Alexis Cossette-Trudel: L’actualité sous un autre œil!

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Les réseaux sociaux, quoiqu’on puisse en dire et malgré la répression qui ne cesse de s’accroître, ont permis une certaine démocratisation de l’information et désormais, aux sources officielles, s’ajoutent une concurrence hautement salutaire. La plateforme Youtube connait son lot de personnalités dont plusieurs nous permettent de jeter un regard différent sur l’actualité. Alexis Cossette-Trudel, avec lequel nous ne sommes pas toujours en accord, fait partie de ces nouveaux décrypteurs de l’actualité qui remettent en question les versions des évènements que les médias de masse tentent tant bien que mal d’imposer au peuple. Bien que fort occupé, il accepté de répondre à quelques unes de nos questions en septembre 2019.

Harfang – Tout d’abord, vous êtes l’un des analystes politiques le plus originaux du Québec, pourriez-vous présenter brièvement votre parcours?

Alexis Cossette-Trudel – Je suis né en exil à Cuba de parents felquistes. Mon père est Jacques Cossette-Trudel et ma mère est Louise Lanctôt. Je suis arrivé au Québec en 1978 avec mes parents à leur retour d’exil. J’ai fait des études en science politique à L’UQAM et j’ai milité pendant mes études au Parti Québécois où j’ai occupé les fonctions de Président du Comité jeunesse en 2000. Après le Congrès de 2000 du PQ, j’ai laissé la politique active, me rendant compte que les hautes instances du Parti s’étaient joué de la base militante et qu’il n’y avait aucun projet de souveraineté, malgré les promesses de Lucien Bouchard. J’ai poursuivi mes études en Relations Internationales et études stratégiques puis au doctorat en Science des religions avec une concentration en philosophie du langage. Je suis sur le point de compléter un second doctorat en sémiologie, mais je suis trop sollicité pour rédiger ma thèse. Depuis 2018, j’analyse et je commente l’actualité nationale et internationale sur ma chaine Radio-Québec sur Youtube.

H – L’élection de Trump prit le monde par surprise, comment expliquez-vous ce succès?

ACT – Trump a capté l’attention du peuple américain en parlant franchement et sans retenue d’immigration et des pertes d’emploi aux États-Unis causées principalement par les délocalisations et les divers traités de Libre-Échange. Trump a promis de renégocier les traités à l’avantage des États-Unis et de ramener les industries et les emplois sur le territoire américain. Trump a promis un mur à la frontière mexicaine pour endiguer le flux ininterrompu de migrants illégaux, mesure avec laquelle une vaste majorité de Québécois seraient en accord si on la leur offrait. Les Québécois sont à bien des égards comme les américains et vivent beaucoup des mêmes problèmes. Un sondage récent cité dans une chronique de Lise Ravary indiquait que plus de 60% des Québécois voyaient d’un bon œil la venue d’un «leader populiste» qui «fermerait les frontières» et qui « désobéirait aux élites du pays ». Un leader comme Donald Trump en fait. Sachant cela, c’est probablement la raison pour laquelle les médias mentent et déforment systématiquement l’action du président Trump; afin d’éviter l’effet mimétique au Québec. Si seulement les Québécois avaient l’heure juste sur le président Trump…

H – Qu’est-ce qui explique le fait que les médias de masse soient en perte de vitesse?

ACT – Comme la chaine de location vidéo Blockbuster, leur modèle d’affaire n’est pas adapté à l’environnement informationnel du 21e siècle. Les journalistes sont souvent les gens les moins bien informés sur le sujet sur lequel ils écrivent, le niveau intellectuel a grandement chuté depuis l’âge d’or du journalisme au milieu du 20e siècle. Aujourd’hui, une population sur-éduquée dispose elle-même de tous les moyens de communication autrefois monopolisés par les médias traditionnels. Il y a sur Internet des dizaines de milliers de spécialistes diplômés traitant de questions complexes beaucoup mieux que le scripteur stipendié qui s’auto-censure dans les journaux, ce en utilisant les médias sociaux et les outils de communications modernes et les moyens de diffusion mis à la disposition de tous. La rapidité avec laquelle circule l’information sur le Net, ainsi que l’apparition de site d’auto-diffusion comme Youtube, joint à la mise en Marché de cellulaires avec les caméras 4K rendent aujourd’hui le journaliste – au sens traditionnel du terme – obsolète. C’est sans compter l’intimidation (ce que j’appelle le bullying médiatique) exercée par de nombreux journalistes à l’encontre du peuple qui ne pratique pas l’auto-censure et la rectitude politique comme eux, ainsi que les mensonges à répétition sur certains sujet, dont le président Trump (voir le documentaire Hoaxed de Mike Cernovich pour un recensement des mensonges et de l’incroyable malhonnêteté des médias concernant celui que le peuple aime et qui vient faire le ménage dans les institutions).

H – Quels sont les moyens, à une époque où l’information est au centre de la bataille, d’obtenir une information de qualité?

ACT – Il n’est plus permis aujourd’hui d’être paresseux. Il faut savoir que les médias ont un agenda eux aussi, et qu’ils colportent autant de Fausses Nouvelles qu’on peut en trouver sur le Net. Voir à titre d’exemple cette histoire de collusion entre Trump et la Russie: les médias nous assuraient avoir des preuves que Trump était un « agent russe », or il n’y a jamais eu la moindre trace de collusion entre Trump et Poutine. Les médias ont été discrédités de la sorte à de nombreuses reprises. Dans la quête d’information de qualité, le chercheur doit privilégier des analystes rigoureux qui renseignent de préférence à visage découvert. Il doit chercher des spécialistes sur les questions qui l’occupent et varier ses sources. Il doit vérifier l’information qu’il consomme en allant par lui-même corroborer les dires des analystes sur Internet. Enfin, il doit constamment affiner ses sources, si une source ne fait que colporter des informations non vérifiables et se trompe à répétition, il est peut-être temps de la retirer de sa liste de signets.

H – Si l’on revient à Donald Trump, il semble y avoir une nette marge entre le discours critique de l’immigration et les politiques mises en place qui sont en continuité et non en rupture, pourquoi un tel décalage?

ACT – C’est le jeu du négociateur. Il ne fait aucun doute que Trump essaie d’endiguer le flux de migrants illégaux à la frontière mexicaine et qu’il prend la question migratoire très au sérieux. Il a d’ailleurs signé un certain nombre d’Ordres Exécutifs afin de déclarer l’État d’urgence en ce qui concerne le trafic de personnes et la sécurité frontalière. En ce sens, c’est l’Armée américaine, en particulier le Corps de Ingénieurs, qui est appelée à construire le mur. Il faut comprendre que le Président Trump est engagé dans un exercice didactique avec le peuple américain. Il lui fallait montrer aux Américains que les démocrates étaient en fait en faveur des illégaux bien plus qu’ils ne sont préoccupés par le sort des citoyens américains ordinaires (la communauté noire, notamment, se rend compte que le Parti démocrate l’a abandonnée au profit des migrants illégaux). Certaines de ses déclarations peuvent laisser croire qu’il a fait volte-face sur les niveaux d’immigration, mais il faut savoir que les États-Unis en prennent relativement peu: ils en prennent en fait 2 fois moins/per capita que nous au Québec. L’administration Trump a par ailleurs abandonné plusieurs mesures ridicules liées à l’immigration comme la «loterie de la diversité» et n’a encore rien signé sur les enfants d’illégaux présents sur le Territoire US (DACA). L’administration Trump appuie aussi ailleurs dans le monde tous les mouvements anti-migration de masse comme ceux de Mateo Salvini en Italie et Victor Orban en Hongrie. La volonté de résoudre le problème de l’immigration de masse de l’administration Trump ne fait aucun doute pour moi, mais il faut laisser un peu de jeu au négociateur qu’est Donald Trump.

H – Quel bilan provisoire faites-vous de la gouvernance Trump?

ACT – Donald Trump a redéfini la politique nationale et internationale. Il a essentiellement porté un coup de grâce au mondialisme triomphant depuis la chute du mur de Berlin; il a déchiré les traités qui rongeaient la souveraineté et l’économie américaine, comme le TPP et l’Accord de Paris. Il a renégocié ou est en train de renégocier les traités commerciaux comme l’ALÉNA et les Accords commerciaux avec la Chine, a signé un Accord de libre-échange avec l’Angleterre permettant à cette dernière de mettre en œuvre le Brexit sans craindre les mesures punitives de l’UE. Il a stabilisé la Syrie conjointement avec la Russie et a commencé à retirer les troupes américaines de Syrie et d’Afghanistan. Il est sur le point de signer un traité de paix de dénucléarisation avec la Corée du Nord, il est en négociation avec l’Iran afin de stabiliser le Moyen Orient. Sur le front intérieur, il a revitalisé la base manufacturière américaine et son économie (les médias nous annonçaient un désastre) affiches un taux de chômage parmi les plus bas de l’Histoire américaine, rivalisant avec Reagan. Il a su montrer la duplicité des médias et la censure exercée par les géants du Web. On pourrait continuer longtemps. Je dirais en fait que sa plus grande réussite est d’avoir redonné espoir au peuple américain et de lui avoir ré-insufflé un sentiment de fierté. Cela n’a aucun prix.; on est presque jaloux.

H – Croyez-vous que le Canada ou le Québec pourrait aussi vivre une vague populiste?

ACT Justin Trudeau a dit qu’il avait les mouvements populistes et anti-immigrationnistes à l’œil, et, nous savons que les médias veillent au grain. Toute vague populiste devra donc forcément passer par les réseaux sociaux afin de briser l’embargo médiatique. J’ai mentionné plus haut le sondage indiquant qu’une forte majorité de Québécois y était favorable. Il ne reste qu’à trouver les moyens de la faire advenir, et ce combat, qui est le nôtre à Radio-Québec, passe nécessairement par l’effondrement des médias traditionnels et la montée des plateformes populistes digitales sur le Net.

Alexis Cossette-Trudel, Ph.D. M.A.R

 

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