Concours sur l’identité québécoise FQS – Deuxième place : Un legs indo-européen

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Ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique qui lui confèrent son individualité; sentiment d’appartenance d’un individu à ce groupe. Voici la définition de l’identité telle qu’elle peut être trouvée dans le Petit Robert. De nos jours plus que jamais, l’identité est une question importante qui tourmente nos sociétés. Or le Québec ne fait pas exception et il est évident de constater cette crise de l’identité tout autour de nous, chez nos compatriotes. Dorénavant, ce qui était clair semble devenir flou, voire incertain. Qui sommes-nous ? De qui sommes-nous les héritiers? Quel est cet héritage? En tant que Québécois, certains limitent les balbutiements de notre passé au début des grandes explorations européennes sur le continent américain. Pourtant, ne sommes-nous pas Indo-Européens avant d’être de simples Nord-Américains? Ainsi, il faut d’abord faire un retour en arrière et constater qui étaient les peuples indo-européens qui ont constitué notre passé. Ceci en nous permettant d’éclairer un aspect important de notre identité et les civilisations auxquelles elle prend ses origines. Puis, il est important de se rappeler qu’elles étaient les nations d’origines de nos aïeux. De ce fait, nous pourrons voir avec précision le berceau de notre identité nationale. Finalement, avec un souci de diversité, il importe de se rappeler et de conserver ce qui est le mieux ancré chez nous : notre identité régionale. Bref, il s’agit de faire un premier pas vers une précision identitaire et surtout de se réapproprier une histoire et des héros qui sont les nôtres. Cela, toujours sous trois visions spécifiques de l’identité, soit la civilisation, la nation et la région.

De ce point de vue, il est pertinent d’observer notre legs civilisationnel. En tant que francophone d’Amérique, notre tradition historique veut que nos ancêtres ne soient que de simples colons venus de France. Pour en trouver le caractère plus riche et éliminer les esquisses simplistes, il faut définir plus largement la composition des peuples qui ont forgé notre identité et nos terres. Bien sûr, nous sommes descendants de ces Français venus profiter d’un nouvel avenir en Amérique. Mais ceux-ci provenaient et appartenaient à des régions bien précises et particulières de l’Hexagone. Ainsi, en grande majorité, nos ancêtres étaient d’origine normande et bretonne. À partir de ce point, on peut donc revenir en arrière et définir deux peuplades indo-européennes auxquelles nous appartenons. Dans le premier cas, nous sommes pour certains descendants des peuplades scandinaves venues occuper la Normandie et des peuplades germaniques y étant déjà établies. Dans le deuxième cas, nous pouvons affirmer être les héritiers des peuples celtes d’Armorique. Puis, pour le reste des régions de France, notre héritage est à l’évidence celte. Cet héritage identitaire ne se limite pourtant pas à ces peuples. D’autres sont venus composer notre ensemble et ont aidé à bâtir notre espace de vie. Ces différents peuples ont d’ailleurs laissé leur empreinte dans notre culture et dans notre identité, puisqu’ils s’y sont fondus et intégrés de sorte que nous sommes aussi leurs descendants. Ainsi, tous ces peuples venus des îles Britanniques ont participé au caractère unique de notre identité. Une grande partie d’entre nous possède un héritage ancestral qui nous provient de ces Irlandais et Écossais venus, eux aussi, espérer un avenir meilleur en Amérique. De cette façon, nous sommes aussi les descendants de ces Celtes et rebelles irlandais ou écossais qui avaient le catholicisme en commun avec nos aïeuls français. Les traces de ce legs sont visibles encore de nos jours dans notre folklore ou dans nos noms de famille. Aussi, il y a tous ces Italiens, Grecs, Polonais et autres qui se sont joints à nous. Tous ayant contribué à notre passé et à notre appartenance indo-européenne. En somme, notre empreinte identitaire est bel et bien française, mais plus largement, elle nous rattache à la civilisation européenne et nous permet de nous retrouver parmi ces grands peuples de toutes les époques et ses héros qui ont fait leurs grandeurs.

Ensuite, il nous faut observer le côté historico-national de notre identité. Inutile de faire un retour sur l’histoire du Québec et de la Nouvelle-France. Celle-ci est pour la plupart d’entre nous très bien maîtrisée. D'ailleurs, c’est cette histoire qui nous rassemble dans un tout unifié de notre destin identitaire. Par contre, avant 1534, que se passe-t-il pour nous, Canadien-français? Cette question amène un problème chez nous, car bien que soient vues les grandes ères historiques à l’école, cela est fait sous un sens large, mondialiste et naïf. Les réelles précisions de ces faits nous touchent-elles vraiment? La réponse est oui. Pourtant, pour ce qui est ciblé à l’école, nous pourrions y répondre par non. Néanmoins, nous sommes indubitablement et historiquement liés à l’histoire des Celtes, Germains et Romains. Aussi liés aux Guillaume le Conquérant, César, Vercingétorix, Charlemagne, Godefroi de Bouillon, Charles Martel et bien d’autres. C’est pourquoi il est nécessaire pour nous de nous identifier au patrimoine historique national de nos souches européennes. Ainsi, nous faisons aussi partie des grands chapitres historiques précolombiens. La guerre des Gaules, l’histoire carolingienne, les migrations norroises, la conquête de la terre sainte, la guerre de Cent Ans et autres jusqu’à la fondation de Québec nous appartiennent et entrent dans la construction de notre identité. Pour cette raison, avant notre épopée nord-américaine, notre héritage européen nous lie à son histoire, une histoire riche et complète.

Puis, à sa plus simple expression, l’identité régionale nous donne ce petit côté particulier, trace d’un passé plus proche de nous. Cette partie de notre identité est souvent la plus connue et la plus claire. Que l’on soit de l’Abitibi, la Mauricie, la Gaspésie, des Laurentides, l’empreinte régionale résonne dans le sentiment d’appartenance qu’elle laisse chez les individus. Cette identité régionale touche souvent le domaine du terroir, de la musique et même le domaine du légendaire. Qui ne connaît pas tel ou tel autre homme fort du Québec, au moins une légende ou encore la petite histoire de sa famille et de son village? C’est par cette identité que les gens de la belle province se reconnaissent entre eux. Dans notre présentation mutuelle lors de première rencontre, nous avons le réflexe général de présenter à la fois notre caractère régional. Cette identité régionale ne pouvant pas être séparée des deux autres dimensions donne son caractère unique à notre peuple.

Enfin, c’est par ces trois volets de notre identité et par un regard en arrière que nous pouvons nous caractériser sous une même bannière. Nous sommes avant tout Québécois, que cela soit de l’Abitibi, de Montréal ou du Lac-Saint-Jean. Nous sommes ensuite Français, Irlandais, Écossais, Italiens, Polonais et, cela, généralement tous à la fois. Nous sommes de ce fait Européens, notre histoire et notre civilisation y sont liées. Nous parlons français dans un bassin où l’anglais règne en maître et notre caractère plus européen nous amène à nous démarquer. Nous sommes les fils de Vercingétorix, de Rollon, de Charlemagne, de Baudouin de Boulogne, d’Henri IV, de Frontenac, de Champlain, de Joseph Brossard, de Lorimier, de Nelson, de Groulx et autres. Nous sommes les fils de ces grands bâtisseurs qui ont défriché le Nord avec le Curé Labelle, qui ont construit la Baie James, qui ont navigué le fleuve St-Laurent et le golf jusqu’aux îles de la Madeleine et façonné notre patrie. Telle est notre identité!

Antoine M-B

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