Origines et contributions génétiques des fondateurs de la population québécoise — Compte rendu de lecture

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Le mythe d’une nation métissée est déboulonné

Les adeptes du multiculturalisme entretiennent régulièrement le mythe que nous serions un peuple métissé issu de multiples vagues d’immigration (française, britannique, irlandaise, italienne, grec, etc…). En effet, pour les adeptes du mythe, le québécois de souche n’existerait tout simplement pas.

Dans un article récent du journal « Voir » du 2 février 2017, Alexandre Taillefer nous répète le mantra multiculturaliste qui a plus à voir avec les croyances qu’avec les faits :

 « L’immigration a toujours fait partie de l’histoire de l’Amérique du Nord, et le Québec ne fait heureusement pas exception. Par exemple, en 1820, les Irlandais représentaient plus de 20 % de la population du Québec. J’aime relater que le petit Taillefer a plus de sang irlandais que de sang français et que ma fille, qui a l’air tricotée ici, a plus du tiers de son sang qui provient du Liban. Nier l’héritage extraordinaire que nous a apporté l’immigration, tant d’un point de vue culturel qu’économique, et la pourfendre en faisant la promotion du nationalisme identitaire, c’est non seulement ignorer l’histoire, mais c’est surtout se tirer dans le pied. »

Mais qu’en est-il en vérité? Nous avons interrogé la littérature académique à ce sujet et nous avons trouvé d’excellents articles traitant de notre généalogie et de notre composition génétique commune. Sans surprise, nous constatons que nous ne sommes pas un peuple métissé issu de nombreuses vagues d’immigration et que le terme « québécois de souche » fait tout son sens.

Nous avons choisi de vous présenter un des articles les plus pertinents et les plus intéressants à ce sujet : « Origines et contributions génétiques des fondatrices et des fondateurs de la population québécoise » écrit par Hélène Vézina professeur de l’Université du Québec à Chicoutimi et directrice du projet BALSAC. Sommairement, les colons en provenance de la France compteraient pour 95 % de notre hérédité; ce qui laisse un maigre 3 à 4 % pour le « métissage » avec d’autres groupes européens et 1 à 2 % pour le « métissage » amérindien. Nous sommes ainsi très loin du mythe propagé par les tenants du multiculturalisme. Le compte rendu qui suit présentera les faits saillants de cet article fort intéressant.

Méthodologie

Les auteurs de l’étude ont basé leur recherche sur l’analyse de 2223 généalogies de Québécois catholiques s’étant mariés entre 1945 et 1965. Ainsi, 12 % de la population a été exclue de l’étude (les non-catholiques principalement d’origine britannique). Les données proviennent du fichier BALSAC et du registre du Québec ancien; données provenant essentiellement de registre religieux remontant jusqu’au début de la Nouvelle-France. Ils ont principalement analysé les données pour y décortiquer l’impact des colons et immigrants arrivés au Québec au cours des derniers siècles, en ce qui a trait au poids démographique de leur descendance (contribution génétique). Les auteurs ont aussi pris soin de séparer la contribution des Acadiens puisqu’ils ne proviennent pas des mêmes régions de la France que les Canadiens français de la vallée du St-Laurent.

Faits saillants sur l’origine de nos ancêtres

Les auteurs ont identifié 6808 fondateurs, c’est-à-dire 6808 individus, colons ou immigrants, ayant contribué à notre patrimoine héréditaire. De ceux-ci, 62 % des femmes proviennent directement de la France, 22 % en proviennent indirectement puisque leur origine est acadienne. Alors que 80 % des hommes sont directement de la France et 8 % indirectement par leurs racines acadiennes. Concernant la généalogie des Québécois de 1945-1965, on note les faits suivants :

  • 90 % comptent au moins un fondateur britannique comparativement à 25 % pour les fondatrices britanniques
  • 72 % ont au moins une fondatrice acadienne comparativement à 60 % pour les fondateurs acadiens
  • 20 % ont au moins un ancêtre irlandais
  • 14 % ont au moins un ancêtre allemand

Au niveau de l’origine des fondateurs en provenance de la France, on constate que 16 % des hommes proviennent de la Normandie; que la Normandie, le Poitou et l’Île-de-France (région parisienne) contribuent ensemble pour 36 % de ceux-ci. Chez les femmes, 31 % proviennent de l’Île-de-France, principalement à cause du recrutement des « Filles du roi ». Un sommaire de l’origine des fondateurs et fondatrices est présenté dans le tableau suivant.

Fait saillant sur la contribution génétique des fondateurs

Le lecteur doit savoir que la contribution des fondateurs à notre hérédité est très inégale. Par exemple, les colons arrivés au 17e siècle apportent une contribution génétique beaucoup plus importante à notre patrimoine que ceux arrivés au 18e siècle puisque leur descendance est plus nombreuse. Ainsi, on notera que 30 % des fondateurs contribuent pour 81 % du pool génétique de notre peuple. La contribution génétique des fondateurs et fondatrices respecte le principe de Pareto tel qu’illustré dans la figure suivante.

Au niveau de la contribution française, on note les faits suivants :

  • Excluant la contribution du peuple acadien, 89 % de la contribution des fondatrices est française comparativement à 91 % pour les hommes.
  • Les fondatrices acadiennes sont responsables pour 6.4 % de notre hérédité, alors que ce taux est de 3.6 % pour les fondateurs acadiens.
  • Chez les hommes, les fondateurs de Normandie contribuent pour 27 % du total du sang français. En regroupant la Normandie, l’Île-de-France, l’Aunis, le Poitou et la Perche, ce taux augmente à 65 %.
  • Chez les femmes, les fondatrices de la région parisienne contribuent pour 21 % de notre hérédité française.

Les cartes suivantes présentent les régions françaises et leurs contributions en fondateurs et fondatrices.

Concernant nos ancêtres dont les origines ne sont ni françaises ni acadiennes, leur contribution génétique à notre hérédité est de 4.9 % chez les fondatrices, surtout amérindiennes (1.9 %) et de 5.6 % chez les fondateurs, surtout britanniques (1.9 %). Le tableau suivant résume la contribution française, acadienne, britannique, amérindienne, irlandaise et allemande.

Conclusion

Le travail de recherche des auteurs Vézina, Tremblay, Desjardins et Houde nous permet de découvrir que notre hérédité est française à 95 %, que nos ancêtres masculins et féminins proviennent principalement du nord et de l’ouest de la France; que nous sommes à 98-99 % de racine européenne avec 1 à 2 % de notre bagage génétique hérité des peuples amérindiens. La propagande multiculturaliste ayant pour but de nous faire croire que nous sommes tous des métis issus de multiples vagues immigrantes ayant construit le Canada ne résiste pas à l’épreuve des faits. Les Québécois de souche doivent savoir que leur sang est le même que celui de ceux qui ont défriché ce pays au 17e siècle, que ce sang porte la marque de nos valeureux alliés algonquins d’autrefois et la cicatrice de la conquête britannique.

Le lecteur voulant en connaitre plus pourra consulter l’article intégral à l’adresse suivante : //www.erudit.org/revue/cqd/2005/v34/n2/014011ar.pdf


Références

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