Le Canada, terre d’immigration?

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L’un des arguments les plus soulevés par les défenseurs de l’immigration est que le Canada fut toujours une terre d’immigration. Incapables de la défendre économiquement, culturellement ou démographiquement, le lobby de l’immigration se réfugie toujours dans cet argument qui est en fait un sophisme parfait. Ce sophisme a même un nom : l’appel à la tradition.

Ceux qui utilisent cet argument ne semblent pas réaliser qu’en appliquant la même logique, on arrive à des aberrations. Si tout ce qui est fait depuis des temps immémoriaux est acceptable, la prostitution, souvent appelé le plus vieux métier du monde par ses défenseurs, serait acceptable. De même, le meurtre, commis depuis l’aube de l’humanité serait quelque chose d’acceptable.

Logiquement et intellectuellement, l’argument du Canada comme terre d’immigration est irrecevable.

Pire encore, il est erroné. Car si depuis la découverte du Canada, des vagues d’étrangers se sont installés sur notre terre, il est faux de parler d’immigration. Dire que le Canada a toujours été une terre d’immigration est un raccourci dans lequel l’immigration est prise comme un tout, alors qu’il est important de distinguer le type d’immigration pour bien analyser. 

Il est important de mentionner que jusqu’en 1947 (date du Canadian citizenship act) les habitants ont soit fait partie de l’Empire français ou de l’Empire britannique par la suite. Ils n’ont jamais eu à changer de citoyenneté, de culture ou de coutumes et légalement parlant ils n’ont jamais quitté leur mère patrie pour une autre. Ils étaient soumis à la même autorité royale ou gouvernementale que lorsqu’ils habitaient en Europe. Bref le Canada était une extension de la mère patrie (France ou Grand-Bretagne). Il ne s’agit donc pas d’immigration comme on l’entend aujourd’hui.

Jusque dans les années 70, il faut comprendre que l’immigration était restreinte, en nombre, mais aussi selon la provenance des immigrants. Avant les années 70, le peu d’immigrants que nous recevions était d’origine européenne et venait davantage en colons qu’en immigrants. Le but des nouveaux arrivants était de devenir des Canadiens à part entière et si certaines traditions ont survécu (églises nationales), les Européens participèrent à la création du pays en colonisant les provinces de l’Ouest et surtout, ils s’assimilèrent rapidement. Cela explique pourquoi au recensement de 1971, les Européens représentaient encore 96% de la population canadienne 1.

L’immigration extra-européenne a quant à elle toujours été controversée au Canada. Dans l’Ouest du pays, où furent reçus les premiers immigrants non-Blancs (des Asiatiques et des Indiens), la résistance fut immédiate et les habitants des provinces de l’Ouest réagirent assez rapidement à l’influx majeur d’immigrants venus d’Asie qui venaient affecter les salaires. Les socialistes et les syndicats furent parmi les premiers à lutter contre cette immigration, voyant à raison une façon pour le patronat de baisser les coûts de production. De nombreux citoyens virent aussi dans cette « marée jaune » une menace pour notre culture occidentale chrétienne. Le cas du Komagata Maru et de la taxe d’entrée pour les Chinois démontre bien la résistance canadienne à l’immigration extra-européenne 2.

Dans l’est, c’est la libéralisation de l’immigration dans les années 60 qui fit que l’immigration restreinte autrefois aux Européens devint une immigration de masse provenant des quatre coins du globe. Bref, l’immigration comme nous la connaissons est un phénomène nouveau.

Poussée au Québec par le Parti Québécois de René Lévesque, l’immigration fut acceptée par nombre de Québécois qui n’auraient jamais imaginé les proportions qu’elle prit au cours des dernières décennies. Il aurait été impossible pour les Québécois des années 60 d’imaginer un instant qu’un jour leur métropole changerait à un point tel que les Canadiens-français y soient minoritaires. Donc, si les Québécois ont adhéré dans les années 60, période de révolution des esprits, au projet d’immigration présenté par le PQ, il est clair qu’ils n’ont jamais adhéré officiellement à l’immigration réelle, celle que nous subissons depuis des décennies.

Si l’immigration comme nous la connaissons n’a pas toujours fait partie de notre histoire, il est clair que l’opposition à l’immigration extra-européenne est la seule constante dans cette histoire. C’est dans les années 1880 que commença la résistance face à l’immigration non traditionnelle. Dans l’Ouest, où les grands détenteurs de capital importaient des Chinois acceptant de travailler pour un salaire 60 à 75% moindre que celui des Blancs, les travailleurs s’organisèrent contre ce type d’immigration. La Asiatic Exclusion League fut formée tant par des conservateurs que par des socialistes et une série de manifestations furent organisées, culminant avec la manifestation du 7 septembre 1907 où 30 000 personnes (ce qui représente la moitié de la population de Vancouver) dénoncèrent l’immigration asiatique 3.

Comme à cette époque en Colombie-Britannique, c’était le seul endroit touché par l’immigration non-européenne, les organisations s’opposant à l’immigration asiatique foisonnaient et les politiciens n’hésitaient pas à dénoncer l’immigration. Les syndicats de l’époque étaient également unanimes dans leur condamnation de ce qu’ils considéraient être une attaque contre les travailleurs blancs 4.

En 1919, l’immigration sera restreinte en fonction de critères ethniques et en 1930, suite à la dépression, elle sera encore plus restreinte. A cette époque, les politiciens ne croyaient pas que l’immigration était une solution universelle à tous les problèmes comme c’est le cas aujourd’hui 5.

Dans les années 1920, la réaction vis-à-vis de l’immigration non-traditionnelle fut si importante que le Ku Klux Klan, les Native Sons of Canada et l’Ordre d’Orange connurent un essor important, le Klan comptant plus de 40 000 membres dans un pays de 8 millions d’habitants. En Saskatchewan, le Klan était la seconde organisation civile la plus populaire devancée uniquement par une organisation de producteurs de blé (Saskatchewan Wheat Pool). Le Klan eut un impact considérable sur les élections provinciales dans cette province, mais était également fort populaire dans les autres provinces 6.

Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, Rockfeller commença à faire pression pour que le Canada accueille des réfugiés juifs européens. Le premier ministre canadien était loin d’être chaud à l’idée et le peuple s’y opposait 7. En 1933, Toronto avait connu sa pire émeute antisémite, la ville restait WASP et dans certains lieux une ségrégation officielle était appliquée 8.

L’Ordre de Jacques Cartier, organisation secrète canadienne-francaise, luttait ouvertement au Québec contre l’immigration juive, tout comme Lionel Groulx, Le Devoir et des politiciens fédéraux québécois comme Rinfret, Cardet et Lapointe. En fait, un sondage de l’époque démontra que 66% des Canadiens approuvaient l’exclusion des immigrants juifs 9.

C’est avec Pierre Elliott Trudeau que les choses changèrent, que l’immigration s’amplifia et que le multiculturalisme fut officiellement imposé. Si les règles en matière d’immigration avaient déjà été libéralisées, le multiculturalisme devint religion d’État sous Trudeau. La révolution des mœurs, l’individualisme et la libéralisation de la société qui prenaient place en même temps permirent au gouvernement de passer des réformes majeures en immigration tout en évitant la levée de boucliers que de telles réformes auraient suscitées à une autre époque. Toujours est-il que les politiciens des années 60 continuèrent à affirmer aux Canadiens que l’immigration massive n’aurait aucun impact sur la démographie canadienne. Le peuple fut dupé.

Si la résistance à l’immigration est une constante de notre histoire nationale, l’immigration massive provenant du tiers-monde ne l’est pas, n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient réécrire notre histoire en fonction de l’idéologie dominante.

FQS
Pour la préservation de notre peuple

 


Références

  1. http://canada.justice.gc.ca/eng/rp-pr/csj-sjc/jsp-sjp/rp02_8-dr02_8/p4.html
  2. Jarvis Peter. Harry Stevens : Immigration Reformer, reconstructionist, Canada Firster. C-Far, 2002, 75 p.
  3. Jarvis Peter. The Workingman’s revolt. C-Far, 1991, 67p.
  4. Jarvis Peter. Harry Stevens : Immigration Reformer, reconstructionist, Canada Firster. C-Far, 2002, 75 p.
  5. http://www.quai21.ca/recherche/histoire-d-immigration/les-lois-canadiennes-sur-l-immigration 
  6. http://www.canada.com/reginaleaderpost/news/story.html?id=01bbc304-6a89-481a-8184-2cb2c4bef98d 
  7. http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/vjw/canada.html                       
  8. http://www.theglobeandmail.com/news/toronto/remembering-the-christie-pits-riot/article13695461/ 
  9. http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/readings/CanadaandJewishRefugeesinthe1930s.html

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