Whiteshift (11 de 13) – Est-ce que les blancs « non mélangés » vont s’éteindre ?

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Si le chapitre précédent se penchait sur l’avenir des majorités blanches dans les pays occidentaux, celui-ci aborde de front l’avenir de la race blanche face au phénomène de métissage. Une partie importante de ce chapitre est consacré à la théorie du génocide blanc ; et une part égale en importance est accordée à l’importance des sectes religieuses fondamentalistes blanches. Nous nous concentrerons sur ces deux sujets pour notre résumé de ce chapitre et nous écarterons les autres thématiques puisqu’elles sont redondantes avec les chapitres précédents.

1. De WASP à Blanc dans l’histoire américaine
2. L’arrivée de Trump : le nationalisme ethnotraditionnel à l’âge de l’immigration
3. Grande-Bretagne : Érosion de la réserve anglaise
4. La monté du populisme de droite en Europe
5. L’exceptionnalisme canadien : le populisme de droite dans l’anglosphère
6. La gauche moderniste : De la Bohême du 19e siècle à la guerre des campus
7. La gauche moderniste versus la droite populiste
8. Se recroqueviller : le recul géographique et social des majorités blanches
9. Se mélanger ou se mouler ? Le mariage interracial en occident
10. Le futur des majorités blanches
11. Est-ce que les blancs « non mélangés » vont s’éteindre ?
12. Naviguer à travers le Whiteshift : Majorités inclusives à l’intérieur de nations inclusives
13. Résumé global, critique et mis en perspective de la FQS

Au sujet de la théorie du Génocide blanc

Tel que présenté par Eric Kaufmann, « selon la théorie du génocide blanc, de faibles taux de natalité chez les blancs et une immigration non blanche combinée au mélange des races entraînera l’extinction de la race blanche en Occident. » L’auteur reprend, en ordre décroissant de plausibilité, les arguments du génocide blanc en prenant soin de préciser ce qui est, selon lui, vrai ou faux.

En premier lieu, le professeur montre que les ethnies minoritaires peuvent affirmer leur ethnicité, ce qui n’est pas le cas des blancs.  « L’argument selon lequel les groupes ethniques minoritaires sont encouragés à être fiers de leur identité, ce qui n’est pas le cas des blancs, me semble indéniable dans le climat actuel […]. Il n’est pas clair, pour moi, pourquoi les membres d’un groupe dominant ne seraient pas intéressés par leurs traditions culturelles, leur histoire ethnique et leur mémoire [ancestrale]. Comme les minorités, certains souhaiteront faire partie d’une communauté ethnique et le célébrer. »

Puis, « en descendant l’échelle de la véracité, nous arrivons à la revendication que seuls les pays blancs ont des libéraux qui s’opposent à leur propre groupe ethnique et expriment une culpabilité majoritaire. C’est largement vrai, mais pas entièrement. […] Mais il existe d’autres indicateurs du cosmopolitisme non occidental. Environ 8% des personnes interrogées dans les enquêtes sur les valeurs mondiales de 1981-2007 affirment appartenir au monde avant d’appartenir à leur pays ou région, et 4% donnent la priorité à leur continent par rapport à leur nation.

Ensuite, Kaufmann passe à l’argument suivant : « les libéraux ont-ils l’intention de transformer les sociétés blanches en sociétés non blanches par l’immigration et le mélange racial ? Je pense que cela contient également un peu de vérité, mais c’est loin d’être toute l’histoire. […] Les modernistes de gauche d’aujourd’hui sont motivés à la fois par l’humanitarisme et le millénarisme multiculturel. Ils attendent également avec impatience la disparition de la majorité blanche, car ils estiment que cela ouvrira la voie au progressisme malgré le fait que cela soit contredit par les données des figures 7.8 et 7.9. Il y a donc du vrai dans la charge des nationalistes blancs; cependant, une grande partie de l’élan en faveur de l’immigration provient de l’humanitarisme libéral et du laissez-faire économique plutôt que du millénarisme moderniste ».

Puis, le professeur s’interroge sur les forces désirant compléter une transformation ethnique de l’occident. « Est-ce que les seuls pays désirant subir une transformation ethnique sont des pays blancs ? […] Les parties du monde où les frontières ethniques ont toujours été poreuses – Amérique latine, Afrique et Caraïbe – ont été aussi ouvertes ou plus ouvertes que l’Occident. Tout en démontrant que les pays occidentaux ne sont pas les seuls à subir des transformations, il démontre par la bande que dans bien des cas, ce n’est pas souhaitable. « De même, dans le pays ouest-africain de la Côte d’Ivoire, la guerre civile a éclaté en 2002 alors que les acteurs politiques du nord, principalement musulmans, se rebellaient contre les politiques de plus en plus discriminatoires du parti au pouvoir, dirigé par Laurent Ghagbo, originaire du sud chrétien. En 1922, environ 6% du pays était musulman. Les colonisateurs français, suivis par le régime postcolonial de Félix Houphouët-Boigny, ont recruté des ouvriers musulmans de pays au nord, tel que le Burkina Faso, pour travailler les plantations de cacao. Même si l’immigration a cessé dans les années 1980 et 1990, la fécondité musulmane est devenue légèrement supérieure à la fécondité chrétienne, perpétuant un changement ethnique continu. À la fin des années 90, les musulmans formaient 38,6% de la population, bien au-delà de la part chrétienne de 29%. La perception d’une croissance musulmane inexorable combinée à l’introduction d’élections et de crises économiques a créé un cocktail dangereux. Les élections dans un système de partis ethniques sont souvent un recensement glorifié qui fait de la démographie ethnique un champ de bataille clé. […] Quoi qu’il en soit, l’essentiel est que l’immigration libérale et les changements ethniques ne sont pas propres à l’Occident. »

Finalement, c’est en arrivant dans les derniers arguments du génocide blanc, ceux qui seraient le moins plausibles selon Kaufmann, que les arguments sont le moins convaincants. « Une autre affirmation de la théorie du génocide-blanc est que les Blancs sont menacés d’extinction imminente à cause de l’immigration et du mélange racial. C’est presque certainement faux. La modélisation démographique linéaire fournit des preuves de cet argument, suggérant que selon les tendances actuelles et en supposant qu’il n’y a pas d’isolement géographique, la dernière personne en Grande-Bretagne se mélangera avec un partenaire non blanc dans 980 ans. […] En Occident, les Blancs sont susceptibles de durer des millénaires dans des communautés rurales isolées, tout comme les Indiens non mélangés ou les Irlandais parlant le gaélique. » Quand on retourne dans le chapitre précédent (à la page 460), on constate sur la figure 11.2 que les Britanniques blancs non mélangés ne formeront que 10% de la population britannique en 2150 (voir la figure 11.2 recopiée ci-bas) ce qui a vite fait de nous convaincre du contraire. De plus, le destin des Indiens non mélangés est peu enviable ; ces peuples sont brisés et humiliés, leur identité et leurs racines ancestrales s’effritent, leur communauté est aux prises avec de forts taux de toxicomanie, un chômage élevé, une problématique de criminalité et des taux de suicide hors normes ; les réserves qui s’en tirent le mieux sont celles dont les habitants sont tellement métissés qu’on peine à les distinguer de la population blanche. Ici, les arguments de l’auteur ne servent probablement qu’à empêcher qu’on l’accuse de supporter la théorie du génocide blanc !

Whiteshift, figure 11.2, p. 460

 

Les sectes religieuses fondamentaliste blanches

Si les populations blanches non mélangées sont généralement vouées à disparaitre, Kaufmann suppose qu’il est possible que certaines communautés blanches religieuses permettent à la race blanche de subsister intouchées par le métissage.

L’auteur y va avec l’explication suivante : « Dans mon livre « Shall the Religious Inherit the Earth (2010) », je soutiens que les fondamentalistes religieux, qui rejettent le monde moderne et croissent grâce à des taux de natalité élevés tout en conservant leur progéniture [dans leurs rangs], ont trouvé le modèle de réussite le plus cohérent dans les sociétés libérales. Aussi longtemps qu’ils seront tolérés, des groupes comme les juifs ultra-orthodoxes, les amish, les huterites, les mennonites traditionalistes, les luthériens, les calvinistes orthodoxes, les néo-calvinistes Quiverfull et les mormons se développeront rapidement. La population laïque ou modérément religieuse constitue la grande majorité de la population mondiale, mais s’oriente vers une fécondité insuffisante et un déclin de la population. À l’heure actuelle, l’immigration comble le déficit en Occident, mais si celle-ci devait diminuer, l’avantage de la fertilité des groupes fondamentalistes deviendra décisif […] Ces sectes pronatalistes sont motivées par la religion, mais se trouvent à être exclusivement blanches. En tant que tel, ce sont des capsules temporelles génétiques d’époques et de lieux particuliers. »

S’appuyant sur des projections démographiques, le professeur démontre que le tour de force est possible, si le fort taux de natalité de cette communauté est maintenu. « La figure 12.1 montre comment 5000 individus amish en 1900 sont passés à plus de 250 000 aujourd’hui ; leur population doublant aux vingt-cinq ans. Si le temps de doublement reste constant, la courbe de croissance de la population amish ressemblera à la figure 12.2.

Figure 12.2, Whiteshift, p. 497.

En d’autres termes, en un peu plus de deux siècles, ils [les fondamentalistes religieux de race blanche]pourraient former la moitié de la population américaine. Cela suppose qu’ils sont capables de maintenir leur fertilité et la rétention de leur membre aux niveaux actuels pendant 200 ans. Ils le font depuis un siècle, mais on ne sait pas si un effet de modération, tel que celui d’une secte de style mennonite passant de secte à église, pourrait réduire la fertilité de ces groupes d’ici là. Ce qui semble aller contre cela, c’est la laïcité de l’Occident moderne, à laquelle ces groupes réagissent. Alors qu’un groupe traditionnellement religieux comme l’immigrant musulman somalien réduira sa fertilité sur une génération ou deux à mesure qu’il deviendra moderne, les sectes religieuses fermées sont vaccinées contre la modernité. Ils y sont baignés depuis des générations et ont appris à résister à ses charmes. En conséquence, ils perdent très peu de membres dans la société au sens large. » La courbe démographique des amish de l’an 1900 à l’an 2000 est présentée ci-dessous (figure 12.1) ; en extrapolant la tendance, on obtient la courbe démographique de l’an 2015 à l’an 2265 tel que présenté à la figure 12.2 présenté plus haut.

Figure 12.1, Whiteshift, p. 496.

 

L’auteur présente aussi le cas de figure pour les juifs ultra-orthodoxes. « Les juifs ultra-orthodoxes ou Haredi ont un taux de fécondité d’environ six à sept enfants par femme. Moins de 10% quittent le giron. La rétention est élevée dans les sectes fermées parce que ceux qui partent sont rejetés par la famille et leurs amis et deviennent complètement coupés du monde qu’ils connaissaient autrefois. Seuls 2,3% des Israéliens de plus de 80 ans sont des Haredi, contre 16% des moins de 10 ans et 33% des élèves juifs de première année. »  Dans le cas des mormons, l’auteur cite Michael Lind; celui-ci affirme que « dans l’Utah majoritairement mormon, il y a 90 enfants pour 1 000 femmes en âge de procréer, contre seulement 49 dans le Vermont socialement libéral de Howard Dean ». Kaufmann conclut que « la marée fondamentaliste devrait balayer l’Amérique à la fin des années 2100. Au fur et à mesure que cela se produira, les questions d’ethnicité et de race s’estomperont, les laïcs et les modérés de tous les horizons s’aligneront contre les sectes fondamentalistes. »

Quelques remarques au niveau politique

On notera au passage que l’auteur fait le constat suivant en ce qui concerne les traditions pratiquées par les peuples occidentaux : « L’impulsion actuelle à gauche est de réprimer les traditions blanches comme étant raciste. Au centre droit, ceux-ci sont sublimés dans des narratifs tels que le nationalisme économique, l’intégration ou la loi et l’ordre. L’extrême droite cherche à y revenir sous une forme idéalisée, aplanissant les nombreuses divisions qui existaient parmi les Blancs, et dépeignant son érosion comme étant principalement due à des forces malveillantes. »

Au niveau de la polarisation croissante du discours politique, Eric Kaufmann explique que « l’Occident deviendra multiethnique avant de fondre avec le déclin des blancs. Cela opposera probablement les blancs conservateurs et un sous-groupe de minorités conservatrices à une coalition de libéraux blancs et la plupart des minorités, comme c’est le cas aujourd’hui. Alors que les blancs chutent en dessous d’une masse critique, le ton du nationalisme parmi les conservateurs blancs pourrait augmenter. » L’auteur suppose également que les individus métissés seront tiraillés entre le modernisme de gauche mettant de l’avant un discours anti-blanc et le conservatisme prônant l’identité blanche ; quand ils n’opteront pas pour une option apolitique (voir la figure 12.10 présentée ci-bas).

Figure 12.10, Whiteshift, p. 509

 

Le professeur suppose également que les États-Unis resteront culturellement très homogènes puisque leur population immigrée est majoritairement latino-américaine contrairement à l’Europe où l’immigration est culturellement très différente. « En Amérique, la part des minorités approche les 40%, mais les Latinos sont culturellement plus proches des Euro-Américains que de nombreuses minorités en Europe le sont du cœur ethnique de leurs sociétés [d’accueil]. »

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