Entretien avec Steven Bissuel – Groupe Union Défense

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Entretien réalisé avec Steven Bissuel, leader du Groupe Union Défense dans la région lyonnaise, en France.

Militantisme étudiant rime souvent trop avec gauchisme, du moins au Québec, où l’extrême gauche et la gauche étatique ont établi leur domination absolue sur les associations étudiantes, ce qui paradoxalement s’est traduit par une désaffection de ces organisations dans lesquelles de moins en moins de jeunes se reconnaissent. Outre-Atlantique, l’état des choses ne serait pas bien différent si ce n’était d’un groupe d’étudiants réfractaires à cette mainmise de la gauche qui est parvenu à se tailler une place dans plusieurs universités. Ce fut un combat rude, ce l’est toujours, mais les Rats Noirs du Groupe Union Défense se sont imposés et sont devenus un incontournable acteur du monde étudiant. Steven Bissuel, un des représentants de ce groupe perpétuellement jeune et ce, depuis des décennies, nous explique que seul le militantisme peut faire changer les choses. Un regard percutant qui espérons-le inspirera des étudiants de chez nous à briser le monopole gauchiste dans les « assos ».​

Le GUD est un mouvement nationaliste qui existe depuis des décennies. Pourriez-vous nous résumer l’histoire de ce mouvement qui est resté jeune malgré les années ?

Le GUD est né au lendemain des événements de mai 68 et en réaction à ceux-ci. Avant sa création, l'hexagone avait déjà connu un certain nombre de structures nationalistes comme Occident, la Fédération des Étudiants Nationalistes, Europe Action etc … De ces expériences politiques est apparu un constat : derrière chacune de ces formations, on retrouvait toujours les mêmes personnes. D’où la nécessité d'un renouvellement de la base militante en allant chercher hors du « ghetto ». Justement, 1968 coïncide avec la mise en place de la loi Faure qui élargit désormais les possibilités d'accès aux universités qu'une poignée de nationalistes dans une démarche de rupture va donc rapidement décider d'investir. Il fallait un point d'attache où les militants pourraient se retrouver. C'est à Assas, faculté la moins gangrenée par le gauchisme (le Nanterre à l'envers), que ceux-ci décideront de s'implanter et sur laquelle ils concentreront leurs efforts. Ainsi débute l'odyssée des rats noirs. Au départ, le GUD rassemble des militants de divers sensibilités autour de l'anticommunisme et de la lutte – essentiellement à coups de manche de pioche – contre le gauchisme. C'est dans les années 80 que le GUD adoptera une ligne politique fixe et qui est d'ailleurs toujours la nôtre aujourd'hui, à savoir le nationalisme-révolutionnaire tel que l'a théorisé François Duprat. Pour approfondir en détail l'histoire fascinante du « Groupuscule des Dieux », je vous recommande grandement la lecture du livre « Les rats maudits ». Le GUD a toujours su avoir un coup d'avance sur les autres. Notre militantisme percutant et dynamique nous permet d'attirer toujours plus de jeunes au cœur rebelle. Nous ne sommes pas un parti mais un mouvement c'est à dire que nous ne demeurons jamais statiques. Nous dépassons le cadre légaliste. Si quelque chose nous semble intéressant et allant dans le bon sens, nous le faisons.
 

Et aujourd’hui, être militant au GUD, ça ressemble à quoi ? Pourriez-vous nous décrire l’implication et les derniers projets au cœur de votre organisation ?

Être militant au GUD aujourd'hui signifie avant tout appartenir à une véritable famille. On n'adhère pas au GUD comme on adhère à n'importe quel organisation politique. Nous avons vocation à être bien plus que cela, chaque jeune qui prend sa carte chez nous devient un membre à part entière de la famille. Nous nous inscrivons dans une logique de communauté, de clan, de solidarité.

Être GUDard est une fierté. C'est porter et défendre l'honneur d'un blason.

Être GUDard c'est incarner une certaine jeunesse, débordante de sève et insoumise, refusant de voir notre civilisation plurimillénaire, l'essence même de notre être, disparaître dans les méandres du mondialisme. C'est choisir le camp de l'action, de ceux qui s'élancent contre celui de ceux qui reculent, de ceux qui agissent contre ceux qui contemplent.

Être GUDard, c'est adhérer sans réserve au nationalisme-révolutionnaire et chaque jour œuvrer sans relâche à la construction de l'Europe nouvelle. L’Europe des peuples contre celle des oligarques.

Concernant nos derniers projets, nous possédons depuis peu à Lyon un local, le Pavillon Noir, espace non-conforme dont l'ouverture s'inscrit dans la logique d'élaboration d'une contre-société. Le raz(t) de marré sur l'hexagone ne fait que commencer ! Après Paris, Lyon, l'Alsace et la Bretagne, nous nous fixons pour objectif d'être présent sur tout le territoire national d'ici peu afin de donner une réelle alternative au monde moderne à la jeunesse française. Souvent, nous organisons des congrès sur Paris réunissant des organisations allant dans une optique de reconquête des âmes et des coeurs de nos patries charnelles. Je ne peux pas vous en dire plus ici, mais un projet d'une grande ampleur va voir le jour d'ici peu… Je vous invite à suivre nos activités sur les réseaux sociaux, puisque nous relayons nos événements sur ces derniers.
 

De manière générale, quel genre de militantisme prône le GUD ? Et que répondez-vous à ceux qui disent que le militantisme est passéiste et que dans une société de plus en plus numérique et désincarnée, il ne sert à rien ?

Nous pratiquons, au GUD, différentes formes de militantisme et nous ne saurions nous limiter à un domaine particulier. Nous ne nous interdisons rien, et agissons sur tous les terrains, du militantisme dit « classique » du type collages d'affiches, tractages, actions d'agit 'prop à l'action sociale dans le cadre de l'UDF consistant à dispenser une aide concrète aux plus démunis de nos compatriotes. Nous accordons également une grande importance à la formation de nos militants, qu'elle soit intellectuelle – par l'organisation régulière de conférences dans le cadre du cercle du Cœur Rebelle – ou physique par l'organisation hebdomadaire de séances de sport de combat dans le cadre du « Rat Sportif ». Ces deux aspects convergent lors de notre camp d’entraînement annuel.

La révolution ne sera nullement le fruit d'un hypothétique et utopique «Grand Soir » mais bel et bien celui du travail incessant d'une minorité agissante inaccessible au découragement.

La numérisation progressive de nos sociétés ne justifie nullement l'abandon du militantisme politique, même du plus classique. Nous citerons Alain de Benoist pour qui « le militantisme est une école de discipline, de tenue, d'exaltation et d'enthousiasme, une école de don de soi […] Un creuset d'amitié comme il y en a peu. »

Le numérique n'est qu'un champ de bataille de plus qu'il nous faut investir. Ce dernier est un outil indispensable dans la diffusion de nos idées et le récit de nos actions mais la priorité ne doit pas être de résider sur celui-ci. Le cyber militantisme isole les individus et les écartent du réel. Il les éloigne, au final, de toute vitalité. Le militantisme est une nécessité impérieuse. Une idée qui ne devient pas action ne peut que relever de la masturbation intellectuelle.
 

Les universités, du moins ici en Amérique, sont la chasse gardée de la gauche étatique et libertaire. Quel climat règne-t-il dans les universités françaises ? Les militants du GUD font-ils face à la répression ou à l’ostracisme au sein de leurs institutions et si c’est le cas, de quelles façons vous en sortez-vous ?

Le système universitaire français est très verrouillé sur les questions d'implantation d'associations étudiantes nationalistes au sein des facultés. Par exemple, l'administration de l'Université Lyon 3, fief historique du GUD à Lyon est soucieuse de se dédouaner de l'image d'université fasciste qui lui colle à la peau – nous lui donnons d'ailleurs du fil à retordre – et par conséquent veille soigneusement à écarter toute possibilité de dépôt officiel d 'associations étudiantes qui de près ou de loin ressemblerait à la bête immonde que nous sommes. Un conformisme administratif ne laissant pour les élections universitaires d'autre choix aux étudiants, pour les plus politisés, que le fade bipartisme UNI – UNEF, ou pour les plus apolitiques, beaucoup d'associations hédonistes et donc axées uniquement sur les festivités décadentes propices à faire du business. Quand à nos militants ils sont évidement soigneusement fichés et surveillés par les services de sécurité de l'université afin d'éviter tout malheureux incident susceptible de pimenter la morne vie politique universitaire.

Si nous n'avons pas de possibilités légales d'investir la fac en y obtenant par exemple des locaux lors des élections, Lyon 3 reste incontestablement notre chasse gardée comme nous l'avons démontrés à mainte reprises notamment il y a un an le 31 mars lorsque les gauchistes voulurent y imposer la grève et qu'il repartirent la queue entre les jambes. Il en est de même pour Assas à Paris. En 2012, le GUD, sous le nom UDJ, avait déposé une liste afin de tenter l'aventure des élections estudiantines. Nous étions passés à quelques voix d'obtenir un local au sein de l'université après une campagne très intense sur tous les plans, Si nous connaissons donc l'ostracisme politique de la part de l'administration des facultés, nous ne connaissons les militants gauchistes que de dos.
 

L’on dit souvent que les jeunes sont trop branchés et centrés sur eux-mêmes pour s’intéresser à ce qui se passe dans la société. Partagez-vous ce constat pessimiste ?

Il est incontestable que la jeunesse est aujourd'hui bien plus dépolitisée qu'à une certaine époque. C'est une évolution qui va dans le sens de la société en général, celui de l'homo consumericus. La grande majorité de la jeunesse ne pense en permanence qu'à jouir sans entrave. Il faut profiter, s'amuser et surtout éviter les sujets qui fâchent. On sait, jamais, on pourrait blesser quelqu'un, heurter une sensibilité différente, et ça, vraiment, c'est pas cool. On n'est pas là pour se prendre la tête. Surtout pas. Il n'existe plus rien en dehors de l'instant présent, de l'acte immédiat et compulsif. Nous assistons peu à peu à l'avènement de ce nouveau type humain tant souhaité par le Grand Capital. Cet homme qui n'en est plus un être déraciné, asexué, individualiste, un consommateur cosmopolite, un pur produit du mondialisme, il devient alors interchangeable et manipulable à souhait. Il pourra être remplacé, sans brocher, au profit d'un autre.

Il ne faut cependant pas désespérer et savoir se poser les bonnes questions. Si les jeunes ne s'intéressent plus à la politique c'est peut-être parce-qu'eux aussi ne se reconnaissent pas dans cette société défigurée, c'est peut-être parce qu'eux aussi ne sont pas dupes du cirque électorale et éprouvent un profond dégoût face à leur environnement sans pour autant avoir d'aspirations particulières et savoir à quoi se raccrocher, vers qui se tourner. Le matraquage idéologique de l'éducation dite nationale a fait des ravages sur les cerveaux de nos chères têtes blondes les poussant à l'abandon de tout esprit critique, régurgitant les discours d'ethnomasochisme, toujours sous l’œil attentif de Big Brother qui scrute les comportements de ceux qui seront l'avenir de notre pays. C'est donc à nous qu'il incombe de transfigurer les ressentiments de cette jeunesse en révolte, et de la guider. Sortir du microcosme groupusculaire et caricatural est donc obligatoire Nous devons être dans une démarche élitiste et qui touche le plus grand nombre et non pas se contenter de parler aux convaincus. Un dernier point important, depuis trop d'années, le camp national a délaissé bien des secteurs. De l'art à l'écologie en passant par le social. Nous devons tout reprendre, tout reconquérir dans l’intérêt national. Les soixante-huitards reconvertis n'ont que trop gangrenés et tiré vers le bas les nôtres.

«Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l'époque tout ce que l'on peut convertir à sa norme, sans s'arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l'inutilité d'un combat perdu. » -Dominique Venner


Le GUD est un mouvement essentiellement de jeunesse. Qu’advient-il des militants une fois leur formation universitaire terminée ? Comment le GUD s’organise-t-il pour conserver son approche jeune et dynamique malgré les années qui passent ?

Nous avons chez nous des étudiants, mais également de jeunes travailleurs, et auto-entrepreneurs etc. Le panel complet de la jeunesse actuelle. Le GUD est un mouvement qui fonctionne par générations. Nous sommes des jeunes, et avons donc pour la plupart d'entre nous peu de responsabilités contrairement à si nous étions pères de famille. Par conséquent cette période est la plus propice au militantisme qui nous est propre. Ce n'est pas à cinquante ans que l'on va descendre dans la rue chicorer avec les gauchistes (quoi que…) ou coller jusqu'à l'aube tous les soirs. Les contraintes familiales, professionnelles et physiques se multiplient avec l'âge. Il y a un temps pour tout. Il n'est pas ici question d'abandonner son idéal, de renier la cause pour laquelle toutes nos fibres ont vibré mais le militantisme évolue. Il en existe d'autres formes, écrire dans des revues ou journaux, publier un livre, donner des conférences, former les nouvelles générations grâce à sa propre expérience de jeunesse, créer une entreprise et faire travailler ses réseaux etc. Les générations de GUDards se sont succédées depuis 1968, mais un même état d'esprit nous anime.
 

Un dernier mot pour la fin ?

Nous voyons d'un très bon œil le travail d'Atalante Québec et de la Fédération des Québécois de souche. Nous espérons, à l'avenir, pouvoir continuer à nouer des contacts fraternels avec toutes les organisations,
dont les votres, qui vont dans le bon sens, celui du futur et de l'avant-gardisme.

 

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3 commentaires

  1. Daniel Turbide le

    Des tactiques que les patriotes reprennent de l’Ukraine en passant par Burkley jusqu’à Montréal.

  2. Juste une question !!Quel serait votre programe pour sauver l’ occident de l’ invasion musulmane ?? Car ça n’ est pas pour demain , mais plutôt pour avant hier !!

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