Printemps érable : Une hausse pour qui ? Une baisse pour quoi ?

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D’un côté, l’hypocrisie libérale; de l’autre, la lubie révolutionnaire des regroupements étudiants. Pour nous, c’est un triste constat du succès des doctrines manipulatrices. C’est avec désarroi que nous observons d’un côté comme de l’autre les manœuvres malhonnêtes de ces opportunistes de la démocratie.

Des deux tranchés les balles fusent, nous sifflent aux oreilles, nous qui sommes plantés là, solides comme des érables au beau milieu du « no man’s land » identitaire. Ce que l’un propose est insensé; ce que l’autre réclame l’est tout autant dans la situation actuelle. L’éducation collégiale ou universitaire mérite-t-elle autant d’attention, autant de mobilisation sociale dans l’état où on la retrouve aujourd’hui? La désagréable impression qu’il faut absolument choisir son camp se fait de plus en plus sentir et les médias n’y sont pas pour rien.

Pendant que les libéraux sont à la recherche de moyens par lesquels regarnir leurs poches qui se vident à mesure, trouées en partie par la doctrine multiculturaliste, les étudiants des domaines sociaux voient se raccourcir la portée des idées gauchistes propagées par ces programmes qu’on dit « innovateurs ». Les deux hamsters du sans frontières sont engagés dans une poursuite éternelle dans la roue de la dénationalisation.

Le vrai débat n’est pas là.
 

Où est l’éducation nationale?

Ce dont nos joyeux camarades aux carrés rouges réclament la gratuité, peut-on qualifier cela d’éducation? Ce que notre premier ministre prétend vouloir améliorer grâce à des augmentations de coût, est-ce cela, l’éducation?

D’un côté comme de l’autre il y a une absence flagrante de vision nationale autant dans l’enseignement que dans les buts et objectifs du système d’éducation. D’un coté les partisans de la gratuité, issus de groupes de militants sociaux et de programmes de sociologie/philosophie, nous offrent une vision apatride et individualiste de l’homme et rejettent tout concept d’unité (sauf celui de l’unité prolétarienne), allant même jusqu’à nier le simple concept de la nation. De l’autre coté le système capitaliste et libéral réduit l’éducation à une formation ultra-spécialisée, avec en marge l’enseignement des mêmes idées individualistes prônées du côté adverse, formation qui crée des travailleurs dont les compétences et intérêts se limitent strictement au domaine prisé par l’étudiant. Quelque soit le camp le fossé se creuse entre la nation, le peuple et ses élites. Aucun d’entre eux ne possède une véritable vision d’avenir collectif pour notre patrie.

Les études commandées dans les dernières années par des organisations comme la Fondation Lionel Groulx témoignent de cette carence d’éducation nationale dans le système de l’enseignement de la province. On trouve de moins en moins de cours portants sur l’histoire nationale, de moins en moins d’élèves s’y inscrivent et de moins en moins de professeurs sont qualifiés pour l’enseigner. Tout cela au profit, bien sûr, des deux camps qui s’affrontent dans le cas présent.

Il est également important de noter des faits importants que les deux camps boudent dans leur débat. 

D’abord, dans plusieurs domaines, en médecine par exemple, nous perdons une forte proportion de nos diplômés au profit des provinces anglophones ou des pays étrangers. Ce sont 20% de nos diplômés des écoles francophones et plus de 50% de nos diplômés des écoles anglophones – comme McGill – qui vont pratiquer hors du Québec après leurs études. C’est une perte énorme et flagrante d’investissement. Il ne s’agirait que d’imposer une période minimale de pratique au Québec après l’obtention d’un diplôme dans les écoles financées par l’État.

Cela ne fait pas partie des arguments du mouvement étudiant.

Cela ne fait pas partie des solutions proposées par le gouvernement.
 

Le surfinancement des écoles anglophones est une autre cause des problèmes budgétaires du système d’éducation francophone. La communauté anglophone (non-immigrante) représente 5.4% de la population du Québec mais elle reçoit 19% des subventions attribuées au niveau collégial et 27% des subventions attribuées au niveau universitaire. Ces pourcentages sont loin d’être proportionnels. Puisque le français était, aux dernières nouvelles, la langue officielle primant au Québec, pourquoi les fonds publics seraient-ils utilisés pour subventionner des écoles anglaises? Et que dire des autres écoles ethniques, religieuses et "privées" subventionné par l’État ?

Cela ne fait pas non plus partie des arguments du mouvement étudiant.

Cela ne fait pas non plus partie des solutions proposées par le gouvernement.
 

Un autre fait ignoré dans le débat est l’implantation du cours d’Éthique et culture religieuse. Combien son développement a-t-il couté à l’État ? Combien d’enseignants supplémentaires ont été embauchés pour donner ce cours strictement idéologique ?

Puis il y a le problème scandaleux qu’est celui des étudiants étrangers pour qui nous payons inutilement. Seulement à l’Université de Montréal, un étudiant sur quatre est un étranger qui vient profiter des frais d’éducation modestes et les coûts de ce financement pour les contribuables sont supérieurs à un quart de milliard de dollars par année. Les cégeps sont aussi touchés par ce racket; à Gaspé, Sept-Îles, Shawinigan et St-Georges, plus de 10% des étudiants viennent de l’étranger. En 2011-2012, le réseau des cégeps bénéficie d’un quota de 188 exemptions de droits de scolarité supplémentaires pour les étudiants étrangers. En 2012-2013, ce quota sera de 235 exemptions. Même si l’étudiant étranger ne travaille pas, il a droit à un remboursement de TPS et de TVQ. À Ottawa, le remboursement annuel tourne autour de 300$. Au Québec, le crédit vient de monter à 75$ par mois. Bref, l’étudiant étranger peut ramasser 1200$ de remboursement de nos bons gouvernements. Les étudiants français sont couverts par la RAMQ et le privé assure les autres pour environ 500$ par année. Les 7000 Français qui étudient au Québec coûtent donc 3,5 millions en soins de santé (comme si le système de santé avait besoin de cela).

Cela ne fait encore une fois pas partie des arguments du mouvement étudiant.

Cela ne fait encore une fois pas partie des solutions proposées par le gouvernement.
 

Voilà donc toute l’hypocrisie qui flotte au-dessus du débat. D’un côté les élèves qui devront payer plus cher n’osent pas dénoncer ces abus du système d’éducation qui coûtent des millions et qui provoquent des hausses de frais, hypnotisés par leurs concepts de tolérance aveugle et d’égalité sans frontière. De l’autre côté le gouvernement continue de favoriser les minorités et les étrangers dans un système qui manque de fonds. Le politiquement correct est encore une fois un engrenage mortel.

Voilà donc la position qu’un véritable nationaliste devrait prendre.

Un vrai nationaliste peut être en faveur de la gratuité scolaire dans un contexte idéaliste – à condition qu’il s’agisse d’une éducation nationale. L’éducation actuelle, qui penche vers le marxisme, l’histoire universelle, le multiculturalisme et le révolutionnarisme n’a rien à voir avec l’éducation nationale et ne mérite aucune dépense d’énergie ou d’argent supplémentaire.

Un vrai nationaliste devrait cependant admettre que s'il serait nécessaire d’augmenter les frais de scolarité afin d’améliorer les compétences des enseignants pour ainsi leur permettre d’effectuer un enseignement national de qualité, la faim justifierait les moyens. Cependant, les motifs actuels du gouvernement sont loin d’être ceux que nous préconisons et le contexte empêche une prise de position concrète dans ce conflit.

Un nationaliste sincère ne peut donc pas se rallier d’un côté ni de l’autre, les deux camps étant fermement antinationalistes. Il doit forger son idée selon ses valeurs patriotiques tout en reconnaissant qu’une éducation qui ne favorise pas le peuple québécois ni l’idée nationale n’est est tout simplement pas une.

Aucun besoin de petits carrés épinglés, ni de bannière politique. Ce qui représente notre combat ici, c’est le sol qui se trouve sous nos pieds, c’est le sang qui coule dans nos veines, c’est la mémoire qui tourne dans nos esprits et c’est le drapeau azuré que le vent fait claquer au-dessus de nos têtes. C’est cela qui doit être enseigné. Qu’importe si nous devons payer aujourd’hui, l’éducation nationale dans son progrès, par les idées qu’elle prône, se fera gratuite elle-même dans son succès.

FQS
Pour la préservation de notre peuple

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