Whiteshift (9 de 13) – Le mariage interracial en occident

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Dans ce chapitre Eric Kaufmann fait le point sur le mariage interracial, statistiques et études à l’appui.

1. De WASP à Blanc dans l’histoire américaine
2. L’arrivée de Trump : le nationalisme ethnotraditionnel à l’âge de l’immigration
3. Grande-Bretagne : Érosion de la réserve anglaise
4. La monté du populisme de droite en Europe
5. L’exceptionnalisme canadien : le populisme de droite dans l’anglosphère
6. La gauche moderniste : De la Bohême du 19e siècle à la guerre des campus
7. La gauche moderniste versus la droite populiste
8. Se recroqueviller : le recul géographique et social des majorités blanches
9. Se mélanger ou se mouler ? Le mariage interracial en occident
10. Le futur des majorités blanches
11. Est-ce que les blancs « non mélangés » vont s’éteindre ?
12. Naviguer à travers le Whiteshift : Majorités inclusives à l’intérieur de nations inclusives
13. Résumé global, critique et mis en perspective de la FQS

Le mariage interracial
L’auteur présente le mariage interracial en faisant appel à quelques statistiques. Il nous apprend que le mariage interracial est beaucoup plus accepté que dans le passé : « en 1958, 94 pour cent des blancs américains désapprouvent les mariages mixtes noir-blanc. En 1990, ce chiffre s’élevait à 63 pour cent. Aujourd’hui, il a chuté à 15 pour cent ». Ainsi « aux États-Unis, l’assouplissement des mœurs a permis une augmentation de la proportion de jeunes marié(e)s noir(e)s en couple avec un partenaire d’une autre race, passant de 5% en 1980 à 18% en 2015 ».

En ce qui concerne le taux de mariage mixte actuel, il serait « de 17% aux États-Unis, d’environ 4% en Grande-Bretagne et de 5% au Canada. » De plus, « la part des Américains dont l’hérédité contient plus d’une race (blanche, noire, hispanique, asiatique) a atteint 7%. La proportion de nourrissons américains d’origine multiraciale est passée de 5% en 1980 à 10% en 2000 à 14% en 2015. »

Au sujet des mariages mixtes, les cas de figure typique aux États-Unis sont les suivants : « les unions entre Blancs et Hispaniques représentent près de la moitié des mariages mixtes américains, les unions entre Blancs et Asiatiques viennent en deuxième position avec un peu plus de 10%. Les Hispaniques semblent particulièrement susceptibles de se marier en union mixte lorsqu’ils atteignent une mobilité [économique] ascendante. Parmi les Latinos sans diplôme d’études secondaires, 16% seulement sont en union mixte ; parmi les diplômés, la part est de 46%. »

Kaufmann stipule également que le mariage interracial favorise une assimilation vers la majorité; ceci soutient sa thèse du Whiteshift (développée plus loin), par exemple : « en Grande-Bretagne, 78 pour cent des individus dont l’ascendance est à la fois blanche et antillaise étaient en couple avec une personne de race blanche. Cela indique une trajectoire d’assimilation envers la majorité britannique blanche ».

En ce qui concerne l’effet de la religion et du communautarisme en Europe, l’auteur dit qu’« un obstacle à la réalisation d’un niveau plus élevé de métissage est la pression de la communauté [culturelle, religieuse ou ethnique] pour aller se chercher un conjoint dans le pays d’origine – en partie pour surmonter les contrôles d’immigration serrés. Aux Pays-Bas, entre 1988 et 2002, 71% des Turcs de deuxième génération et 59% des Marocains de deuxième génération ont choisi un conjoint de leur pays d’origine. Le schéma est similaire en Belgique. Une majorité de Britanniques bangladais, de Britanniques pakistanais, de Turcs français et de Néerlandais marocains choisissent également des partenaires de mariage à l’étranger; beaucoup [de ces mariages]prennent la forme de mariages arrangés – en particulier pour les femmes. » De plus, « les laïcs de ces groupes [d’immigrés] ont tendance à être les plus mixtes parce que la diminution de la pratique religieuse a tendance à promouvoir les mariages mixtes; vice versa. » Ainsi l’auteur conclut qu’« en d’autres termes, le mélange et la modernité laïque conduisent à l’assimilation des musulmans en Grande-Bretagne, quoiqu’à un rythme beaucoup plus lent qu’en France. »

Le mélange ethnique et la géographie
Au sujet des couples mixtes et de leur effet géographique, l’auteur présente un contraste entre l’Angleterre et les États-Unis. « Dans les quartiers très diversifiés des villes américaines, jusqu’à la moitié de la population blanche vit dans des ménages interraciaux »; à l’inverse « dans les quartiers britanniques les plus diversifiés, où seulement un tiers des résidents sont des Britanniques blancs, l’ONS LS de 2011 (Bureau des statistiques nationales britannique, étude longitudinale) nous indique que 88% des Britanniques blancs vivent dans des ménages mono-ethniques ». À titre de commentaire, nous suggérons que ce contraste provient probablement des couples blancs/hispaniques qui sont nombreux par exemple en Californie due à une proximité ethnoculturelle qui est à l’inverse du cas des minorités ethniques britanniques.

Est-ce que le métissage amènera l’homme nouveau ?
À propos de la disparition de la race blanche et des autres races sous un métissage généralisé, moment qui sera l’avènement d’un homme nouveau, l’auteur affirme qu’« il est plus probable que ceux ayant des origines multiculturelles aient tendance à s’identifier, et à être identifiés, avec une catégorie raciale établie en fonction de leurs apparences et de leurs indices culturels […] Les sociétés ont établi des catégories raciales qui tendent à trier celles d’origine mixte dans une case ou l’autre, même si les gens comprennent que certaines personnes se trouvent près d’une frontière raciale

Vers un déplacement des frontières ethniques blanches incluant les Hispaniques
Le politicologue prétend que les minorités ethniques hispaniques s’assimileront vers la majorité et que cette majorité conservera tout de même des ancêtres d’origine européens. « Le ‘beiging’* de l’Amérique en raison des mariages mixtes hispaniques signifie que la proportion des Américains d’origine européenne n’est pas en déclin […] Au milieu du siècle [21e siècle], les trois quarts des Américains auront encore un peu d’ancêtres blancs non hispaniques. […] L’Hispanique, comme l’Italien avant eux, fera probablement partie de la majorité ethnique dans un futur pas très lointain. De nombreux Américains blancs considèrent actuellement ceux qui ont un nom de famille espagnol ou des caractéristiques hispaniques comme des étrangers alors que la majorité des Hispaniques se considèrent comme des blancs […] Ramirez pourrait être considéré comme un Anglo-américain à égalité avec De Niro. Il est peu probable que les noms de famille hispaniques soient une barrière « contre-entropique » à l’assimilation. […] Ceux qui ont un peu d’ancêtres européens, qui sont culturellement assimilés et qui ont des prénoms anglos – mais qui ont des noms de famille espagnols ou une apparence hispanique – pourraient être acceptés comme blancs. »

* ‘Beiging’ ou beigissement : processus par lequel la majorité blanche deviendra plutôt « beige » via les mariages interraciaux. À ce propos, la CBC-Radio-Canada s’enthousiasme devant ce futur pas si lointain en produisant un clip satyrique (de très mauvais goût à notre avis) faisant la promotion du ‘beiging’. Voir l’extrait suivant : https://www.youtube.com/watch?v=Wb55teb1gJ0

Vers un déplacement des frontières ethniques blanches incluant les autres minorités
Quant aux Asiatiques, l’auteur relate que « le mariage blanc asiatique est courant et ceux qui sont d’origine mixte blanche asiatique ont un revenu généralement plus élevé que les Asiatiques et les Blancs. Ils ont tendance à préférer leurs héritages [culturels]blancs, à occuper des mondes sociaux blancs et à épouser massivement les blancs. Une étude a révélé que 36% des [métisses] Asiatiques/blancs ont coché la « case blanche » du recensement, 22% ont coché la case « asiatique » et les autres ont choisi une catégorie mixte. « Quand leurs enfants grandissent… beaucoup d’entre eux se considèrent comme étant blancs », écrit le sociologue Richard Alba. »

Le mélange ethnique et la religion
Le professeur affirme que « l’assimilation de non-chrétiens vers la majorité ethnique est beaucoup moins probable lorsque ceux-ci sont religieusement pratiquants ; ceci s’explique en raison de la fonction de la religion en tant que marqueur de frontière ethnique. L’islam n’est pas unique ici – il en va de même pour l’hindouisme et le sikhisme. Le mélange est donc plus susceptible de se produire parmi les membres sécularisés de groupes non chrétiens ». L’auteur nous laisse donc présager que chez les musulmans, les enclaves d’individus non assimilés iront en augmentant, car selon Kaufmann, « les musulmans devraient plus que doubler pour atteindre entre 10 et 20% de la population des pays d’Europe occidentale d’ici 2050. Concernant la Suède, il ne serait pas impossible d’y compter 30% de musulmans. »

A-t-on espoir de revenir en arrière sur cette évolution des mœurs ?
En introduction du chapitre, l’auteur nous laisse présager que les mœurs néo-libérales qui prévalent actuellement peuvent être renversées si la droite sait comment canaliser la tension exercée par un niveau élevé d’immigration.

Lorsque les niveaux d’immigration diminuent, les tensions diminuent; et vice-versa. Ainsi Kaufmann affirme qu’« on retrouve un effet de relaxation [des sentiments anti-immigration]lors des périodes d’immigration plus lente. En Grande-Bretagne, le sentiment anti-immigration a baissé de 20 points entre 1970 et 1990, l’immigration ayant ralenti, le sujet fut abandonné de l’agenda politique. Aux États-Unis, les opinions se sont adoucis pendant la période de restriction de l’immigration de 1924-1965. » Au niveau des mœurs, le professeur explique que « par rapport à la libéralisation des cohortes générationnelles (milléniaux versus boomer, etc.) « […] lorsque l’augmentation du nombre d’immigrants modifie les attitudes, ils peuvent rapidement effacer des décennies de libéralisation progressive des cohortes. La figure 10.2 montre que l’attitude envers l’immigration pour les baby-boomers en Grande-Bretagne a convergé avec celles de la génération d’avant-guerre entre 1995 et 2009. Des décennies de libéralisation potentielle des cohortes ont été anéanties en moins de dix ans. »

Figure 10.2, Whiteshift p. 434

En ce qui concerne l’augmentation de la diversité ethnique, l’auteur affirme que « de nouveaux courants intellectuels en provenance de la droite font revivre les souvenirs d’un «âge d’or» blanc, ce qui peut engendrer de la tristesse de la part de la majorité ethnique de voir son droit de naissance «vendu» par l’élite libérale […]. Si la mémoire d’une nation ethniquement homogène est transmise par les forces politiques de la société, cela pourrait générer une hostilité anti-immigration et un vote de droite populiste même lorsque la réalité vécue est celle d’un pays qui a toujours été diversifié. »

Il va donc de soi qu’à mesure que les seuils d’immigration augmentent, que la quantité d’immigrants augmente, et que la diversification ethnique s’accentue, les forces de la droite identitaire pourront capitaliser sur une volonté populaire grandissante à vouloir maintenir leur majorité ethnique.

Référence
Eric Kaufman (2019), Whiteshift, Abrams Press, New York, ISBN 978-1-4683-1697-1

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