Québec: Les policiers du SPVM sont très accommodants

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Un règlement adopté il y a un an par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soulève de sérieuses questions dans la foulée du débat sur les accommodements raisonnables. Depuis avril 2009, une femme peut exiger de garder son voile lors de la prise de la photo d'identité judiciaire et ce, même si son visage est complètement masqué. Les photos prises par la police (qu'on appelle des «mug shots» en anglais) sont archivées par les policiers et sont essentielles à l'identification du suspect.

Les personnes photographiées ne peuvent cacher leur visage avec leurs mains lorsque le flash de la caméra s'active, mais un policier ne peut en aucun cas forcer une femme qui porterait un niqab (un voile intégral) à se dévoiler.

Selon Daniel Rousseau, un inspecteur du SPVM, «il n'est pas question que le service de police contraigne une personne à se faire photographier». Cette règle vaut aussi pour la prise d'empreintes digitales, qu'il est interdit d'imposer de force à un suspect.

Une personne arrêtée qui refuse de se faire photographier – qu'elle soit voilée ou non – ne s'en tirera cependant pas aussi facilement. Le suspect qui ne veut pas collaborer sera en effet immédiatement référé à un juge, qui décidera quelles mesures de suivi seront prises à son endroit.

Que le SPVM soulève la question du niqab est légitime, croit Robert Poëti. Mais le policier à la retraite se demande si on n'est pas trop accommodant. «Je trouve ça tout à fait aberrant de devoir se questionner sur un sujet comme celui-là lorsque vous êtes arrêté. Évidemment, on parle d'infractions importantes. La loi encadre justement l'identification. Je pense qu'on est rendu à se poser beaucoup de questions», déclare M. Poëti.

Antoinette Layoun, une auteure d'origine libanaise qui dénonce justement le port du niqab, est du même avis. «Oui, il faut accepter les différences, mais en acceptant certaines différences on sait que c'est de l'asservissement et on devient un participant dans cette situation. C'est inacceptable», dit Mme Layoun.

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