Octobre 70 et 95, nous maintiendrons ! – Le Harfang – No.1 Vol.9

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OCTOBRE  2020  EST  D’UNE  IMPORTANCE  CAPITALE  dans  le  calendrier  des  commémorations  nationales.  Aucun évènement d’envergure ne figure sur le calendrier, aucune échéance électorale n’est prévue et pourtant ce mois revêt une double signification historique et politique, car il marquera deux anniversaires distincts qui représentèrent des tournants majeurs de l’histoire de l’indépendantisme québécois.

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Ce mois d’octobre 2020 marque en effet le 50ème anniversaire de la Crise d’octobre et le 25ème du référendum sur la souveraineté.

Que l’on ait personnellement vécu ou non ces évènements, ils eurent une importance cruciale tant pour la cause souverainiste que pour l’histoire récente du Québec, d’où ce dossier spécial qui débordera – faute de place – sur le prochain numéro aussi.

Le but de ce dossier n’est pas d’entretenir une vaine nostalgie pour les « grandes heures » du mouvement souverainiste, mais une opportunité pour réfléchir à la cause indépendantiste, ce qu’elle signifie et surtout comment on doit la pousser, car non, elle n’est pas morte. La liberté, qui n’est pas un yogourt nous disait Pierre Falardeau, n’a pas de date de péremption. Elle ne sera plus d’actualité que lorsqu’elle sera chose faite.

La crise d’Octobre nous fit tourner la page sur la lutte armée. Le traumatisme engendré par les mesures de guerre édictées par Trudeau père et le peu de résultats concrets amenèrent les gens à se détourner des bombes et des douzes tronqués, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, le traumatisme de 1995 n’amena aucune réflexion du genre. Malgré le vol du référendum, les élites souverainistes ne tournèrent pas le dos à la voie référendaire, au contraire. Aujourd’hui, indépendance = référendum. Et cette équation est devenue une vérité de la Palisse pour plusieurs. C’est cela qui explique entre autres l’inertie du mouvement officiel souverainiste. Ça et son rattachement à la bien-pensance, pourtant incompatibles.

Le projet d’indépendance relève évidemment de l’affirmation de soi, n’en déplaise aux souverainistes actuels qui font de l’ethnomasochisme – une notion que feu Guillaume Faye définissait comme « la honte et la haine de soi » – leur étendard. Lorsqu’on est incapable de se définir comme peuple, ou même encore, lorsque se sent obligé de justifier sa propre existence, on ne peut porter une cause comme la souveraineté. Comment expliquer que nous voulons l’indépendance, alors que le simple mot « nous » brûle la gorge des politiciens, comme l’eau bénite brûle la peau du Malin. Sans une bonne dose d’ethnocentrisme, impossible de justifier la création d’un État indépendant sans être obligé d’avoir recours à une gymnastique intellectuelle aussi insipide qu’insignifiante. Comment soulever l’enthousiasme, lorsqu’on peine à s’affirmer et qu’on remet en cause notre propre existence. Les autres peuples ne semblent pas avoir cette pudeur, seuls les peuples occidentaux sont aujourd’hui atteints de cette tare qui les pousse à avoir honte d’exister en tant que peuple, tout en reconnaissant aux autres le droit de le réclamer et même de s’en enorgueillir.

Si le but de l’indépendance est positif, il n’est pas agressif ou conquérant. Dostaler O’Leary – et tous les souverainistes de la première heure – le disaient et le répétaient : ‘Ce n’est pas prendre la place des autres que de prendre la nôtre. » L’indépendance ne vise pas à asservir les autres peuples, mais à nous faire accéder au concert des nations, à la majorité politique, ce qui est légitime. Tout à fait légitime. Devons-nous nous excuser de vouloir être un peuple à part entière, une nation maîtresse de notre destin ? Les souverainistes qui ont le haut du pavé croient que oui, d’où la démobilisation des forces indépendantistes qui peinent à rallier les gens avec un discours édulcoré. Ce n’est pas avec la langue de bois et les faux prétextes que les politiciens parviendront à rassembler le peuple.

Ceci étant dit, l’idée de souveraineté n’est pas morte. Elle sommeille, trahie par ses auto-proclamés défenseurs qui font un piètre travail. La flamme de l’indépendance ne demande qu’à être rallumée. Pierre-Karl Péladeau aurait pu être l’homme qui souffle sur les braises, mais le destin en a décidé autrement. On doute désormais que ce réveil provienne d’un Parti québécois moribond, incapable de s’affirmer et en manque de leadership.

D’ici là, c’est notre tâche de continuer de porter le flambeau de la libération nationale. Le Parti québécois n’a pas le monopole de la lutte indépendantiste, fort heureusement.

3 Éditorial
 4 Sainte-Sophie, silence et indifférence
 5 L‘arnaque!
 7 Autopsie d‘une défaite
 8 25, 50 ans plus tard la souveraineté?
10 Un appel vital à la race canadienne-française
14 Rembobiner et recommencer – Entretien avec Gilles Verrier
19 Bilan de la démocratie du Québec, autopsie d‘une vache sacrée !
23 Un gouvernement corrompu?
24 Nation, Tradition, Révolution
26 Rien n‘est plus précieux que l‘indépendance
27 Séparatisme, doctrine constructive

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