Un quart d’allogènes au Québec par Jacques Henripin – compte-rendu

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COMPTE RENDU DE LECTURE D’ARTICLE SCIENTIFIQUE
Un quart d’allogènes au Québec dans 100 ans: un génocide statistique
Jacques Henripin et Louis Pelletier, publié en 1986

En 1986 paraissait dans la revue « Cahier québécois de démographie » un article titré « Un quart d’allogènes au Québec dans 100 ans » dont les conclusions n’avaient rien de rassurantes. En effet, les auteurs Jacques Henripin et Louis Pelletier prédisaient que les Québécois de souche deviendraient une minorité au cours du 21e siècle et que 25 à 40% des Québécois seraient nés à l’étranger passé le cap de 2031. Les immigrants et les descendants d’immigrants deviendraient ainsi la majorité québécoise au cours de ce siècle. En 1987 paraissait dans la même revue un article des mêmes auteurs, intitulé « Trois correctifs à Un quart d’allogènes…? ». Ce nouvel article permettait aux auteurs de corriger quelques défauts de méthodologie, mais surtout de publier de nouvelles données permettant d’étudier la question plus en détail.

Dans l’objectif de simplifier la compréhension du lecteur, nous avons cru bon de synthétiser les principales conclusions des articles de 1986 et de 1987 sans faire de distinctions. Le détail de l’approche méthodologique des auteurs sera expliqué de façon très succincte, le lecteur désirant en connaître plus pourra consulter lesdits articles directement sur le Web puisqu’ils sont accessibles gratuitement. Nous débuterons par d’abord introduire la méthodologie des auteurs avant d’y exposer les résultats et conclusions.

D’abord un mot sur Jacques Henripin.

Jacques Henripin est probablement le démographe le plus prolifique qu’ait connu le Québec. Il y mena une impressionnante carrière; il fonda le département de démographie de l’Université de Montréal (UdeM) et en assuma la direction. Il anima de nombreux projets de recherche et publia plus d’une centaine d’articles scientifiques (Université de Montréal). Un prix à son honneur est décerné annuellement depuis 2008 par l’UdeM pour récompenser l'auteur du mémoire de maîtrise en démographie s’étant le plus distingué. À titre d'anecdote, Guillaume Marois, coauteur du livre choc « Le remède imaginaire », remporta ce prix en 2009 pour son mémoire intitulé « La migration de remplacement au Québec : à quel point peut-on compter sur l'immigration pour contrer les problèmes démographiques appréhendés ? ». D’un point de vue politique, le démographe est de « confession » fédéraliste et il s’identifie avant tout comme Canadien-français et trouve « pour des raisons culturelles […] inappropriées le concept de "nation québécoise", qui inclut sur une base territoriale tous les habitants du Québec ». (Le Devoir, 2011)

Méthodologie des auteurs

Les auteurs ont utilisé une méthodologie simple et efficace pour parvenir à leur conclusion. Ils ont évalué des jeux d’hypothèses permettant de déduire le niveau d’immigrants qui sera nécessaire pour accomplir des objectifs de croissance ou de stabilité démographiques. Ensuite, la proportion de Québécois descendant des Québécois de 1981 est simplement déduite.

Les jeux d’hypothèses sont basés sur trois éléments importants : le premier étant la croissance de la population désirée, le second étant le moteur de croissance de la population native et le dernier était la fécondité des immigrants. La croissance désirée est évaluée à deux niveaux, le premier étant la stabilité démographique (croissance nulle) et la seconde étant une croissance démographique nette de 1% par année. Le moteur de croissance de la population native est aussi divisé en deux niveaux : le premier est dicté par un indice de fécondité de 1.6 enfant par femme et une migration nette de -8 000 habitants par année, alors que le deuxième est dicté par un indice de fécondité de 2.1 enfants par femme et une migration nette de 12 000 habitant par an. On entend par migration nette la différence entre l’émigration et l’immigration, sans tenir compte des immigrants additionnels qui seront calculés pour atteindre les objectifs démographiques mentionnés.

Il importe de noter que les jeux d’hypothèses évaluées en 1986 et 1987 diffèrent légèrement. Ainsi, nous prendrons soin de mentionner ceux de l’article de 1987, puisque nous ferons référence au tableau et graphique de cet article. L’article de 1987 n’en retient que trois :

1. Stabilité démographique, indice de fécondité de 1.6, migration nette de -8 000. Les immigrants ont le même indice de fécondité que les natifs.
2. Stabilité démographique, indice de fécondité de 1.6, migration nette de -8 000. Les immigrants ont un indice de fécondité de 2.14
3. Croissance de 1%, indice de fécondité de 2.1, migration nette de +10 000. Les immigrants ont un indice de fécondité de 2.14.

Les résultats de l’étude

Croissance de la population née à l’étranger

Dans tous les cas de figure étudiés, on observe dans le graphique 3 qu’à partir des années 2000, la proportion de la population qui est née à l’étranger croit rapidement dû à une immigration croissante. Passé le cap de 2040, la population née à l’étranger se situe entre 30 à 45% de la population selon le scénario et l’année que l’on observe. Le résultat est valable tant pour l’article de 1986 que pour celui de 1987. L’auteur signale au lecteur que l’augmentation rapide de la population née à l’étranger se juxtapose avec la génération des baby-boomers qui arrivent au bout de leur espérance de vie. Nous comprenons que l’effet est double. Premièrement, pour respecter les objectifs démographiques, il faut faire entrer plus d’immigrants. Deuxièmement, le décès des boomers augmente le poids des immigrants. Ces deux facteurs réunis contribuent à une augmentation rapide de la population née à l’étranger.

Évolution des descendants des Québécois de 1981

Étant donné qu’une forte proportion de la population est née à l’étranger et que cette population génère elle-même des descendants, il va de soi que les descendants des Québécois de 1981 se retrouveront rapidement en situation de minorité. C’est exactement ce que les auteurs montrent lorsqu’ils présentent dans le graphique 4 la proportion de la population dont les ancêtres sont nés en 1981. On constate que les descendants de cette population deviennent une minorité au Québec dans les environs de 2040-2050. Et puisque les Québécois de 1981 ne sont pas tous des Québécois de souche, on comprend que la mise en minorité de notre groupe ethnique se produit avant l’horizon 2040-50. Dans le scénario le plus réaliste, considérant les jeux d’hypothèses, les descendants des Québécois de 1981 ne constitueraient que 24% de la population québécoise de 2081.


« La grande majorité des Québécois de la fin du siècle prochain risquent d'avoir des grands-parents qui seront nés partout dans le monde sauf au Québec. »

 

Critique et mise en perspective de la rédaction de FQS

Le passage du temps nous permet de porter un jugement par rapport aux jeux d’hypothèses choisis. Concernant l’indice de fécondité des natifs, celui-ci a fluctué entre 1.4 et 1.7 entre 1981 et 2016, ce qui tombe légèrement en-dessous de l’intervalle des auteurs allant de 1.6 à 2.1. Parallèlement, si l’on observe l’historique de notre population, on se rend compte que la population a augmenté de 0.7 % par année, passant de 6.5 millions en 1986 à 8.3 millions habitant en 2016, ce qui se rapproche des scénarios basés sur un objectif de croissance démographique d’un pour cent. De plus, si l’on observe le nombre d’immigrants requis par an pour combler les objectifs démographiques, on voit que selon les scénarios, on requiert entre 47 000 et 110 000 immigrants annuellement selon le scénario étudié pour la décennie 2001 à 2011, alors que dans les faits, nous avons eu entre 37 000 à 54 000 immigrants par an pour cette décennie. La réalité cadre donc avec les limites inférieures de fécondités et d’immigration et les limites supérieures de croissance démographique.

Le lecteur comprendra que pour poursuivre un objectif de croissance démographique ambitieux, une faible fécondité doit être compensée par un fort taux d’immigration. Or, pour que les données historiques collent aux projections, il aurait fallu que notre croissance démographique soit plus basse, considérant que notre fécondité et notre taux d’immigration se trouvent dans les marges inférieures de l’étude. Notre conclusion est que les auteurs ont largement surestimé l’émigration. Il est probable les données historiques d’émigration d’avant 1980 soient différentes de celles que l’on trouve actuellement.

En dépit d’une probable surestimation de l’émigration, on constate que la réalité cadre quand même entre les bornes des jeux d’hypothèses. Ainsi, on s’attend à ce que les conclusions de l’auteur soient justes.

Conclusion et perspectives

Les travaux de Henripin et Pelletier se résument ainsi : si nous poursuivons dans la voie de l’immigration de masse, notre peuple deviendra une minorité sur le territoire québécois avant 2050. En guise de perspective, nous vous présenterons trois passages tirés de ces deux articles qui, à notre avis, dressent un sombre portrait de notre avenir si nous n’agissons pas concrètement dès maintenant contre l’immigration massive.

« Nous restons persuadés que les conséquences de la stratégie dont nous avons tenté de quantifier les résultats sont difficilement acceptables pour une société qui souhaite assurer le maintien de ses principaux traits culturels. Les corrections et les vérifications que nous venons d'exposer nous ont amenés à préciser davantage l'évolution progressive des principales conséquences de cette stratégie. À cet égard, il est intéressant de remarquer que si la faible fécondité que nous connaissons persiste, ce n'est pas beaucoup avant 2020 que les choses prendront de l'ampleur : après cette date, l'immigration annuelle nécessaire pour assurer une population stationnaire atteint rapidement 100 000 par an, la fraction des allogènes croît de 18 % à 30 % en 20 ans, et le pourcentage que représentent les "descendants" des Québécois d'aujourd'hui, dans l'ensemble de la population, passe, dans le même temps, de 80 % a 60 %. »

« On peut penser que plus l'immigration sera forte, plus grande sera la fraction de ceux qui sont nés à l'étranger. Ce pourrait être le cas de 80 à 85 % des allogènes. Cela risque évidemment de provoquer des tensions sociales ou des excès de xénophobie. Les peuples qui ont une histoire, même courte, ont également un visage; ils peuvent être accueillants sans pour autant accepter de perdre les principaux traits de leur physionomie. »

« Nous restons persuadés que les conséquences de la stratégie dont nous avons tenté de quantifier les résultats sont difficilement acceptables pour une société qui souhaite assurer le maintien de ses principaux traits culturels. »

L’article original de Jaques Henripin et Louis Pelletier publié en 1986, « Un quart d’allogène au Québec dans 100 ans ? », est accessible gratuitement à l’adresse suivante : https://www.erudit.org/revue/cqd/1986/v … 0596ar.pdf.

Le second article publié en 1987 « Trois correctifs à Un quart d’allogènes..? » est accessible à l’adresse suivante : https://www.erudit.org/revue/cqd/1987/v … 0611ar.pdf.

Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

 


Références

Henripin, Jacques; Pelletier, Louis (1986) Un quart d’allogène au Québec dans 100 ans ?. Cahiers québécois de démographie, vol. 15, no. 2, p 227-251.
Henripin, Jacques; Pelletier, Louis (1987) Trois correctifs à Un quart d’allogènes..?. Cahiers québécois de démographie, vol. 16, no. 1, p 145-164.
Le Devoir 2011, « Essais québécois – Ce que croit Jacques Henripin », 28 mai 2011, consulté en ligne à l’adresse suivante :
http://www.ledevoir.com/culture/livres/ … s-henripin
Université de Montréal, « Henripin, Jacques, In Memoriam », consulté en ligne à l’adresse suivante : http://demo.umontreal.ca/repertoire-dep … n-jacques/

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3 commentaires

  1. Robert Brien le

    Donc l’immigration-massive conduira à un génocide de remplacement… les immigrants et les progressistes ne peuvent nier ce fait, il reste alors deux positions tenables.

    Soit l’on est contre le génocide des Québécois, ou l’on est pour… et alors comment peut-on être progressiste et en faveur d’un génocide ?? Les immigrants si prompte à se victimiser ne pourront pas nier ce que leur présence ici permet.

    Si on refuse ce fait… est-ce que ça fait de certaines personnes des «négationnistes» ?

  2. Charles Danten le

    Le constat est fait depuis longtemps, le peuple québécois est en train de disparaître comme une peau de chagrin, il faut désormais trouver des moyens concrets d’arrêter la vague migratoire de remplacement en faisant passer une loi, par exemple, qui empêcherait le peuple québécois de devenir minoritaire dans son propre pays.
    C’est ce que les Danois ont fait récemment :
    http://www.express.co.uk/news/world/767994/danish-parliament-folketing-should-not-become-minorities-own-communities-brondby
    N’importe quel parti politique concerné par la survie du son peuple, sans être obligatoirement souverainiste, pourrait rédiger cette loi et la faire voter. Il faudrait par conséquent aborder les députés de chaque région et leur présenter un projet de loi qui irait dans ce sens au lieu de se limiter à dénoncer une situation qui s’aggrave d’année en année.
    Si on ne passe pas aux actes, maintenant, il sera bien trop tard…

  3. Charles Danten le

    Voici un excellent texte d’Eric Zemmour sur le Québec et la disparition de son peuple qui est désormais un constat et non une éventualité possible :
    http://www.fdesouche.com/825773-le-destin-du-quebec-montre-comment-limmigration-est-un-instrument-efficace-pour-detruire-lidentite-dun-peuple
    La messe est dite. Il n’est désormais plus possible de revenir en arrière. Le cerveau de la population a été lavé par 60 ans de propagande marxiste. Les jeunes sont tous mondialistes et souhaitent la disparition de la race blanche qu’ils perçoivent désormais comme la source de tous nos problèmes sociaux et politiques.
    Trop de mollesse et de soumission, trop d’infantilisation et de décadence. Les Québécois vont à leur mort en chantant. C’est triste à mourir.
    Mais je me trompe peut-être, sinon à quoi bon.

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