Vitis Riparia: notre vin du pays

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Plusieurs types de raisins sauvages poussent en Amérique du Nord, mais au Québec, nous n’avons que la vigne des rivages. L’histoire nous raconte que les Vikings qui accostèrent sur la côte est du continent découvrirent de nombreuses vignes portant des raisins, et baptisèrent ces terres “Vinland”. Similaire à de nombreux égards à la vigne cultivée, la vigne des rivages présente des fruits rouges qui sont par ailleurs plus petits et plus acides, et à partir desquels on fait un vin médiocre, mais une gelée remarquable. Tout comme les feuilles de vigne cultivée, les feuilles de la vigne des rivages sont délicieuses lorsque cuisinées à la manière méditerranéenne.

Histoire de la plante

Les premiers Français qui sont arrivés à Montréal ont découvert le raisin sauvage et en ont fait un vin de pays au goût aigre. Cette boisson arrache-gueule était destinée aux petites gens, car la noblesse importait son vin de France. Il y eut même plus tard un entrepreneur qui défricha un champ au nord-est du centre-ville de Montréal pour y cultiver des vignes sauvages et fabriquer du vin à plus grande échelle, mais sans véritable succès.

Habitat

On retrouve le raisin sauvage le long des rivières et des lacs, dans les bois feuillus et le long des routes, accroché aux arbres, aux clôtures et aux fils électriques, surtout dans le sud du Québec.

Technique de cueillette

Le raisin sauvage est très facile à faire pousser chez soi. Il suffit de couper une branche qui comprend au moins 3 nœuds (petites protubérances d’où partent les tiges) et de l’enterrer à l’horizontale dans une dizaine de centimètres de terre à l’automne. Au printemps suivant, la vigne devrait pousser.

Une vigne qui pousse près de l'eau

Riparia est le mot latin qui signifie « rivage ». Le vitis riparia est donc une vigne qui pousse le long des cours d'eau, pratiquement de la Gaspésie jusqu'aux Grands Lacs, selon le vigneron.

Jacques Cartier a d'ailleurs été le premier à en rapporter l'existence dans son journal de bord, en 1535. L'explorateur français avait aperçu des vignes sur les rivages de l'Île d'Orléans, à Québec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a surnommé l'endroit « Île de Bacchus », en référence au dieu du vin.

Rémi Martel a planté ses premières vignes en 2008 après avoir pris sa retraite. Il est le seul au Québec à cultiver le vitis riparia pour en produire du vin à l'échelle commerciale. Chaque année, ses 1100 vignes de vitis riparia lui permettent de produire 1500 bouteilles d'un vin rouge fait uniquement à partir de ce cépage.

Ses vignes résistent à moins 40 degrés Celsius et produisent des raisins bleus, à peine plus gros qu'un bleuet. Les vignes de Rémi Martel n'ont pas besoin de recouvrement, l'hiver.

Même lors des saisons froides les plus rigoureuses, le vigneron de Saint-Wenceslas n'a pas à composer avec les pertes que d'autres producteurs enregistrent.

Son vin rouge, dont la première cuvée date de 2010, a un goût unique. « C'est un vin fruité, un vin sec, mais fruité, précise ce pionnier. Des fois, j'ai l'impression que c'est de la cerise. »


Références: http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2015/11/21/004-vin-raisin-vendange-riparia-centre-du-quebec-st-wenceslas.shtml et http://coureursdesbois.telequebec.tv/plante.aspx?id=17

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