Révisionnisme historique

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Le Harfang, Magazine de la FQS, Octobre-Novembre 2012 N0 1, Vol.1. Révisionisme historique p. 14 – 15

Sous l’influence des idéologies promues par l’École de Frankfort, nous assistons présentement à une révision de l’histoire occidentale pour permettre de la purifier de ce qui est aujourd’hui perçu comme réactionnaire. Les héros de notre histoire sont revus et si ceux-ci n’atteignent pas les standards multiculturalistes de la société moderne, ils sont relégués au second rang derrière des héros plus acceptables ou sont tout simplement reniés. Aux Etats-Unis, le phénomène a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières décennies et de nombreux monuments, écoles ou autres portant le nom des Pères de la Constitution ont été changé pour des noms plus actuels, plus inclusifs. George Washington, premier président américain, est renié, car celui-ci aurait possédé des esclaves et ne serait donc plus digne d’être honoré. Il en va de même pour d’autres Pères de la Constitution comme Thomas Jefferson. Nul besoin de souligner que dans le Sud, cette purification historique vise les généraux sudistes et tout ce qui a trait à l’héritage confédéré. Les Confédérés appuyaient l’esclavage et ne peuvent donc être représentatifs de cette nouvelle société ouverte dont nous faisons partie. Même Christophe Colomb, autrefois perçu comme un héros national, est maintenant une figure controversée qui est plutôt vue négativement.

Au Canada, ce nettoyage a débuté d’une autre façon. Au lieu de retirer des gens du panthéon des héros canadiens, tout fut mis en place pour revaloriser les Canadiens qui ont accompli quelque chose de particulier et qui ne sont pas des hommes blancs. On a donc vu dans l’Allée des premiers ministres à Québec apparaître la statue d’une femme et ce bien avant que Pauline Marois fût première ministre. Postes Canada a lancé il y a deux ans des timbres à l’effigie du premier cowboy noir, qui n’a pour tout accomplissement que le fait d’être le premier cowboy noir. Bref, jusqu’à aujourd’hui, les historiens et sociologues contemporains ont tout fait pour ajouter des héros qui n’étaient pas des hommes blancs, question de prouver que le Canada a toujours été un pays multiculturel, ouvert et moderne. Il n’y avait qu’un pas à franchir pour commencer à faire une révision de nos héros comme cela s'est fait aux USA et ce pas a finalement été franchi cet été lorsqu’une controverse éclata après que le gouvernement de Stephen Harper renomma un parc d’Ottawa en l’honneur de MacDonald. Oui, John A. MacDonald, le premier premier ministre canadien.

D’après de nombreux groupes, John A. MacDonald ne mérite plus d’être honoré, car il serait un suprématiste blanc et que dans notre société égalitaire, nous ne pouvons nommer un lieu en l’honneur d’un suprématiste blanc. Peu importe le fait qu’il est le premier premier ministre, soit quelque chose de plutôt important, surtout si on prend la peine d’honorer le premier cowboy noir. Le fer de lance du récent mouvement contre John A. MacDonald est le professeur d’histoire Timothy Stanley, qui écrivit dans le Ottawa Citizen :

« En 1885, John A. MacDonald déclara à la Chambre des Communes que, si les Chinois n’étaient pas exclus du Canada, "le caractère aryen du futur de l’Amérique britannique serait détruit…" Ce fut le moment précis dans l’histoire du Canada et des dominions britanniques où MacDonald introduisit personnellement la race comme principe légal de définition de l’État…
Les commentaires de MacDonald arrivèrent alors qu’il justifiait un amendement visant à révoquer le droit de vote de quiconque "de race chinoise ou mongolienne." Il avertit que, si les Chinois (qui ont été en Colombie-Britannique aussi longtemps que les Européens) avaient le droit de voter, "ils pourraient contrôler le vote de la province en entier" et que leurs "députés chinois" propageraient "des principes asiatiques", "des immoralités" et "des excentricités" dans la Chambre "qui sont exécrables pour la race aryenne et selon les principes aryens." Il ajoute plus tard que "les races aryennes ne se mélangeront pas avec les Africains ou les Asiatiques" et que "le mélange de ces races, comme le mélange du chien et du renard, n’est pas un succès ; ça ne peut pas l’être et ça ne le sera jamais." »

Voilà donc pourquoi, aujourd’hui, MacDonald risque d’être répudié. Celui qui a participé à la fondation du Canada sera finalement chassé dans la honte par ses descendants, trop ouverts et égalitaires pour respecter leur passé. Le révisionnisme historique est une facette importante du multiculturalisme et de la rectitude politique. Elle commence à s’implanter de façon plus agressive au Canada anglais, beaucoup plus proche culturellement parlant des Etats-Unis que le Québec peut l’être, mais il est probable qu’ici aussi, nos héros soient rayés de l’histoire pour cause de non-conformité. Combien de temps cela prendra-t-il avant que tout ce qui est nommé d’après Lionel Groulx, Robert Rumilly ou encore Duplessis soit rebaptisé pour des héros plus « acceptables » ?

Et lorsqu’on y pense, quelle genre de société tente de réécrire son histoire pour la conformer aux idéologies de son temps ? Les Soviétiques communistes l’ont fait, les dictatures nord-coréennes et du Zimbabwe l’ont fait. Ce sont les dictatures totalitaires qui réécrivent l’histoire, pas les sociétés « libres et démocratiques ». Les Nazis ont brûlé en 1933 de nombreux livres qui ne s’accordaient pas à leurs idées, tout comme les communistes dans divers pays, d’ailleurs. L’Église aussi le fit et on le lui reproche souvent. Aujourd’hui c’est la même chose, sauf que ce n’est pas au nom du nazisme, du communisme ou du catholicisme, c’est au nom du multiculturalisme totalitaire. Et pendant ce temps, les Québécois parcourent leurs routes avec la devise « Je me souviens »…

Pour la préservation de notre peuple
F.Q.S.

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Un commentaire

  1. Charles Danten le

    Afin de satisfaire leur passion et leurs vociférations multiculturalistes, antiracistes et égalitaristes, les gauchistes mondialistes qui sévissent partout en Occident font la chasse systématique à tous ceux dans le passé qui ne cadrent pas avec leur utopie mortifère.

    Dans cette optique, ils veulent par exemple que Christophe Colomb soient effacé des livres d’histoire pour avoir amorcé la dépossession des Amérindiens en découvrant l’Amérique, que les statuts de Benjamin Franklin et du Général Lee soient détruites parce qu’ils étaient pour l’esclavage, une pratique tout à fait légale à l’époque et répandue dans le monde entier.

    Cette chasse aux sorcières est pratiquée non pas pour corriger une injustice, mais pour servir des buts politiques. Elle est contraire aux principes les plus fondamentaux de la démarche judiciaire. De fait, on ne juge pas une personne du passé ex post facto selon des principes ou des lois qui n’existaient pas à son époque.

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