Le tsunami migratoire aura raison de Vancouver

2

Marie Groulx, dans ses articles sur William C. Hopkinson (vol. 3, no. 1) et sur le passé anti-immigrationniste du Canada (vol. 3, no. 2), revenait sur l’opposition massive de l’Ouest canadien contre l’immigration, particulièrement asiatique, qui commençait à se faire sentir sur la côte pacifique de la Colombie-Britannique. Point culminant de ce ressentiment contre le péril jaune, en 1907, Vancouver avait connu de violentes émeutes, le Chinatown et le Japantown étant devenus la cible des travailleurs blancs. 

A l’époque, on s’inquiétait surtout des conditions de travail qui seraient affectées par ce « cheap labour » importé, mais nombreux soulevaient aussi le fait que la ville perdrait son caractère européen et que la culture asiatique, qui incluait la consommation d’opium, deviendrait la norme. Déjà l’immigration chinoise était limitée grâce à la « Head Tax » que leur imposait le gouvernement canadien, mais ces restrictions ne suffisaient pas pour la grande majorité des Canadiens de l’époque. 

Rétrospectivement, ceux qui craignaient que Vancouver ne devienne une ville à prédominance asiatique n’avaient pas tort. Loin d’être alarmistes, il furent plutôt en-deçà de la réalité : Vancouver est en voie de devenir une ville asiatique d’ici 15 ans. 

Dans une nouvelle étude démographique réalisée pour le compte du ministère de l’Immigration et de la Citoyenneté, le chercheur Daniel Hiebert de l’Université de la Colombie-Britannique estime que si les Blancs représentaient la grande majorité de la ville côtière jusque dans les années 80, la tendance lourde veut qu’en 2031, les descendants des Européens ne représentent plus que 2 habitants sur 5. 

Le portrait de cette ville serait particulier : si les Asiatiques seraient majoritaires, aucune ethnie ne représenterait plus de 50% de la population. Cela s’explique par le fait que les Asiatiques sont majoritairement des Chinois, mais incluent également ceux originaires d’Inde, les Philippins, les Coréens et ceux provenant d’autres pays et qui ne partagent pas la même langue ou culture. Bref, les minorités asiatiques deviendraient la nouvelle majorité, mais ne seraient pas une majorité homogène. Cela se traduirait par des enclaves ethniques relativement homogènes où chaque ethnie aurait son ou ses quartiers où elle serait dominante. On peut penser aux fameux Chinatowns qui deviendraient la norme et qui seraient émulés par les Indiens, Coréens, Philippins, etc. Car bien qu’ils soient tous originaires d’Asie, cela ne signifie pas que ces groupes cohabitent tous pacifiquement. Le conflit entre les Sikhs et les Hindous, celui entre les Tamouls et les Cinghalais démontrent que les tensions sont parfois vives entre ces communautés. Les Tigres tamouls sont installés dans diverses communautés canadiennes, les Sikhs extrémistes ont commis des attentats au Canada… Bref, les conflits asiatiques risquent de se transposer à Vancouver et les triades asiatiques continueront d’opérer, de même que les trafiquants humains, profitant de la protection offerte par ces quartiers ethniques où l’on refuse de collaborer avec les forces de l’ordre. Pour les promoteurs de l’interculturalisme, il est clair que cette vision d’un avenir hyper ségrégationniste, où toutes les ethnies vivent dans des quartiers différents et ont des institutions propres à leur ethnie, est un coup dur. Le vivre-ensemble, mais séparé n’était certes pas leur doctrine originale si on se fie à leur lutte acharnée contre les ségrégationnistes du Dixieland.

Pour en revenir à l’étude comme telle, Hiebert juge que ces changements sont sans précédents et se feront à un rythme incomparable. La seule autre ville qui suivrait le même modèle est Toronto. Pour ce qui est de la ville de Colombie-Britannique, sa population non-blanche croîtra sept fois plus vite que la population euro-canadienne. Ils représenteront alors 59% de la population. Il estime qu’il y aura 1,15 million de nouveaux habitants non-blancs, contre seulement 150 000 nouveaux Blancs, qui ne comptent que sur la procréation pour accroître leurs rangs, alors que l’immigration de masse permet aux minorités une croissance exponentielle. Avec quelques pourcents d’autochtones, les Blancs ne constitueront plus que 37% de la population, estimée à 3,3 millions. 

Ceux qui croient encore que le Grand remplacement tel que décrit par l’écrivain français Renaud Camus relève du mythe ne peuvent nier les faits publiés dans ce rapport par un chercheur somme toute sympathique au phénomène d’immigration de masse. Quant à espérer que Trudeau réagisse, il risque seulement de vouloir accélérer le processus. D’ailleurs, il pense à rouvrir le tristement célèbre programme d’immigrants investisseurs, un programme qui permettait d’obtenir la citoyenneté via un prêt garanti au gouvernement fédéral, tout en empochant aide sociale et autres bénéfices.


D. Hiebert, “Ethnocultural Minority Enclaves in Montreal, Toronto and Vancouver.” IRPP Study 52. Montreal: Institute for Research on Public Policy. (2015)

Partager.

2 commentaires

  1. Michel Corbeil le

    Il y a déjà plusieurs années, quelqu’un m’avait dit que les guichets automatiques à Vancouver étaient bilingues: anglais-chinois. Il y a quelque temps, un Canadien-anglais s’est battu en cour pour que les réunions de son syndic de copropriété se tiennent en anglais… et non pas en chinois !

  2. Edouard Martin le

    Colombie «Britannique» … bien curieux de voir la durée des symboles européens dans les noms, toponymie, et armoiries … ce n’aura plus aucun sens lorsque la majorité de la population sera chinoise…

    Comme l’Afrique du Sud ou la Rhodésie… cela sera perçu comme un héritage honteux ?

Donnez votre avis

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.