Pourquoi un drapeau national ?

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Poser cette question, c'est, croyons-nous, se demander trois choses:

  • Avons-nous une patrie et une histoire, nous Canadiens français?
  • Sommes-nous un peuple distinct des autres sur cette terre d'Amérique?
  • Avons-nous foi enfin à notre mission providentielle sur ce continent, et voulons-nous vivre d'une vie propre ?

Le drapeau, en effet, a dit un orateur, c'est l'image resplendissante de cette chose sacrée si spéculative et si réelle à la fois, pour laquelle on vit et on meurt; le drapeau c'est la patrie… Lorsque nous le voyons flotter, quelque chose de profond nous remue dans le cœur pour remonter jusqu'à nos yeux, car ses couleurs rappellent tout ce qui donne du prix à la vie : pères, mères, foyers, croyances, gloires, le passé et l'avenir.

Répondre à notre triple question, ce sera donc satisfaire ceux de nos compatriotes qu'un projet de drapeau national laisse froids ou même quelque peu sceptiques.
 

Avons-nous une patrie et une histoire ? 

C'est une "vérité manifeste," a dit M. Henri Bourassa, "une conséquence logique de notre histoire".
 

Sommes-nous un peuple distinct de tout autre? 

Français par le sang, par la langue et les traditions, et aussi par plus d'un côté de notre caractère national, nous différons totalement de toute autre nation sur ce continent. Nous différons même beaucoup de nos cousins de France par le tempérament ; nous en différons entièrement par la vie sociale et politique.

Il existe entre les Français d'Europe et ceux du Canada, a dit M. Henri Bourassa, des divergences politiques plus profondes encore que celles qui séparent la Grande-Bretagne et les États-Unis. '' Une série d'évolutions constitutionnelles a dirigé les deux nationalités françaises dans des voies différentes. C'est bien de l'Angleterre que la France a emprunté la forme extérieure de son gouvernement; mais elle y a introduit un esprit essentiellement bureaucratique et centralisateur. Par atavisme, les Français du Canada ont accueilli avec enthousiasme le principe des institutions britanniques, auxquelles leurs ancêtres normands, conquérants de l'Angleterre, avaient ajouté plusieurs traits distinctifs. Mais à l’encontre des Français d'Europe, nous avons accentué l'esprit décentralisateur de ce régime et rendu les pouvoirs publics plus directement responsables au peuple. Au point de vue ethnique, tandis que la nation américaine s'infusait chaque année du sang anglais ou irlandais dans les veines, nous sommes restés sans mélange." (1)

Au cours des années 1950, selon le MNQ, il est d’usage de faire le « Salut » au drapeau en prononçant ces paroles :

À mon drapeau je jure d’être fidèle
À la race qu’il représente, au Canada français, j’engage mes services.
Pour sa foi, pour sa langue et ses institutions, je promets d’être dévoué.
À ses enfants, mon franc respect.
À sa justice, mon ferme appui.
À ses progrès, mon fier concours.
À ses produits, ma préférence.
À ses héros, sa noble histoire, son sol fécond, tout mon amour.
Je me souviens.

(1 ) Les Canadiens français et l'Empire Britannique, p. 28. 

Extraits de: 
LE DRAPEAU NATIONAL DES CANADIENS FRANÇAIS 
Un choix légitime et populaire 
PUBLIE PAR LE COMITE DE QUÉBEC 
1904 

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