Pour un Québec canadien-français – S.O.S.-GÉNOCIDE

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Alors qu’on se questionne sur l’augmentation des seuils d’immigration, nous vous publions ici un mémoire présenté par SOS-Génocide devant la Commission de la culture en janvier 1990. Ce document intitulé « Pour un Québec canadien-français », vient nous rappeler que l’immigration de masse est un phénomène relativement récent, mais que dès les débuts, des réticences et des oppositions furent exprimées. Mieux, plus de 25 ans après le dépôt de ce mémoire, il est aisé de constater de la lucidité des craintes exprimées ainsi que de la validité des prédictions énoncées, notamment celles sur la minorisation des Canadiens français à Montréal. À la fin de cette lecture, une question demeure, combien de temps devrons-nous répéter les mêmes erreurs? 

Il est temps que le gouvernement cesse de faire la sourde oreille et ouvre les yeux face au péril démographique auquel nous faisons face. La crise migratoire actuelle et les flots continus d’étrangers arrivant sur nos berges sont loin d’être la solution, malgré ce que Messieurs Trudeau et Couillard croient, c’est un élément clé du problème, mais heureusement aussi, quelque chose de simple à solutionner si la volonté politique y est. 


POUR UN QUÉBEC CANADIEN-FRANÇAIS
Mémoire de SOS-GÉNOCIDE à la Commission de la culture
Janvier 1990

Pour un Québec canadien-français
S.0.S. – Génocide
C.P. 50, Succ. C., Montréal H2L 3L7


Le Québec est aux prises avec un grave problème démographique. Affligé du plus bas taux de natalité en Occident après l’Allemagne, sa population, selon les démographes, commencera à décroître dès la première ou la deuxième décennie du XXIe siècle. À moins que, d’ici là, on ne parvienne à renverser la vapeur.

Dans ce but, que font nos dirigeants ? En gros, ils jonglent avec deux options : soit une relance de la natalité, soit une augmentation de l’immigration. Indécis comme toujours, ils finissent quand même par privilégier une solution mixte, mais en vertu de laquelle, comme de raison, l’immigration l’emporte, et de très loin, sur la natalité. Bien sûr, il est aujourd’hui plus facile d’attirer des immigrants que de multiplier les grossesses. Et puis après ? Les solutions les plus faciles sont-elles nécessairement les meilleures ? C’est sans doute ce que croient les employeurs de main-d’œuvre à bon marché, dont l’intérêt ne coïncide pas toujours avec celui de la nation.

Or voilà, selon nous, une voie sur laquelle le Québec ne peut absolument pas s’engager.

Pourquoi? Tout simplement parce qu’elle mène tout droit à la disparition du peuple canadien-français, dont l’existence seule, jusqu’à preuve du contraire, confère au Québec ce qu’il est convenu d’appeler son caractère culturel distinct.

Pour qu’il en soit autrement, il faudrait au moins que soit reconnu à notre peuple le droit d’assimiler les immigrés. Sans quoi, tant que ne seront pas admises la légitimité et la nécessité de l’uniculturalisme, on éludera la question qui consiste à savoir si, dans les circonstances, l’assimilation des immigrés aux Canadiens-Français relève de la réalité ou du rêve. Car l’immigration que le Québec subit depuis quelques décennies et, plus encore, celle que le gouvernement nous annonce pour les années à venir, c’est, comme nous allons le démontrer, une immigration massive, c’est-à-dire une immigration dont l’ampleur dépasse nettement notre capacité d’assimilation. Voilà pourquoi nous nous y opposons.

Non au multiculturalisme
Notre peuple, avons-nous dit, a le droit d’assimiler les immigrés. Il y va de sa survie, surtout en ces temps de faible natalité.

Malgré tout, et non sans succès, les apôtres du multiculturalisme lui contestent ce droit, sous le fallacieux prétexte que son exercice confinerait au racisme. À cet égard, ce qui nous consterne, ce n’est pas leur culot, mais l’audience qu’on leur accorde et, plus encore, la culpabilité qu’éprouvent certains des nôtres en les entendant. Même dans les milieux indépendantistes, on ne parle plus que d’« intégration », un concept plus socio-économique que culturel.

Pourtant, par sa volonté d’assimiler les étrangers dont il permet l'établissement chez lui, un peuple démontre bien que l’idée qu’il se fait de lui-même transcende la notion de race. Alors, à quoi rime l’accusation de racisme ?

Une nation, c’est une entité humaine caractérisée par l’unité de langue, l’unité de culture et l’unité d’histoire. Que l’on sache, ces trois critères fondamentaux auxquels on reconnaît une nation n’ont rien de biologique et, par conséquent, il n’y a rien de raciste dans la volonté d’y soumettre les immigrés.

Au Québec, il existe déjà, fort heureusement, un assez large consensus sur la nécessité d’imposer notre langue aux nouveaux venus. Rares sont les sots qui voient encore quelque chose de raciste dans l’unilinguisme français. Or, pourquoi ce qui va de soi en ce qui concerne la langue ne vaut-il plus lorsqu’il s’agit de la culture?

Puisque langue et culture appartiennent au même ordre de réalité, nous estimons, pour notre part, que l’uniculturalisme n’est certes pas moins légitime que l’unilinguisme.

Du reste, à moins que l’on souhaite la marginalisation de notre peuple, sa nécessité ne se discute même pas. Car, contrairement à ce qu’ont tendance à croire les partisans de la simple intégration, notre identité nationale ne repose pas que sur la langue, et la seule connaissance commune du français ne saurait créer entre nous et les immigrés une véritable communauté de destin. Autrement, nous serions tout bonnement des Français, membres de la diaspora française, et, à ce titre, nous formerions au Québec rien de plus qu’une ethnie semblable aux autres et dont la prédominance linguistique serait vite perçue comme une convention aussi intolérable qu’artificielle. Cette perception est déjà assez largement répandue chez nos ennemis sans que nous ayons besoin de nous y conformer.

D’ailleurs, comment ne pas remarquer l’épaisse hypocrisie dont sont enrobées les leçons que nous servent les contempteurs de l’uniculturalisme ? Les a-t-on jamais entendu dénoncer l’assimilation systématique des immigrés au colonisateur anglais ? Au fond, c’est seulement sur l’uniculturalisme canadien-français qu’ils vomissent; l’anglo-américain, bien qu’il cherche à s’imposer sur tout un continent, ne les dérange pas le moins du monde. Evidemment, le chien ne mord jamais la main qui le nourrit.

Mais, quoi qu’il en soit, une chose est sûre : il ne suffit pas d’affirmer que nous avons le droit d’assimiler les immigrés pour qu’iné1uctablement nos efforts en ce sens portent fruits. Dans ce genre d’entreprise, le succès n’est pas garanti, loin de là ! Il dépend non seulement du contexte où tout se passe, mais d’abord et avant tout de l’ampleur du défi proposé. Qui trop embrasse mal étreint, dit un proverbe qui, à notre avis, illustre bien la politique d’immigration de nos gouvernements successifs.

Une immigration excessive
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Québec a rarement reçu moins de quatre mille immigrants par année. Selon nous, c’est déjà bien assez pour parler d’immigration massive plutôt que d’immigration normale. Une simple comparaison peut nous en convaincre.

Au cours de la dernière décennie, des pays comme la France et la Grande-Bretagne ont fixé à quarante mille par année, voire moins, le nombre maximum d’immigrants qu’ils s’estiment capables d’accueillir et dont l’assimilation leur semble réalisable. Pour le Québec, qui compte dix fois moins d’habitants que chacune de ces nations, l’équivalent se situerait donc à environ quatre mille. Par conséquent, en recevant cinquante mille immigrants par année, comme le projette le gouvernement, nous dépasserions au moins douze fois notre capacité d’assimilation.

Cette évaluation s’avère toutefois très conservatrice. Car, ainsi qu’on ne manquera certes pas de nous le demander, comment comparer le Québec à la France et à la Grande-Bretagne ? En effet, il y a, dans une telle comparaison, quelque chose d’incongru : les conditions propices à l’assimilation des immigrés, on les retrouve bien plus là-bas qu’ici. De sorte qu’en vérité, quatre mille immigrants par année, cela prendrait probablement encore chez nous l’allure d’une invasion.

Mais il n’y a pas que cela qui nous autorise à qualifier de massive l’immigration, l’actuelle comme la future. Il y a aussi et surtout le fait que, combinée à notre dénatalité, elle place brutalement les Canadiens-Français devant le drame d’une minorisation imminente, d’abord à Montréal, puis dans l’ensemble du Québec.

Ainsi, selon le démographe Jacques Henripin la stratégie de l’arrivée massive d’immigrants pour garder la population du Québec à sept millions d’habitants ferait que la population de cette province comprendrait en l’an 2080 entre 12 et 15 pour cent seulement de descendants des Québécois d’aujourd’hui. Les autres, soit entre 85 et 88 pour cent, seraient des immigrants ou des descendants d’immigrants.

Pour les Canadiens-Français proprement dits, la chute sous la barre des cinquante pour cent pourrait donc survenir dans moins de cinquante ou même quarante ans. De toute façon, même si elle s’échelonnait sur une période un peu plus longue, notre minorisation n’en aurait pas moins pour conséquence d’alourdir le poids des facteurs sociologiques qui traditionnellement jouent contre nous. Que resterait-il alors de notre modeste force d’attraction culturelle par rapport à celle de nos voisins?

Une anglo-américanisation fatale
Que cela nous plaise ou non, l’assimilation aux Canadiens-Français d’une masse sans cesse croissante d’immigrants se heurte à certaines réalités accablantes et incontournables.

En effet, l’histoire et la géographie ont voulu que notre peuple vive à l’ombre d’une superpuissance. Formant un bloc massif et écrasant, 250 millions d’Anglo- Américains, de part et d’autre du quarante-cinquième parallèle, nous entourent ou, pour mieux dire, nous assiègent. Entre eux et nous, il existe un rapport de forces sur la teneur duquel nul esprit éclairé ne s’illusionne.

Ainsi, même sur les immigrants qui s’insta1lent au Québec, la force d’attraction culturelle de nos voisins court-circuite la nôtre et paraît à toutes fins pratiques irrésistible. Peut-être aurions-nous de bonnes chances de les y soustraire, si toutefois leur flot diminuait. Or, subitement transformé en un petit « melting pot» où les Canadiens-Français seraient devenus minoritaires et ne seraient plus considérés que comme une ethnie parmi d’autres, comment le Québec résisterait-il alors à l’envie d’adopter la langue et la sous-culture du vaste et puissant « melting pot» voisin ? Hormis nous-mêmes qui la posons depuis si longtemps, quelqu’un osera-t-il enfin répondre sérieusement à cette question?

Comme nous le rappelle si bien un ancien ministre du travail et de la main-d’œuvre, Madame Francine Lalonde, «les immigrants (…) peuvent bien apprendre le français s’ils y sont forcés, mais ils ne sont pas spontanément intéressés à s’intégrer au Québec français ».

Dans l’espoir de freiner leur tendance traditionnelle à l’anglo-américanisation, nous nous sommes dotés d’un arsenal juridique dont la loi 101 constitue en quelque sorte la fine pointe. Mais que vaut la force de la loi devant la force des choses ? Plus de douze ans après la promulgation de la charte de la langue française, les transferts linguistiques, chez les allophones, s’opèrent encore et toujours au profit de l’anglais 3. Tant qu’à perdre tôt ou tard notre langue et notre culture, se disent les nouveaux venus, aussi bien adopter celles des plus forts. Comment les en blâmer ?

En les laissant devenir majoritaires, nous leur abandonnerions ni plus ni moins la responsabilité de perpétuer notre identité nationale, comme si nous ne savions pas que notre sort en tant que peuple distinct sur ce continent ne leur inspire au mieux qu’une indifférence bien compréhensible. Au fond, feinte ou réelle, témoignage de notre naïveté ou preuve de notre vanité, notre foi en leur solidarité et en leur philanthropie nous rend si ridicules que, par moments, avouons-le, nous mériterions bien leur mépris.

C’est ici qu’en désespoir de cause, et dans un ultime effort pour minimiser les dangers d’une immigration massive, de bonnes âmes affirmeront, avec raison, que notre incapacité à assimiler les immigrés s’explique essentiellement par la situation coloniale qui prévaut depuis 1760. Seulement, de manière un peu trop hâtive, elles en déduiront qu’à elle seule, l’indépendance nous permettrait de franciser nos immigrés aussi facilement que, par exemple, les Brésiliens, les Argentins et les Étatsuniens ont lusitanisé, hispanisé ou anglicisé les leurs. Bien que nous-mêmes ardents indépendantistes, nous ne partageons guère leur optimisme à cet égard.

Si, sous certains aspects fondamentaux, l’histoire des peuples auxquels on nous compare ressemble à la nôtre, sous d’autres, non moins essentiels, elle en diffère notablement.

Ainsi, le Brésil, l’Argentine et les États-Unis ont respectivement eu pour métropoles le Portugal, 1’Espagne et l’Angleterre. On peut donc présumer que, même sans l’indépendance, les Brésiliens auraient toujours eu pour langue le portugais, les Argentins l’espagnol et les Étatsuniens l’anglais. Pour ces peuples, 1e problème de la langue ne s’est jamais vraiment posé de la même façon ni avec la même acuité que pour le nôtre. De leur statut politique, quel qu’il soit, n’a jamais dépendu l’orientation linguistique des immigrés. En choisissant la langue du colonisateur, ou pour mieux dire du métropolitain, ces derniers choisissaient du même coup celle du colonisé, créole ou aborigène. Naturellement, après l’indépendance, ils n’eurent pas davantage d’alternatives. Non seulement les lois et les institutions, mais même le voisinage ne leur en offraient pas de sérieuses.

Il en va tout autrement au Québec où, on l’aura remarqué, la langue du colonisateur n’est pas celle du colonisé. Certes, l’indépendance augmenterait de beaucoup nos chances de franciser les immigrés ; à cet égard, elle s’avère même tout à fait indispensable, attendu que, sans elle, il nous serait impossible d’en finir avec les écoles anglaises dont l’existence dévalorise les nôtres, dans la mesure où elles sont le bastion d’une aristocratie coloniale encore très influente. Mais suffirait-elle pour autant ? Même après sa proclamation, il y a lieu de penser que l’anglais resterait pour les immigrants une alternative fort alléchante, ne serait-ce qu’en raison de l’étouffante proximité des Etats-Unis, dont l’impérialisme culturel, on le sait, enjambe les frontières, tel un monstre vorace pour lequel les immigrants représentent, en général, une proie particulièrement facile. Or, jamais dans leur histoire, les Brésiliens, ni les Argentins, ni, bien sûr, les Étatsuniens ne furent autant que nous exposés aux dangers d’un tel voisinage. De fait, entre les «latinos» au sud et les « anglos » au nord, il existe un équilibre qu’on ne retrouve absolument pas entre le Québec français et l’Amérique anglaise.

Voilà pourquoi, peu importe notre statut constitutionnel, nous ne pouvons opter pour une politique d’immigration massive en espérant obtenir, sur les plans linguistique et culturel, d’aussi bons résultats que les Brésiliens, les Argentins, les Étatsuniens ou tout autre peuple.

À quoi bon alors chercher une solution miracle, susceptible de rendre acceptable une immigration massive ? Il n’y en a pas, un point c’est tout. Le gouvernement prétend en avoir trouvé une, mais qu’en est-il au juste ? Elle consiste à accroître la proportion d’immigrants francophones. En principe, c’est bien. Mais, à y regarder de près, à quoi cela servirait-il si nous n’envisageons pas d’abord et à tout le moins une réduction du nombre total d’immigrants arrivant chaque année ? Du reste, en proposant cette solution, le gouvernement formule un vœu pieux. On le sait, les immigrants francophones ne pullulent pas. À moins d’inclure dans cette catégorie des individus dont le français n’est pas nécessairement la langue maternelle, c’est-à-dire des individus pour qui le français ne représente pas du tout ce qu’il représente pour nous. Auquel cas l’immigration massive reste inadéquate.

Nos recommandations
En conclusion, que faire ?

N’en déplaise aux collaborateurs affectés à la lucrative propagande multiculturaliste, notre peuple, comme tous les autres, a le droit d’assimiler les étrangers qui viennent s’établir sur son territoire. Toutefois, de plus en plus massive, l’immigration expose les Canadiens-Français au drame d’une minorisation imminente, dans le contexte de laquelle il ne leur serait plus jamais possible d’imposer leur langue et leur culture aux nouveaux venus. Aussi l’accueil d’un nombre encore plus élevé d’immigrants ne contribuerait-il qu’à accélérer l’anglo-américanisation du Québec, et cela même après une éventuelle déclaration d’indépendance, tant s’avère irrésistible, sur des individus déracinés, la force d’attraction culturelle de nos voisins. Une proportion accrue d’immigrants francophones ralentirait peut-être ce processus, mais à condition que ne soit pas maintenu ou augmenté le nombre absolu d’immigrants non-francophones. Malheureusement, c’est là ce que nos élus préfèrent ne pas comprendre.

Par conséquent, pour assurer la survie de notre peuple ainsi que l’assimilation normale des étrangers déjà établis au Québec, S.O.S.- GÉNOCIDE s’élève contre l’énoncé de politique du ministre Monique Gagnon-Tremblay et recommande au gouvernement :

1 – d’arrêter temporairement l’immigration, au moins jusqu’à notre accession à l’indépendance.

2 – de promouvoir l’uniculturalisme canadien-français, mesure aussi légitime et nécessaire que l’unilinguisme français.

Dans la conjoncture actuelle, le désaveu probable d’Ottawa tomberait plutôt bien : il démontrerait à son tour, et avec éclat, l’absolue nécessité de l’indépendance.
 

S.O.S.-GÉNOCIDE


 

Notes

l – Jacques HJENRIPIN, cité par Conrad Bernier, « Québec, terre d’infécondité…», in La Presse, 20-06-87, p. B-5.

2 – Francine LALONDE, « Trois défis à relever, sinon l’étiolement ou l’éclatement ». in Possibles, volume 14, no 2, printemps 1990, p. 77.

3 – Charles CASTONGUAY, « Virage démographique et Québec français », in Cahiers québécois de démographie, janvier 1988, p. 57.

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Un commentaire

  1. Mathieu Madec le

    Génocide planifié pour le nouvelle ordre mondial. Diviser pour mieux régner. Veille stratégie des légions romaine. En divisant un peuple avec le multiculturalisme, ont le déracine en lui enlevant son appartenance a un seul peuple unis. Il devient alors plus facile pour un gouvernement de dominer un peuple sans attache qui ne trouve plus de raisons de combattre.! Ce vidéo donne a réfléchir: https://www.youtube.com/watch?v=iGXH0ieChtY

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