Qu’est-ce qui définit un peuple?

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20227b5165c5358ae747d8392cb0e2c9Dans notre article "Qui sommes nous?", nous avons défini le peuple comme étant « un ensemble de personnes unies par l'histoire, le sol et le sang ».

Certains pourront alors se demander pourquoi nous n'avons pas positionné « la langue » en tête des éléments essentiels de notre peuple.

D’abord, la langue n'est pas mise au sommet des valeurs identitaires en opposition au « nationalisme civique », qui réduit la nationalité à la langue et la citoyenneté; cette provocation est délibérée. Donnons l’exemple de l’Irlande qui existe comme peuple et nation malgré la perte de sa langue originale, le gaélique. D’ailleurs, plusieurs écoles en Irlande donnent des cours de gaélique, en dépit de sa désuétude au sein de la majorité de la population depuis plusieurs siècles. Des exemples quant aux Écossais, qui ont bel et bien une culture distincte des Anglais d’Angleterre, des Normands, des Bretons et même, pourquoi pas, des Amérindiens, peuvent aussi être évoqués. Une langue, malgré qu’elle soit morte, peut toujours être apprise de nouveau à l’aide de l’étude des manuels et des livres du passé.

Le sol

Pourquoi le sol, lui, est-il essentiel ?

Il l'est puisque le sol permet non seulement de développer une culture, une langue et un héritage, mais aussi de préserver les liens de sang, ceux de la parenté génétique. Bien sûr, le lieu d'origine des Québécois est la France, mais nous avons aménagé ici en Amérique un territoire bien à nous. Nous y avons versé notre sang au cours des batailles, nous y avons développé une société avec ses infrastructures et, avec le temps, une culture s'y est définie, avec ses légendes, sa cuisine, ses patois et ses expressions que nous avons su sauvegarder. Nous affirmons donc que nous sommes enracinés en cette terre d’Amérique.

Mais, au fil des ans, les peuples se déplacent et c’est pourquoi « le sol » ne peut être considéré comme l'unique élément essentiel. Les Acadiens ont bien quitté l'Acadie et y sont revenus par la suite.

Le sang

Le sang, c’est la parenté. Ce sont les liens de la généalogie, l’arbre et les branches du peuple. C'est un élément essentiel qui unit la nation. Sans lui, la nation n’existe plus, le peuple n’existe plus. Nier le sang, c’est nier l’existence même d’un peuple et de ses origines communes. Un étranger ne peut faire partie de votre famille sans lien de parenté. Il peut être un ami, mais jamais un cousin ou un frère. Le peuple, c’est une famille élargie. N’importe qui peut apprendre une langue mais ne peut pas faire partie d'une famille ou d'un peuple. Nier l'importance de cette parenté, c'est effacer la généalogie d'un peuple et les liens affectifs qui nous rassemblent.

Voir aussi: Qu’est-ce qu’un « Québécois de souche »?

L’histoire

Le voisin n’a pas la même histoire que vous, tout comme votre famille et votre peuple n’ont pas la même histoire que celui du pays voisin ou de la communauté voisine. Affirmer que des immigrants présents sur notre terre depuis quinze ou vingt ans partageraient l’histoire des Québécois vivant ici avec plus de quatre cent ans de lutte est une aberration qui saute aux yeux. L’immigrant n'appartient pas à notre histoire qui est liée intiment au sang et au sol.

En conclusion, l’identité québécoise, ce n’est pas le sol seul, ni la langue seule, pas plus que l’histoire seule ou le sang seul. C’est une combinaison inséparable de tous ces éléments.

Notre conception de l'identité

Ce tableau n'est pas parfait mais démontre plutôt bien notre vision de l'identité. L'on peut appartenir à chacun des cercles indépendamment mais l'identité d'un peuple est essentiellement composée de tous ces éléments mis ensemble.

Il est important de souligner que la culture, l'histoire et la langue sont indissociables de l'ethnicité. Une langue peut évidemment continuer d'exister sans l'ethnie qui l'a vue naître mais sa naissance et sa propagation est rattachée à celle-ci. Si l'ethnie qui l'a propagé s'éteint, une autre langue peut facilement la remplacer, celle-ci ayant perdu son ancrage.

La religion a souvent été propagée et influencée par une ethnie, ce qui la rattache à la culture et l'histoire de celle-ci, mais elle peut exister ou voir le jour à part entière sans une ethnie particulière.

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