Pour un ralliement national canadien-français – Sylvain Marcoux

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JLI4180576.1411046703.580x580Alors que le multiculturalisme touche tous les pays d'Occident, on assiste aux premiers balbutiements d'une résistance nationale dans la plupart d'entre eux. Même si l'expression de cette résistance est souvent proportionnelle aux dégâts de l'immigration massive, les partis véritablement nationalistes, dans certains cas, occupent une partie importante de la sphère politique. Au Québec, ceux qui devaient défendre notre identité nationale nous ont abandonné depuis longtemps et vont maintenant jusqu'à graisser les engrenages qui effritent notre identité.

À la FQS, nous n'avons pas la prétention de vouloir faire de la politique, bien que nous devions nous y intéresser pour remplir notre rôle. L'avènement d'un parti politique sérieux et organisé qui rassemblerait les forces nationalistes autour d'une même bannière est quelque chose que nous souhaitons vivement. C'est comme prétendant à cette bannière que se présente le projet de Sylvain Marcoux, alors qu'il invite «ceux et celles qui souhaiteraient voir un État national souverain de langue française et de racine européenne en Amérique du Nord» à entamer Pour un ralliement national canadien-français. Sylvain Marcoux est un penseur engagé vu et interviewé lors de la dernière marche contre la dénationalisation et son livre se veut le manifeste d'un parti politique qui souhaite accéder à l'indépendance tout en conservant l'authenticité du peuple québécois.

Si authentique que le livre Pour un ralliement national canadien-français aspire à un retour aux sources avec l'utilisation du terme d'origine «canadien-français». Bien que notre perte d'unicité en tant que peuple nous ait éloignés du nom qui définit le mieux le peuple historique, il est vrai que le terme québécois, qui n'avait pas de bases très solides déjà dans les années 60, a perdu le peu de sens qu'il avait depuis. La preuve est que pour référer à ce peuple historique, nous avons dû utiliser l’appellation «de souche» lors de la création de notre organisation.

Dans ce livre, les «Québécois de souche», c'est-à dire les Canadiens ayant une forte proportion d'ancêtre d'origine européenne «française», seront évoqués sous leur véritable patronyme; soit celui de Canadiens. Dénomination ou titre de noblesse dont ils sont d'ailleurs les authentiques détenteurs. Grâce aux défricheurs, aux bâtisseurs, aux missionnaires et aux colonisateurs d'origine «française», une culture occidentale prit racine le long du fleuve Saint-Laurent qui devint foyer national «canadien-français». (p.6)

Toutefois, il peut sembler quelque peu idéaliste de retourner en arrière et de changer une réalité bien implantée dans l’imaginaire de notre peuple. Pour qu’un projet anime les Québécois d’aujourd’hui, il doit être réaliste et pratique avant tout. Ce mouvement serait similaire à celui où ces WASP (White Anglo-Saxon Protestants) américains décideraient de cesser de se dire américains, pour clamer qu'ils sont WASP, ou Anglais, pour ensuite changer le nom du pays d'États-Unis d'Amérique pour États-WASP-unis, ou États anglo-saxons unis. Ne pourraient-ils pas simplement continuer de se dire américains tout en revendiquant la possession de l'Amérique?

Tout individu, de quelque origine ethnique autre que la nation fondatrice canadienne (de langue et d'origine française), vivant ou qui choisit de venir vivre au sein de l'État canadien-francais, accepte de s'y intégrer et accepte sa culture. La nationalité (la citoyenneté) n'est pas un carte de membre qu'un État accorde à des solliciteurs, mais bel et bien un sentiment d'identification, de fierté et d'appartenance qu'un individu porte à une communauté nationale préalablement constituée.  (p.50-51)
[…]

Ainsi, tout immigrant ou enfant de parents immigrants, quel que soit son origine ethnique, devra faire la démonstration de son intégration à la culture authentiquement canadienne et de langue française en vue de l'obtention de sa citoyenneté. (p.94)

[…]

Pour le Ralliement national, le « nationalisme » n’est donc pas fondé sur la « race » (morphologie, couleur de la peau…), mais bien sur la culture, c’est-à-dire l’ensemble des modes de vie et des convictions que partage la population vivant au sein d’un même territoire. (p.13)

Selon cette dernière citation, le sentiment d’identification et la fierté seraient donc les éléments qui fondent la nation. Ne devrions-nous pas évoquer l’ethnie, ou la proximité génétique, pour fonder ce sentiment? Car ce sentiment d’identification y est rattaché, inévitablement. Le manifeste canadien-français accorde par ailleurs beaucoup d'importance à définir les origines de notre peuple. Cette lecture est tout à fait séduisante. Maintenant, si nous fondons une nation culturelle, il va sans dire que ses membres chercheront leur partenaire au sein de cette nation, créant ainsi la proximité génétique qui va de soi pour les nations.

Le livre, séparé en cinq parties, traverse les étapes nécessaires et présente les méthodes utilisées pour l'accession à notre indépendance : assises territoriales, ententes avec le Canada (dit britannique), régime et objectifs politiques, relations internationales, justice, citoyenneté, etc. Rien n'est laissé de côté afin de donner une base solide et complète au projet politique de Sylvain Marcoux. Avant de se lancer dans une aventure, il est préférable d'avoir un plan et ce livre accompli cette tâche précise de façon extraordinaire. Inévitablement, il remet aussi en surface plusieurs de nos fondements historiques et symboles, dont, entre autres, l'origine du fleurdelisé, le Carillon-Sacré-Cœur, auquel est consacré un chapitre.

 En 1902, flotte sur le presbytère de Saint-Jude en Montérégie un «fleurdelisé» sur fond d'azur duquel se détache une croix blanche en arborant aux quatre angles une fleur de lys également blanche. Ce drapeau fut fabriqué par le curé Elphège Filiatrault : «Nous sommes un peuple nouveau sur la terre d'Amérique; or, à un peuple nouveau, il lui faut un drapeau nouveau». L'année suivante, un Sacré-Coeur rayonnant y sera porté en son centre, ceint d'une couronne d'épines, surmonté d'une croix et cerné d'une guirlande de feuilles d'érable. (p.36)

Pour la suite, nous encourageons fortement les éléments nationalistes qui liront ce court compte-rendu à se procurer le livre de Sylvain Marcoux, car il constitue le début du rassemblement de nos idées vers quelque chose de plus grand. Si nous, à la FQS, souhaitons engendrer une renaissance culturelle plutôt qu’un projet politique, il est important que d’autres travaillent à cette deuxième tâche. Nous espérons que ce livre ne soit pas un coup d'épée dans l'eau et qu'il donne naissance à un véritable parti politique, bien organisé, auquel nous pourrions donner notre appui. De cette façon, peut-être aurons-nous la chance de résister avant qu'il ne soit trop tard.


Pour la préservation de notre peuple
F.Q.S.

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