Sol canadien

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Raoul Duguay ne s'est pas retrouvé au sommet des palmarès de popularité avec sa proposition d'hymne à la Société Saint-Jean Baptiste. Sa mièvrerie, pourtant dictée par le politiquement correct régnant, inspira le mépris général. C'était loin des "Aux armes citoyens!" et des "And the rockets’ red glare, the bombs bursting in air" que chantent solennellement les paisibles citoyens d'autres nations, en effet.

Il existe déjà de nombreux champs patriotiques québécois, ou canadiens dans l'ancien sens du terme, d'une époque où le patriotisme avait meilleure presse. Par exemple, "Sol canadien, terre chérie."

« Sol canadien, terre chérie ». Un des premiers chants patriotiques canadiens. Les paroles furent écrites par Isidore Bédard avec l'intention d'en faire un hymne national. Les deux premières strophes furent publiées sous le couvert de l'anonymat en 1827; le poème complet comprend quatre strophes, lesquelles furent publiées dans La Gazette de Québec le 1er janvier 1829. À l'origine, elles furent chantées sur l'air de « Ah! quel tourment », tandis que Le Chansonnier des collèges (2e édition, 1854) mentionne l'air de « Ah! quelle, quelle inquiétude ». Le nom de T.F. Molt est associé à deux mises en musique : la première porte son nom comme arrangeur et éditeur, avec absence de date; la seconde l'identifie comme compositeur et fut publiée sous forme de musique en feuilles par Sénécal, Daniel & Cie, comme encart dans la livraison de février du Journal de l'Instruction publique ainsi que dans le Recueil de chansons canadiennes et françaises (toutes en 1859). Les deux mises en musique sont reproduites dans le PMC (vol. VII). Le Recueil (p. 341) précise que le chant « résume admirablement les sentiments des Canadiens français de l'époque où il fut composé. Bien que l'oligarchie régnante éprouvât quotidiennement leur loyauté, ils restaient soumis à l'autorité britannique car ils abhorraient l'idée d'annexion aux États-Unis ».

Sol canadien, terre chérie,

Par des braves tu fus peuplé
Ils cherchaient loin de leur patrie,
Une terre de liberté.
Nos pères sortis de la France
Étaient l'élite des guerriers
Et leurs enfants, de leur vaillance,
N'ont jamais flétri les lauriers.
 
Qu'elles sont belles nos campagnes!
En Canada qu'on vit content.
Salut ô sublimes montagnes,
Bords du superbe Saint-Laurent.
Habitant de cette contrée
Que nature veut embellir,
Tu peux marcher tête levée,
Ton pays doit t'enorgueillir!
 
Renverse le pouvoir perfide
Qui ne cherche qu'à t'écraser.
La liberté est ton égide,
Sous elle tu peux triompher.
Ne fléchis jamais dans l'orage,
Tu n'as pour maître que tes lois.
Tu n'es point fait pour l'esclavage,
Le destin veille sur tes droits.

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