Préférence nationale : les syndicats contre les travailleurs apatrides

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Dans le but de restreindre leurs coûts de production, les industries albertaines, particulièrement celles liées aux mines ou aux sables bitumineux, font appel à des travailleurs temporaires étrangers supposés combler les postes que les « de souche » ne voudraient pas avoir ou ne seraient pas qualifiés pour occuper.

A l’échelle du pays, on parle de près de 200 000 travailleurs étrangers (1), dont la majorité travailleraient en Alberta (2), où plus de 100 000 Canadiens sont au chômage et cherchent un emploi (3).

Si dans nos pages nous avons déjà parlé des effets pervers du programme de travailleurs temporaires étrangers sur le salaire et sur le marché du travail, nous n’avions encore jamais abordé les problèmes liés à la sécurité.

Depuis certains temps, les employés et syndicats albertains sonnent l’alarme et craignent pour leur sécurité au travail en raison des risques liés à ce cheap labour souvent non-qualifié et ne partageant pas la même éthique de travail que les travailleurs canadiens.

Au printemps, l’Alberta Federation of Labour fit une sortie médiatique pour dénoncer les risques causés par ces travailleurs. « Lorsqu’on parle du programme de travailleurs temporaires étrangers, nous avons parlé de diminution de salaires, de l’exploitation des travailleurs étrangers et du déplacement des travailleurs canadiens. Mais aujourd’hui il devient clair que ce programme à des effets sérieux sur la sécurité au travail », affirma le président du syndicat Gil McGowan (4).

D’après le syndicat, seulement 24% des travailleurs temporaires arrivés ici avec le programme albertain seraient qualifiés (5), contrairement à ce que le gouvernement et les grosses entreprises tentent de nous faire croire.

Sur les lieux de travail, « ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un soit tué », affirme Leslie Jennings, un administrateur de l’usine Husky Sunrise, qui a démissionné pour protester contre le fait que son nom avait été utilisé pour accréditer des travailleurs étrangers qu’il avait pourtant jugé non-qualifiés (6).

Les étrangers étant dans des corps de métier qualifiés (soudeurs, électriciens, etc) peuvent travailler un an avant de passer la certification canadienne et même s’ils échouent, ils peuvent continuer à travailler avant de reprendre les examens (7).

C’est le même son de cloche chez ses collègues qui affirment que les travailleurs étrangers ne connaissent ni les règles de sécurité, ni les signaux d’urgence et surtout, ne parlent pas anglais. Ryan Slade, électricien, affirme même que l’incompétence de ces travailleurs explique le retard dans la construction de l’usine (8). Parmi les erreurs mentionnées par les employés, un travailleur étranger aurait utilisé un chalumeau pour dégeler une bombonne de propane. Heureusement, des Canadiens sont intervenus avant que l’irréparable ne se produise.

Toujours est-il que pour la compagnie, ces erreurs coûtent déjà très cher. Le budget et les délais pour cette usine n’ont pas été respectés en raison des erreurs répétitives commises par les 344 employés étrangers. Bref, la compagnie qui voulait épargner en important un cheap labour non-qualifié place aujourd’hui les travailleurs canadiens en danger et, au final, n’économisera rien.


1. //www.cdhowe.org/pdf/commentary_407.pdf
2. Ibid.
3.
//www.statcan.gc.ca/tables-tableau … 1c-eng.htm
4. //www.torontosun.com/2014/09/01/la … s-at-risks
5. Ibid.
6.
//catimes.net/regional/edmonton/ca … -oilsands/
7. //www.rcinet.ca/en/2014/09/01/safe … oil-sands/
8. //catimes.net/regional/edmonton/ca … -oilsands/

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