Immigration: Le sophisme du vieillissement

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Par Jérémie Plourde, pour Le Harfang.

Dans le débat sur l’immigration, il y a ceux qui sont contre et ceux qui n’y connaissent rien. Il suffit de lire les arguments de ceux en faveur de l’immigration pour se rendre compte que l’argumentaire n’est basé que sur des slogans vides de sens qui sont ressassés constamment sans jamais n’avoir été prouvés ou même sans que ceux-ci n’aient une once de vérité.

Plus personne n’osant défendre la viabilité économique de l’immigration, les partisans de l’immigration massive se retranchent dans le sophisme du vieillissement de la population à laquelle l’immigration serait la réponse ultime. Cet argumentaire boiteux commence habituellement avec une confusion entre vieillissement et renouvellement des générations.

Effectivement, pour éviter le vieillissement, il ne faut pas prendre en considération le taux de renouvellement de la population qui est de 2,1 enfants par femme, mais le taux de fécondité des années 40 et 50, car c’est cette génération qui est vieillissante. Le problème est que le taux de fécondité de cette génération est si élevé que nous avons donné à cette génération le nom de baby boomers. Pour compenser le vieillissement de cette génération, le Québec devrait donc avoir un taux de fécondité de 4 enfants par femme et ce, pour l’éternité, car aussitôt que ce seuil baisserait, même avec 3 enfants par femme, nous assisterions à un débalancement de la pyramide des âges.

Bref, le problème du vieillissement de la population engendrée par les baby boomers est relativement ponctuel. Toujours est-il qu’il représente un problème réel, puisque les baby boomers seront supportés par une population active nettement moins importante.

Le problème est que l’immigration ne joue aucun rôle sur la pyramide des âges [1]. L’impact sur la pyramide des âges est si minime que pour lutter contre le vieillissement de la population coréenne, il faudrait 5 milliards d’immigrants dans les prochains 55 ans, soit 94 millions par année[2] !

Évidemment, ces projections papiers sont complètement irréalistes, mais la réalité est là; il est impossible de freiner le vieillissement de la population avec l’immigration. Les projections pour la Corée le démontrent bien. Etant donné qu’il faut remplacer les personnes à la retraite, l’arrivée d’immigrants ne fait que repousser le problème puisque ensuite, il faudra remplacer les immigrants en faisant venir encore plus d’immigrants, qui devront ensuite être remplacés par encore plus d’immigrants, et ainsi de suite.

Le problème réel, mais ponctuel, du vieillissement ne peut être réglé par des politiques d’immigration. Démographiquement, il est clair que les politiques natalistes doivent être encouragées pour que nous atteignons le seuil de 2,1 enfants par femme (nous étions à 1,7 en 2014 [3]). Utiliser les 23 milliards que nous coûtent annuellement les immigrants permettraient des politiques novatrices, mais également de faire la promotion culturelle des familles nombreuses.

Quant au vieillissement, il est clair que des mesures énergiques doivent être prises dès aujourd’hui. Les pistes de réflexion sont nombreuses: augmentation de l’âge de la retraite, augmentation des cotisations patronales et de l’employé aux régimes de retraite, refonte du système de pension dans lequel les immigrants n’ayant pas cotisé ne peuvent retirer, etc.

Les solutions sont donc d’ordre économique et non démographique. D’utiliser l’immigration comme outil pour lutter contre le vieillissement de la population est un non-sens absolu.

Sources :
1.
Le remède imaginaire, p. 49.
2. Ibid, p. 56.
3.
//tinyurl.com/k86om42

 

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