Whiteshift (5 de 13) – L’exception Canadienne : Le populisme de droite dans l’anglosphère

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Ceci est notre 5e article d’une série de 13 à propos de Whiteshift : Populism, immigration and the future of white majorities

1. De WASP à Blanc dans l’histoire américaine
2. L’arrivée de Trump : le nationalisme ethnotraditionnel à l’âge de l’immigration
3. Grande-Bretagne : Érosion de la réserve anglaise
4. La monté du populisme de droite en Europe
5. L’exceptionnalisme canadien : le populisme de droite dans l’anglosphère
6. La gauche moderniste : De la Bohême du 19e siècle à la guerre des campus
7. La gauche moderniste versus la droite populiste
8. Se recroqueviller : le recul géographique et social des majorités blanches
9. Se mélanger ou se mouler ? Le mariage interracial en occident
10. Le futur des majorités blanches
11. Est-ce que les blancs « non mélangés » vont s’éteindre ?
12. Naviguer à travers le Whiteshift : Majorités inclusives à l’intérieur de nations inclusives
13. Résumé global, critique et mis en perspective de la FQS

C’est avec de grandes appréhensions que nous avons fait la lecture de ce livre. Il faut dire que la thématique nous touche de près : populisme, immigration et le futur des majorités blanches. Notre lecture ne nous a pas déçus; c’est avec des statistiques à l’appui et les conclusions de plusieurs études que l’auteur a rédigé son livre qui tient en 540 pages. Parmi les sujets abordés, on parlera de l’élection de Trump, du vote sur le Brexit, de la montée du populisme en Europe, du cas exceptionnel du Canada, de l’historique étatsunien du camp immigrationistes en opposition avec les mouvements visant à restreindre l’immigration, des luttes récentes entre la droite populiste et la gauche moderniste (ou gauche post-moderne), des phénomènes qui expliques que les blancs évitent les quartiers multiethniques pour se concentrer dans des quartiers à majorité blanche, de la mise en minorité des blancs en occidents et des phénomènes de métissage anticipé ainsi que de l’avenir de la race blanche.

Vu l’importance des thématiques abordées, nous avons jugé plus opportun de réaliser un compte rendu par chapitre, plutôt qu’un seul compte rendu pour le livre en entier. Ceci nous permettra de transmettre à vous, chers lecteurs, l’essentiell des enseignements du livre sans nécessairement devoir le lire. C’est donc un total de 13 comptes rendus que nous avons produit et que nous mettrons disponible au compte-gouttes sur notre site Web; évidemment, nous finirons la présentation avec une critique du livre pour le 13e article.

Nous vous offrons ainsi sans plus attendre le résumé du 5e chapitre du livre

Dans ce chapitre, Eric Kaufmann présente le Canada comme une exception dans l’anglosphère. L’auteur montre que la réaction de l’élite politique et médiatique est différente au Canada que dans les autres pays du Nouveau Monde pour lesquels l’immigration élevée se compare à celle du Canada (États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande.

Quelques faits et statistiques

On explique que l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont un niveau élevé d’individus nés à l’étranger, mais que, traditionnellement, ces deux pays s’échangent des citoyens et tire leurs autres immigrants de l’Angleterre et de l’Europe et que ce n’est que depuis les années 2000 que les immigrants d’origine européenne constituent une minorité. Dans le cas du Canada et des États-Unis, c’est depuis les années 1970 que les pays européens ne sont plus les principaux fournisseurs d’immigrants. On explique également que l’Australie, la nouvelle Zélande et le Canada ont approximativement la même proportion d’habitants née à l’étranger, soit entre 20 à 25 pour cent alors qu’aux États-Unis cette proportion est de 13.5 pour cent. Kaufmann conclu que « dans tous les cas, la proportion de minorités est plus élevée dans ces pays qu’en Europe, avec une transformation ethnique plus avancée. » Le professeur montre que les blancs passeront sous la barre des 50 pour cent au Canada avant 2050, similaire à ce qui se passe aux États-Unis, mais avec un déclin beaucoup plus rapide étant donné que l’immigration au Canada est plus élevée qu’aux États-Unis. La figure 6.2, présentée ci-bas, montre le déclin des blancs pour les quatre pays en question. L’auteur mentionne également que les blancs passeront sous ce niveau bien avant 2050 dans les grandes villes; ce qui a déjà été fait pour Toronto en 2016. Nous soulignerons que Statistique Canada dévoilait en 2017 qu’en 2036, la moitié des Canadiens seraient des immigrants de 1re ou de deuxième génération (Morency 2017).

Figure 6.2, Whiteshift p.267

Le déclin des loyalistes britannique

Eric Kaufmann rappelle un fait d’importance qui semble avoir été oublié de l’élite politique et médiatique; ce n’est que tout récemment que le Canada est devenu ouvert et immigrationniste. Au 19e siècle et pour la première moitié du 20e siècle, les politiques d’immigration visaient surtout l’immigration d’origine britannique. Il n’y a pas si longtemps, en 1971, « le Canada anglais était à 60 pour cent d’origine britannique et irlandaise alors que cette proportion n’était que de 30 pour cent aux États-Unis. ». L’auteur cite le premier ministre canadien, Richard Bedford Bennett, qui expliquait la très britanno centriste politique d’immigration canadienne :

« La civilisation britannique est le standard par lequel nous devons mesurer notre propre civilisation … Nous désirons assimiler ceux que nous amenons dans ce pays à cette civilisation … C’est ce que nous désirons; plutôt que l’introduction d’un nombre écrasant de gens venu d’autres pays pour assimiler à d’autres civilisations les immigrants britanniques et le peu de Canadiens qui reste. C’est ce que nous nous efforçons de faire; et le danger [de l’assimilation à une autre civilisation]est la raison pour laquelle on insiste beaucoup sur les immigrants britanniques. »

Le professeur explique qu’« étant donné la réaffirmation nationaliste britannique des années 1900 et 1930, on aurait pu s’attendre à une résistance [face à l’ouverture de l’immigration non européenne]en provenance des conservateurs dans les années 1960 et 1970; cependant, deux facteurs l’ont empêché. Premièrement, l’offre d’immigrants britanniques a ralenti […]. Deuxièmement, l’effondrement du loyalisme britannique et de l’Orangisme a détruit la tradition culturelle qui légitimait la sélection d’immigrants sur le plan ethnique […] Aucun groupe n’a autant investi dans le loyalisme britannique que les Anglo-canadiens et, lorsque l’Empire britannique a implosé, cette identité a disparu avec elle. L’effondrement du loyalisme a supprimé un contrepoids traditionnel au libéralisme. La notion quelque peu abstraite du Canada britannique, fusionnant les origines généalogique et politique, sans se concentrer sur un groupe de colons canadiens en particulier, signifiait qu’aucun mythe fondateur sur des bases ethniques ou sentiment d’appartenance à un peuple distinct ne survit à l’effondrement du nationalisme britannique. […] La crise de l’identité canadienne ne signifie pas que la diversité anglo-canadienne a soudainement accueilli la diversité, loin de là. Lors du scrutin de 1961, une majorité de Canadiens s’opposaient à l’immigration non européenne. Cependant, la chute du loyalisme britannique a créé un vide qui a permis au modernisme de gauche de triompher parmi les élites anglo-canadiennes. Sous le couvert du multiculturalisme, il a façonné la nouvelle identité nationale du pays. »

Le multiculturalisme comme nouveau point d’ancrage

Eric Kaufmann explique que c’est dans l’année 1960, via le gouvernement de Lester Pearson (parti libéral canadien), que la discrimination pro britannique et pro européenne fut abolie ; par la suite, dans les années 1970, le gouvernement de Pierre-Eliott Trudeau ouvra la porte à la réunification familiale. En 1971, le pays était déclaré officiellement multiculturel par l’adoption du « Multiculturalism Act ». Le politicologue explique que « la loi comportait des aspects louables du libéralisme passif, tels que le respect de la diversité et le traitement égal de tous, sans distinction de race, de couleur ou de conviction. Cependant, il a également consacré le libéralisme actif sous la forme d’un devoir de « promouvoir la compréhension du fait que le multiculturalisme est une caractéristique fondamentale du patrimoine et de l’identité canadienne et qu’il constitue une ressource inestimable pour l’avenir du Canada » et également le devoir de « faire avancer le multiculturalisme au Canada. » Kaufmann souligne qu’« il y a un glissement entre la notion de respect de la diversité et celui de la promotion de la diversité ». L’auteur note que le multiculturalisme est un recul pour les Canadiens-français : « les dispositions de la loi ont ensuite été inscrites dans la Charte canadienne des droits et libertés de 1982. Il est vite devenu évident que, même si les élites anglo-canadiennes se lançaient dans le multiculturalisme, les Canadiens-français – l’un des deux groupes politiques à l’origine de la fondation du pays – ne souhaitaient pas être rétrogradés dans l’une des nombreuses « cultures ». Le multiculturalisme a depuis été un irritant dans les relations franco-anglaises. »

Que pensent les Canadiens de l’immigration ?

À ce sujet, Kaufmann relate qu’« un sondage EKOS réalisé en 2015 a révélé que 41% des Canadiens ont déclaré qu’il y avait trop de « minorités visibles » parmi les immigrants au Canada. Comme dans les autres pays occidentaux, il existe un important bassin d’électeurs conservateurs et autoritaires au Canada anglais qui veulent moins d’immigrants au pays. La différence est qu’il n’y a pas de véhicules politiques canalisant cela au niveau fédéral. L’auteur montre que concernant l’opposition à l’immigration, les Canadiens anglais sont les plus favorables à celle-ci comparativement aux Australiens, aux Nouveaux-Zélandais et aux Américains. À l’inverse, les Canadiens-français sont les plus opposés à la hausse de niveau d’immigration comparativement aux citoyens de ces quatre pays. Ce phénomène est illustré dans la figure 6.5 présentée ci-bas. Le professeur explique qu’« il n’y a pas beaucoup de différence entre les Anglo-canadiens et les Australiens. Ce qui diffère, c’est l’importance que les électeurs donnent à la question. Aux États-Unis, l’immigration est le principal problème pour environ 7% des électeurs, variant entre 4 et 13%. En Australie, avant l’opération « Stop the boat » de 2013, ce chiffre atteignait 13,2%, mais en 2017, 7% des électeurs citaient l’immigration ou les demandeurs d’asile comme leur principal problème. En Nouvelle-Zélande, l’équivalent oscille entre 2 et 6% entre 2015 et 2017, avec une moyenne de 4%. Au Canada, en revanche, dans l’étude de 2011 sur l’élection canadienne, l’immigration figurait au premier rang des préoccupations pour moins de 1% des répondants ».

Qu’est-ce qui sublime le discours ?

Eric Kaufmann explique que ce qui a le plus d’impact dans la censure de la critique de l’immigration est ce qu’il appelle « les limites du discours acceptable ». Ce que l’auteur explique, c’est que ces limites sont trop étroites pour être en mesure de débattre de l’immigration. Le professeur explique également que les médias sont un intermédiaire clé dans l’établissement de ces « limites »; lorsque « [les médias]s’unissent derrière un ensemble de normes libérales, ils sont en mesure de marginaliser les points de vue divergents. Le Canada, contrairement à l’Australie, manque d’une presse conservatrice de type tabloïd. […] Bien qu’il existe un débat sporadique sur la sécurité des frontières et l’immigration clandestine, le soutien à une forte immigration et au multiculturalisme est actuellement inattaquable en raison de normes antiracistes. […] Fait révélateur, la plupart des critiques du multiculturalisme canadien proviennent de minorités qui peuvent résister à l’accusation de racisme ».

Le Canada pourrait-il voir un parti populiste émerger?

« Le désaccord entre les élites et les citoyens du Canada anglais pourrait provoquer une réaction populiste, mais il est également possible que le système résiste s’il réagit à l’unisson avec une force écrasante […] Sans un média conservateur alternatif pour mobiliser les électeurs conservateurs et les électeurs favorisant l’ordre dans la société, l’importance de la question de l’immigration et du multiculturalisme pourrait ne pas atteindre le niveau requis pour permettre à un candidat de la droite populiste d’échapper à la marge. Tant qu’il n’y aura pas de brèche dans le système, le Canada anglais pourra peut-être réprimer indéfiniment les critiques du multiculturalisme et de l’immigration de masse. »

Sur ce qui nous différencie de nos voisins américains, Kaufmann affirme : « l’opinion publique en matière d’immigration est semblable des deux côtés de la frontière canado-américaine, mais la différence est que l’immigration a été politisée par la droite américaine, mais pas par la droite canadienne. » L’auteur résume la source du problème ainsi : « le nationalisme conservateur anglo-canadien connaît la culture à laquelle il s’oppose, mais pas ce qu’il souhaite promouvoir. La faiblesse du conservatisme culturel canadien par rapport à son homologue américain reflète l’effondrement de la tradition loyaliste du pays dans les années 1960. » Et concernant les pays occidentaux à fort taux d’immigration, « il n’y a qu’au Canada que tous les partis favorisent généreusement l’immigration et le multiculturalisme sans aucun obstacle en provenance de la droite populiste ».

Le politicologue affirme qu’à cause de l’opposition des médias et de l’establishment politique en place, « il n’est pas clair qu’un parti ayant fait campagne pour réduire l’immigration peut réellement le faire ». Cette affirmation est en soi prophétique puisque le gouvernement québécois de la CAQ qui avait fait campagne sur une réduction de l’immigration remontera les seuils de l’immigration à ses niveaux d’origine pour 2022.

Au niveau de l’émergence d’un parti d’extrême-droite, Kaufmann explique « c’est la réglementation stricte de la liberté de parole et la définition très large du « discours haineux » qui pourrait affecter la capacité des partis d’extrême-droite à se développer, l’opposition à l’immigration pouvant facilement être interprétée comme un discours de haine ».

L’exception québécoise

Le professeur Eric Kaufmann explique que contrairement au Canada anglais, le Québec se démarque considérablement en ce qui concerne le nationalisme. « L’endroit au Canada où les opinions politiques basées sur le nationalisme ethnotraditionnel sont en hausse est le Québec. Dans cette province à majorité francophone, l’attitude envers l’immigration et le multiculturalisme est similaire à celle des Européens. Le Québec fut fondé par moins de 10 000 colons français arrivés au début des années 1600 et a résisté aux tentatives d’anglicisation dans les années 1840. La majorité canadienne-française, qui constitue les trois quarts de la province, descend de cette petite population d’agriculteurs. Cela donne aux Québécois un récit ethnique plus profond que les Canadiens anglais, malgré que le Parti Québécois ait tenté de définir une identité civique basée uniquement sur la langue française et le territoire du Québec. » L’auteur constate qu’alors que l’appui à la souveraineté diminue, le nationalisme ethnotraditionnel lui est émergence. Par contre, l’auteur souligne que « comme ailleurs, il est difficile de défendre ouvertement l’ethnie majoritaire ou le nationalisme ethnotraditionnel. Au lieu de cela, le conservatisme ethnique est sublimé par des réflexions basées sur l’état nation ou sur des réflexions libérales, telles que la défense de l’égalité des femmes, la laïcité ou la défense de la langue. »

L’auteur dévoile le contraste de la nouvelle identité canadienne par rapport à l’identité québécoise; « là où l’identité québécoise est territoriale, historique et culturelle, l’identité canadienne est futuriste: un nationalisme missionnaire centré sur l’idéologie du multiculturalisme moderniste de gauche ». À juste titre, Kaufmann soulève un paradoxe en montrant le positionnement des Québécois par rapport à leur identité québécoise ou canadienne : « quand on rappelle aux Québécois leur identité québécoise, ils s’opposent davantage à l’immigration alors que quand on leur rappelle leur identité canadienne, c’est l’inverse ».

Note de conclusion

En résumé de ce chapitre, Eric Kaufmann déclare que « tous [tous les pays de l’anglosphère], sauf le Canada anglais, sont soumis à une agitation populiste croissante et à une pression croissante sur le consensus du politiquement correct selon lequel le multiculturalisme et l’immigration ne doivent pas être politisés. Ces sociétés connaîtront l’un des taux de déclin des blancs les plus rapides de l’Ouest au cours des prochaines décennies. »


Fédération des Québécois de souche
Pour la reconquête de notre peuple

Référence
Eric Kaufman (2019), Whiteshift, Abrams Press, New York, ISBN 978-1-4683-1697-1

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