Sexe et Diversité, version tous petits!

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Les écoles québécoises, comme d’ailleurs les écoles du reste de l’Occident, sont devenues de véritables laboratoires où les sociologues, anthropologues et autres « -logues » peuvent tester leurs innovations sociales et sociétales. Le multiculturalisme est devenu partie intégrante du curriculum, notamment avec les cours d’ECR (Éthique et culture religieuse), mais également avec le cours "Univers social", où l’on privilégie l’éducation à la citoyenneté plutôt que l’apprentissage de la géo/histoire comme par le passé. Cette dérive inquiète, mais jamais autant que le dérapage concernant la sexualité.

Anciennement, les psychologues – à l’exception de Freud qui sexualisa le développement humain pour répondre à ses propres fantasmes – considéraient les enfants comme étant asexués, c’est-à-dire dénués de sexualité, mais respectant néanmoins leur rôle sexuel (genre). Or, dans notre société hypersexualisée où des images semi-érotiques sont utilisées pour nous vendre du pain ou des voitures, la jeunesse est également visée. Les strings pour enfants se vendent bien et les héroïnes de la culture populaire, aux postures plus que suggestives, comptent de nombreuses adeptes chez les préadolescentes. Pire, l’école qui devrait être un havre de paix, de vertu et d’enseignement se plie volontiers à cette nouvelle tendance.

En effet, les bureaucrates de la pédagogie souhaitent faire entrer la sexualité dans les classes dès la plus petite enfance. Ils l’ont d’abord fait en introduisant sournoisement la théorie du genre dans plusieurs cours ou, plus insidieusement encore, dans les manuels scolaires. À l'automne 2015, ils franchissent une étape supplémentaire avec l'imposition d'un cours de sexualité obligatoire et ce, dès la maternelle. 

Les enseignants et les parents auraient beau se plaindre, les 15 heures de cours annuels sont obligatoires. Un parent qui souhaiterait, par exemple, retirer son enfant du cours en prétextant une maladie aussi soudaine que temporaire aurait les mains liées : les cours n'étant pas fixés dans un horaire, c’est au professeur de déterminer la répartition des heures en classe. Le parent n'apprendra donc uniquement après coup que de tels enseignements auront été dispensés à son enfant. 

Des professeurs pourraient éprouver avec raison une certaine réserve, voire une réticence morale à enseigner un tel programme. Malheureusement pour eux, leur syndicat semble quant à lui très enthousiaste à l'idée ! L’an dernier, Jacques Pétrin, le président du « Comité pour la diversité sexuelle et l'identité du genre » de la CSQ (qui représente environ 100 000 travailleurs de l’éducation), publiait à l’attention des enseignants et des responsables de CPE une liste de livres recommandés pour lutter contre les stéréotypes. Dans cette liste on retrouve les livres suivants :

• ALEMAGNA, Béatrice, « Le secret d’Ugolin », 2000
• BARSONY, Piota, « Papa porte une robe », 2004
• BLAKE, Stéphanie, « La fille qui voulait être un garçon », 2001
• BOUTHILLON, Béatrice, « Tango à deux papas et pourquoi pas ? », 2010
• BRETOUILLE, Ariane et FAVREAU, Marie-Claude, « Ulysse et Alice », 2006
• BRETOUILLE, Arianne, « Ulysse alias Easy Loup Galop », 2012
• BRIÈRE-HAQUET, Alice, « La princesse qui n’aimait pas les princes », 2010
• CHRISTOS, « Dînette dans le tractopelle », 2009
• DE LUCA, Françoise, « Jason et la tortue des bois », 2011
• DOURU, Muriel, « Cristelle et Crioline », 2011
• DOURU, Muriel, « Dis… maman », 2003
• DOURU, Muriel, « Un Mariage vraiment gai », 2004
• HONORÉ, Christophe, « Je ne suis pas une fille à papa », 1999
• LABELLE, Sophie, « Le Comité infernal des ordres ténébreux », 2014
• LATIFA, Alaoui M. et POULIN, Stéphane, « Marius », 
• LENAIN, Thierry, « Je me marierai avec Anna », 2004
• LENAIN, Thierry, « Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? », 2011
• LESAFFRE, Laetitia, « Je veux un zizi », 2007
• DE MANLÉON, Jean-Vital et DAUTHERMER, Rebecca, «Les deux mamans de Potirou », 2001
• MAZURIE, Jean-Christophe, « Philomène m’aime », 2011
• MORGANE, David, « J’ai deux papas qui s’aiment », 2007
• TURIN, Adela et BOSNIA, Nella, « Camélia et Capucine », 2007
• TEXER, Ophélie, « Jean à deux mamans », 2004

Cette liste, produite pour les plus jeunes et non pour les élèves plus matures du secondaire ou du cégep, vise à lutter contre les stéréotypes ethniques, sexuels et basés sur le genre ! Pour l’ensemble de son œuvre, Pétrin fut d’ailleurs récompensé au Gala Arc-en-ciel plus tôt cette année où il reçut le Prix coup de cœur, ce dont se félicite la CSQ.

On l’a compris à son nom (Comité pour la diversité sexuelle et l'identité du genre), le comité dirigé par Pétrin ne lutte pas du tout contre l’homophobie : il fait plutôt la promotion de l’homosexualité. Et celle-ci n’est pas son seul dada. La transphobie apparaît désormais comme le nouveau problème à régler et c’est à partir de la théorie du genre que les technocrates entendent lutter contre cette lubie, que même le dictionnaire refuse de reconnaître.

En janvier 2016 s’ouvrira d’ailleurs au cégep Garneau, à Québec, un colloque organisé par la CSQ visant à lutter contre l’homophobie et la transphobie dans les réseaux de l’éducation. Le but de ce colloque est, dans leurs propres mots, de : « de promouvoir une meilleure compréhension des réalités des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, trans ou en questionnement (LGBTQ). Il vise à promouvoir des valeurs de respect, d’inclusion et d’acceptation à l’égard de la diversité sexuelle et de l’identité de genre. De plus, il vise la promotion de comportements pacifiques et de prévention afin de diminuer et de contrer les phénomènes d’intimidation, de violence, d’hétérosexisme, de cissexisme, de cyberintimidation, d’homophobie et de transphobie vécus par les jeunes, notamment en milieu scolaire et collégial. »

La CSQ ne sera certes pas seule à ce colloque: l’ensemble des syndicats (CSN, FTQ, SCFP, SEPB) y participeront également, même si aucun de leurs membres ne travaille dans le système scolaire (le SCFP qui représente les fonctionnaires fédéraux notamment). Les panels seront complétés par les associations de parents et de directeurs ainsi que par le ministère de l’Éducation. 

Un lecteur peu au fait de la modernité et de ses joies pourrait se questionner sur ce qu’est « l’hétérosexisme », la « transphobie » ou le « cissexisme ». Fort heureusement, notre bon gouvernement du Québec est là pour nous expliquer ces immondes idéologies. Tel qu’il le souligne : « L'homophobie est alimentée par les croyances et les attitudes qui consistent à faire de l'hétérosexualité la sexualité « normale », « naturelle » ou supérieure aux autres orientations sexuelles et qui rendent la diversité sexuelle invisible. C'est l'ensemble de ces croyances et de ces attitudes qu'on appelle hétérosexisme ». La transphobie est pire, car plus difficile à discerner. Elle se manifesterait, par exemple, dans une situation où une femme se sentant homme se verrait refuser d’indiquer « homme » dans un formulaire ou lorsqu'un homme se sentant femme serait exclu d’un groupe réservé aux femmes. Ces personnes seraient des martyrs de la transphobie. Enfin, la notion de « cissexisme » est plus complexe et difficile à saisir. Voici la définition qu'en donne l’UQAM :

« Le cissexisme désigne le biais favorable des institutions et de la société envers les individus qui s’identifient au genre qui leur a été assigné à la naissance (cisgenres), au détriment des individus s’identifiant à un genre autre que celui assigné à la naissance (trans). Le terme « cissexisme » renvoie à celui couramment utilisé de transphobie, terme qui oblitère toutefois les micro-agressions et l’invisibilité structurelle dont sont victimes les personnes trans, choses auxquelles la notion de cissexisme entend pallier en dénonçant les privilèges pris pour acquis que s’arroge la majorité cisgenre. En milieu universitaire, le cissexisme s’articule de plusieurs manières, particulièrement en ce qui concerne certains comportements administratifs, collectifs et individuels. »

Au niveau administratif, le fait de considérer le genre assigné à la naissance comme une donnée publique cause un grave préjudice à la communauté trans. En effet, chaque administrateur.trice pouvant avoir accès à une donnée telle que le genre assigné à la naissance est susceptible de la divulguer, tout comme le marqueur de sexe figurant dans le code permanent peut se révéler être diffamant pour une personne trans: celui-ci fait en sorte que, par exemple, le simple acte de montrer sa carte étudiante pour obtenir un service (bibliothèque, impression, audiovisuel…) peut devenir un moment des plus anxiogènes pour une personne trans. La stricte utilisation du prénom légal, qui peut ne pas correspondre au prénom usuel ou à l’identité des personnes trans, est une barrière administrative qui est imposée aux personnes trans sans que cela ne soit absolument nécessaire et qui rend chaque liste d’étudiant.e.s potentiellement dangereuse pour ces individus.

À un niveau plus collectif ou individuel, le fait de tenir pour acquis que chacun s’identifie au genre qui lui a été assigné à la naissance est un bon exemple de cissexisme. Il ne s’agit pas d’un droit, pour les personnes cisgenres, de savoir si une personne est transgenre ou non : en assumant que chacun est cisgenre jusqu’à preuve du contraire, la collectivité contribue à l’invisibilité et à la stigmatisation des personnes trans. »

Bref, de penser qu’un garçon est un garçon, c’est du « cissexisme » et il faudrait lutter férocement contre cet ignoble préjugé. Le plus alarmant est que cet enjeu, créé de toute pièce par les universitaires et les activistes féministes de l’UQAM, est devenu l’un des principaux fronts de mobilisation au sein du Syndicat des enseignants du Québec et de la CSQ. Il nous semble pourtant que celui-ci devrait plutôt s’inquiéter des coupures imposées par le gouvernement Couillard, qui s’avéreront nettement plus dommageable pour la société québécoise que le fait d’assumer qu’un garçon est un garçon.

Fédération des Québécois de souche

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