Réplique d’un prêtre québécois aux laïcistes

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«Le Christ hier et aujourd’hui et dans tous les siècles! » (Hébreux 13,8)

Philippe Aubert, ptre

Le Harfang est un journal que je lis avec beaucoup d’intérêt. On y trouve des conclusions franches et en particulier ce qui est pour nous une évidence : la nécessité absolue d’arrêter totalement toute immigration en provenance des pays qui n’ont pas notre culture et ne peuvent par conséquent pas s’adapter et s’intégrer dans la population des Québécois de souche.

Ordonner nos amours

C’est une question d’amour de la patrie, tout simplement, et non pas de xénophobie comme nos détracteurs tâchent de nous présenter. Nous aimons les cultures étrangères quand elles restent chez elles comme nous restons chez nous. Un père de famille qui aimerait les étrangers autant que ses propres enfants et accorderait les mêmes droits dans sa maison aux étrangers qu’aux membres de sa famille serait un personnage aux amours fort mal ordonnées.

Mais les prémisses, c’est-à-dire les raisonnements qui sont utilisés par les différents nationalistes du Québec semblent différer grandement. Les conclusions étant quelquefois les mêmes, on pourrait penser que cela n’a pas ou peu d’importance. Et pourtant…

Je ne cacherai pas que cet article a pour origine l’entrevue donnée par Le Harfang à M. André Drouin dans l'avant-dernier numéro de cette revue. M. Drouin y affirme que la Charte de la laïcité est une bonne solution et que « pour éviter l’islamisation, la judaïcisation, la catholicisation, la sikhisation, la mormonisation, la jéhovasiation et toutes les autres religiosations, la séparation de l’État des religions doit être clairement affirmée. » Il souhaite que l’on change la Constitution et qu’on y enlève la référence à Dieu. Well!

La laïcité n’a pas encore le nombril sec

Si l’on jette un aperçu historique sur la laïcité, on voit qu’elle est relativement jeune. Tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux, autant que l’on puisse le savoir, semblent avoir rendu un culte public à la divinité, quelle qu’elle soit pour eux.

Les premières mentions franches et claires de laïcité, de séparation de l’Église et de l’État, n’apparaissent qu’à la Révolution française en 1789, où l’on exalte la suprématie absolue de la raison humaine. Comme par hasard, le complot gigantesque qui achèvera bientôt de détruire nos nations, à moins que le Seigneur ne nous regarde avec miséricorde, a précisément commencé à se réaliser lors de cette Révolution de 1789.

Il faut ignorer tout de la question du Nouvel Ordre Mondial (Novus Ordo Saeclorum) pour pouvoir trouver des valeurs positives dans cette laïcisation de notre peuple que nous propose M. Drouin, en mettant la religion de nos pères sur le même banc des accusés que l’islam, le mormonisme et les autres lutins de foire.

Une dissolution multiculturelle et multireligieuse

Les auteurs du Novus Ordo Saeclorum aspirent de toutes leurs forces à cette laïcisation générale du monde que promeuvent les nationalistes laïcs. C’est ainsi que la radicalisation organisée des tribus musulmanes apparaît clairement comme un prétexte pour pointer du doigt l’idée même de religion. « Contrôlez la passion, la foi, la tradition et toutes les autres choses (qui divisent) par l'usage de la raison et de la modération » nous dit le 4ème commandement du Nouvel Ordre Mondial tel que gravé dans les pierres Georgia Guistones.

Ce sont les mêmes qui détruisent notre peuple par l’organisation massive d’une immigration multiethnique et multiculturelle et qui le détruisent en tâchant d’en arriver à une dissolution de la Foi qui a servi de liant à l’édifice du Canada-français pendant les 350 premières années de son histoire. Enlevez le ciment, vous avez beau avoir beaucoup d’admiration pour le beau manoir ancestral, profitez bien de votre euphorie, car le premier hiver ne laissera que des ruines.

Les nationalistes laïcs font le jeu de l’ennemi

D’un point de vue eschatologique, la laïcisation du monde nous était annoncée par Saint Paul lui-même comme devant précéder le retour du Seigneur :

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? » (II Thess. 2, 3-5)

Lorsque l’on oppose l’idéal de la laïcité aux religions qui semblent agresser notre paysage politique, on se fait le plus grand des fossoyeurs de notre société politique. En voulant rejeter les religions marionnettes que l’on utilise contre notre peuple, on fait le jeu de nos vrais adversaires, les artisans du Novus Ordo Saeclorum, qui ne désirent pas au final « l’islamisation, la judaïcisation, la sikhisation, la mormonisation, la jéhovasiation et toutes les autres religiosations » de notre société canadienne-française. Leur but est tout autre. Ne pouvant trouver dans la doctrine du Christ des éléments de fanatisme, ils les empruntent aux fausses religions belligérantes pour créer ensuite l’amalgame avec la Religion de nos pères et laisser croire que toute croyance religieuse est source de haine et de division. Une autre manœuvre est de faire se côtoyer les différentes religions sur le même sol afin de favoriser l’indifférentisme religieux, contrairement à l’idéal passé qui promouvait le fait que la religion catholique soit la seule religion d’État. Le but étant au final de créer une seule religion mondiale et de favoriser par-là l’entrée dans le système totalitaire qu’est le Nouvel Ordre Mondial.

Trêve de bêtise

Alors de grâce, cessons de faire le jeu de l’ennemi. La nature a horreur du vide, c’est bien connu. En laissant l’espace public libre de la Foi chrétienne, on le laisse béant pour les fausses religions. Tôt ou tard, elles l’envahiront, et notre nation vivra, en attendant ce jour, dans une crainte et une instabilité permanentes. Ce n’est pas, me semble-t-il, l’esprit qui a animé nos pères.

Même si nous pourrions trouver des choses à redire contre M. Vladimir Poutine, il semble avoir bien compris cette question, et son nationalisme se double, comme il se doit, d’un christianisme qu’il n’a pas peur d’afficher publiquement. La Russie sera-t-elle la seule nation à résister au Novus Ordo Saeclorum? « Si le Seigneur ne garde pas la cité, c’est en vain que la gardent ceux qui veillent sur elle ». (Ps. 126)

La différence étant que les chefs religieux de Russie ont un esprit traditionnel et ne semblent pas disposer à faire le jeu de l’ennemi. Toutes les occasions sont bonnes pour parler du Christ et de son règne dans la société russe. À nous de ressusciter l’esprit traditionnel de l’Église Catholique contre la fausseté et la tromperie de l’Église de Vatican II qui fait le jeu de l’ennemi en acceptant et en favorisant le pluralisme religieux de nos États. Ainsi font aussi les nationalistes qui ne veulent pas du règne du Christ. N’entrons pas dans leur jeu.

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