Travailleurs étrangers: Le cadeau grec aux Canadiens-français

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Quand vient le temps de promouvoir l’immigration massive et d’abaisser les standards d’admission, il faut l’admettre, Trudeau et son équipe se surpassent et vont même jusqu’à surprendre.

Les minorités canadiennes-françaises hors-Québec se meurent. Ces dernières risquent de disparaître prochainement, une situation qui est en fait aggravée par l’immigration massive qui fait de ces minorités une simple minorité parmi d’autres, sans aucune légitimité, puisque dans la mosaïque canadienne tous les peuples s’équivalent, qu’il soit un des deux peuples fondateurs ou non. 

Aveuglées par la rectitude politique et par l’idée voulant que leur identité ne se résume qu’à la langue parlée, les élites canadiennes-françaises qui par le passé défendait la survivance ethnique, culturelle, religieuse et linguistique de leur peuple en sont venues à embrasser l’immigration, tant et aussi longtemps que quelques-uns de ces immigrants sachent parler le français. Ils seraient 4% à arriver dans le reste du Canada et à connaître la langue de Molière. Trudeau souhaite atteindre 4,4% avant 2023, un objectif assez lointain pour un homme aussi pressé que lui qui nous a prouvé dans l’affaire des migrants syriens son incapacité à vivre une attente. Cet objectif vise à stabiliser le niveau de francophones hors-Québec, qui représentent en ce moment 4,2% de la population du ROC. Seulement, plus l’immigration augmente et plus le taux de francophones au Canada descend… et ça, c’est sans parler le taux de Canadiens français ! 

En 1941, 7,8% de la population hors-Québec était composée de Canadiens français. Aujourd’hui, ils sont 4,2%, continuent de baisser et ne sont plus qu’une minorité de la grande famille multiculturelle canadienne. D’ailleurs, les libéraux, par un tour d’acrobatie intellectuelle assez fort, en viennent à justifier l’existence des Canadiens français par le multiculturalisme : « La diversité du Canada est enrichie par ses communautés francophones en situation minoritaire partout à travers le pays, a déclaré l’inimitable Mélanie Joly. Nous souhaitons que ces communautés s’épanouissent dans tout le pays et l’immigration est un élément stratégique pour assurer leur vitalité et leur prospérité. »

Pour les libéraux multiculturalistes, immigration massive et survivance des francophones vont tellement de pair que dans un geste d’ouverture infinie envers ces minorités laissées pour compte par Stephen Harper (pour leur plus grand bien), le ministre de l’Immigration John McCallum a annoncé que dès le 1er juin 2016, « dans le cadre du volet Mobilité francophone, les employeurs n’auront pas à effectuer le processus d’étude d’impact sur le marché du travail quand ils embauchent des travailleurs francophones étrangers pour des emplois de gestion, des emplois professionnels et des emplois techniques et spécialisés au sein de collectivités francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec. » 

En d’autres mots, les employeurs n’auront plus besoin de prouver qu’aucun Canadien ne peut ou ne veut remplir un poste avant de l’offrir à des étrangers résidant dans d’autres pays si ce poste requiert une connaissance quelconque du français. Ce sera donc une nouvelle façon de contourner cette loi scélérate mise en place par les Conservateurs qui obligeaient les employeurs à tenter de trouver des employés canadiens avant d’engager ailleurs. L’étude d’impact se voulait dissuasive et assez complexe pour limiter les abus, mais grâce à la clause du français, généreusement offerte telle un cadeau de Grec, les employeurs pourront recommencer à bouder les travailleurs d’ici, trop exigeants et pas assez malléables.

 

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Un commentaire

  1. Michel Corbeil le

    Parlant d’employés, je serais curieux de savoir combien de Québécois francophones travaillent chez UPS (compagnie américaine de livraison de courrier). On dirait qu’ils sont tous anglophones… Et ils ressemblent drôlement à des Américains… Bon, je dis ça en passant… qui ira vérifier ? Personne…

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