Un samouraï d’Occident – Dominique Venner

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tumblr_mn6zglgz4l1rnng97o1_500Un samouraï d’Occident est le livre testament de Dominique Venner, écrit quelques mois avant son suicide à la Cathédrale Notre-Dame en mai dernier. Ce livre est donc la culmination de l’œuvre de Venner et de facto son œuvre la plus importante. Ce bréviaire est une collection de réflexions personnelles visant à guider nos pas. Comme un chevalier, insoumis et ne craignant pas la mort, Dominique Venner sait qu’il continuera à vivre dans l’imaginaire des fils de l’Europe.

Dans ce livre destiné aux lecteurs européens (lire de descendance européenne), l’auteur se révolte contre le fait que les Français ne soient plus chez eux dans leur propre patrie. Pire encore, l’Europe stagne, régresse, son âme est en dormition. Si aujourd’hui l’Europe n’est plus maître de son destin, c’est parce que sa grande compassion l’a tué intérieurement. En bref, c’est à cause de sa culpabilisation que l’Europe vit aujourd’hui une immigration de remplacement.

On dit qu’aujourd’hui pour être Européen, il ne faudrait que conserver l’universalisme des idées occidentales – donc, sans ces idées universalistes, les Européens ne sont rien. Contre cette tyrannie qui nie jusqu’à notre propre existence, seule la voie de l’insoumission compte. Pourquoi le terme insoumis? Parce que nous refusons les étiquettes de nos adversaires.

Aujourd’hui, on le constate en France, toutes les manifestations contre le mariage gai sont en vérité une défense des fondements de notre civilisation. Plus qu’une opposition à un simple projet de loi, c’est la France qui s’élève pour défendre la tradition européenne, car il faut se rappeler que le mariage a toujours revêtu une importance capitale en Europe – la Guerre de Troie, bien avant le Christ, en est un exemple flagrant.

Chapitre 1 – Un samouraï d’Occident

Dominique Venner revient d’abord sur sa propre vie, sur son parcours. Pour lui, mai 1968 fut un point tournant, alors que la France bascula dans le néo-capitalisme; à ce moment, l’homme cesse d’être homme et la femme cesse d’être femme. Le féminisme issu de 68, combattant toute virilité, engendra la théorie du genre, fléau moderne que la Fédération des Québécois de souche dénonce avec véhémence.

Pourtant, l’engagement de Dominique Venner ne date pas de 1968. Engagé dans l’armée pendant la guerre d’Algérie, il verra la reddition comme une trahison et s’impliquera activement dans l’OAS, ce qui le mènera en prison en 1961. Par la suite, il continuera de militer pour la cause nationaliste avant de se tourner vers l’écriture et l’histoire méditative, lançant notamment la Nouvelle Revue d’Histoire, revue magnifique visant à promouvoir l’histoire européenne avec laquelle nous devons renouer.

Chapitre 2 – Métaphysique de l’illimité

Malgré un pouvoir d’achat accru, l’Europe semble en déclin : la beauté a été remplacée par la laideur, l’artificiel. Il est à noter que le XXème siècle fut le siècle de la démesure à tous les niveaux, notamment en s’appuyant sur la théorie de la croissance. Cette théorie vise une croissance perpétuelle, ce qui par définition menace l’écologie en détruisant ou gaspillant les ressources. De plus, rien ne dure; tous les objets doivent se dégrader pour qu’on doive les remplacer et donc toujours consommer. Aujourd’hui, il faut aller à contre-courant; c’est la décroissance qu’il faut viser, mais malheureusement, ce ne sera jamais une option très populaire.

Cette idée de progrès vient du fait que l’homme se perçoit comme au centre de l’univers et que la nature n’est là que pour le servir, une vision inspirée de l’Ancien Testament. Pourtant, depuis la Grèce antique, l’hybris, la démesure, est condamnée par l’esprit européen. La limite seule permet la plénitude.

Chapitre 3 – Détour par le Japon

Dominique Venner nous offre un détour par le Japon parce que le Japon représente, avec sa culture de l’honneur et du raffinement, ce qu’il y a de plus beau dans la civilisation européenne. En comparant les histoires du Japon et de l’Occident, il démontre qu’il est possible pour une nation de croître et de s’épanouir sans chercher à dominer les autres par l’impérialisme. Il note qu’aujourd’hui encore, malgré la modernité, le Japon reste ancré dans ses traditions et ne renie pas son âme.

Les samouraïs sont encore vénérés pour leur respect de l’honneur. L’honneur, pour ceux-ci, prévaut sur leur vie; c’est l’abnégation de soi. Ceux-ci ne craignent pas la mort et préfèrent le seppuku, suicide rituel, au déshonneur. Après tout, la mort volontaire et souhaitée, contrairement à la mort involontaire, a toujours un sens.

Chapitre 4 – Notre mémoire oubliée

L’Église, ou du moins certains ecclésiastiques, encouragent l’immigration massive extra-européenne et les rapprochements interreligieux au nom de la fraternité universelle. C’est cette charité chrétienne qui nous empêche d’être fermes et de mettre fin à ce flux migratoire. Pourtant, cette fraternité universelle et cette charité semblent être les seuls éléments qui restent du christianisme dans notre société qui se déchristianise. Seuls les traditionalistes suivent encore le véritable christianisme et ceux qui se sont détournés de l’Église se rapprochent aujourd’hui de l’islam et des théories new age.

Malgré les bouleversements de notre époque, l’Histoire nous enseigne que les racines d’une civilisation ne meurent que très rarement. Les civilisations ne sont pas affectées par les bouleversements politiques ou économiques. Donc, l’Europe n’est pas morte, elle est en dormition.

Après avoir fait un retour sur certains auteurs modernes comme Maurras ou Céline, qui ont délaissé le christianisme pour revenir aux racines européennes, Dominique Venner dresse un retour sur l’origine du christianisme en Europe lors de la conversion de Rome au IVème siècle.

À cette époque, l’Empire et l’Église ont tous deux des visées universelles et leurs intérêts convergent. Ainsi se forme l’alliance entre l’Empire romain et l’Église. Pour mieux s’implanter chez les différents peuples européens, l’Église adaptera plusieurs croyances pré-chretiennes pour se les approprier. De plus, elle sera fortement imprégnée de la pensée hellénique. Ironiquement, l’Église, qui était perçue comme révolutionnaire, deviendra par la suite la tradition.

Chapitre 5 – Nos poèmes fondateurs

Dans les époques troubles, il est important de se tourner vers l’immuable. Les questions existentielles sont toujours les mêmes et les réponses aussi, d’où l’importance de se tourner vers les « classiques », comme Homère. Ses écrits représentent les fondements de notre pensée européenne et non seulement hellénique.

Les personnages, bien qu’évoluant en Grèce, sont toujours des personnages auxquels il est possible de s’identifier, même chose pour leurs comportements et leurs qualités.

Chapitre 6 – Notre sagesse cachée

Dominique Venner revient sur le stoïcisme, soit l’art de bien vivre et bien mourir. Pour les philosophes de l’Antiquité, il ne suffisait pas d’énoncer des systèmes de pensée, mais bien de les mettre en pratique et de les vivre. Le stoïcisme grec, qui vise une quête de l’exemplarité ici et maintenant, a traversé le temps malgré le christianisme pour lequel la perfection est dans l’au-delà.

Pour les stoïciens, la raison doit primer sur les luxes et les plaisirs. La vertu est la cause du bonheur et pour y accéder, il faut se maîtriser. Mieux, sur ce qui ne dépend pas de nous, on ne peut rien, mais sur soi, nous devons exercer le maximum de contrôle. Le but n’est donc pas de changer la société, mais de changer soi-même. De plus, pour les stoïciens, tout comme pour les samouraïs, le suicide est un privilège propre à l’homme.

Ce livre écrit pour l’âme des Européens offre également quelques conseils pratiques pour les insoumis de notre époque. Des conseils, non pas pour la joute politique, mais pour une vie exemplaire, une vie bien menée. Car après tout, ce qui importe, c’est ce qu’on fera de notre vie, ce qui importe est de restez nous-mêmes, des Européens.

Nos racines ne sont pas qu’héréditaires, mais également culturelles – nous devons nous les réapproprier. Dans cette guerre des âmes et des esprits, et non pas de simple politique, il faut simplement une minorité agissante pour renverser l’état des choses et rétablir la beauté et la tradition.

Pour la préservation de notre peuple,
F.Q.S.

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