Comprendre l’Empire – Alain Soral

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Sur Alain Soral et Égalité et réconciliation.

Alain Soral et son organisation représentent un sang nouveau pour la résistance à l'oligarchie mondialiste, résistance de laquelle nous nous réclamons. Là où nos routes se séparent, c’est que nous sommes une organisation nationaliste qui ne voit pas de réconciliation possible à proprement parler, mais croyons plutôt que chaque peuple doit être à sa place : il faut dire que la situation au Québec face à l’immigration n’est pas la même qu’en France.

Alain Soral n’a pas d’attachement à la nation biologique. Le projet de réconciliation permettrait à l’esprit Français de survivre grâce à ses nombreuses similitudes avec le monde musulman. Nous pensons plutôt que pour qu’une communauté survive, elle doit opposer aux autres sa propre authenticité.

Les réflexions d’Alain Soral n’en sont pas moins pertinentes, et permettent de sortir de son propre carcan d’idées, de voir que les nationalistes ne sont pas les seuls à s’organiser contre le système mondialiste. Son travail de recherche et ses écrits sont minutieux et il n’est pas rare que nous nous retrouvions en parfait accord avec ses propos : ce qui est principalement le cas avec Comprendre l’Empire.

Compte-rendu de lecture

L'ouvrage d'Alain Soral, Comprendre l'Empire, remplit bien sa mission. Le grand projet d'une élite mondialiste, qui fait le malheur des nations comme la nôtre, y est analysé en profondeur.

Il existe plusieurs acteurs, le principal étant ce peuple qu'il est interdit de nommer. Il existe plusieurs moments forts, plusieurs nœuds importants de cette marche vers un gouvernement mondial et notre mise en esclavage – la Révolution française étant l'un d'eux.

Avec la fin de l'Ancien régime, la raison triomphe de la foi. Le combat était-il pour les idées elles-mêmes ou les intérêts de caste devaient-ils nécessairement s’immiscer? Certainement la seconde proposition serait la bonne, la raison devenant en fait la nouvelle religion de la bourgeoisie entrepreneuriale. Le catholicisme en France étant trop attaché à ses privilèges matériels refusa de devenir la religion des pauvres. Avec Vatican II, elle régla elle-même son compte, dans ce que l'auteur nomme une Perestroïka religieuse. Elle consacre le pouvoir mercantile du judéo-protestantisme sur le monde. Le pouvoir de la Banque a le champ libre, libéré de toute contrainte morale.

S'élabora un système de dette qui n'est qu'une escroquerie. La Banque est la gardienne du nombre, celui de la dette, alors qu'elle prêta à intérêt de l’argent qu'elle ne prit nulle part et sans jamais rien produire, sa garantie étant l'armée américaine. L'État dissident n'a qu'à bien se tenir.

Soral établit une symbiose entre le protestantisme et le pouvoir juif. L'association de la Banque et du pouvoir royal anglais mènera à l'Empire britannique. L'industrialisme de la petite bourgeoisie protestante à la Henri Ford conférera aux États-Unis, comme elle le fit pour l'Angleterre plus tôt, un pouvoir extraordinaire. C'est sur cette base que tente de s'ériger le pouvoir global, celui de la Banque seule. Comme le concepteur du Modèle T naguère, les WASP aux États-Unis ont des sautes d'humeur face à leur compère de pouvoir, l'appui à Israël est contesté, la réserve fédérale est l'objet d'attaques. Ron Paul incarne bien cette résistance.

Le seul rempart agissant à cet empire est le monde islamique. Il s'agit donc de le soumettre et pour se faire, d'engendrer cette logique du choc des civilisations. C'est le résultat du 11 septembre, les guerres contre l'Irak, l'Afghanistan, puis celles de déstabilisation récentes durant le printemps arables.

Comprendre l'Empire fait aussi la sociologie politique de la France, pays d'origine de son auteur. Le rationalisme élevé lui-même en religion s'incarne dans la franc-maçonnerie. Le Général de Gaule essaya une résistance, mais les réseaux trotskyste de mai 68 eurent raison de lui. En 1973, une loi est promulguée sous George Pompidou pour interdire à l'État d'émettre sa monnaie. La France est vouée à l'oligarchie financière.

Diviser pour régner, on joue de l'anti-racisme à outrance durant ces années, puis après 2001, c'est graduellement la volte-face. Les Bernard Henri-Lévy et les Alain Finkielkraut se lancent dans le discours anti-islam. Ici Soral prône une réconciliation nationale et le refus de la guerre, à la L.F. Céline en quelque sorte. Il est à la tête d'Égalité-réconciliation et parle énormément à la communauté maghrébine, qui l'écoute d'ailleurs, comme nous l'avons vu à la conférence de Montréal en octobre 2012. Pour lui, une nation, c'est un système de valeur. C'est une affirmation normale pour un intellectuel, mais pour ceux qui ne le sont pas, cet aspect peut laisser indifférent. Il en vient donc à séparer le « musulman du quotidien » et « l'islamo-racaille » qu'il associe plutôt à la culture américaine : « Et dans ce combat pour la France, nous devons apporter tout notre soutien aux premiers : ces patriotes musulmans qui travaillent, entreprennent et ramènent des médailles pour le drapeau dans les compétitions sportives… »

Ce qu'il appelle l'universalisme français est la solution pour lui. Ne serait-il pas plutôt à l'origine du problème ? La solution semble détruire ce qu'elle veut préserver.

Malgré cela, il s'agit de l'un de ces livres ayant l'ambition d'expliquer notre époque. Nous ne pouvons qu'encourager la lecture de cet ouvrage dense et instructif.

Pour la préservation de notre peuple,

F.Q.S.

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