Résumé « Le devoir de débattre », animé par Antoine Robitaille

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Le 13 avril dernier a eu lieu le débat fort peu médiatisé sur l’immigration à l’Université de Sherbrooke. Intitulé « Le devoir de débattre », ce débat était animé par l’éditorialiste Antoine Robitaille du journal « le Devoir ». Trouvant la chose inhabituelle, nous avons dépêché un observateur sur place qui nous résuma l’événement et nous a appris, sans grande surprise, que le tout était plutôt une mise en scène idéologique et qu’aucun réel débat n’avait eu lieu.

Les invités
Les invités présents pour débattre étaient Guillame Marois, docteur en démographie et coauteur du livre « Le remède imaginaire » traitant de manière critique l’immigration au Québec, et Guillaume Rousseau, professeur adjoint à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Furent aussi présentes Rachida Azdouz, une psychologue française spécialiste en relations interculturelles (Université de Montréal), ainsi que Michèle Vatz-Laaroussi, une professeure titulaire de l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke ayant également passé par le système universitaire français.

En bref, ce « débat » aurait pu avoir lieu sur la démographie, le droit et l’aspect social de l’immigration, bien qu’aucun des intervenants n’était en mesure d’en contester un autre, puisqu’aucun ne partageait un champ de compétence similaire. Nous notons également que pour débattre de l’immigration, il faut peser les « pour » et les « contre ». Alors que le démographe est en mesure de le faire, le spécialiste en droit ne peut que se prononcer sur les lois et mesures en place ou les modifications possibles, mais ne peut en aucun cas commenter les autres aspects tels que l’impact social, l’économie ou la démographie. La psychologue et « spécialiste en relations interculturelles », pour sa part, a un premier champ de compétence totalement hors d’intérêt dans un tel débat et un deuxième qui est purement social et ayant un parti pris idéologique multiculturaliste, puisque sa fonction est de faire « fonctionner » le multiculturalisme et l’immigration. Son poste dépend donc de l’état actuel des choses, donc avoir un esprit critique sur le sujet reviendrait donc à remettre en question son gagne-pain. La dernière intervenante, quant à elle, est une travailleuse sociale, ce qui limite grandement des prises de position sur une politique au niveau étatique et sur des aspects tels que l’impact démographique, culturel et économique, qui sont les points principaux pour justifier une immigration de masse.

Le débat…
Comme nous l’avons mentionné plus haut, la capacité de « débat » étant très limitée en raison des intervenants choisis, cela a été amplifié par le fait que 75 % de la discussion fut prise par mesdames Azdouz et Vatz, elles-mêmes d’origine immigrée et diplômées de France, la première ayant reçu des prix pour la promotion du « vivre ensemble » et la deuxième ayant fait l’ensemble de ses études et recherches sur l’intégration des immigrants. Cela a fait en sorte d’orienter totalement la discussion non pas sur la pertinence et l’utilité de l’immigration, mais plutôt sur comment faire pour intégrer les immigrants. Cela sous-entend que l’immigration est une fin en soi et non un moyen ou une option, et n’engage en rien un débat sur la question. La majorité des interventions furent dans le domaine de l’opinion, de l’anecdote et des exemples triés sur le volet – rien de bien impressionnant pour des femmes ayant un tel bagage académique.

Guillaume Rousseau a su avoir une position nuancée et apportait plusieurs faits intéressants, mais nous étions loin du débat des idées. Nous sous-entendons que son statut de professeur l’empêchait probablement de franchir la ligne vers une critique frontale de l’immigration. Quant à Guillaume Marois, il a exposé une critique claire de l’immigration. Par contre, même si ses opinions furent pertinentes, il est celui qui eut le moins de temps de parole et il n’a pas su s’imposer. Les deux Guillaume ont néanmoins su présenter des faits basés sur des études et des chiffres, contrairement aux deux autres intervenantes, et ce malgré le temps en faveur des deux sociologues. C’est là que Antoine Robitaille a failli dans son rôle de modérateur en n’orientant pas la discussion et en ne modérant pas le temps de parole des intervenants. 

Les points intéressants soulevés
Malgré notre parti pris contre Michèle et Rachida, celles-ci ont permis à l’assistance d’apprendre quelques phénomènes intéressants. 

D’abord, les immigrants se plaignent souvent de la sous-représentation des minorités visibles dans le show-biz québécois, mais ceux-ci ne consomment pratiquement aucun produit ou production issu d’ici selon les conférencières.

Cela porte à se demander si la consommation est proportionnelle à une représentation raciale et physique des artistes, ce qui sous-entend un rejet des acteurs et actrices blancs sur le seul facteur de leur origine ethnique… Autrement dit, si les Québécois exigent une télévision et des artistes qui leur ressemblent, ils sont « racistes », mais les immigrants sont dans leur droit de faire de même au nom de la « diversité » et d’exiger moins de Québécois de souche à la télé. Contradiction typiquement multiculturaliste.

Nous rejoignons également les deux intervenantes que dans les faits et la compréhension populaire que l’interculturalisme est un avatar du multiculturalisme et qu'au fédéral comme au provincial, l’État a instauré des lois pour imposer ces deux idéologies. 

Guillaume Rousseau nous apprend que les fonctionnaires ont un trop grand pouvoir discrétionnaire, ce qui rend caduque une bonne partie de la grille de sélection des immigrants et son effet de pondération. On apprend également que le ministre de l’Immigration et son sous-ministre ont de trop grands pouvoirs, alors qu’il faudrait décentraliser ces pouvoirs pour en redonner certains à la chambre des députés, puisque pour l’instant, le processus décisionnel ne passe aucunement par ces derniers. 

On apprend également que le programme PRIIME (50 % du salaire remboursé par l’État) profite principalement à la région de Montréal qui reçoit une forte majorité des immigrants. Nous ajoutons ici qu’il s’agit de concurrence déloyale et que la participation à ce programme devrait s’ajouter dans la critique de l’immigration considérant que l’impact d’un tel programme doit être considéré relativement au fort taux de chômage et d’assistance sociale chez les immigrants, puisque ceux qui travaillent bénéficient de fortes subventions sur le salaire (50 %!!) et sont utilisés comme forme de « cheap labour » par les employeurs (pourquoi payer un plein salaire quand on peut payer que la moitié)! Un fait que se sont bien gardés de mentionner les intervenants.

Guillaume Marois est revenu sur les arguments présentés dans son livre, soit l’impact nul de l’immigration sur la pyramide des âges et sur le PIB. Pour plus de détails, nous référons le lecteur à notre compte-rendu du « Remède imaginaire ».

Période des questions
D’une manière assez particulière, c’est la période des questions qui fut occultée du compte-rendu fait par
Le Devoir et pourtant, ce fut le seul soupçon d’argumentaire et de débat de la soirée. Situation inattendue, un auditeur posa quelques questions des plus pertinentes.

Ce citoyen n’a pas manqué de faire remarquer l’absence flagrante de débat et pointa le fait que personne n’a su expliquer en quoi l’immigration pouvait bénéficier à la société et au citoyen d’un point de vue économique, ni de quelle qu'autre manière, mis à part un sentiment « humanitaire » qu’il n’hésita pas de qualifier de « pure idéologie ». Il souleva aussi le point que personne n’osât proposer ou argumenter une baisse des taux d’immigration. Pourtant, pour avoir un débat, il faut opposer deux points de vue, ce qui ne fut pas le cas.

Lorsque celui-ci commença à citer l’Institut Fraser et les coûts de l’immigration, ainsi qu’une deuxième étude qui démontra une baisse de salaire de 4 % pour chaque augmentation de 10 % du bassin de travailleurs dû à l’immigration, Antoine Robitaille tenta de lui couper la parole! Rachida cria même qu'il s'agissait de « chiffres et non des faits » Celui-ci continua quand même en citant une autre étude qui démontre une baisse de salaire de 7 % pour les individus ayant des maîtrises ou des doctorats et le taux de chômage élevé chez les immigrants. Ceci démontre en fait qu’on importe des chômeurs à Montréal, alors que le taux est déjà à 10.5 % dans la métropole (6.7 % hors Montréal). C'est à ce moment que la foule a commencé à se plaindre… alors il répéta sa question.


« Comme citoyen payeur de taxes, qu’est-ce que ça donne l’immigration ? »


À la surprise générale, Guillaume Rousseau avoua qu’il s’agissait d’une idéologie dépourvue d’argumentaire! Rachida, qui était choquée depuis le début d'intervention, tenta tant bien que mal de répondre par une série de justifications allant de la « libre circulation des individus» à « l’esprit humanitaire », sans s’appuyer sur des études et encore moins sur des chiffres. 


–    « Donc c’est de l’idéologie ? »


Rachida refusa de répondre. 

La période des questions résume en soi la chape de plomb idéologique et la faiblesse intellectuelle de nos « spécialistes », intellectuels et universitaires. Malgré que MM. Rousseau et Marois aient eu des positions intéressantes, ils ne sont clairement pas en mesure de débattre contre des idéologues du multiculturalisme et des frontières ouvertes qui sont grassement subventionnées pour défendre le positionnement gouvernemental et patronal.

Combien de « débats/mises en scènes » comme ceci ont eu lieu au Québec sans qu’un citoyen informé n'intervienne? La situation est clairement préoccupante et démontre la nécessité d’une organisation comme la nôtre.

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2 commentaires

  1. Dominic Alarie le

    Nos «élites» sont pourrîtes et soumises au libéralisme mondiale… ils veulent leur petit luxe, leur travail et leur confort alors ils ne franchissent pas les tabous ce qui les rend intellectuellement inaptes et inutiles.

    J’espère honnêtement qu’une bonne partie des générations futurs vont s’abreuver dans vos lectures et revues pour les renforcer et les préparer à l’avenir, car ce n’est certainement pas au cégep ou à l’université que nos élites de demain apprendrons à défendre les leurs et à avoir une colonne!

  2. Nat Dumont le

    Rien de surprenant venant du Devoir!

    Je suis déçue de la performance de Guillaume Marois… un Bock-Côté à ses côtés n’aurait pas fait de tord, curieux qu’il n’a pas été invité.

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