le problème. "

Voici un autre cas, cette fois avec la police de la ville de Québec, exposé dans un biais signé Richard Martineau

Mettre ses culottes ou enlever ses bottes

Richard Martineau, Journal de Montréal, 23 novembre 2009 (Extraits)

La semaine dernière, je vous ai raconté l'histoire du chef de police de Windsor qui a dû présenter des excuses publiques parce qu'un de ses agents avait fouillé une musulmane lors d'une opération policière.

Cette chronique m'a valu plusieurs courriels. En voici un provenant d'un policier de Québec.

«SALES RACISTES»

«Je suis policier pour la Ville de Québec depuis bientôt six ans. J'adore mon travail, mais je commence à ressentir des frustrations de plus en plus lourdes.

«Il y a quelque temps, j'ai dû me présenter à l'appartement d'un couple de musulmans avec une de mes collègues pour une histoire de violence conjugale. L'homme nous a demandé d'enlever nos bottes pour entrer chez lui, car il ne voulait pas qu'on «imprègne sa maison de traces de policiers racistes». Disons que ça part mal! J'ai refusé poliment en disant qu'un policier ne doit jamais, et sous aucun prétexte, se départir d'une pièce de son équipement.

«Une fois dans l'appartement du couple, l'homme s'est empressé de pousser ma collègue à l'extérieur de sa résidence en lui criant des injures. Nous avons donc procédé à l'arrestation du monsieur pour voies de fait et insulte à un agent de la paix…"

FEMME INTERDITE

«Reconnu coupable quelques mois plus tard, l'homme a déposé une plainte en déontologie. Pour la première fois de ma carrière, je me suis retrouvé avec une plainte sur le dos et j'ai dû justifier mes actions. On m'accusait d'avoir effectué une arrestation abusive, de ne pas avoir informé le suspect de ses droits (ce qui était totalement faux), etc.

«L'accusation est tombée pour faute de preuves. Mais l'arbitre m'a quand même dit que rien de cela ne serait arrivé si j'avais docilement accepté d'enlever mes bottes et si j'avais fait appel à un collègue masculin pour compléter mon intervention, au lieu d'entrer dans l'appartement de l'homme en compagnie d'une policière!

«Imaginez… Je me pointe dans une maison pour un cas de violence conjugale, et il faudrait que je prenne tranquillement mon temps pour enlever mes bottes! Et il faudrait que je dise à ma collègue de rester dans l'auto!

«Vous ne trouvez pas ça ridicule?"

DES SYMBOLES NEUTRES

L'autre jour, je parlais de l'histoire surréaliste du chef de police de Windsor à Djemila Benhabib, l'auteure du livre Ma vie à contre Coran. Elle n'en revenait tout simplement pas.

«Un policier est le représentant de l'État, m'a-t-elle dit. Il est sexuellement neutre. Ce n'est ni un homme ni une femme, c'est un symbole. Je ne vois pas pourquoi on permettrait à un citoyen de choisir le sexe de l'agent de police qui l'interpelle!"

Moi non plus, je ne comprends pas. Mais c'est la réalité. De plus en plus, c'est l'État qui plie sur ses principes pour accommoder les citoyens, non l'inverse.

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