«Québec est un nom français» par Georges Gauthier Larouche

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AVANT-PROPOS

La question de savoir si le nom de Québec est un nom amérindien ou français est encore d'actualité, quatre siècles après la fondation de cette ville, même si la majorité des auteurs qui ont commenté ce sujet depuis le début de notre histoire se sont prononcés en faveur de son origine amérindienne. Sa signification française ayant été discréditée puis ridiculisée, il convient de reconsidérer le problème et de faire la lumière sur ce nom qui identifie à la fois la capitale du Québec et la province, cas unique au Canada.

Cette étude a pour but d'apporter des preuves géographiques, historiques et linguistiques de l'origine française – plus précisément médiévale et celtique – du nom Québec. Elle est une adaptation pour le support internet de ma brochure publiée en 1990, intitulée Québec est bel et bien un nom français

 

PREUVES GÉOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE L'ORIGINE FRANÇAISE

Les conditions géographiques naturelles à l'origine

Entre le golfe du Saint-Laurent et le lac Ontario – le premier des cinq Grands Lacs qui tient lieu de source du fleuve Saint-Laurent – le site de Québec est des plus remarquables, tant du point de vue fluvial que terrestre.

Ce grand fleuve possède des rives qui ont, entre autres caractéristiques, celle de se rapprocher peu à peu depuis l'estuaire maritime jusqu'à Québec. Ainsi à Sept-Îles, la rive nord est distante de la rive sud d'environ cent vingt kilomètres; à Baie-Comeau, de cinquante-sept; à Tadoussac, de vingt-cinq; à Québec, un seul kilo­mètre les sépare. À cet endroit, ses eaux sont resserrées dans un détroit qui marque la transition entre le bras de mer à l'aval et le parcours fluvial proprement dit à l'amont. Vis-à-vis de ce détroit, la colline ou promontoire de Québec n'est pas moins saisissante que le fleuve, principalement à cause de la forte déclivité de son flanc est et de sa hauteur qui atteint environ une centaine de mètres. Ainsi, l'étroitesse du fleuve à cet endroit et le mur imposant du promontoire sont-ils les deux traits fondamen­taux et indispensables à la compréhension du mot Québec. À cette double caractéristique, il s'en ajoute une troisième, non moins importante que les deux précédentes et identifiable, en parti­culier, sur les documents cartographiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'agit de l'embouchure de la rivière Saint-Charles qui, au début de nos temps historiques, atteignait environ un kilomètre (Figure 1) à marée haute donc la même largeur que le fleuve devant Québec.

Est-il besoin de rappeler que la pointe nord-est de la colline de Québec formait l'extrémité de ce qui avait été une ancienne île (Figure 2) limitée à l'ouest par un bras du fleuve et sur laquelle se dressent aujourd'hui Québec, Sillery et Sainte­-Foy l. Les nombreux méandres de la rivière Saint-Charles, notamment celui qui se trouvait près de l'embouchure, constituaient alors les derniers vestiges de l'invasion marine postglaciaire (Figure 3).

Or, c'est ce grandiose cadre naturel qu'ont connu quelques nations autochtones, Jacques Cartier et ses compagnons, Samuel de Champlain, Robert Giffard et plusieurs générations d'immigrants français, avant que ne débute le remplissage des rives sur le pourtour du promontoire et à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, surtout à partir du XVIIIe siècle.

La présence française à la fin du XVIe siècle

Lorsque Jacques Cartier vient mouiller l'ancre sur la rive gauche de la rivière Saint-Charles en 1535, un an après son premier voyage dans le golfe du Saint-Laurent, il découvre un important chef-lieu wendat (huron)2 nommé Stadacone, Stadacona ou Stadaka3. Monseigneur L.-F. Richer Laflèche croyait que ce mot signi­fiait «aile». Pour Louis Moreri, Stadaka signifiait «montagne», sens le plus plausible qui, selon Bacqueville de La Potherie, était d'ailleurs employé par les Indiens lorsque les Français vinrent s'établir en Nouvelle-France. Ce grand village indien devait être situé sur le promontoire de Québec et vraisemblablement installé à l'extrémité, comme on peut le déduire de certaines allées et venues des Indiens en 1535, couvrant à peu près l'es­pace actuel allant du Séminaire de Québec à l'Hôtel-Dieu.

Lors de son troisième voyage en 1541, Jacques Cartier installe son fort à Cap-Rouge, quelques milles seulement en amont de Québec, probablement pour s'éloigner des autochtones qui habitaient encore Stadacone.

Pendant les quarante-quatre années qui suivent le dernier voyage de Jacques Cartier, l'amont du fleuve est négligé par les pêcheurs qui concentrent plutôt leurs efforts dans le golfe du Saint-Laurent et aux alentours de Terre-Neuve.

Cependant les choses changent en 1585 avec Jacques Noël, neveu de Jacques Cartier qui se rend jusqu'à Hochelaga – aujourd'hui Montréal – où il escalade le mont Royal dans le but d'examiner les environs. Il obtient en 1588 avec son associé Chaton de La Jannaye un monopole des mines et pelleteries, monopole révoqué ensuite par Henri III, à cause des récriminations de ses adversaires. Parmi sa parenté, il avait été précédé par Étienne Noël qui faisait partie de l'équipage de Jacques Cartier en 1541, et peut-être de celui de 1535 .

En 1587, Jean et Michel Noël, fils de Jacques, viennent à leur tour dans le Saint-Laurent où ils perdent quatre petits navires au cours d'une bataille entre traitants concur­rents. Toujours pendant cette même année 1587, Jacques Noël informe le géographe anglais Richard Hakluyt qu'étant allé à Hochelaga, il pouvait se permettre de faire observer que les Grands Lacs – selon les dires d'indigènes qu'il avait ren­contrés en 1585 – étaient en réalité beaucoup plus au sud que ceux relevés sur la mappemonde Orbe Novo de Pietro d'Anghiera – Pierre Martyr éditée en 1587, puis dédiée à Richard Hakluyt, et dont copie avait été transmise à Jacques. Celui-ci connaissait en outre une carte marine que son oncle avait dessinée et il possédait même une autre carte marine qu'il avait copiée sur celle de son oncle ou produite lors de son voyage de 1585 et qui servait à ses fils en 1587.

Malgré la rareté des renseignements relatifs aux allées et venues des Français à cette époque, il apparaît toutefois évident que des Normands circulaient dans le fleuve Saint-Laurent à la fin du XVIe siècle, plus précisément seize ans avant que Champlain ne fasse son premier voyage en 1603. Plus près encore de 1603, le malouin François Gravé, futur fidèle compagnon de voyage du fondateur de Québec à partir de 1603, et son associé pendant de nombreuses années, se serait même rendu jusqu'à Trois-Rivières avant 1599.

Dès lors, pour comprendre les circonstances de l'apparition du mot Québec, il ne suffit pas seulement d'admettre que des Normands naviguaient dans le Saint-Laurent à cette époque, comme se sont contentés de le dire certains historiens de la fin du XIXe siècle, mais surtout de tirer les conséquences qui s'imposent concernant sa signi­fication.

La disparition des Amérindiens

Or, précisément entre le dernier voyage de Jacques Cartier en 1541 et le premier voyage de Champlain en 1603, soit pendant cette période même où les Français se rendent dans le Saint-Laurent, les Amérindiens, pour diverses raisons, avaient quitté ses rives.

Avant d'aller plus loin, compte tenu de ce fait historique important, une question se pose : comment les adeptes de l'origine amérin­dienne peuvent-ils concilier l'absence des autochtones à Québec et le fait que ceux-ci aient pu fournir une désignation indienne à ce lieu? Même présents à Québec, eussent-ils eu la moindre idée de désigner un site topographique par un hydronyme?

La première attestation du nom Quebecq

Il est capital de préciser que la première attestation du nom Quebecq apparaît en 1601 sur la carte de Guillaume Levasseur, cartographe dieppois qui était à l'affût des plus récentes informations concernant les voyages des Normands dans le Saint-Laurent. Il est orthographié Quebecq, sans accent aigu sur le premier e, et il se termine par la lettre q (Figure 4).

Bien plus, le mot Quebecq est écrit à côté du mot indien SADGONA – une légère déformation de Stadacona – dont la présence voisine du mot Quebecq procure à ce dernier un relief tout par­ticulier.

La connaissance de la carte de Guillaume Levasseur remonte peut-être, chez les toponymistes, disons aux années 1980. Elle était tombée en oubli jusque là. Peut-être que l'historien Harrisse était le seul à la connaître avant 1900. Nos auteurs qui ont adhéré à la thèse de l'origine amérindienne ignoraient donc que la première attestation du vocable identifiant le lieu-dit Quebecq était antérieure à 1603.

Or, lorsque ce point essentiel est connu, les données et la perspective du problème changent radicale­ment, parce que Champlain n'est plus le premier sur la liste des attestations et que les argu­ments des historions et des missionnaires du XIXe siècle fondés sur l'antériorité et la noto­riété de Champlain tombent par le fait même.

Le premier voyage de Samuel de Champlain

Accompagné de François Gravé, Champlain mouille l'ancre à «Quebec qui est un destroict de la riviere de Canadas qui a quelque trois cens pas de large.» Ici, il est plutôt curieux que les adeptes de l'origine amérindienne aient omis d'utiliser ce passage pour appuyer leur thèse et pour pro­clamer que Québec signifiait «détroit».

De fait, ils l'ont négligé – sauf l'abbé Laverdière qui l'utilise mais dans un contexte diffé­rent où il affirme, à tort d'ailleurs, que le nom de Québec est rencontré pour la première fois en 1603 – et, dès lors, ils ont ignoré l'ensemble de l'extrait qui, en revanche, a beaucoup de poids en faveur de l'origine française. En effet, après avoir décrit ce qu'il voyait, Champlain ajoute :

«il y a le long de la coste dudict Quebec, des diamants dans des roches d'ardoises, qui sont meilleurs que ceux d'Alençon».

À elle seule déjà, la première ligne de ce second extrait permet de constater que, dans l'esprit de Champlain, et ce, dès 1603, Quebec s'appliquait tout bonnement à la terre ferme, c'est-à-dire à la côte, au cap, et non au fleuve, puisque l'un des premiers sens qu'on attribue au mot côte est celui de «pente d'une colline», déjà attesté en 1150, c'est-à-dire la terre ferme immédiate.

Sources de l'ambigüité du sujet

Des historiens et des missionnaires ont prétendu que le mot Québec était d'origine amérindienne en fondant leur opinion à la fois sur les témoignages de l'avocat et historien Marc Lescarbot, du fonda­teur de Québec Samuel de Champlain et de l'his­torien jésuite F.-X. Charlevoix.

L'avocat et historien Marc Lescarbot

Voici ce qu'il écrit dans son Histoire de la Nouvelle-France (1612; première édition 1609):

«Or quand je considère la route de Jacques Cartier en son premier voyage, je la trouve si obscure que rien plus, faute d'avoir marqué ce passage (de la baie de Campseau). Car nos mariniers se servent le plus sou­vent des noms de l'imposition des Sauvages, comme Tadoussac, Anticosti, Gachepé, Tregato, Misamichi, Campseau, Kebec, Batiscan, Saguenay, Chischedec, Mantanne et autres».

Kebec :

«C'est un détroit de la grande rivière de Canada que Jacques Cartier nomme Achelaci où le Sieur De Monts a fait un Fort et habitation de François auprès duquel lieu y a une rivière qui tombe d'un rocher fort haut et droit ».

Le lecteur aura remarqué que la rivière qui tombe d'un rocher fort haut et droit est la chute Montmorency. Il aura noté aussi l'erreur de Lescarbot lorsque celui-ci écrit que Kebec avait été nommé Achelacy par Jacques Cartier. Nous savons bien que Cartier a identifié ce lieu – d'aileurs sans le nommer – comme étant Stadacone, non Achelacy qui corespondait, au XVIe siècle, à une agglomération iroquoise située au sud-ouest de Québec, dans les environs de Portneuf.

Puis à propos de Samuel de Champlain, il rappelle que celui-ci,

«délibéra de se fortifier en un endroit de la rivière de Canada que les Sauvages nom­ment Kebec à quarante lieues au-dessus de la rivière Saguenay. Là elle est réduite à l'étroit et n'a que la portée d'un canon de large; et par ainsi est le lieu fort commode pour commander par toute cette grande rivière 24».

Notons deux points :

1. Dans les trois extraits précités, Lescarbot utilise, la graphie d'allure amérindienne Kebec, comme les Jésuites le faisaient d'ailleurs systématiquement dans leurs écrits. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette graphie.

2. Si Lescarbot avait connu la carte de Guillaume Levasseur, il aurait écrit Quebecq, non Kebec.

Le fondateur de Québec Samuel de Champlain

En 1613, le fondateur de Québec s'exprime ainsi dans cet extrait maintenant fort connu :

«De l'isle d'Orléans jusques à Quebecq y a une lieue & y arrivay le 3 Juillet, où estant, ie cherchay lieu propre pour nostre habitation : mais ie n'en peus trouver de plus commode ny mieux scitué que la pointe de Quebecq ainsi appelée des Sauvages laquelle estoit remplie de noyers & de vignes.»

De cet extrait il apparaît vraisemblable de conclure que Champlain faisait allusion à l'extrémité du cap qui s'avançait dans le fleuve, cette pointe de Quebecq ainsi appelée des Sauvages dont il faut tenter d'expliquer la formulation.

En 1613, Champlain publie son premier récit de voyage, soit cinq ans après la fondation de Québec et quatre ans après la publication de l'Histoire de la Nouvelle-France par Lescarbot. C'est dans ce contexte que l'on doit essayer de trouver une explication valable à la dite formule de deux manières différentes : soit que Champlain ait transmis l'opinion de Lescarbot – ce qui reste invérifiable – soit qu'il ait pu entendre les Indiens eux-mêmes, revenus à Québec au moins depuis 1608, utiliser un mot indigène de même consonance que le mot Québec déjà en usage chez les Français et qu'il ait pu penser qu'ils attri­buaient leur mot à la pointe, alors qu'ils l'appliquaient au rétrécissement du fleuve. Cette explication est fort plausible et vraisem­blable. Quoi qu'il en soit, il est fort difficile d'élaborer davantage sur ce point et, contrairement à ce qui a été fait, l'on ne peut honnêtement se ser­vir de cette expression de Champlain pour affirmer que Québec est un mot d'origine amérindienne. L'ambiguïté de la formule «ainsi appelée des Sauvages» tient aussi au fait que Champlain, d'une part, déclare que «cette pointe est appelée Quebecq par les Sauvages» – donc il s'agit bien de la terre ferme – alors que les historiens et les missionnaires du XIXe siècle et d'autres après eux n'ont jamais cessé de faire de ce mot un hydronyme et que, d'autre part, le principal intéressé, Champlain lui-même, n'était pas apte à distinguer dans la prononciation du mot indien la différence qui le séparait du mot français.

L'historien jésuite F.-X. Charlevoix

Contrairement aux deux premiers témoignages qui remontent au début de la colonie, celui du père jésuite F.-X. Charlevoix, bien que plus tardif, est néanmoins essentiel à la connaissance de l'évolution de la thèse officielle. Il écrit :

«Le fleuve au-dessus de l'île d'Orléans se rétrécit tout-à-coup de telle sorte que devant Québec il n'a plus qu'un mille de largeur; c'est ce qui a fait donner à cet endroit le nom de Quebeio, ou Quebec, qui en langue Algonquine signifie rétrécisse­ment. Les Abénaquis dont la langue est une (sic) Dialecte Algonquine, le nomment Quelibec, qui veut dire ce qui est fermé, parce que de l'entrée de la Petite Rivière Chaudière, par où ces Sauvages venaient à Quebec du voisinage de l'Acadie, la pointe de Lévi, qui avance sur l'Isle d'orléans cache celui du Nord, de sorte que le Port de Quebec ne paraît de là qu'une grande Baye».

En dépit des prétentions du père Charlevoix, jamais personne avant lui, à notre connaissance, n'avait utilisé le mot Quebeio comme équivalent du mot Québec et auquel il attribuait le sens de «rétrécissement». Il ajoute que le mot Quelibec est de dialecte abénaquis et désigne le même endroit et signifie «ce qui est fermé».

Le père Charlevoix est le premier commentateur à affirmer que l'endroit nommé Quebec est l'équi­valent du mot algonquin Quebeio et que Quebec signifie «rétrécissement». Or, en utilisant ce texte moins connu comme preuve, certains tenants de l'origine amérindienne n'ont pas davantage remarqué qu'il est, lui aussi, ambigu puisque le lieu dont parle Charlevoix est aussi bien la ville que le détroit. En effet, lorsqu'il parle de la ville, Charlevoix applique naturellement à celle-ci le nom de Quebec, ce qui devrait normale­ment exclure le sens de «rétrécissement» qu'il lui attribue ensuite de façon abusive.

Donc c'est virtuellement à partir de 1744 que s'est répandue la signification incorrecte du mot Québec et, en conséquence, son identification à l'élément liquide, d'abord chez les historiens depuis F.-X. Garneau (1845) qui donnaient à Québec l'équivalent d'allure amérindienne Kebec; ensuite chez les missionnaires qui proposaient Kepek et d'autres formes semblables comme équivalentes de Québec; enfin, petit à petit, au sein de la population.

L'opinion des historiens

À la suite du père Charlevoix, presque tous les adeptes de l'origine amérindienne aux XIXe et XXe siècles ont attribué le sens de «rétrécisse­ment» ou de «détroit» aux deux mots orthographiés Québec et Kebec. L'autre signification donnée est le qualificatif inadéquat «c'est bouché», «c'est obstrué» ou «c'est fermé» qui fut même entériné par l'historien J.-B.-A. Ferland et par l'abbé C.-H. Laverdière. L'arpenteur Joseph Bouchette, en 1815, avoue n'avoir aucun moyen de vérifier si le nom tire son origine de l'Algonquin, de l'Abé­naquis ou du Normand. Le folkloriste Luc Lacourcière, quant à lui, n'aborde pas la défini­tion du nom.

Influencés aussi par le père Charlevoix, Stanislas Vassal, J.-B.-A. Ferland, C.-H. Laverdière et N.-E. Dionne croient que le nom est de dialecte algonquin, tandis que Benjamin Sulte, P.-G. Roy 34, Amédée Gosselin et James Douglas opinent simplement que Québec est un nom indien habillé à la française. Luc Lacourcière va dans le même sens et précise qu'il est un nom indien parfaitement assimilé au fran­çais. Pour F.-X. Garneau et Étienne Faillon, le nom ne peut être qu'amérindien. Plus près de nous, Jean Poirier est également de cet avis.

Cette revue de l'opinion des historiens est complétée par celle de l'historien Denys Delâge dont voici un passage écrit récemment en 2008 :

«Lorsqu'il arrive à Québec en 1608, Champlain nomme l'endroit «Québec» ainsi, écrit-il, que l'appelaient les «Sauvages». Il s'agit de la transformation en langues algonquiennes du radical «Kebh» signifiant «bouché» et du locatif «ek» signifiant «là où» que l'on traduit par «là où c'est bouché» ce qui désigne le rétrécissement du fleuve ».

Cet historien croit – à tort – que Champlain est l'auteur du nom Québec et ajoute que Québec a été transformé en Kebhek, sans expliciter comment cela a pu se faire. Il est surprenant que nous en soyons encore là en 2008.

L'opinion des missionnaires

Contrairement aux historiens qui ont employé indifféremment les formes orthographiques Québec, Kébec, Kebec ou Kebbek pour expliquer la signifi­cation de ce nom, les missionnaires, eux, marqués par leurs contacts avec les nations autochtones, ont utilisé des formes amérindiennes ou d'allure amérindienne; somme toute, leurs opinions sont contradictoires. Monseigneur Laflèche croit que Québec – équivalent de Kepak, temps indéfini du verbe Kipaw – est d'origine crie et signifie «c'est bouché»; pour les PP. L.-S. Malo et J.-M. Bélanger, le mot Kibek ou Kebek est d'ori­gine micmaque et veut dire «rétrécissement des eaux». Quant aux PP. Arnaud et Lacasse , ils sont convaincus que Kaepek ou Kepek est un terme montagnais qui signifie «débarquez», «venez à terre», «lieu où l'on débarque». Le père Arnaud, poussé par sa fantaisie du moment, va même jusqu'à mettre en relation – et ce, pour deux termes totalement étrangers et apparus à des époques dif­férentes – le sens de «débarquez» pour Kaepek et «amis» pour Kanatats. Pour lui, Québec! Canada! signifiait «Débarquez! Amis!».

À côté de cette opinion purement gratuite, le même père Arnaud, cette fois plus réaliste, rejette avec raison l'origine micmaque du nom parce que les Français, dit-il, trouvèrent à L'origine la nation montagnaise et non la nation nicmaque à qui il ne serait jamais venu à la pen­sée d'appeler «bouché» ou «rétréci» un fleuve d'un kilomètre de large; mise au point importante qui a peut-être échappé à l'archéologue Charles Martijn dans son article daté de 1991. Ajoutons qu'a fortiori, ils n'auraient jamais eu l'idée d'attribuer au site de Québec, donc à un lieu géographique de la terre ferme, le sens qu'ils n'auraient même pas osé attribuer au détroit du fleuve !

Les adeptes de l'origine française

Affirmer que Québec est un nom de lieu français n'est pourtant pas une chose nouvelle. Cela remonte même à 1709.

Le père jésuite Camille de Rochemonteix écrivait alors:

«Pour le nom de cette ville, comme elle est scituée en partie sur un gros cap qui avance beaucoup et qui fait une espèce de bec dans le fleuve, (c'est nous qui soulignons) les premiers qui le virent qui étaient Normands, remarquant la figure qu'il faisoit se mirent à dire les uns aux autres : Queubec! Depuis ce tems cet endroit a porté ce nom et on l'a donné à la ville qui y est bastie .»

1722: Claude Bacqueville de La Poterie citait l'étymologie française du nom en avançant toutefois qu'il ne pouvait en garantir l'authenticité.

1738: L'avocat Claude Lebeau croit lui aussi que le nom est français.

1749: Voici l'observation du grand naturaliste Pierre Kalm :

«Lorsqu'on descend à la voile à la hauteur de l'île d'Orléans on n'aperçoit pas cette partie du Saint-Laurent qui est en amont de la ville, mais on croit que la rivière Saint-Charles, qui alors se trouve juste en face, est la continuation du fleuve; puis si l'on avance un peu plus on découvre le véritable cours du Saint-Laurent qui ressemble à première vue à un grand golfe ou embouchure.»

Il poursuit ainsi:

«C'est ce qui amena un marin à s'écrier lorsqu'il le vit à l'improviste «Que Bec», c'est-à-dire «Quelle embouchure» ou encore «Quel golfe». Et c'est ainsi que la ville reçut son nom.»

 

1901: Andrew Stuart 

1926: Pascal Poirier 

Sauf Andrew Stuart qui opinait que Québec était un mot emprunté en France, les quatre autres auteurs ont noté qu'il pouvait être décomposé en deux sylla­bes. Pascal Poirier est l'auteur qui est allé le plus loin dans son explication, mais son texte, forcément incomplet, ne pouvait emporter l'adhé­sion. Enfin plus près de nous, l'historien Marcel Trudel mentionne Québec en même temps que Trois-Rivières, et le lecteur peut déduire, d'après le contex­te, que cet historien n'est peut-être pas réfractaire à ce que Québec soit de langue française.

Composition du nom Québec

Ce nom est formé de deux syllabes. La syllabe -que ou -qué.

Cette syllabe marquée ou non d'un accent aigu résulte d'une élision de l'adjectif exclama­tif quel, comme cela se rencontrait dans le Berry, la Lorraine, le Nivernais et la Normandie. C'est le même genre d'élision qui se retrouve aussi dans l'adjectif indéfini quèque ou quéque, utilisé dans les provinces françaises et encore constamment employé au Québec dans le langage courant.

La syllabe -becq ou -bec Cette syllabe est en fait un mot complet possédant une double acception.

1. D'abord celle de ruisseau qu'il faut cependant écarter, provenant du vieux mot scandinave Bekkr, très fréquent dans les noms de lieux anglais et dans le nord de la France. Parmi plusieurs noms de cours d'eau dans cette partie de la France dont -bec est le terme final, on peut citer Robec, Brébec et Bricquebec, mot avec lequel Québec fut d'ailleurs quelquefois associé mais de façon fantaisiste, à cause de la ressem­blance des deux noms. Québec, et Bricquebec n'ont ni lien logique, ni lien de pa­renté entre eux, puisque Bricque vient de Brekka signifiant «colline» et que -bec provenant de Brekkr a le sens de «ruisseau».

Le bec

Il s'avère qu'une pointe de terre située au confluent de deux rivières à l'extrémité d'un promontoire maritime est un bec dans le vocabulaire géographique. Selon Alain Rey, ce sens remonterait à 1345.

2.  Block et W. Von Wartburg signalent que le mot bec est indiqué comme gaulois par Suétone. Selon Littré, il s'agit également d'un mot gaulois qui se retrouve dans le néo-celtique. En bas breton, dit-il, on écrit bec ou beg; en gaélique, béic d'où beak en langue anglaise. C'est ce que donne aussi Bernard Tanguy dans son ouvrage sur Les noms de lieux bretons. Le géo­graphe Albert Demangeon le définit comme un mot probablement d'origine celtique signi­fiant «UNE POINTE DE TERRE AU CONFLUENT DE DEUX RIVIÈRES ou L'EXTRÉMITÉ D'UN PROMONTOIRE MARI­TIME ». Constatons qu'on ne peut trouver une définition qui s'adapte mieux à la pointe de Québec, d'autant qu'à l'origine – comme nous l'avons vu – son aspect était très accentué par la profondeur de la baie de Biscaye et la grande embouchure de la rivière Saint-Charles.

L'orthographe de bec

Au XVIe siècle, l'orthographe de ce mot était becq. Les consonnes contigües c et q se retrouvaient soit au milieu, soit à la fin des mots, comme en témoignent plusieurs exemples :

  • doncques, réplicques, rebecquer dans le Pantagruel de Rabelais ;
  • bancq, estancq, affourcq dans la narration des voyages de Jacques Cartier;
  • avecq, becquets, cocq, socq dans un document notarié du XVIIe siècle choisi au hasard;
  • Sercq, île anglo-normande située à l'ouest de la France ;
  • Audruicq, chef-lieu de commune du Pas-de-Calais ;
  • plusieurs noms patronymiques français que l'on peut découvrir au hasard de nos lectures.

L'orthographe du nom Québec

Une simple vérification dans les Oeuvres de Champlain montre que celui-ci a commencé à employer Québec, avec l'accent aigu, vers 1618-­1620 si l'édition reflète bien le manuscrit. En général toutefois, la forme Québec ne se rencontre pas très souvent au XVIIe siècle, ni durant la première moitié du XVIIIe siècle, et il apparaît que l'usage de l'accent aigu ne se soit répandu qu'à partir de la première décennie sui­vant la Proclamation royale du 7 octobre 1763 où le nom de Province de Québec apparaît officielle­ment, pour désigner le territoire le plus habité de la Nouvelle-France.

En 1977, l'adoption de la charte de la langue française rendait nécessaire l'officialisation du nom. Mais ce n'est qu'au mois de juin 1985 que le nom Québec, avec l'accent aigu, fut officialisé par l'organisme qui s'occupe des noms de lieux au Québec.

Cette graphie Québec avec l'accent aigu qui remonterait donc aux années 1620 environ, a prévalu jusqu'à nos jours, tout en occultant la graphie Quebecq qui était plus conforme à l'ancien français et qui, à cause de l'absence de l'accent aigu, reflétait certainement mieux la réalité physique, en tenant compte de l'accentuation sur la première syllabe et de la désinence en cq.

L'emploi de Quebec sans accent ayant été le fait des anglophones depuis toujours, l'officialisation du nom, fondée sur l'obligation de mettre l'accent aigu, contrairement à l'usage répandu chez les anglophones, était un faux problème – même si l'on peut, à la rigueur, admettre la pertinence d'une officialisation – car Quebec sans accent est tout aussi français que Québec avec l'accent

Au fait, c'est le mot dépourvu de l'accent qu'il importe de considérer. Lescarbot et les Jésuites ont écrit Kebec et, à cause de ce k initial, les tenants de l'origine amérindienne ont pu être abusés par cette forme qui a effectivement une allure amérindienne. Cependant ils n'ont pas remarqué que cette écriture était un reliquat du français du Moyen Age puisque le k, ayant la même valeur phonétique que Qu 66, pouvait noter le grou­pe Qu devant e et i encore au XVIIe siècle. Ainsi pouvons-nous faire la même observation pour le topo­nyme Quinté ou Kenté qui identifiait au XVIIe siècle une baie sise sur le lac Ontario.

Quebecq n'est pas l'équivalent linguistique de Kepek, Kebek ou Guepeg

Monseigneur Laflèche déclare que les Indiens du golfe du Saint-Laurent emploient le mot Kepek et le père Jean-Marie Bellanger, un missionnaire qui a très bien connu la langue des Micmacs, affirme également que ceux-ci utilisent le mot Kebek pour désigner un petit détroit ou resserrement d'une rivière entre deux pointes de terre. Au fait, Kepek, Kebek, de signification amérindienne, ou Guepeg est un nom commun utilisé notamment par les Micmacs pour désigner ce trait géographique de n'importe quelle rivière.

Outre cela, la thèse des adeptes de l'origine amérindienne est contredite par les Indiens eux-mêmes. Claude Lebeau signale précisé­ment qu'ayant demandé à des Indiens qui connais­saient plusieurs langues indigènes si Québec était un mot de langue indienne, ils répondirent qu'il était français et qu'ils ne connaissaient aucun nom indien qui sonnait de cette façon et qu'ils savaient bien que les Algonquins, les Iroquois et les Hurons appelaient autrefois cette montagne Stadaka. Et dans le même ordre d'idée, selon Andrew Stuart, les noms de lieux descriptifs al­gonquins sont généralement des polysyllabes et il serait surprenant de trouver dans cette langue une désinence aussi abrupte que -bec. Ceci est également l'opinion d'Alfred Hawkins.

Ce qui a trompé les tenants de l'origine amérindienne tient au fait que le mot indigène Kepek «rétrécissement» – et les autres formes orthographiques amérindiennes semblables – proposées durant la deuxième moitié du XIXe siècle sous la plume de monseigneur Laflèche en 1857 et des PP. Arnaud et Lacasse, respectivement en 1880 et 1882, est un calque presque parfait du mot français Quebec, par son nombre de lettres, par ses deux syllabes, et enfin, par sa prononciation également presque identique, notamment à cause du rapprochement entre les labi­ales b et p. Prononcés à quelques pieds de dis­tance et un peu rapidement, aucune oreille ne peut saisir la différence. Kepek ressemble tellement au mot Quebec, qu'il a fini par s'y fondre et à imposer sa définition.

La paternité du nom

Souvenons-nous que le mot Quebecq est publié sur la carte de Guillaume Levasseur en 1601. Comme celui-ci n'a pu inventer ce nom, il a bien fallu qu'il lui soit transmis par quelqu'un vers 1600, et ce quelqu'un pourrait être François Gravé qui, s'étant rendu jusqu'à Trois-Rivières avant 1599, se serait acquitté de cette tâche après avoir peut-être joué un certain rôle – qui sait, le rôle majeur – dans la dénomination de Quebecq et 3 Rivieres, deux nouveaux noms qui apparaissent sur cette carte. Il ne faudrait pas non plus oublier Jacques Noël, prédécesseur de François Gravé. Quoiqu'il en soit, le nom français est apparu sur un document cartographique, avant même que Champlain mette les pieds à Québec pour la première fois et au moment où les Indiens ne s'y trouvaient plus. Et celui qui a inventé ce nom, sur place, en apercevant le promontoire, de l'est, n'a pu éviter de penser qu'il constituait une exclamation qui signifiait Quel Bec»!

La thèse officielle qui a prévalu jusqu'à nos jours prétendant que Québec est un mot d'origine amérindienne, implique que le nom français Québec est calqué sur un mot amérindien et qu'il est pos­térieur à ce mot amérindien.

La thèse exposée dans notre texte affirme au contraire que Québec, étant un mot français, d'origi­ne médiévale et celtique, est arrivé avant le mot indien Kepek et que c'est ce dernier qui est un calque du mot français. Elle démontre de plus que l'opinion des historiens et des missionnaires s'est imposée à partir du milieu du XIXe siècle, au détriment de la chose la plus naturelle qui soit, savoir, l'attribution à ce site étonnant et exceptionnel le mot qui lui convenait parfaitement: Quebecq.

Que l'on nous comprenne bien!

Quebecq ne dérive pas de Quel bec! comme on l'a écrit trop souvent. En aucune circonstance personne n'a prononcé Quel Bec! en voyant le cap pour la première fois en venant de l'est. L'auteur présumé a seulement prononcé Quebecq!

Résumé

L'auteur du nom : Inconnu. Toutefois les circonstances de l'apparition du nom militent en faveur de Jacques Noël ou de François Dupont Gravé.

Le lieu : Pointe de terre, ou bec, situé à la confluence de deux cours d'eau. L'aspect exceptionnel du lieu, vu de l'est, suggère à l'auteur le nom de Quebecq.

Le nom : Il s'agit d'un nom topographique composé de l'adjectif exclamatif quel, élidé en que, suivi du nom commun français bec d'origine celtique.

La signification : Quelle pointe! Quelle avancée de terre! Quel cap! Quel bec!

Le truchement : Le cartographe dieppois Guillaume Levasseur, en 1601 au plus tard.

Quand à Kepek, il s'agit d'un nom commun de langue micmaque, un hydronyme signifiant «rétrécissement des eaux».

En définitive

QUEBECQ n'a rigoureusement aucun rapport avec kebhek, kepek ou guepeg, sauf celui de l'exceptionnelle consonance auditive. L'un est un toponyme; l'autre est un hydronyme. De telle sorte que Quebecq ne peut signifier «rétrécissement des eaux» et encore moins «là où c'est bouché».

POSTSCRIPTUM

Dans Picture of Quebec d'Alfred Hawkins (Quebec, Printed by Neilson & Cowan, MDCCCXXXIV, 476 p.) page 119, une illustration du sceau de William De la Pole comte de Suffolk, daté de 1420, attire notre attention. Cette étonnante illustration est une copie tirée d'un ouvrage sur l'héraldique d'un auteur écossais nommé Edmonstone.

La légende mutilée qui entoure le sceau a été restaurée ainsi: SIGILLUM WILLIELMI DE LA POLE, COMITIS SUFFOLCHIAE DOMINI DE HAMBURY ET DE QUEBEC.

Sur ce sceau daté de 1420, on aperçoit le nom Quebec parfaitement lisible, en haut, à gauche du sceau.

La présence du nom Quebec sur ce sceau a donc convaincu Alfred Hawkins de rejeter l'origine indienne du nom Quebec, sa signification française Quel bec! et, en définitive, de croire que le nom de notre ville était un transfert direct et indiscutable d'un lieu normand.

Si la copie du sceau est fidèle à l'original, la question ne laisse pas de nous intriguer, car des toponymistes réputés de France n'ont jamais fait allusion, à ma connaissance, à un quelconque bourg ou lieu-dit Quebec existant en Normandie au début du XVe siècle, alors que Bricquebec – auquel l'historienne Raymonde Litalien vient récemment en 2008 d'associer Québec, à tort bien entendu – est bien relevé dans leurs répertoires.

Pour corroborer cette dernière assertion, Quebec est absent, contrairement à Bricquebec qui est bien présent dans les Actes de la Chancellerie d'Henri VI concernant la Normandie sous la domination anglaise (1422-1435), Paris, A.Picard, 1907.

Selon moi, Alfred Hawkins a été imprudent de croire que le nom de notre ville était un transfert toponymique normand, fondé sur la seule présence du nom Quebec sur le sceau de 1420, car nous n'avons aucun moyen de vérifier, ni l'existence, ni la configuration d'un bourg, d'un domaine ou d'une propriété quelconque ayant appartenu au seigneur De la Pole.

En outre, il est difficile d'imaginer que l'auteur du nom Quebecq ici même ait pu associer un lieu mineur normand avec le site grandiose de Québec, à supposer que ce lieu normand existât.

À la fin, ce Quebec de 1420 ne pourrait manquer d'être la cible d'une analyse toponymique serrée ou au moins de conjectures toponymiques. Si ce nom a vraiment existé en Normandie, il signifierait quoi.

 

La question reste en suspens!

 


ANNEXE FORMES ORTHOGRAPHIQUES

Voici une liste aussi exhaustive que possible des formes orthographiques du mot Québec et un certain nombre d'occurrences relatives à chacune d'elles.

1 QUEBECQ

· QUEBECQ (Carte de Guillaume Levasseur, 1601)

· L'Abitation de QUEBECQ (Champlain, Oeuvres, 1613)

· tous demeurant aud QUEBECQ (Contrat de mariage de Jean Nicolet et Marguerite Couillard, greffe de Jean Guitet, 22 octobre 1637)

· a QUEBECQ (Marché entre Zacharie Maheust et Zacharie Cloutier, greffe de Guillaume Audouart, 30 septembre 1637)

· enclos de QUEBECQ (Réserve d'Ailleboust, 10 février 1649)

· habitant demeurant à QUEBECQ (Vente par Pierre Lognon à Jean Bourguignon, greffe de Jean Badeau, 11 juin 1654)

· QUEBECQ (Extrema Americae Versus Boream ubi Terra Nova Francia, Joan Blaeu, 1662)

2 QUEBECK

· QUEBECK (Carte de la Nouvelle France ou est compris la Nouvelle Angleterre, Nouvelle Yorc, Nouvelle Albanie, Nouvelle Suède, La Pensilvanie, La Floride &c. Attribuée à J.-B.-L. Franquelin, 1651)

3 QUEBEC

· QUEBEC (Carte géographique de la Nouvelle franse…1611 Champlain)

· QUEBEC (Carte géographique de la Nouvelle franse en son vray meridien, Champlain, 1613)

· QUEBEC (Oeuvres de Champlain, 1620 à 1627)

· QUEBEC (Nova Francia et regiones adjacentes, Johanne de Laët, 1630)

· Les Annales de 1 Hotel Dieu de QUEBEC (Soeur Jeanne Françoise Juchereau de Saint-Ignace, 1636-1716)

· commis au greffe de QUEBEC (Concession de terre par Robert Giffard à Noël Langlois, greffe de Jean Lespinasse, 29 juin 1637)

· gardenotte de QUEBEC (Acte de partage entre Jacques Caumont et P. Gadouart, greffe de Jean Guitet, 3 janvier 1638)

· demeurant a la paroisse de QUEBEC (Procuration d'Antoine Martin dit Montpellier, Laurent Bermen, 16 mai 1649)

· QUEBEC (Le Canada faict par le Sr de Champlain, P. Duval, 1653)

· QUEBEC (Le Canada ou Nouvelle France, Nicholas Sanson, 1656)

· Vray plan du haut & bas de QUEBEC comme il est en 1660, Jean Bourdon de Tadoussac jusques à QUEBEC (Histoire véri­table … P. Boucher, 1664)

· resident a QUEBEC (Proces verbal darpentage pour le Sieur Godron Poty, Jean Le Rouge, 19 décembre 1676)

· fait a QUEBEC (Requeste respondue de Monsieur Lyntendant pour le passage des Eaux, 11 avril 1684)

· QUEBEC (A Monseigneur de La Barre Gouverneur et Lintendant general pour le Roy… Louis Jolliet, 1689)

§ fait a QUEBEC (Enregistrement des titres de noblesse de Nicolas Juchereau de Saint Denis, greffe de A. Peuvret, avril 1700)

· prévosté et admirauté de QUEBEC (Succession François Hazeur, 22 juin 1708)

· Table pour l'intelligence du plan de QUEBEC en l'année 1709, Levasseur de Néré

· Extrait des registres du Conseil supérieur de QUEBEC, 3 juillet 1745

· Partie du cours du fleuve de Saint Laurent depuis QUEBEC jusqu'au cap aux Oyes, Nicolas Bellin, 1761

· Par son Excellence Jacques Murray, Ecuyer, Gouverneur de QUEBEC, 25 mars 1761

· La Gazette de Quebec 1796

4 QUEBEQ

· il me fut impossible de ne rien faire pour l'habitation de QUEBEQ (Oeuvres de Champlain, 1613)

· sont arrivées en ce Lieu de QUEBEQ le premier jour (Acte de réception des Hospitalières à Québec le ler août 1639 par M. de Montmagny)

· habitant demeurant aud QUEBEQ (Inventaire des biens de Guillaume Hébert, greffe de Martial Piraube, 21 octobre 1639)

· faict au fort St Louis de QUEBEQ (Transport aux reverends Peres de la compagnie de Jesus par Mr Gand, greffe de Martial Piraube, 19 février 1640)

· Guillaume Couillard habitant de QUEBEQ (Déclara­tion de Guillaume Couillard, greffe de Guillaume Tronquet, 22 juillet 1646)

· tabellionnage de QUEBEQ (Bail par Olivier LeTardif par la Compagnie de la Nouvelle France à Louis Gasnier, greffe d'Henry Bancheron, 27 octobre 1646)

· residant a QUEBEQ (Marché de construction de maison pour le Sr de Shavigny, greffe de Claude Lecoustre, 15 septembre 1647)

· QUEBEQ (Copie anonyme, Louis Jolliet, 1674) (Nouvelles découvertes de plusieurs Nations Dans la Nouvelle France)

5 QUEBEK

· De QUEBEK le 10 octobre 1674 (Lettre de Louis Jolliet à Monseigneur de Laval) QUEBEK (Canada Orientale Mare del Nord, Vicente Coronelli, 1690)

· habitations des gouvernements de QUEBEK (Mémoire de Gédéon de Catalogne… 1709)

· La paroisse est desservie par un des prêtres du Seminaire de QUEBEK (Gédéon de Catalogne, 1709)

6 QUESBEC

· demeurant en leur maison de QUESBEC (Concession des Peres Jesuites à Mathieu Chourel, greffe de Laurent Bermen, 6 mars 1649)

· habitant demeurant à QUESBEC (Inventaire des meubles de Guillaume Huboust et de feue Marie Rollet, greffe de Laurent Bermen, 21 août 1649)

· soldat au fort de QUESBEC (Bail par Martin Boutet à Anne Gasnier veuve de Clement du Vault, greffe de Laurent Bermen, 24 septembre 1649)

· charpentier demeurant à QUESBEC (Marché entre Jacques Leneuf de La Potherie et Paul Chalifou, greffe de Laurent Bermen, 29 octobre 1649)

7 QUÉBEC

· à QUÉBEC (Oeuvres de Samuel de Champlain, 1620­-1629)

· QUÉBEC (Plan de la ville de Québec en la Nouvelle France ou sont marquées les Ouvrages faits et à faire pour la fortification par le Sr de Villeneuve, circa 1690)

· QUÉBEC (Carte d'une partie du cours du fleuve Saint Laurent… dessinée après 1760 par un anonyme

· Par devant le notaire public de la province de QUÉBEC (Concession par M. de Salaberry à Jean Langlois dit Traversy, greffe de Louis Miray, 24 février 1779.

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Un commentaire

  1. Curieusement vous ne tenez compte que de votre point de vue basé sur des écrits en français et sans tenir compte des langues amérindiennes environnantes. Ne serait-il pas logique de jeter un coup d’oeil aux langues amérindiennes?

    Vous parlez de langue huronne. Or, Cartier est venu en 1534, 1535 et 1551, et les Huron-Wendat qui habitaient beaucoup plus loin à l’ouest n’habitaient pas encore la région. Ils y venaient occasionnellement pour de grands rassemblements ou commercer.
    Les Hurons-Wendats faisaient partie de la confédération des cinq nations de langue iroquoienne, qui occupaient le nord de l’actuel comté de Simcoe, en Ontario, jusqu’à ce qu’ils en soient chassés en 1650 par les Haudenosaunee (Iroquois) dont les Kanien’kehá:ka  (Mohawk) étaient membre.

    La langue abénaquise est une langue de la famille linguistique algonquiienne qui se subdivise en quelques langues dont plusieurs sont parlées au Québec dont le la langue abénaquise, le innu-montagnais, le mi’kmaq, l’algonquin, et il y avait aussi le Malécite à l’époque de Cartiert et de Champlain.

    Selon la Commission de toponymie du Québec le mot de langue abénaquise Kephek, ou Kebhek, est le nom que les Abénaquis utilisent pour parler de la ville de Québec. Il signifie « où c’est bouché ». quoique on devrait plutôt traduire par l’endroit où çà «s’engouffre», se «rétrécit».

    Selon les autres langue de la famille linguistique algonquienne du Québec on l’écrit à peu près de la même façon et on le traduit aussi à peu près de la même façon :
    – Le MOT KEPEK en langue innu-montagnais signifie rétrécissement (sous-entendu de la rivière). Notez que le NOM Québec se traduit en langue innu par Uapishtukueiats.
    – Le MOT GEPEG en langue Mi’kmaq (aussi écrit KEPEQ et KEPEG selon l’une des 3 orthographes utilisées) signifie rétrécissement (sous-entendu de la rivière), narrows.
    – – Le MOT KEPEK en langue Malécite signifie rétrécissement (sous-entendu de la rivière), narrows.
    – Le NOM QUÉBEC se traduit par WIBITIKWELANG en langue Algonkin.
    – Le NOM QUÉBEC se traduit par OPICTIKWEAK en langue Atikamekw

    Vous dites aussi «Jacques Noël, neveu de Jacques Cartier qui se rend jusqu’à Hochelaga – aujourd’hui Montréal»…
    Dites-vous que le lieu actuellement nommé Montréal était désigné sous le nom Tiótia’ke par les Kanien’kehá:ka  (Mohawk), qui se traduit par «la séparation», c’est à dire l’endroit ou le fleuve se divise pour aller en plus d’un cours d’eau.

    Sources :
    – Commission de toponymie. La toponymie des Abénaquis, 1985, page 49
    – Dictionary of the Micmac Indians – Silas Tertius Rand. 1886. Page 211.
    – Dictionnaire français-montagnais. Geo. Lemoine. 1901.
    – Abenakis and English Dialogs. Jos. Larent, Abenaki Chief. Printed by Leger Brousseau. 1884. Page 218.
    – Dictionnaire français-algonquin. Geo. Lemoine. Delisle Imprimeur. 1909.
    – Lexique Mikmaw – http://www.astrosante.com/Mikmawisimk.html

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