La grande supercherie de l’ennemi commun

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Quoiqu'on en pense, les mouvements patriotiques nord-américains représentent un large segment de la population, à tel point qu’il n’est pas négligeable et que même le système comprend son importance. Au sud de la frontière, les Tea Partys, les Minutemen, les patriotes et Fox News comptent des centaines de milliers, voire des millions de supporteurs, et ici au Canada, le défunt Sun TV news, ainsi que les groupes conservateurs rejoignent des centaines de milliers de personnes.

Le problème est que ces groupes sont instrumentalisés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et leur énergie, qui pourrait être salvatrice, est canalisée vers un ennemi extérieur qui malheureusement n’est pas l’ennemi le plus immédiat.

Dans les années 50 et jusqu’à la chute du mur de Berlin, les nombreux groupes américains de droite furent dressés contre une menace communiste, qui quoique bien existante, occultait une menace beaucoup plus pernicieuse au sein même du gouvernement.

Les groupes patriotes ouvertement anticommunistes commencèrent à pulluler sur le territoire nord-américain et le point culminant fut probablement le maccarthisme, où les communistes au sein du gouvernement et de l’industrie médiatique furent dénoncés et mis sous enquête par le charismatique sénateur américain Joseph McCarthy.

Le problème avec cet anticommunisme primaire est que l’énergie et les ressources des groupes patriotes de droite furent utilisées pour lutter contre une menace abstraite qui était probablement la moindre. Alors que les patriotes dépensaient des milliers de dollars pour dénoncer les liens réels ou imaginaires entre certains politiciens et des membres en règle du Parti communiste, les politiciens d'idéologie libéral à Ottawa et Washington changeaient la société nord-américaine de façon profonde. La menace, comme l’histoire nous le démontre, n’était pas tant le Parti communiste, qui ne créa jamais de ras de marée en Amérique du Nord, mais les politiciens qui pervertiraient les lois et modifieraient notre société de fond en comble.

Pire encore, l’anticommunisme primaire des groupes patriotes fit que ceux-ci défendirent des guerres à l’étranger allant contre nos propres intérêts nationaux. Les groupes comme la John Birch Society, bien que composée de gens de bonne volonté, se mirent à supporter les croisades anticommunistes nord-américaines alors que la seule chose que nos nations pouvaient trouver dans ces contrées étrangères était la mort d’une jeunesse saine et patriote. L’anticommunisme aveuglait les patriotes et leur faisait adopter des positions allant à l’encontre du bien commun national.

A la chute de l’Union soviétique, les communistes ne représentaient plus de menace et les groupes patriotes auraient alors pu se tourner vers l’intérieur et commencer à réaliser que si leur pays avait changé au cours des dernières décennies, ce n’était pas à cause de Fidel Castro ou de Pol Pot, mais des politiciens nord-américains.

Fort heureusement pour eux, cette prise de conscience n’eut pas lieu, car en 2001, un nouvel ennemi extérieur arriverait et deviendrait le nouvel épouvantail : les Islamistes. Suite au 11 septembre, ceux-ci prendraient la place que les communistes occupaient et l’attention des groupes patriotes seraient tournées vers cette nouvelle menace.

Suivant le même processus qu’avec les communistes, les pays islamistes comme l’Iran deviendraient l’ennemi extérieur numéro 1, remplaçant les pays communistes dans l’imaginaire patriote. Les groupes comme Act! luttent aujourd’hui contre l’islamisation et la menace musulmane, qui sont réelles quoique largement amplifiés, oubliant que l’islamisation est une conséquence des politiques d’immigration nord-américaines laxistes. Au lieu de s’intéresser aux politiciens et aux politiques qui permettent à l’islam de s’installer au pays, les groupes patriotes d’aujourd’hui dénoncent les liens entre certains politiciens et certains islamistes radicaux, oubliant de fait de s’intéresser aux politiques du gouvernement.

Evidemment, au niveau international, c’est exactement pareil qu’à l’époque anticommuniste : les groupes patriotes se retrouvent aujourd’hui à soutenir des guerres étrangères qui ne nous rapportent rien, sinon le sacrifice de notre jeunesse.

Les groupes patriotes doivent se rendre compte que le principal danger pour notre peuple n’est pas dans une mosquée, mais au sein même du Parlement. Ils doivent réaliser que si oui, l’islam est une menace réelle, c’est d’abord les politiques d’immigration et le multiculturalisme qui doivent être réformés radicalement.

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