Réjean Labrie: Subissons-nous un génocide de substitution ?

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Les gens mal intentionnés, ceux qui par exemple ne demandent pas mieux que la nation québécoise disparaisse pour parachever la Conquête de 1759, sont les premiers à détourner le sens des mots pour faire taire ceux qu’ils cherchent à anéantir.

Une expression de ce genre que les québécophobes fédéralistes/multiculturalistes/cosmopolites ont toujours à la bouche baveuse de mépris envers nous est la soi-disant ouverture à l’autre, l’ouverture sur le monde dont ils pervertissent le sens pour faire taire nationalistes et patriotes, voire une population tout entière pour l’empêcher d’exprimer son désir légitime de durer en tant que nation distincte.

Dans leur bouche à eux, le sens détourné et trompeur qu’ils lui font prendre est de laisser entendre que si on n’est pas xénophobe/raciste/bourré de préjugés, il faut alors accueillir obligatoirement toutes les ethnies de la Terre pour le prouver, ouvrir toutes grandes nos portes à toutes les races et peuplades imaginables pour qu’elles s’entre-mélangent ici-même pour former une nouvelle espèce supérieure à la nation canadienne-française (en passant, eux ne se gênent pas pour pratiquer le racisme anti-québécois et dénigrer tout ce qui est de souche et trop enraciné à leur goût).

Leur objectif condamnable plus ou moins avoué est de substituer cet agrégat métissé et sans âme unificatrice au peuple fondateur pour qu’il ne reste plus rien de nous, comme les Chinois le font actuellement au Tibet pour l’anéantir sans violence apparente. Un pays du Tibet composé de Chinois ne sera plus le Tibet.

Si c’était ce que signifie l’ouverture à l’autre, l’ouverture sur le monde, il est clair qu’il faudrait réfuter cette définition et la refuser catégoriquement en la démantelant pièce par pièce. Nous ne devons pas nous renier, nous abaisser, ni nous soumettre à une quelconque idéologie qui finira par nous annihiler.

Non, l’ouverture sur le monde ne doit pas signifier l’intrusion forcée d’étrangers aux différences si marquées qu’elles provoquent un choc des valeurs et des cultures toutes deux inconciliables de par leur totale incompatibilité. Ce serait même folie que de créer sciemment des conditions de vie en société qui n’apporteront que tensions et conflits entre le groupe majoritaire et ceux qui cherchent à s’imposer sans réelle volonté d’intégration, la pratique du communautarisme de leur part en étant la nette démonstration.

La diversité est désirable au niveau mondial. L’homogénéité est préférable au niveau local car c’est elle qui cimente la nation. Qui se ressemble s’assemble comme le dit la sagesse populaire.

La véritable définition de l’ouverture est tout autre chose. Cela consiste simplement à manifester de l’intérêt, une certaine curiosité vis-à-vis d’autres cultures, d’autres nations, mais certainement pas au détriment de la nôtre, pas au point d’y passer le plus clair de son temps plutôt que dans la nôtre. Autrement dit, l’ouverture doit être balisée et ne doit pas empiéter sur le temps passé à mieux connaître sa propre culture et à en approfondir les multiples aspects, ceux qui reflètent le mieux ce que nous sommes profondément et comment nous nous situons par rapport aux autres.

Par le prisme miroitant de ceux qui composent notre nation nous captons la meilleure vision du monde qui nous entoure. C’est à cette antenne collective d’ici qu’il faut se syntoniser tous ensemble pour qu’on continue à se ressembler.

Car pour nous tous, le Québec doit être le centre de l’univers.

Et cela les Québécois le comprennent bien. En comparant le contenu des journaux anglophones et francophones, on a remarqué que les médias anglophones consacrent plus d’espace au national et à l’international, tandis que les médias francophones se concentrent plus sur le local et le régional. Qui viendra reprocher la chose au bon peuple si ce n’est ceux qui le méprisent et ont juré sa perte ? Car ce n’est pas là de l’étroitesse d’esprit, mais au contraire de l’intérêt sincère et naturel pour notre petit monde à nous, nos proches, ceux qui sont comme nous. C’est un trait collectif, une qualité dont on peut être fier.

Procédons par analogie avec un pays de dimension comparable au Québec. Avec sa population de 5,5 millions d’habitants, le Danemark n’est pas l’endroit où y mettre 5,5 millions de tamouls, parce ce n’est pas leur place à eux. Qu’ils vivent en Inde/Sri Lanka et se bâtissent le pays qu’ils veulent avoir ; et qu’ils changent courageusement leur pays s’il n’est pas à leur goût comme il est. Qu’on remplisse indifféremment le Danemark de 5,5 millions de malaisiens, de 5,5 millions de béninois, de 5,5 millions de turcs, de 5,5 millions de saoudiens ou de 5,5 millions d’ethnies mélangées, le résultat destructeur sera le même. Ce ne sera plus le peuple danois. Génocide assisté en phase terminale, point final.

Ce qui fait que le Danemark n’est pas l’Ouzbékistan, ce sont les gens qu’il y a dedans et leur identité culturelle spécifique. Vouloir en altérer la composition pour l’amoindrir est un crime contre l’humanité, une atteinte à la légitimité de chaque nation d’exister en tant qu’elle-même. C’est pourquoi l’identité culturelle qui est la nôtre doit être préservée en tant que valeur collective inestimable et résister vaillamment à toute tentative de morcellement. Même que c’est en sa force renouvelée que réside notre seule chance de survie face à l’assimilation.

Soyons québécophiles, aimons-nous d’abord et avant tous les autres. L’estime de soi est la première étape de tout processus thérapeutique positif, comme chacun sait. Nous sommes un cadeau royal, un trésor d’une richesse inestimable offert au reste de la planète, comme chaque nation pleinement constituée l’est, et cela sera préservé en maintenant une identité culturelle collective forte, vivante, qui rend ses citoyens fiers d’y appartenir.

Restons uniques au monde. Pour l’amour du Québec.

Réjean Labrie

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