Homo Americanus – Tomislav Sunic

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Qui est l’Américain postmoderne ? Qu’est-ce que l’américanisme ?

sunic_homo_americanusPlusieurs réponses ont été données au fil du temps, mais la plupart se basant sur une seule discipline, que ce soit la sociologie, l’histoire ou la politique. Dans son analyse, Tomislav Sunic se base sur une approche pluridisciplinaire pour comprendre le phénomène de l’homo americanus, mais offre également une analyse des plus crédibles, lui qui a vécu sous le joug communiste avant de vivre en Amérique et finalement en Europe. Il analyse donc l’américanisme avec ses dogmes d’égalitarisme, de progrès, du multiculturalisme et de consumérisme.

Bien que par son consumérisme et sa foi profonde au progrès économique l’homo americanus puisse également s’appeler homo economicus, il s’apparente à l’homo sovieticus. A première vue, cela peut sembler paradoxal, mais les deux se basent sur l’égalitarisme et la croissance économique et rejettent du revers de la main leur histoire. Bien que la censure soit plus explicite chez l’homo sovieticus, il existe tout de même en Occident des tabous imposés par la société.

Même si les tabous ne sont pas explicites, plusieurs « évidences » ne peuvent simplement pas être remises en question. Bien que la conséquence ne soit pas nécessairement la prison, comme ce fut le cas sous le joug communiste ou dans certains pays européens actuels, celui qui ose remettre en cause ces « évidences » comme l’égalité ou la diversité se verra ridiculisé, ignoré, privé de moyens de subsistance et parfois pire encore.

Il faut spécifier que ce ne sont pas des sujets qui sont tabous comme on pourrait le croire. Il n’est aucunement mal vu de dire que les Noirs sont doués au basketball, bien que ce ne sont pas tous les Noirs qui le soient, mais il serait impossible de dire que les Noirs sont prompts à la violence.

Le contrôle du langage en Amérique permet un totalitarisme « mou » beaucoup plus efficace que le totalitarisme « dur » soviétique qui, parce qu’explicite, était facile à dénoncer dans la sphère privée. C’est ce qui rend l’homo americanus plus servile que l’homo sovieticus.

Cette censure, nommée de façon euphémique rectitude politique, se pratique principalement contre les intellectuels et militants nationalistes qui peuvent se retrouver derrière les barreaux pour « insulte à la mémoire des morts », « incitation à la haine » ou autres méfaits qu’on croirait tirés des romans de George Orwell.

Mieux encore, plusieurs sont ostracisés au nom de la culpabilité par association. Avoir fait partie d’un groupe nationaliste, avoir un ami dissident ou même avoir acheté des livres mis à l’index minera la crédibilité de la personne, nonobstant la qualité de l’argumentaire.

Dans cette nouvelle catégorie de criminels doivent aussi être ajoutés les scientifiques qui croient en l’importance du quotient intellectuel, les religieux qui croient aux liens sacrés du mariage, les intellectuels qui voient en l’immigration massive une menace et ainsi de suite. Cette censure a formé une classe dirigeante des plus conformistes et des plus lâches.

Le nouveau modèle totalitaire américain est tout à fait en phase avec son histoire. L’Amérique fut d’abord puritaine et moralisatrice ; les procès des sorcières s’apparentent aux accusations moralisatrices contre les dissidents d’aujourd’hui. Donc rien n’a changé au sud de la frontière où un totalitarisme moralisateur en a remplacé un autre.

Le calvinisme puritain a toujours un impact sur la vie politique américaine, que ce soit sur la politique pro-israélienne, les constantes incantations du Bien contre le Mal ou le messianisme américain. Mieux, cette vision judéo-chrétienne est la base de l’universalisme américain; tout comme le christianisme, la démocratie à l’américaine devenue le bien absolu se doit d’être exportée aux quatre coins du globe.

Cette lutte du Bien contre le Mal s’est traduite en politique extérieure par une opposition constante avec un ennemi extérieur, que ce soit les régimes fascistes des années 30, les communistes de l’après-guerre ou les islamistes post-11 septembre.

Au niveau interne, les médias représentés à tort comme un contrepoids du pouvoir propagent les mêmes idéaux que les politiciens, que ce soit le consumérisme, le libéralisme ou l’égalitarisme. Ils promeuvent également l’individualisme et l’hédonisme, deux aspects marquants de l’homo americanus.

Heureusement pour nous, l’américanisme postmoderne porte en lui-même les germes de se destruction. Aucune société multiculturelle n’a survécu à l’éclatement. Bien que l'internet offre une arme de poids pour les dissidents, pour le moment, les forces traditionalistes américaines sont trop concentrées sur un seul aspect du problème et n’offrent que des solutions partielles.

Sunic, Tomislav.(2007) Homo americanus: Child of the Postmodern Age. Autopublié. 214p.

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