L’humanisme laïciste : soixante années d’endoctrinement II

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II – L’humanisme laïciste des années 70

L’implantation, dans les universités, d’un système de propagande marxiste par Georges-Henri Lesvesque, Léon Lortie et leurs camarades ne fut pas qu’un feu de paille. Si bien qu’au début des années 70, un véritable front d’enseignants, fruits des institutions gangrenées, se préparait pour la lutte des classes. 

Une barrière résidait toutefois. La seule manière de pénétrer l’âme d’un peuple élevé dans le catholicisme, marqué jusqu’aux profondeurs de son identité par les principes de base de la civilisation chrétienne, était d’en abattre les fondements. Fondements qui marquèrent de leur sceau la culture, la manière de vivre et de penser du peuple du Québec. C’est pourquoi, à la manière par laquelle ils brisaient les autres peuples d’Occident, les forces directrices de ce mouvement international implantèrent au Canada, surtout au Québec, leurs nouveaux programmes.


Un courant international contre nos écoles confessionnelles

C’est en 1972 que l’UNESCO, organe de l’ONU présidée depuis le tout début par des membres de l’élite du nouvel humanisme (Eugenistes, Franc-maçons, Marxistes…) comme Julian Huxley, sollicite le sympathisant communiste Edgar Faure pour l’élaboration d’une commission concernant l’éducation. La conclusion de cette commission, le Rapport Faure, inspire les partisans de « la religion de l’homme » au Québec et au Canada et encourage les deux paliers de gouvernements à mettre de l’avant ses différentes recommandations.

L’agenda de l’UNESCO priorise alors la rupture entre l’homme et les « anciens » dogmes religieux pour l’élaboration d’un nouvel ordre mondial où la morale chrétienne de notre civilisation doit être anéantie et remplacée par le dogme de la recherche intérieure. René Maheu, encore président en 1972, publiait dans le magazine « The Humanist » en 1966 un texte exposant l’idée principale de son institution.

« Nous vivons dans un âge où la nature a été maitrisé, un âge dont un grand savant a dit : pour la première fois dans l’histoire, l’homme sur terre ne fait face qu’à lui-même. Un âge où le règne de l’homme est organisé dans sa complète universalité. Les états ont mis sur pied des institutions constituées pour l’établir pas à pas… L’UNESCO est une de ces agences… Elle doit devenir ce qu’il faut pour combler le grand espoir qu’elle porte d’assurer la paix par la conversion de l’esprit de l’homme. »

Cette nouvelle doctrine répandue dans l’atmosphère de l’éducation justifia l’activisme laïcisant des réseaux socialistes établis et amorça ce qui allait être le coup de grâce pour nos institutions catholiques, qui représentaient jusqu’alors la fondation même de la société québécoise.


La majorité chrétienne du Canada ignorée

Premier ministre du Canada du début à la fin des années 70, le sympathisant socialiste et ami des communistes Pierre E. Trudeau donna son approbation, dans les premières années de son mandat, à la publication d’un guide destiné particulièrement aux enseignants canadiens. Rédigé sous les auspices du ministère de la Santé et du Bien-être social dirigé par Marc Lalonde (secrétaire personnel et conseiller de Trudeau), ce guide intitulé « Adolescence et sexualité » fut une attaque directe à ce qu’il restait d’enseignement catholique et protestant au Canada. Près de 70 films « éducatifs » furent également produits et suggérés par le fascicule. Le matériel étant produit et diffusé uniquement en anglais, les enfants catholiques du Québec étaient temporairement épargnés par cette propagande.

Plusieurs essais pour introduire des programmes similaires au Québec, avant la publication du guide canadien, furent controversés et rejetés autant par la population protestante que par la majorité catholique. Par contre, cette fois l’ambiance sociale s’y trouva propice et bien qu’une incursion fédérale dans le domaine de l’éducation, de juridiction provinciale, fut constitutionnellement douteuse, le réseau gauchiste et anticlérical établi salua l’initiative. Si bien que les sociologues de l’Université du Québec publièrent et propagèrent une version française du guide.

Considéré comme la contrepartie du cours de religion, cet ouvrage avait tout pour semer une confusion d’ordre moral chez les élèves et même chez les instituteurs encore familiers avec les principes chrétiens. Sous prétexte d’éclairer la jeunesse à propos de la liberté sexuelle, il rependit plutôt un grand flou contradictoire chez cette dernière, en promouvant la libre pensée et en justifiant beaucoup de pratiques (sexuelles entre autres) jusqu’alors jugées vicieuses.

Bien que la majeure partie de la population canadienne fût encore, à l’époque, attachée aux religions chrétiennes, la rédaction d’un véritable plan de corruption de la jeunesse par les sexologues et les humanistes, avec un arrière-plan marxiste (la frustration anticléricale à peine dissimulée au fil des pages), fut passablement acceptée. La majorité chrétienne au Canada vit donc, au début des années 70, financée par le biais de ses impôts, la publication du guide « Adolescence et sexualité » qui visait l’écroulement des valeurs chrétiennes occidentales prôné par l’UNESCO.


La jeunesse québécoise lancée sur la voie de l’incertitude

La création du ministère de l’Éducation suite à la commission Parent en 1964 prit, finalement, des mains du clergé la tâche de l’éducation de la jeunesse québécoise. Une minorité bien établie de libres penseurs lança cette nouvelle machine étatique d’éducation dans une direction toute contraire à la réalité nationale, ignorant par le fait même le principe qu’un système d’éducation doit correspondre à l’image du peuple qu’elle compte éduquer.

Un autre principe voulant que l’école soit le prolongement de la vie familiale, les éducateurs étant supposés veiller à l’instruction des enfants dans la continuité des valeurs morales, culturelles et traditionnelles priorisées au foyer, fut également bafoué. En remplaçant les concepts d’autorité par ceux de liberté, le cadre même de la famille québécoise fut bouleversé. Fortement influencé par le courant marxiste dans son essence, le ministère de l’Éducation entama une nouvelle étape du projet d’endoctrinement, favorisant la déresponsabilisation des parents vis-à-vis de l’éducation (religieuse, morale, idéologique et sexuelle) de leur progéniture dans le but d’éliminer, après l’Église, le principal intermédiaire éducateur entre le jeune et l’État.

L’éducateur, fortement influencé lui-même par tous les courants idéologiques récemment importés, reçut l’entière liberté d’interprétation sur le programme fourni par le ministère, selon sa propre conception de l’idée proposée. La morale chrétienne perdit son infaillibilité face aux cours facultatifs d’enseignement culturel et d’enseignement moral, et on ne tarda pas à voir apparaître des cours de sexualité peu discrets donnés devant des groupes nouvellement mixtes. Grandement influencé par les théories humanistes et sexuelles de Freud et Piaget (en plus des concepts existentialistes théorisés par Sartre, Camus, Beckett, mais initiés par les allemands Heidegger et Kierkegaard), l’enseignement québécois brisa la morale traditionnelle en mettant de l’avant l’idée que rien ne doit être préconçu, laissant l’enfant décider lui-même d’après une supposée expérience de ce qui est bon ou mauvais selon lui. L’amour, dans l’enseignement, fut aussi exclu des relations sexuelles, qui furent réduites à un simple moyen d’expression ou de communication que l’enfant doit absolument expérimenter pour être humain.

Cet endoctrinement existentiel eut l’effet escompté d’affaiblir les liens historiques, religieux et familiaux, en plus de détruire le concept autoritaire, principal pilier de l’ordre social établi – tout en lui pardonnant toute dépravation sous le couvert de l’expérience. La déresponsabilisation des parents et la quasi-indifférence du clergé, tourmenté par ses propres problèmes causés par la propagation des idées nouvelles à l’intérieur même de l’Église, laissa libre place à l’instauration de ce nouveau système institué à la hâte. L’archevêque de Montréal, Mgr Grégoire, s’opposa à quelques-unes de ces idées réformatrices vers la fin des années 70, mais son mécontentement ne fut pas pris en compte.

Le gouvernement mondial de l’UNESCO proposa son plan de réforme de l’éducation opposé aux valeurs et à la morale traditionnelle canadienne.

Pourquoi le gouvernement canadien, élu par une majorité chrétienne, n’a pas balayé du revers de la main ce projet qui allait à l’encontre de la volonté populaire?

Parce qu’il était lui-même composé d’individus endoctrinés par la vague marxisante des années 50, de même que l’élite québécoise. En 20 ans, la machine d’endoctrinement avait fait des petits et ces idées nouvelles, après avoir traversé l’Atlantique, trouvèrent déjà des partisans pour les accueillir à bras ouverts.

Le peuple en général, pour qui ce nouveau vocabulaire aux apparences savantes ne semblait pas trop menaçant, se laissa manipuler par ceux qui prétendaient lutter pour la liberté.


Un livre rouge derrière le livre blanc

La majorité des institutions scolaires passa des mains de l’Église aux mains de l’État et dans cette grande débâcle, dans cette dérive morale idéologique où l’enfant dut oublier ce qu’il était et en quoi il croyait, où le parent perdit le fil de l’enseignement scolaire et abandonna l’éducation de ses enfants aux théoriciens du gouvernement, tout semblait désorganisé. Pourtant, au-dessus de cette foule humaine désorientée s’installa une véritable organisation, comparable à un État dans l’état, le syndicat des enseignants (pour la plupart enfantés par le noyautage marxiste des universités depuis 1950) rédigea un programme clair.

Suivant pourtant à la lettre les indications de l’UNESCO, organe de l’ONU qui était en train d’instaurer le nouvel ordre du capitalisme mondial, les membres de la Centrale de l’Enseignement du Québec publièrent suite à leur congrès de 1972 un manifeste intitulé « L’école au service de la classe dominante ». Sous prétexte de condamner le capitalisme sous toutes ses formes, ce livre blanc fut en fait un véritable clone des écrits de Karl Marx.

Hostiles au gouvernement élu par eux-mêmes et par les parents québécois qu’ils étaient supposés servir, ils firent la déclaration d’une véritable lutte des classes. Lutte que le marxisme n’entendait pas mener par l’action directe, ni dans l’usage du procédé démocratique. Cette guerre, ils projetèrent de la mener par la manipulation et l’endoctrinement perpétuel de la jeunesse, tel que démontré dans ces extraits du livre blanc.

« Il nous appartient d'inventer le vrai métier d'éducateur ».

«…Identifier clairement nos problèmes. Clarifier nos intérêts… les joindre à ceux de l'ensemble des travailleurs, se solidariser avec eux afin qu'ensemble nous nous mettions à l’œuvre pour bâtir une société mieux équilibrée, plus équitable, où les moyens de production ainsi que la richesse produite resteraient une propriété collective et répartie entre chacun selon ses besoins ».

« Solidaires de la classe ouvrière, les enseignants doivent lutter dans leur propre milieu contre l'ennemi commun.

C'est en menant des luttes dans leur propre milieu contre l'ennemi commun que les enseignants se rendront vraiment solidaires des luttes de l'ensemble de la classe ouvrière.

C'est parce que l'école est le lieu privilégié de la reproduction des rapports sociaux d'exploitation et de domination que les enseignants doivent y mener des luttes. »

L’éducation au fil des années 70 passa vraisemblablement de l’enseignement chrétien à l’endoctrinement humaniste, marxiste et existentialiste. Non pas dans le but d’une révolution politique, parce qu’au fond les théoriciens et les partisans trouvèrent un certain confort dans le désordre social et profitèrent plus que tout autre de cette continuelle lutte entre « dominant et dominé », mais dans le but précis d’un endoctrinement à grande échelle des générations futures.
 

La jeunesse « humanisée »

C’est par l’influence et l’endoctrinement que les théoriciens « humanistes » vinrent planter les semences des idées nouvelles chez ceux qui devinrent l’élite universitaire durant les années 60, alors que les partisans de l’athéisme et de l’international préparaient, par le noyautage d’organisations comme les Nations Unies, la propagation à grande échelle de leurs idées. Les cellules déjà implantées au Québec et au Canada établissaient dans une stratégie minutieuse le comité d’accueil de ces mêmes idées par une nouvelle élite, affranchie du christianisme traditionnel. Il faut bien comprendre que le christianisme, s’il n’eut été qu’un mode de pensé secondaire sans influence importante, n’aurait jamais été la cible du monopole gauchiste qui se dessinait.

Chaque mouvement et décision des organisations nationales ou mondiales aux allures nobles fut suivi par une réaction contrôlée ou prévue des groupes locaux, beaucoup moins présentables, d’agitateurs et de propagandistes. Tout cela pour qu’au commencement des années 80, plus rien ne reste de ce qui était notre morale traditionnelle et notre mode de pensée national et chrétien dans les programmes du ministère de l’Éducation -tout cela étant le début d’une laïcisation totale au service de la haute finance internationale préconisée par l’ONU.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

 

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