Concours sur l’identité québécoise FQS – Finaliste 1 : La nation, le peuple et son âme

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La nation

La race humaine domine actuellement la Terre. Elle est constituée d'individus mâles et femelles qui s'accouplent et produisent une descendance : c'est l'unité familiale. Les familles se rassemblent pour former des ethnies, des peuples et des cultures qui s'organisent aujourd'hui, si elles le peuvent, en États. Un peuple existe lorsqu'il regroupe un nombre suffisant de caractéristiques : langue, histoire, religion et culture commune, volonté de participer à l'avenir, naissance sur le territoire, affiliation héréditaire, sentiment d'appartenance, contrôle des mécanismes politiques.

Après la défaite des Patriotes, le Québec (alors appelé Bas-Canada) est entré dans une phase de calme d'où il n'est sorti qu'avec la Révolution tranquille. Durant cette période d'une centaine d'années que l'on nomme à tort Grande Noirceur, les Canadiens-français se sont repliés vers un nationalisme de conservation. Cette époque de notre histoire n'a rien de négatif : elle était la volonté de conserver notre identité sans pour autant aller au combat, elle était un moment de repos entre deux guerres, une manière de se remettre les idées en place. Durant les années soixante, le Québec est passé du nationalisme de préservation à celui de libération, de la conservation de son identité à la lutte pour son émancipation politique. Le Québec formait une nation, il lui fallait alors un État.

Le nationalisme québécois est un mélange de conservation et de progression, de préservation et de combat. C'est l'élaboration d'une base identitaire comme force d'émancipation. Former un peuple capable de se défendre. Être pour lutter. Se battre pour exister. Le Québec a deux ennemis : le Canada et la mondialisation. Les deux se battent sur le même terrain, celui de l'identité. Le Canada veut faire de nous des Canadiens, tandis que la mondialisation veut faire de nous des esclaves citoyens du monde.

Au tout début, nous étions des Canadiens. Après la Conquête, les Anglais nous ont volé notre nom, nos symboles (castor et feuille d'érable) et même notre hymne national ; nous sommes alors devenus des Canadiens-français. Par la suite, notre province est devenue notre patrie et nous sommes depuis ce temps des Québécois. Il est impossible que nous changions encore de nom, à part pour devenir des Canadiens…

C'est seulement en ayant une identité solide qu'on peut échanger avec les autres et le Québec doit impérativement se doter d'un État pour pouvoir échanger avec les autres nations. Le même constat se fait au niveau individuel : quiconque ne s'est pas pleinement construit une personnalité forte n'est pas en mesure de s'intégrer à une communauté. Il faut être quelqu'un avant d'être égal aux autres.

La doctrine mondialiste tend vers l'anéantissement de l'identité nationale, raciale et culturelle pour ne conserver que l'individu seul et déraciné (donc esclave de sa condition), dans le but de créer quelque chose de complètement nouveau que personne ne saurait réellement décrire tellement sa structure générale est imprévisible. Cette notion de globalisation mondialiste est essentiellement révolutionnaire, car elle implique un renversement intégral du fonctionnement profond des structures historiques de l'humanité. L'humain est un animal social qui tire sa force de la communauté. Un homme seul n'est rien. C'est justement cette individualisation que la mondialisation tente d'imposer : une fracture dans les fondements de la civilisation, une érosion graduelle des repères sociaux et un déracinement complet : l'extraction de l'homme de son terreau ancestral fertile. L'idéologie mondialiste veut faire de nous des plantes d'intérieur.

Mais pourquoi l'ordre naturel changerait-il si soudainement ? Par quelle grossière arrogance peut-on se croire au-dessus de l'Histoire ? D'où vient cet épouvantable mépris pour tout ce qui a fait ce que nous sommes aujourd'hui, le bon comme le mauvais ? Sommes-nous devenus supérieurs à notre passé au point de tout rejeter et de tout recommencer à neuf ?

Le peuple

L'évolution s'est faite par descendance génétique, par legs héréditaire, familial, culturel et social. Nous en sommes tous issus, sans aucune exception possible. Nous sommes tous le résultat d'une sélection génétique et d'une évolution spirituelle, faites par nos parents et tous les autres couples avant eux. Tous les êtres humains de la Terre forment une même race.

Même chose pour nos compagnons canins : tous les chiens sont des loups, car toutes les races de chiens viennent des loups que nous avons domestiqués et peuvent donc s'accoupler avec n'importe quel loup ou chien de la planète. Les chiens possèdent des différences fondamentales entre eux. Nous avons dirigé l'évolution génétique de la race canine pour en faire des outils en harmonie avec nos besoins territoriaux.

Le fait est qu'il existe des races d'humains sur notre planète, souvent adaptées aux conditions précises d'un lieu géographique, incluant la température, les saisons, la faune et la flore, l'alimentation, le rythme de vie, les impératifs du travail, etc. L'être humain a une formidable capacité d'adaptation lui permettant de vivre et de prospérer à peu près n'importe où sur Terre. Mais au fil du temps, par le développement d'un enracinement durable et la création de sociétés, la génétique se modifie. Sortir de cette condition héréditaire n'est pas mauvaise en soi, mais c'est un signe de respect que de la préserver.

L'existence d'une race est un petit miracle, résultat de la formidable adaptabilité de l'être humain. Chaque race humaine est une merveille. Mais la combinaison de trésors ne crée par nécessairement de plus grands trésors : le mélange du caviar et du foie gras ne crée rien de sublime…

Être fier de son ethnie n'est pas une preuve de haine des autres. La notion de supériorité est à jeter aux vidanges, car elle provoque inévitablement le mépris, la fermeture et, ultimement, la guerre. En tant que raciste, je crache sur les suprématistes ! Nous l'avons assez subi de la part des Britanniques, qui avaient, et qui ont toujours, cette certitude que leur race est supérieure à toutes les autres, et à la nôtre en premier. C'est la logique colonialiste : envahir un peuple, le mater par la force, lui faire croire qu'il est inférieur pour finalement l'exploiter. C'est le calvaire du Québec.

Reste que le métissage mondial est tout à fait possible. La diversité génétique propre aux conditions territoriales tend à disparaître progressivement, car nous n'avons aujourd'hui plus besoin de nous adapter physiquement à l'endroit où nous vivons. L'avenir mondialiste de la gouvernance globale, possible uniquement grâce aux technologies de pointe et à la destruction de l'enracinement ancestral par une logique de délocalisation des forces de travail, verrait naître une nouvelle forme d'être humain, jamais vue auparavant, sans aucune identité héréditaire et essentiellement mixte : le bâtard international.

Toutes les nations, les cultures et les races se valent : il est parfaitement évident qu'aucune d'entre elle n'est supérieure aux autres. Mais il n'est pas interdit d'en préférer une aux autres ! Cela vaut pour sa patrie, sa famille et sa descendence. Pourquoi aime-t-on infiniment nos propres enfants et pas ceux des voisins ? Si une guerre éclate et que le Québec est bombardé, vais-je aller sauver des étrangers ? Il est clair que non : je vais sauver ma propre famille avant tout. L'être humain reste un animal et son appartenance, son amour, se fait par la proximité physique : le castor et l'érable sont nos symboles simplement parce qu'ils se trouvent sur notre territoire.

Son âme

Le nationalisme est inexplicable. C'est un sentiment, quelque chose que l'on ressent en pensant à sa patrie, à son peuple et son histoire ; en l'explorant, en le critiquant, en y vivant simplement avec sa famille, ses amis et tous les autres. Le même genre de discours revient en parlant de Dieu. Le gens qui l'ont trouvé ne peuvent l'expliquer. Il est là et c'est tout. C'est impossible à décrire. C'est une relation avec l'étage du dessus, le supérieur, voire quelque chose de suprême – enfin, qui nous dépasse. La nation est cette chose qui nous englobe. Comme une maman, comme un papa, comme une société, un peuple, une race, une identité. Quelque chose comme une bonne idée.

Nous sommes des Québécois, d'étranges créatures jadis déracinées, aujourd'hui bien établies en Amérique, des gens du Nord qui parlent les langues anciennes de notre mère-patrie la France. Nous ne sommes pas des numéros, des clients ou des contribuables. Nous ne sommes pas les autres. Nous sommes des êtres vivants, avec un passé, un présent et un futur. Nous sommes des Hommes debout, capables et éternels. Quelque chose comme une grande nation.

Étienne Ferron

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